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Connaître Jésus et se faire connaître en Jésus. Une simple communion fraternelle inspirée de l'Esprit.
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PARLE-MOI DE JÉSUS Index du Forum TRANSFORMÉ DE GLOIRE EN GLOIRE DISCIPLE par Juan Carlos ORTIZ
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26/10/2008 08:49:48
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Pierre Sabourin
Votre hôte

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Messages: 253
Localisation: Stoneham, Québec, Canada
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Sujet du message: DISCIPLE par Juan Carlos ORTIZ
"DISCIPLE"

Juan Carlos ORTIZ

Réédité par AWAKE MINISTRIES INTERNATIONAL, avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Distribution sur Internet : blogdei.com

http://www.blogdei.com/index.php/2008/07/16/3967-le-livre-de-juan-carlos-or…

PREFACE

Juan Carlos Ortiz. Quel homme et quel écrivain! Dans les pages qui suivent vous ferez
connaissance avec l'un des serviteurs de Dieu les plus remarquables et les plus humbles en
Amérique Latine aujourd'hui. Juan Carlos Ortiz est un homme franc ; il ne s'esquive pas. Il écrit
comme il parle et il parle comme il écrit. Et ce qu'il écrit n'est pas un discours théologique basé
sur quelques idées intéressantes glanées dans des livres poussiéreux d'une bibliothèque de
Buenos Aires. Au contraire. Son message d'encouragement à l'Eglise est au centre-même des
riches expériences qu'il a vécues en tant que pasteur dans la capitale argentine.
Les illustrations de Juan Carlos vous amèneront à réfléchir. Elles vous feront aussi pleurer. Et
si vous êtes comme moi, certaines anecdotes qu'il raconte vous feront beaucoup rire. Il y a un
peu de tout dans ces pages. Alors vous voilà averti : une fois ce livre entamé, je vous garantis
que vous serez accroché. Il se peut très bien que vous ne vous sentiez pas de souscrire à toute la
théologie de Juan Carlos ou à ses diverses interprétations. Mais que cela ne vous arrête pas.
Continuez votre lecture, parce que quel que soit votre désaccord, il deviendra vite de peu
d'importance, face à ce partage franc et décontracte au sujet de ce que Dieu est en train
d'accomplir parmi Son peuple en Amérique Latine aujourd'hui.
Le thème est l'amour : l'amour fraternel, l'amour du prochain, l'amour "façon purée de
pommes de terres" et sous bien d'autres formes. Juan Carlos s'empresse de nous rappeler que
pour celui qui veut suivre Jésus, cet amour doit se concrétiser au travers d’une compréhension
radicale et sans détours de ce qu'implique être un disciple de Jésus-Christ. Pour Juan Carlos, la
préparation et la formation d'hommes et de femmes pour le service est la raison d'être de
l'Eglise. Et le souci de ce livre est assurément l'Eglise.
Juan Carlos est devenu pour moi un très cher frère et ami et je suis ravi que son message clair
et pénétrant ne soit plus désormais limité à nos voisins d'Amérique Latine, parce que nous
avons ici un homme de Dieu qui dit des choses que l'Eglise du monde entier a besoin d'entendre
aujourd'hui.
Quand vous aurez terminé de lire ce livre, il se peut que l'envie vous prenne de donner à Juan
Carlos un grand et chaleureux abrazo ; en tous cas, vous voudrez sûrement lui dire muchas
gracias, quelle que soit la qualité de votre accent espagnol.
Dr. W. Stanley Mooneyham,
Président de World Vision International. U.S.A.

TABLE DES MATIERES

Première partie : LE VIN NOUVEAU.
1. L'"Evangile selon les Saints Evangéliques".
2. L'Evangile du Royaume.
3. Serviteurs du Royaume.
4. Vivre dans le Royaume.
5. L'oxygène du Royaume.
6. L'amour du prochain.
7. L'amour du frère.
8. L'amour "façon purée de pommes de terre".
9. Le langage du Royaume.
10. Des yeux ouverts.

Deuxième partie : LES OUTRES NEUVES.
.
11. Un enfant pour toujours?
12. Grandir.
13. Membres ou disciples?
14. La formation de disciples.
15. Les saintes traditions protestantes.
16. Changer les traditions.
17. Au-delà du dimanche matin.
18. La cellule.
19. La promesse du Père: un coeur nouveau.
20. La promesse du Père: une nouvelle puissance.

PREMIERE PARTIE

LE VIN NOUVEAU

Qu'est-ce qu'un disciple? Un disciple est quelqu'un qui suit Jésus-Christ. Mais le fait que nous
soyons chrétiens ne veut pas dire pour autant que nous soyons Ses disciples, même si nous
sommes membres de Son Royaume. Suivre le Christ, c'est Le reconnaître comme Seigneur ;
c'est Le servir comme un esclave. C'est aussi aimer et louer.
C'est de cela que parle la première partie de ce livre.

CHAPITRE 1

L' "EVANGILE SELON LES SAINTS EVANGELIQUES"

"Pourquoi m'appelez-vous : Seigneur, Seigneur!,
et ne faites-vous pas ce que je dis?"
Luc 6:46

En espagnol, nous avons un problème intéressant avec le mot seigneur. Seigneur se dit senor, le
même mot que nous utilisons pour monsieur. Nous disons Senor Alvarez, Senor Garcia, et
Senor Jesus. C'est comme si en français vous disiez Monsieur Dupont, Monsieur Martin, et
Monsieur Jésus.
Il en résulte qu'en espagnol, nous avons perdu toute notion du concept "seigneur". Dire que
Jésus est Seigneur (Senor), ne veut plus dire grand'chose.
Mais depuis que je voyage dans des milieux anglophones, j'ai découvert qu'ils ont le même
problème, tout en ayant deux mots distincts, mister et lord. Et je m'aperçois qu'en français c'est
la même chose. Peut-être est-ce dû au fait que les seigneurs et lords d'antan n'ont guère brillés
par leurs qualités.
Seigneur ne signifie plus aujourd'hui ce qu'il signifiait du temps de Jésus. A cette époque-là,
cette appellation était synonyme d'autorité suprême, premier, celui qui était au-dessus de tous et
de tout, le propriétaire de la création. Le mot grec kurios ("seigneurs") en minuscules était le
nom par lequel les esclaves s'adressaient à leurs maîtres. Mais si le mot était écrit avec une
majuscule, il ne s'appliquait plus qu'à une seule personne dans tout l'Empire Romain. César de
Rome était le Seigneur. D'ailleurs, quand les fonctionnaires et les soldats se croisaient dans la
rue, ils devaient se saluer en disant, "César est le Seigneur!", à quoi il fallait répondre, "Oui, le
Seigneur est César!"
Il s'en suit que les chrétiens avaient un problème. Quand dans la rue on les saluait par "César
est le Seigneur!", ils répondaient, "Non, Jésus-Christ est le Seigneur!" Cela ne manquait pas de
leur attirer des ennuis. Non pas parce que César était jaloux de ce nom. Le problème était bien
plus fondamental. César savait que les chrétiens voulaient dire par là qu'ils étaient engagés
envers une autre autorité, et que dans la balance de leur vie, Jésus-Christ pesait bien plus que
César.
En fait, ils disaient, "César, tu peux compter sur nous pour certaines choses, mais quand il
faudra choisir sache que nous resterons avec Jésus, parce que nous lui avons remis notre vie.
C'est Lui le premier. C'est Lui le Seigneur, l'autorité suprême sur nous." Ce n'est pas étonnant,
dans ces conditions, que César ait persécuté les chrétiens.
L'Evangile que nous avons dans la Bible est l'évangile du Royaume de Dieu. Il présente Jésus
comme Roi, comme Seigneur, comme autorité suprême. Jésus est au centre de toutes choses.
L'évangile du Royaume est un évangile centré sur Christ.
Mais au cours des derniers siècles, on nous a fait entendre un autre évangile - un
évangile humain, centré sur l'homme. C'est l'évangile de l'offre irrésistible, l'évangile de
l'occasion à ne pas manquer, l'évangile de l'affaire en or. Le prédicateur dit , "Auditeurs, si vous
acceptez Jésus..." (Voyez-vous, là on a déjà un problème, parce que c'est Jésus qui nous
accepté, et non vice versa. Mais nous, nous avons mis l'homme à la place de Jésus et c'est donc
l'homme qui prime maintenant.)
Les évangélistes disent, "Le pauvre Jésus est en train de frapper à la porte de votre coeur. S'il
vous plait, ouvrez-lui la porte. Ne le voyez-vous pas là-dehors, dans le froid et la neige? Pauvre
Jésus, ouvrez-lui la porte." Il n'est pas étonnant alors que l'auditeur pense faire une grande
faveur à Jésus en devenant chrétien.
Nous avons dit aux gens, "Si vous acceptez Jésus, vous aurez la joie, vous aurez la paix, la
santé, la prospérité... Si vous donnez dix francs à Jésus, il vous en redonnera vingt..." Nous ne
cessons de faire appel aux intérêts de l'homme. Jésus est le Sauveur, le Guérisseur et le Roi qui
vient pour moi. Moi - voila le centre de notre évangile.
Nos réunions sont centrées sur l'homme, jusque dans la disposition des meubles ; les bancs, les
chaises, la chaire, tout pointe vers l'homme. Quand le pasteur établit son ordre du culte, il ne
pense pas à Dieu mais plutôt à son auditoire. "Pour le premier cantique, tout le monde se lèvera
; pour le deuxième on va les faire asseoir parce qu'ils seront fatigués ; puis on peut prévoir un
duo pour changer un peu ; puis on aura quelque chose d'autre - et il faut que le tout tienne en
une heure pour que les gens ne soient pas trop lassés." Où est Jésus, le Seigneur, dans tout cela?
Nos prières sont centrées sur l'homme. "Seigneur, bénis ma maison, bénis mon mari, bénis
mon chat, bénis mon chien, pour la gloire de Jésus, amen." Mais cette prière n'est pas du tout
pour la gloire de Jésus, elle est pour nous! Nous employons souvent les mots justes, mais notre
état d'esprit n'est pas juste. Nous nous leurrons nous-mêmes.
Notre évangile ressemble à la lampe d'Aladin ; nous pensons qu'il suffit de le frotter pour
recevoir tout ce que nous désirons. Qui s'étonnera alors que Karl Marx ait appelé la religion
l'opium du peuple! Peut-être avait-il raison ; il n'était pas sot. Il savait bien que notre évangile
est un moyen de fuite pour beaucoup de gens.
Mais Jésus-Christ n'est pas un opiacé. Il est le Seigneur. Il vous faut venir à Jésus, vous donner
à Lui et satisfaire à Ses exigences quand il parle en tant que Seigneur.
Si nos responsables avaient été menacés par la police et le souverain sacrificateur comme le
furent les apôtres ils auraient probablement prié, "O Père, aie pitié de nous. Viens à notre
secours, Seigneur. Aie pitié de Pierre et Jean. Ne permets pas que les soldats leur fassent du
mal. Veuille nous donner un moyen de sortir de cette situation. Ne permets pas que nous
souffrions. Regarde ce qu'ils nous font. O Seigneur, arrête-les et fais qu'ils ne nous causent
aucun tort." Nous, je, moi.
Mais quand nous lisons Actes 4, nous y voyons une prière toute différente. Remarquez
combien de fois les apôtres disent Toi et Ton.
D'un commun accord, ils élevèrent la voix vers Dieu et dirent : "Maître, toi qui as fait le ciel,
la terre, la mer, et tout ce qui s'y trouve, c'est toi qui as dit par l'Esprit Saint, de la bouche de
notre père, ton serviteur David :
Pourquoi les nations se sont-elles agitées,
Et les peuples ont-ils eu de vaines pensées?
Les rois de la terre se sont dressés
Et les chefs se sont ligués
Contre le Seigneur et contre son Oint.
Car en vérité, contre Ton saint serviteur Jésus à qui tu as donné l'onction,
Hérode et Ponce Pilate se sont ligués, dans cette ville, avec les nations et
avec les peuples d'Israël, pour faire tout ce que Ta main et Ton conseil
avaient déterminé d'avance.
Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces, et donne à Tes
serviteurs d’annoncer Ta Parole en toute assurance : étends Ta main, pour
qu'il se produise des guérisons, des signes et des prodiges, par le nom de Ton
saint serviteur Jésus.
Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla, ils furent tous
remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la Parole de Dieu avec
assurance".
Comment en serait-il autrement, après une prière aussi centrée sur Dieu!
Mais attention! Ce qui me préoccupe n'est pas une question de sémantique, de mots. Mon souci
est l'énorme problème d'état d'esprit que nous avons dans les églises. Transformer notre
vocabulaire ne suffit pas ; il faut que Dieu prenne notre cerveau, qu'il le passe à la lessive, le
brosse vigoureusement et le remette en place autrement. Il faut que change tout notre système
de valeurs.
Nous sommes comme les gens du moyen âge qui pensaient que la terre était le centre de
l'univers. Ils se trompaient, et nous aussi. Nous pensons être le centre de l'univers, et que Dieu
et Jésus-Christ et les anges tournent autour de nous. Le ciel est pour nous ; tout existe pour
notre bien-être.
Nous nous trompons. C'est Dieu qui est le centre. Il faut que nous changions notre centre de
gravité. C'est Lui le soleil, et c'est nous qui tournons autour de Lui.
Mais il est très difficile de changer. Même notre motivation pour l'évangélisation est centrée
sur l'homme. Combien de fois n'ai-je pas entendu à l'Ecole Biblique, "Etudiants, regardez les
âmes perdues. Elles périssent. Ces pauvres gens vont en enfer. A chaque fois que sonne
l'horloge, ce sont encore 5.822,5 personnes qui vont en enfer. N'avez-vous pas pitié d'eux?" Et
nous pleurions. Nous disions, "Pauvres gens, Allons les sauver." Voyez-vous, nous n'allions pas
à cause de Jésus, mais à cause des âmes perdues.
Cela peut paraître très bien, mais c'est faux, parce que tout doit être motivé par Christ. Nous ne
prêchons pas aux âmes perdues parce qu'elles sont perdues. Nous allons étendre le Royaume de
Dieu parce que Dieu nous dit de le faire, et qu'Il est le Seigneur.
Notre évangile moderne est ce que moi j'appelle le Cinquième Evangile. Nous avons
l'Evangile selon Saint Matthieu, l'Evangile selon Saint Marc, l'Evangile selon Saint Luc,
l'Evangile selon Saint Jean, et l'Evangile selon les Saints Evangéliques. L'Evangile selon les
Saints Evangéliques est constitué de versets pris ici et là dans les quatres autres Evangiles.
Nous prenons tous les versets qui nous plaisent, tous les versets qui offrent ou promettent
quelque chose - Jean 3:16, Jean 5:24, et ainsi de suite - et nous nous faisons une théologie
systématique à partir de ces versets, en oubliant les autres versets qui présentent les exigences
de Jésus-Christ.
Mais qui donc nous autorise à faire cela? Qui nous a donné le droit de présenter un seul côté de
Jésus?
Supposons qu'à un mariage, au moment d'échanger les promesses,
l'homme dise, "Monsieur le Pasteur, j'accepte cette femme comme ma cuisinière personnelle."
Ou "comme ma femme de ménage." Quoi?!
La femme rétorquerait, "Doucement! Pas si vite! D'accord, je vais cuisiner. Je veux bien faire
la vaisselle. Je veux bien nettoyer la maison. Mais je ne suis pas une bonne - je vais être ta
femme. Tu dois me donner ton amour, ton coeur, ta maison, ton talent - tout."
Avec Jésus, c'est la même chose. C'est vrai Il est notre Sauveur et notre Guérisseur. Mais nous
ne pouvons pas découper Jésus-Christ en morceaux et prendre seulement les morceaux qui nous
intéressent. Pourtant c'est bien ce que nous faisons ; nous sommes comme les enfants auxquels
on donne une tartine de pain avec de la confiture ; ils mangent la confiture et vous rendent le
pain. Vous y remettez de la confiture, et encore une fois ils lèchent la confiture, etc...
Le Seigneur Jésus est le Pain de Vie, et peut-être bien que le ciel est comme la confiture. Mais
il nous faut manger le pain aussi bien que la confiture.
Ce serait sans doute intéressant si un grand congrès de théologiens pouvait décider que le ciel
et l'enfer n'existent pas. Combien de gens resteraient dans leurs églises après une telle annonce?
La plupart partiraient. "S'il n'y a pas de ciel ou d'enfer, qu'est-ce qu'on fait ici?" Ils sont venus
uniquement pour la confiture, pour leurs propres intérêts - pour être guéris, pour fuir l'enfer,
pour aller au ciel. Ils suivent le Cinquième Evangile.
Quand Pierre termina sa prédication le jour de la Pentecôte, il dit les choses clairement : "Que
toute la maison d'Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus
que vous avez crucifié" (Actes 2:36).Voilà son thème.
Quand ses auditeurs comprirent que Jésus était effectivement Seigneur, ils furent "Transpercés
au coeur" (verset 37) et commencèrent à trembler. "Frères que ferons-nous?" demandèrent-ils.
La réponse : "Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour
le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit" (verset 38).
Quant à Paul, il résume son évangile en écrivant aux Romains : "Si, de ta bouche, tu confesses
que Jésus est Seigneur et si, dans ton coeur, tu crois que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras
sauvé" (10:9 - TOB). Il est le Seigneur. Il est plus qu'un Sauveur.
Je vais vous donner un exemple de ce Cinquième Evangile. Luc 12:32 dit, "Sois sans crainte,
petit troupeau ; car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume." En voilà un verset
populaire. Combien de fois n'ai-je pas prêché sur ce verset.
Mais que dit le verset suivant? "Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumône." Je
n'ai jamais entendu une prédication sur ce verset-là, parce qu'il n'est pas dans l'Evangile selon
les Saints Evangéliques. Le verset 32 fait partie de notre Cinquième Evangile, mais le verset 33
n'y figure pas - et pourtant c'est un commandement de Jésus.
Jésus nous a commandé de ne pas tuer.
Jésus nous a commandé d'aimer notre prochain.
Jésus nous a commandé de vendre ce que nous possédons et de le donner en aumône.
Qui a le droit de décider que tel commandement est obligatoire, et tel autre est
facultatif? Voyez-vous, le Cinquième Evangile a créé quelque chose d'étrange : un
commandement facultatif! Vous l'exécutez si vous voulez ; si vous ne voulez pas, c'est très bien
aussi. Mais ça, ce n'est pas l'évangile du Royaume.

CHAPITRE 2

L'EVANGILE DU ROYAUME

"Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés,
et je vous donnerai du repos."
"Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions."
Matthieu 11:28,29

Nous aimons bien entendre le premier des deux versets cités ci-dessus, le verset 28. Mais les
paroles de Jésus, "Prenez mon joug sur vous," ne sont pas aussi prisées.
Le salut, ce n'est pas seulement être libéré de vos fardeaux et de vos problèmes. C'est vrai que
vous êtes libéré de ce joug-là, mais vous en recevez un autre pour le remplacer - le joug de
Jésus. Il vous libère de tous vos anciens fardeaux afin de vous employer pour Son Royaume. Il
vous délivre de tous vos problèmes afin que vous portiez Ses problèmes. Désormais, vous ne
vivez plus pour vous-même, vous vivez pour le Roi.
Je pourrais dire peut-être que le Cinquième Evangile est composé de tous les versets que nous
avons souligné dans notre Bible. Si vous voulez lire l'évangile du Royaume, reprenez votre
Bible et lisez les versets que vous n'avez jamais soulignés, parce que là, vous trouverez la vérite
qui vous manque. Moi, je ne souligne plus ma Bible, parce que le fait de souligner sépare les
versets en première et deuxième classe. J'avais l'habitude de souligner ma Bible avec différentes
couleurs, mais maintenant, tout est dans la même couleur, tout est important.
Dans l'Ancien Testament, Jésus était toujours présenté comme le Seigneur et le Roi à venir. Il
est plus grand que Moïse, David ou les anges. Même David l'appelle "mon Seigneur" (Psaume
110:1).
Comment est-ce que Jésus s'est présenté à Zachée? Si, au lieu de Jésus, cela avait été l'un de
nos pasteurs du vingtième siècle qui le contactait, nous aurions dit, "Bonjour! C'est vous Mr
Zachée? Heureux de faire votre connaissance."
"Oh, ah, bonjour! Très heureux..."
"Mr Zachée, j'aurais aimé avoir un petit entretien avec vous, si c'était possible. Je sais que
vous êtes un homme très occupé, mais peut-être pourriez-vous regarder dans votre agenda si
vous avez un moment encore libre pour un rendez-vous. Y a-t-il une heure qui vous
conviendrait davantage?"
Cela laisserait un choix à Zachée. Il pourrait dire, "Ecoutez, est-ce important?"
"Eh bien, oui, je pense que c'est très important, quoique vous pourriez ne pas partager mon
avis."
"Alors, regardez, pour cette semaine mon emploi du temps est complet. Mais peut-être la
semaine prochaine?"
Jésus n'a jamais agi de la sorte. Il leva les yeux vers l'arbre et donna un ordre : "Zachée, hâtetoi
de descendre ; car il faut que je demeure aujourd'hui dans ta maison." Quand on est le
Seigneur, on ne donne pas le choix aux gens. Le salut n'est pas un choix ; c'est un ordre.
Il fallait que Zachée décide maintenant de ce qu'il allait faire avec cet ordre. Il devait obéir ou
désobéir. (Pas étonnant que Jésus ait dit, "Celui qui n'est pas avec Moi est contre Moi." Il
polarisait les gens dans un sens ou dans l'autre.) Obéir, c'est reconnaître que Jésus est l'autorité,
le Seigneur. En désobéissant, Zachée devenait l'ennemi de Jésus.
Il décida d'obéir. Il dégringola de l'arbre et conduisit Jésus et les apôtres chez lui. Aussitôt en
arrivant il dit, "Chérie, veux-tu s'il te plaît préparer à manger pour ces personnes!"
Sa femme a probablement répondu, "Mais chéri, pourquoi ne m'as-tu pas prévenue que tu
avais invité du monde à déjeuner?"
"Parce que, Chérie, je ne les ai pas invités - ils se sont invités eux-mêmes!"
Jésus n'a pas besoin d'une invitation. Il est le Seigneur de toutes les maisons et de toutes les
personnes.
Après un moment, Jésus dit, "Aujourd'hui le salut est venu pour cette maison." Quand Zachée
a-t-il été sauvé? Personne ne lui avait expliqué le plan du salut. Personne ne lui avait débité les
Quatre Lois Spirituelles. Quand Zachée a-t-il été sauvé? Au moment où il a obei au Seigneur.
Dès l'instant où il est descendu de cet arbre, il s'est placé sous la seigneurie de Jésus-Christ.
La même chose s'est passée pour Matthieu. Il était en train de recouvrer les impôts, mais Jésus
n'est pas resté discrètement à côté de lui, attendant un moment où Matthieu serait libre, pour lui
dire, "Bonjour! Je suis Jésus. Je suis heureux de faire votre connaissance. Je sais que vous êtes
très pris - oh, voila encore quelqu'un. Allez-y, occupez-vous de lui. Je peux attendre." Non.
Cela aurait donné à Matthieu le choix de prêter ou non attention à Jésus. Jésus dit, "Matthieu,
suis-moi!" Ce n'était pas une invitation. C'était un ordre. A Matthieu d'obéir ou de désobéir.
Voilà l'évangile du Royaume : "Repentez-vous et croyez!" Soit vous le faites, soit vous ne le
faites pas.
La même chose est arrivée au jeune homme riche. Il interrogea Jésus : "Bon Maître, que doisje
faire pour hériter la vie éternelle?" (Luc 18:18). Il avait fait presque tout ce qui était
nécessaire.
Jésus lui dit, "Il te manque encore une chose : Vends tout ce que tu as... Puis viens et suismoi"
(verset 22).
Le jeune homme est reparti chez lui très triste.
Qu'aurions-nous fait à ce moment-là? On lui aurait couru après, disant, "Jeune homme, ne
prenez pas les choses tant à coeur - venez quand même. On trouvera bien un arrangement..."
Cela aurait voulu dire qu'il pouvait suivre Jésus, mais à ses propres conditions.
Jésus, tout en l'aimant, le laissa partir. Si Jésus avait accepté d'atténuer Ses exigences, le jeune
homme n'aurait jamais été véritablement sauvé de lui-même.
Un jour, Jésus ordonna à un autre homme de Le suivre, et celui-ci répondit, "Permets-moi
d'aller d'abord ensevelir mon père" (Luc 9:59).
Nous aurions répondu, "Bien sûr, bien sûr - excusez-moi de vous avoir appelé
maintenant. Mon pauvre ami, je suis navré. Prenez donc deux ou trois jours pour les
funérailles."
Non! Jésus lui dit de laisser à d'autres le soin d'organiser les funérailles ; Il était bien plus
important qu'un père décédé ou que quiconque. L'homme avait été d'accord pour suivre Jésus,
mais "permets-moi d'abord..." Qui a la primauté si ce n'est Jésus? En voici encore un autre qui
voulait suivre Jésus à ses propres conditions. Et Jésus lui répond, "Non, c'est à mes conditions."
Bien entendu, Jésus aurait pu le laisser aller ensevelir son père. Mais il y avait un principe en
jeu.
Un autre homme lui dit, "Je te suivrai Seigneur, mais permets-moi d'aller d'abord prendre
congé de ceux de ma maison" (Luc 9:61).
Jésus aurait pu dire, "Bien sûr. Va dîner avec ta famille, et remercie-les de Ma part d'avoir
laissé leur fils partir avec Moi." Mais Jésus n'a jamais accordé un tel choix.
Nous ne sommes pas sauvés parce que nous souscrivons à telle doctrine ou formule. Nous
sommes sauvés parce que nous obéissons à ce que Dieu dit. Tout ce que Jésus dit est, "Suismoi!"
Il ne dit pas où, ni combien Il nous paiera. Il donne l'ordre tout simplement.
Le salut est un commandement. Dieu veut que tout le monde soit sauvé, parce que nous avons
tous péché. Il nous ordonne de nous repentir. Si nous ne le faisons pas, nous sommes
désobéissants à Dieu. Voilà pourquoi il y a un châtiment pour ceux qui ne se repentent pas. Si
ce n'était qu'une invitation, il n'y aurait pas de châtiment.
Supposons que vous me disiez, "Juan Carlos, voulez-vous un morceau de gâteau?"
Et que je réponde, "Oh, non, merci!"
Et que sur ce, vous commenciez à me frapper.
"Mais pourquoi est-ce que vous me frappez?"
"Vous n'avez pas voulu de mon gâteau!"
"Mais vous m'avez simplement invité à en prendre - pourquoi serai-je puni si je n'en veux
pas?"
La repentance est un commandement, et non une invitation. Si ce n'était le cas, Jésus ne
punirait pas ceux qui refusent.
Si Jésus avait permis au jeune homme riche de venir sans vendre ce qu'il possédait, il aurait
été un disciple gâté. Chaque fois que Jésus lui aurait commandé de faire quelque chose, il se
serait dit, "Est-ce que je le fais ou est-ce que je ne le fais pas?" Voilà le genre de personne que
nous avons dans nos églises, parce que nous avons prêché le Cinquième Evangile.
Le salut est une soumission. Le salut signifie se placer sous l'autorité de Christ. Vous pouvez
ne pas comprendre ce que signifie l'expiation ou la propitiation, mais vous pouvez comprendre
ce que c'est que de se soumettre au Seigneur.
Vous devenez citoyen de Son Royaume. Vous êtes couvert par Sa protection.
Que veut dire la prière dominicale quand elle dit, "Que ton règne vienne. Que ta volonté soit
faite sur la terre, comme au ciel."? Cela veut dire que je dois abdiquer du trône de ma vie, où
j'ai régné jusqu'ici, et laisser le Seigneur prendre place sur ce trône. Avant que je ne rencontre
Jésus, j'étais aux commandes de ma vie. Depuis que je l'ai rencontré, c'est Lui qui est aux
commandes.
"Que ta volonté soit faite sur la terre" est quelque chose qui s'applique ici et maintenant, pas
demain ou dans une ère à venir. Nous, ministres chrétiens des temps modernes, ne nous
sommes pas seulement contentés de diluer l'Evangile du Royaume ; nous l'avons aussi proposé
à tempérament, en paiements mensuels facilités. C'est comme acheter une voiture. Avec cinq
cents francs on a la voiture, mais après il faut continuer à payer.
Peut-être essayons-nous de vendre l'évangile comme nous vendrions des voitures. Nous
disons, "Voulez-vous être sauvés? Vous n'avez qu'à lever la main, c'est tout."
Comment ça, c'est tout? Ce n'est que le premier versement. Au bout de quelque temps,
quelqu'un dira, "Nous allons bientôt avoir un service de baptêmes - ce sera une belle journée
ensoleillée, et nous chaufferons l'eau, et il y a tout un groupe de gens qui vont se faire baptiser.
Pourquoi est-ce que vous ne vous feriez pas aussi baptiser maintenant?" C'est le deuxième
versement.
Et si la personne dit, "Non, écoutez, je n'y tiens pas" nous répondons, "D'accord, c'est très
bien. Nous attendrons le moment ou vous vous sentirez prêt."
Ce n'était pas là le message de l'église primitive. Ils disaient, "Repentez-vous! Soyez
baptisés!" C'était un ordre et non pas une opinion.
Puis, au bout d'un temps encore plus long, vient un autre versement : "Vous savez, frère, que
nous devons soutenir toutes les différentes activités de l'église, et pour cela nous donnons la
dîme de notre revenu. Mais ce n'est pas aussi difficile qu'il paraît, parce que quand on donne la
dîme, les quatre-vingt dix pour cent qui restent vont bien plus longtemps que les cent pour cent
auparavant. Dieu va allonger votre portefeuille."
C'est un évangile centré sur l'homme.
En fait, ce qui se passe, c'est que nous vaccinons les gens contre le vrai évangile du Royaume
en leur donnant ces petites doses de temps en temps. Et après, on s'étonne de ce que l'on prêche,
et prêche, et prêche encore, et les gens ne semblent pas touchés.
Jésus a dit, "Cherchez premièrement son royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné
par dessus." (Matthieu 6:33). C'est quoi, cela? Le contexte est clair - nourriture, vêtement, abri,
toutes les choses nécessaires à la vie. Souvent on entend les gens demander au Seigneur, "S'il te
plaît, donne-moi un meilleur emploi." "Seigneur, donne-moi ceci ou cela." S'il leur faut
demander ces choses, alors cela veut dire qu'ils ne les ont pas. Et la raison pour laquelle ils ne
les ont pas, c'est qu'ils ne cherchent pas premièrement le Royaume de Dieu.
Dieu a promis toutes ces choses a ceux qui cherchent Son Royaume. Tout ce que j'ai à faire,
c'est de chercher Son Royaume, et puis quand je regarderai autour de moi, je dirai, "Quand
donc est-ce que je me suis préoccupé de toutes ces choses? Elles ont dû m'être données pendant
que je cherchais Son Royaume."
Si quelqu'un d'une autre planète devait venir observer comment vivent les chrétiens, il
s'imaginerait que Jésus avait dû dire quelque chose comme ceci : "Cherchez d'abord ce que
vous allez manger, de quoi vous allez vous habiller, quelle maison vous allez acheter, quelle
voiture vous allez conduire, quel emploi vous allez choisir, qui vous allez épouser - et après, s'il
vous reste du temps, et si cela ne vous dérange pas trop, s'il vous plaît, faites quelque chose
pour le Royaume de Dieu."
Il m'est arrivé une fois de demander à un homme, "Pourquoi travaillez-vous?"
"Eh bien, je travaille parce qu'il me faut manger. Si je ne travaille pas, je ne mange pas."
"Et pourquoi mangez-vous?"
"Pour avoir la force de travailler."
"Et pourquoi travaillez-vous à nouveau?"
"Eh bien, je travaille à nouveau pour pouvoir manger à nouveau pour pouvoir travailler à
nouveau pour pouvoir manger à nouveau..."
Ce n'est pas vivre ça! Ca, c'est respirer. Il n'y a pas de but dans tout cela.
Puis un jour j'ai compris. Mon but, mon objectif à moi est d'étendre le Royaume. Jésus dit,
"Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre" (Matthieu 18:18). Il faut qu'Il subjugue
tout l'univers pour Dieu. Le Père lui a dit, "Fils, je ne vais pas m'occuper de mes ennemis. C'est
toi qui le feras pour moi. Tu vas régner jusqu'à ce que tous les ennemis soient sous tes pieds.
Puis on reparlera."
Jésus et venu sur cette terre et Il a dit à Ses disciples "Je suis le commandant en chef des
armées de Dieu. Je dois subjuguer l'univers pour mon Père. Mais à vous je confie la charge de
cette planète. Vous devez aller dans le monde entier et faire partout des disciples, les baptisant
et leur enseignant à obéir à tous mes commandements. Pendant ce temps, je m'en vais conquérir
d'autres mondes. Au revoir, et faites un bon travail."
Ainsi, centimètre par centimètre, je dois récupérer le territoire qui appartient à Dieu. Pour ce
faire, il me faut manger ; pour manger, il me faut travailler. Mais le but de tout cela, c'est
d'étendre le Royaume de mon Seigneur.
Cela veut dire que mon échelle de valeurs doit changer. Je ne fais pas des études à l'université
pour obtenir un diplôme ; je suis là en tant que membres du Royaume de Christ afin de vaquer
aux affaires du Royaume. Il se trouve que par le même occasion, j'obtiens un diplôme.
Je ne travaille pas chez Renault pour gagner de quoi vivre. J'y travaille parce que Dieu a
besoin de ce coin-là de cette terre ; Il a besoin d'un de Ses soldats qui saura le Lui assujettir. Il
se trouve que Renault subvient aux besoins de ma conquête. Mais mon vrai Seigneur est Jésus-
Christ.
Ou alors, il faudrait que je cesse d'utiliser ce nom. Parce que Jésus demande, "Pourquoi
m'appelez-vous Seigneur, Seigneur! et ne faites-vous pas ce que je dis?"

CHAPITRE 3

SERVITEURS DU ROYAUME

"Qui de vous, s'il a un serviteur qui laboure ou fait paître
les troupeaux, lui dira quand il revient des champs :
Viens tout de suite te mettre à table?
Ne lui dira-t-il pas au contraire : Prépare-moi le repas,
mets-toi en tenue pour me servir, jusqu'à ce que j'aie
mangé et bu ; après cela, toi, tu mangeras et boiras.
Aura-t-il de la reconnaissance envers ce serviteur
parce qu'il a fait ce qui lui était ordonné?"
Luc 17:7-9

Nous avons discuté de ce qu'est un seigneur. Maintenant, nous allons voir ce qu'est un
serviteur.
Jésus, dans le texte ci-dessus, s'adresse à des gens qui sont pleinement conscients du sens du
mot esclave. C'est là le mot employé dans le texte original. Nous n'avons plus de telles
personnes aujourd'hui ; le plus proche équivalent serait un serviteur ou une bonne qui travaille
pour un salaire, a un contrat clair établi d'avance et est syndiqué.
Mais un serviteur au premier siècle était un véritable esclave, c'est-à-dire une personne qui
avait tout perdu dans ce monde. Sa liberté, sa volonté, même son nom avait disparu. On l'avait
vendu au marché comme un animal. On avait accroché un prix autour de son cou et des
acquéreurs avaient marchandé pour l'avoir. Enfin quelqu'un l'avait acheté, ramené à la maison
et avait percé son oreille pour qu'il puisse y porter un anneau au nom de son maître. Il avait
ainsi perdu son nom ; il n'était plus Jean ou Pierre, mais l'esclave de M. Giraud ou de M. Brun.
Il ne recevait aucune paye pour son travail. Il avait perdu toute liberté. Si son propriétaire lui
disait : "Tu vas te lever à six heures", il se levait à six heures. Si son propriétaire disait quatre
heures, c'était quatre heures. Si son propriétaire voulait que quelque chose soit fait à minuit,
l'esclave devait obtempérer. Il était esclave. Plus de liberté. Plus de choix. Rien.
Alors quand Jésus a raconté Sa petite histoire du maître qui invite son esclave à manger
d'abord, les disciples ont bien ri. Personne ne pouvait imaginer une telle éventualité.
Il fallait que l'esclave serve son maître d'abord - toujours. Il devait se laver, changer d'habits,
préparer le repas, le servir, et puis, seulement après que le maître ait mangé et se soit couché, at-
il le droit de penser un peu à lui et manger les restes.
Quand Jésus dit, "Aura-t-il de la reconnaissance envers ce serviteur parce qu'il fait ce qui lui
était ordonné?", ses auditeurs s'exclament, "Bien sûr que non."
Jésus alors de conclure : "Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné
dites : Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire" (Luc
17:10).
Il se peut que nous n'aimions pas nous l'entendre dire, mais c'est vrai : Nous sommes les
esclaves de Jésus-Christ. Nous avons été rachetés par le Seigneur. Paul avait parfaitement
compris cela, quand il écrivait, "En effet, nul de nous ne vit pour lui-même. Car si nous vivons,
nous vivons pour le Seigneur ; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit que
nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. Car Christ est mort et il est
revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants." (Romains 14:7-9).
Nous avons tellement souvent entendu dire que Jésus est mort pour nos péchés. Mais ce n'est
qu'un aspect de la question. La raison pour laquelle Jésus est mort et ressuscité, dit Paul, était
qu'il devienne le Seigneur de nous tous qui sommes esclaves. Il l'explique magnifiquement en 2
Corinthiens 5:15 : "Il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes,
mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux."
Nous avons donc été achetés à grand prix. Voila pourquoi dans le Nouveau Testament on
trouve si souvent des expressions du genre : "Paul, serviteur de Jésus-Christ...", "Jacques,
serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ...", "Simon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus-
Christ...". Jusqu'à Marie qui se dit "la servante (littéralementW: l'esclave) du Seigneur" (Luc
1:38).
Nous étions perdus avant d'être trouvés par notre propriétaire. Nous étions destinés à la
damnation éternelle.
Mais écoutez une autre vérité : Nous sommes encore perdus. Jadis, nous étions perdus dans le
péché, entre les mains de Satan. Maintenant, nous sommes perdus dans les mains de Jésus.
Nombreux sont ceux qui pensent que le salut c'est de recevoir la liberté. "Oh, gloire à Dieu,
désormais je suis libre, libre, libre!" Eh bien, pas tout à fait. "Libérés du péché, vous êtes
devenus esclaves de la justice" (Romains 6:18).
Voyez-vous, il y a deux maîtres dans ce monde, et chacun a un royaume. Nous sommes nés
dans le royaume des ténèbres. Nous étions des citoyens naturels du royaume de l'égoïsme. C'est
un endroit où chacun fait ce qu'il veut. C'est ainsi que Satan mène son royaume. Paul le décrit
bien quand il dit que "nous nous conduisions autrefois selon nos convoitises charnelles, nous
exécutions les volontés de notre chair et de nos pensées" (Ephésiens 2:3).
Nous vivions comme nous voulions. Nous faisions ce qui nous plaisait. Qu'est-ce que cela
changeait? Le royaume des ténèbres est comme un bateau naufragé en train de couler et dont le
capitaine, sachant que son navire est perdu, irait voir les passagers en leur disant, "Ecoutez,
ceux qui voyagent en seconde classe peuvent aller en première;
vous êtes libres de faire ce que vous voulez. Ceux qui veulent boire n'ont qu'à se servir au bar.
Si vous voulez jouer au foot dans la salle à manger, libre à vous. Si vous cassez les lustres, ça
ne fait rien."
Les passagers diront, "Qu'est-ce qu'il est gentil notre capitaine! On peut faire ce qu'on veut sur
ce bateau."
Mais ils seront tous morts quelques instants après.
Au royaume des ténèbres, vous pouvez avoir toutes les drogues, toute la sensualité et toute la
tricherie que vous voulez. Cela ne changera rien au fait que vous êtes perdu.
Vous pensez être le roi. Vous êtes conduit par l'esprit égoïste de votre royaume. Mais ce n'est
qu'une question de temps.
Qu'est-ce que le salut? C'est être "délivré du pouvoir des ténèbres et... transporté dans le
royaume de son Fils bien-aimé" (Colossiens 1:13). Ce n'est pas se débarrasser totalement des
royaumes. C'est passer de la souveraineté de Satan à la souveraineté de Jésus-Christ.
Dans ce nouveau Royaume, vous ne pouvez pas faire tout ce qui vous plaît. Vous faites partie
du Royaume de Dieu. C'est lui le Roi. C'est lui qui règne. Nous conformons notre vie à Ses
désirs et souhaits.
Il y en a qui croient que les signes distinctifs du Royaume de Dieu sont le fait de ne pas fumer,
de ne pas boire et de ne pas aller au cinéma. C'est bien plus profond que cela. Au Royaume de
Dieu, nous faisons tout ce que Dieu dit. C'est Lui le Seigneur du Royaume.
Le témoignage de ceux qui sont passés de la mort à la vie, d'un royaume à l'autre, est celui-ci :
"Avant de rencontrer Jésus, je dirigeais ma propre vie. Mais depuis que je l'ai rencontré, c'est
Lui qui y règne."
Certains voudraient que les choses ne soient pas si tranchées. Ils vivent et pensent comme s'il
y avait trois chemins, et non pas deux. Le chemin large est pour les pécheurs qui vont en enfer.
Le chemin étroit est pour les pasteurs et les missionnaires. Et puis il y a un chemin ni trop large,
ni trop étroit - un chemin du milieu pour tous les autres croyants. Bien sûr, vous ne trouverez
pas cela dans un livre de doctrine. Mais cela figure en bonne place dans le livre de la réalité
quotidienne de tout un chacun.
Ce chemin du milieu est une invention de l'homme, car, soit nous sommes dans le royaume
des ténèbres en train de faire notre propre volonté, soit nous sommes dans le Royaume de Dieu
en train de faire Sa volonté. Il n'y a pas de milieu.
A vrai dire, il est même assez difficile de passer d'un royaume à l'autre. Il n'y a ni passeport, ni
visa. Nous sommes esclaves de notre péché. Nous ne pouvons pas simplement nous en aller
comme ça - aucun esclave ne peut le faire.
Le seul moyen pour sortir de l'esclavage est de mourir. Pourquoi les esclaves américains
chantaient-ils tant le ciel? C'était leur seul espoir de liberté! Il en est de même pour nous : ce
n'est qu'en mourant que nous pouvons être libérés du péché.
Mais il y a un autre problème : le Royaume de Dieu n'accepte pas de citoyens naturalisés. Il
faut naître dans ce Royaume. Imaginons que les lois françaises soient conçues de la même
manière. Voilà que je me présente au bureau de l'immigration et je dis, "Je veux devenir
français."
"Où êtes-vous né?" me répondrait-on.
"A Buenos Aires, en Argentine."
"Alors vous ne pouvez pas devenir français", m'expliquerait-on, "car ne sont français que ceux
qui sont nés sur le territoire français."
"Mais Monsieur, je tiens beaucoup à devenir français."
"Mais, je viens de vous dire que le seul moyen d'être français et de naître sur le territoire de la
République Française."
"Mais comment est-ce que je peux faire pour cela, Monsieur? Je veux devenir français!"
"Alors, la seule chose que vous pourriez faire serait de mourir, puis renaître en tâchant de le
faire en France cette fois-ci. C'est tout ce que je peux vous dire. Nous n'acceptons pas de
visiteurs, n'accordons plus aucun permis de séjour. Il faut être né ici."
Alors comment un homme peut-il changer de citoyenneté, en passant du royaume des ténèbres
au Royaume de Dieu?
Jésus a apporté la solution. Sa mort sur la croix et Sa résurrection signifient en fait ceci : tout
esclave qui regarde à la croix avec foi est autorisé à compter cette mort-là comme la sienne. Il
meurt ; Satan le perd.
Puis vient la résurrection. Par elle, nous sommes transférés dans le nouveau Royaume. C'est
un élément aussi important que la croix. Nous mourons à un roi et naissons sous le règne d'un
autre.
C'est là tout le sens du baptême. Pendant longtemps, j'ai baptisé des gens, mais ce n'était
qu'une cérémonie pour moi. Même une belle cérémonie - il y avait des photographes, nous
avions de belles robes, la chorale chantait dans le fond ; ce n'était pas mal comme spectacle.
C'était avant que Dieu ne commence à nous renouveler. Aujourd'hui nous comprenons que le
baptême a un sens. Il doit être fait tout de suite, dès que la personne commence à vivre dans le
nouveau Royaume. Il m'importe relativement peu de savoir si c'est par immersion ou autrement
- la Bible n'est pas aussi explicite là-dessus qu'elle ne l'est sur, disons, le fait de s'aimer les uns
les autres (et cela on ne le fait pas!) Mais l'immersion illustre néanmoins clairement ce
processus de mort et de résurrection. Nous plongeons la personne dans l'eau, mais nous ne l'y
laissons pas. Nous la relevons.
Ce n'est pas une idée à nous, ni même aux apôtres. Le baptême est effectué "au nom du Père,
du Fils et du Saint Esprit."
En Argentine, nous employons parfois la formule baptismale suivante : "Je te tue au nom du
Père, et du Fils, et du Saint Esprit, et je te fais naître dans le Royaume de Dieu afin que tu Le
serves et que tu fasses Son bon plaisir." C'est différent, mais cela a le mérite d'être clair.
Certains pensent que le salut ne vient que par le baptême ; d'autres disent que c'est par la foi
seule. Mais les apôtres disaient, "Repentez-vous et soyez baptisés!" Les deux. Ils ne disaient
pas, "Celui qui croit et qui est sauvé, sera baptisé après quelques mois." Ils disaient que le
baptême a une signification dans le salut.
Quelle est cette signification? C'est comme un billet de 50 francs. Le billet a deux valeurs :
une valeur intrinsèque, c'est-à-dire la valeur du papier et de l'encre - ce qui n'est pas beaucoup.
Avec une pièce de 1 franc on pourrait acheter un morceau de papier bien plus grand, et avec un
peu d'encre on pourrait imprimer une grande quantité de billets.
Mais ce billet a une autre valeur, différente et bien plus grande, parce qu'il est garanti par les
réserves de la Banque de France. Vous emmenez ce bout de papier au supermarché et en retour
on vous donne beaucoup de choses (disons, au moins quelque chose).
Ainsi en est-il du baptême. L'eau, la cérémonie en elle-même n'est pas grand'chose. Mais la
cérémonie est garantie par ce que Jésus a accompli sur la croix et au tombeau, et cela confère
une valeur extraordinaire au baptême. Celui-ci rappelle à celui qui se fait baptiser qu'il est en
train de passer de la mort à la vie. Voila pourquoi il faut que cet acte ait lieu au moment où l'on
passe d'un royaume à l'autre.
Ce n'est pas moi qui ai inventé cela. L'église primitive ne baptisait pas les gens le lendemain
de leur conversion. Ils n'attendaient même pas la réunion du soir. Si quelqu'un était sauvé le
matin, il était baptisé le matin-même. S'il était sauvé au milieu de la nuit, comme ce fut le cas
du geôlier de Philippes en Actes 16, il était baptisé au milieu de la nuit.
En Argentine, donc, nous n'assurons pas quelqu'un de son salut tant qu'il n'est pas baptisé, non
pas à cause du baptême, mais à cause de l'obéissance. Si une personne dit, "Je crois", mais ne
veut pas accepter le baptême, nous nous permettons des doutes quant à sa volonté d'engagement
envers le nouveau Royaume. Parce que le salut n'est rien d'autre qu'une question d'obéissance.
Si nous ne sommes pas a proximité d'une rivière, d'un étang ou d'une piscine, ce n'est pas un
problème - nous baptisons la personne chez elle, dans sa propre baignoire. Nous baptisons le
mari, la femme, les enfants, tous dans la même baignoire, et c'est même plus pratique qu'à
l'église, puisque c'est déjà chauffé et que l'on a les serviettes de toilette et tout le reste sous la
main! Et en plus, vous pouvez même prendre une tasse de café avec les nouveaux baptisés
après.
Ainsi, le baptême est une magnifique leçon de choses. Si nous le pratiquons au bon moment,
les gens comprennent bien mieux ce qu'ils font. Ils sont en train de fuir les ténèbres et vont
naître dans le Royaume de Dieu.

CHAPITRE 4

VIVRE DANS LE ROYAUME

«WSi quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à
lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive.
Quiconque en effet voudra sauver sa vie la perdra, mais
quiconque perdra sa vie à cause de moi la trouvera."
Matthieu 16:24,25

Il nous faut fuir les ténèbres et le royaume de l'égoïsme, où chacun vit pour lui-même et fait ce
qu'il veut. Il nous faut entrer dans le Royaume de Dieu, où tout le monde vit pour Dieu et fait
Sa volonté. Il faut que le Royaume de Dieu ne cesse de croître, jusqu'à ce que "le royaume du
monde (soit) passé à notre Seigneur et à son Christ" (Apocalypse 11:15).
Pour être dans le Royaume, il nous faut mourir a nous-même. Cependant beaucoup de
personnes qui ont été sauvées n'ont pas encore compris qu'elles sont esclaves. Elles veulent
continuer à faire leur propre volonté. Cela ne réussira pas.
C'est pour cela que Jésus a dit qu'il faut perdre sa vie si on veut la sauver. Beaucoup de
personnes viennent à l'église avec le désir de sauver leur vie. Mais ce n'est pas reconnaître la
volonté de Jésus. Et dans ce Royaume il est le Seigneur.
Jésus a dit, en Matthieu 13, que le Royaume de Dieu était comme un marchand à la recherche
de belles perles qui, lorsqu'il en trouve une de grand prix, vend tout ce qu'il a pour l'acheter.
Bien sûr, il y a des chrétiens qui pensent que la perle de grand prix c'est nous et que c'est
Christ qui a dû tout sacrifier pour nous racheter. Mais désormais, nous comprenons que c'est
Lui la perle de grand prix.
Nous, nous sommes les marchands à la recherche du bonheur, de la sécurité, du renom, de
l'éternité.
Et quand nous trouvons Jésus, cela nous coûte tout. Il y a le bonheur, la joie, la paix, la
guérison, la sécurité, l'éternité, tout. Alors nous disons, "Je voudrais cette perle. C'est
combien?"
"Eh bien, nous dit le vendeur, elle est très chère."
"Mais combien?"
"Une somme considérable!"
"Pensez-vous que je puisse l'acheter?"
"Oh oui, bien sûr. Tout le monde peut l'acheter."
"Mais ne m'avez-vous pas dit qu'elle était très chère?"
"Oui!"
"Alors, combien?"
"Tout ce que vous avez" dit le vendeur.
Nous prenons notre décision. "D'accord, j'achète!"
"Alors, voyons ce que vous avez. On va établir une liste."
"Eh bien, j'ai soixante mille francs à la banque."
"C'est bien, soixante mille francs. Et quoi encore?"
"C'est tout ce que j'ai."
"Vraiment tout?"
"Eh bien... j'ai encore quelques francs dans ma poche."
"Combien?"
Nous piochons. "Voyons : cinq, dix, trente, cinquante, soixante-quinze... soixante-quinze
francs."
"Très bien. Qu'avez-vous encore?"
"Euh rien. C'est tout."
"Ou habitez-vous?" Il continue son inventaire.
"Chez moi. Oui, j'ai une maison."
"Alors, on va noter la maison aussi." Il écrit.
"Vous voulez dire qu'il faudra que je vive dans ma caravane?"
"Ah, vous avez une caravane? Alors cela aussi. Et quoi encore?"
"Mais il faudra que je dorme dans la voiture!"
"Vous avez une voiture?"
"Deux."
"Deux. Alors les deux me reviennent. Quoi encore?"
"Regardez, vous avez déjà mon argent, ma maison, ma caravane, mes voitures. Qu'est-ce qu'il
vous faut encore?"
"Vous êtes seul dans ce monde?"
"Non, j'ai une femme et deux enfants..."
"Ah oui, il ne faut pas oublier. Votre femme et vos enfants. Quoi encore?"
"Il ne me reste plus rien! Je suis tout seul maintenant!"
Tout d'un coup, le vendeur s'exclame, "Oh, j'allais presque oublier! Vous! Il me faut vous
aussi! Tout me revient - femme, enfants, maison, argent, voitures - et vous aussi."
Puis il continue. "Ecoutez-moi maintenant. Je vais vous laisser la jouissance de toutes ces
choses pour le moment. Mais n'oubliez pas qu'elles sont à moi, comme vous aussi. Donc, toutes
les fois que j'aurai besoin de l'une d'entre elles, vous devrez la mettre à ma disposition, parce
que désormais j'en suis le propriétaire."
Voila comme cela se passe quand vous devenez la propriété de Jésus-Christ.
Quand nous avons commencé à prêcher ce message de la vie du disciple à Buenos Aires, les
membres de nos églises étaient tout à fait disposés à obéir. Beaucoup d'entre nous apportaient
leur maison et leurs appartements pour les donner à l'église. (Dans mon pays, l'inflation est
tellement galopante qu'on ne met pas son argent à la banque, autrement son patrimoine serait
vite perdu. On achète quelque chose - n'importe quoi - qui ait une valeur qui grimpera avec
l'inflation, par exemple des appartements. Ceux-ci deviennent notre épargne.)
Nous ne savions que faire avec toutes ces propriétés. Alors les pasteurs se sont consultés. L'un
a dit, "Peut-être devrions-nous vendre tout cela et utiliser l'argent pour construire une grande
église au centre ville."
Mais d'autres ont dit, "Non, non. Cela n'est pas la volonté du Seigneur."
Au bout de six mois de prières, le Seigneur nous montra ce que nous devions faire. Nous avons
réuni tout le monde et nous leur avons dit, "Nous allons rendre à chacun sa propriété. Le
Seigneur nous a montré qu'il ne veut pas de vos maisons vides. Il veut une maison avec vous
dedans pour en prendre soin. Il veut que tout - les tapis, le chauffage, la climatisation,
l'éclairage, la nourriture - soit prêt, pour Lui. Il veut aussi votre voiture avec vous comme
chauffeur.
Simplement, n'oubliez pas pour autant, que tout cela Lui appartient encore."
Alors maintenant, toutes les maisons sont ouvertes. Quand des visiteurs passent dans notre
église, nous ne disons pas, "Qui peut prendre ces frères chez lui?"
Au lieu de cela, nous disons à quelqu'un, "Vous, frère, vous allez prendre ces gens chez vous."
Nous ne demandons pas ; nous ordonnons parce que la maison est déjà donnée au Seigneur. Et
les gens remercient le Seigneur de ce qu'Il les laisse vivre dans Sa maison.
C'est une approche radicalement différente. Mais elle est parfaitement sensée dès que l'on se
considère comme un esclave dans le Royaume de Dieu.
Le Royaume de Dieu est aussi comme le mariage. Quand une femme épouse un homme, elle
est à lui. Et tout ce qu'il possède est désormais à elle aussi. S'il a une ou deux voitures, elles
sont à elle.
Mais dans le processus, elle perd son nom.
Nous avons mal agi dans le passé en ne disant pas toute la vérité à nos interlocuteurs. Nous
leur avons dit que tout ce qui est à Jésus devient leur, mais nous avons oublié de mentionner
que tout ce qu'ils ont devient Sien. Et il n'y a pas de Seigneurie si nous n'acceptons pas cela.
Jésus a dit, "Tu n'es ni froid, ni bouillant. Si seulement tu étais froid ou bouillant! Ainsi, parce
que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche" (Apocalypse
3:15,16).
Savez-vous ce que cela veut dire? Pardonnez-moi cette illustration, mais elle vient de Jésus
lui-même. Qu'est-ce que nous vomissons?
Ce que nous ne digérons pas. Si quelque chose et digéré, il n'est pas remis.
Les personnes vomies sont celle qui refusent de se laisser digérer par le Seigneur Jésus-Christ.
Et être digérée signifie se perdre. On est fini. Votre vie est terminée. Vous êtes transformés en
Jésus. Vous êtes incontestablement associé à Lui.
En Argentine, nous avons d'excellents steaks. Imaginons qu'un steak arrive dans mon estomac
et que les sucs gastriques arrivent pour le dissoudre. Ils disent au steak, "Bonjour, comment ça
va?"
Et le steak de répondre, "Très bien, merci. Que désirez-vous?"
"Nous sommes venus pour vous dissoudre et vous transformer en Juan Carlos."
Supposons que le steak dise, "Oh, non. Attendez une minute. C'était déjà assez qu'il me
mange. Mais disparaître complètement - non, non, non. Je suis dans son estomac, mais je veux
rester steak. Je ne veux pas perdre mon individualité. Je veux garder mon identité de steak."
"Non, Monsieur. Il faut que vous soyez dissous et que vous deveniez Juan Carlos."
"Non, je veux rester steak."
Alors il y a une lutte. Supposons que le steak remporte la victoire et que les sucs gastriques se
résignent à le laisser rester un steak dans mon estomac. Il ne se passera pas longtemps avant
que le steak soit vomi.
Mais si ce sont les sucs gastriques qui remportent la victoire, le steak perd sa personnalité et
devient Juan Carlos. (Avant que je ne le mange, c'était une brave vache inconnue quelque part
dans une prairie. Personne n'y prêtait attention. Mais maintenant, parce qu'il est dissous, il en
vient à écrire un livre!)
Ainsi en est-il avec le Seigneur. Nous sommes "en Christ". C'est à nous de décider si nous
voulons y rester ou pas. Pour rester en Jésus, il nous faut tout perdre et devenir Jésus. Nous
perdons notre vie. Comme l'esclave dont il était question en Luc 17, tout notre temps devient le
Sien - nos huit heures de travail, nos huit heures de sommeil et les huit autres aussi.
Il arrive parfois qu'un chrétien se dise, "Bien maintenant que mon travail de la journée est
terminé, je vais rentrer à la maison et me prendre une bonne douche. Après je regarderai un peu
la télévision, et puis j'irai au lit. Oui, je sais qu'il y a une réunion ce soir, mais après tout,
Monsieur le Pasteur, j'ai droit à un peu de repos..."
Droit à quoi, Monsieur l'Esclave? Vous n'avez droit à rien du tout. Vous avez été racheté par
Jésus-Christ et Il est le propriétaire de chaque heure de votre journée.
Pendant que l'esclave de l'histoire de Jésus terminait son labour, il n'était pas en train de se
demander, Voyons, quel bon petit casse-croûte vais-je me préparer maintenant? Non, il
réfléchissait, Qu'est-ce que je vais bien pouvoir préparer pour mon maître? Riz et haricots?
Non, il a eu ça hier. Un steak frites? Non, je pense qu'il préférerait des pommes de terre en robe
des champs..."
"Eh bien, je crois que je vais aller à l'église ce soir. Dis donc, chérie, qui est-ce qui prêche?"
"Oh, je crois que c'est Untel."
"Oh non, alors dans ce cas, je pense que je vais rester à la maison."
Toutes nos valeurs sont sens dessus-dessous. Les seigneurs sont assis sur les bancs.
Nous traitons Jésus comme s'Il était notre esclave. Nous prions, "Seigneur" (mais notre attitude
dénote le contraire), "Je suis sur le point de partir maintenant. S'il te plaît, veille sur la maison
pour qu'il n'y ait pas de cambriolage. Et s'il te plaît, protège-moi de tout accident sur la route."
Qu'attendons-nous que Jésus nous dise?! "Oui, madame" ou "Oui, monsieur"?
Les serviteurs ne disent pas, "Seigneur, fais ceci et fais cela." Les serviteurs disent, "Seigneur,
que veux-tu que je fasse?" La satisfaction du serviteur est de voir son Seigneur satisfait. Il n'est
pas étonnant que nos églises soient bancales. Nous n'avons même pas commencé à réfléchir sur
la façon de servir Jésus. Nos louanges sont Son dîner. Les cantiques sont l'eau à Sa table.
L'offrande est encore un autre plat de son repas.
Mais nous nous trompons nous-mêmes. Nous disons, "Recueillons une offrande pour le
Seigneur pour installer un système de climatisation dans notre église." Le Seigneur n'a que faire
de notre air conditionné. C'est pour nous. Beaucoup des offrandes que nous disons être pour le
Seigneur sont en réalité pour nous-mêmes. Les seules choses que Jésus ait décrites comme lui
étant offertes étaient les dons faits aux pauvres.
Quel est le plat principal de Jésus? Des vies humaines. Paul dit en Romains 12:1 qu'apporter
nos corps à Jésus est un service raisonnable. Quand le Seigneur nous voit Lui amener une
nouvelle personne, Il dit, "C'est bien. Voici mon serviteur qui vient avec ma nourriture." Et c'est
encore une personne qui se dissout en Jésus.
Jésus termine son histoire en disant, "Vous, de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a
été ordonné dites : Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions
faire." (Luc 17:10).
Pouvez-vous dire que vous avez fait tout ce que le Seigneur vous a ordonné? Si c'est le cas,
nous pouvons organiser une petite fête de remise de diplôme en votre honneur. On va vous
accorder un diplôme qui vous fait "Esclave Inutile".
Nos valeurs sont tellement renversées aujourd'hui qu'aux esclaves inutiles, nous remettons un
diplôme portant la mention "Révérend". Je me suis trouvé une fois dans une réunion où
quelqu'un a été présenté avec beaucoup d'éclat. L'orgue jouait et les projecteurs se sont allumés
au moment où l'on annonçait, "Et voici, le grand serviteur de Dieu,..."
S'il était grand, il n'était pas un serviteur. Et s'il était un serviteur, il n'était pas grand. Les
serviteurs sont des gens qui ont compris qu'ils ne sont dignes de rien. Ils travaillent huit heures
et puis ils viennent préparer le repas de leur Seigneur - et ils sont revigorés et joyeux en voyant
leur Seigneur jouir de son repas.
Puisse Dieu nous aider à faire avec joie ce que font les serviteurs de Son Royaume.

CHAPITRE 5

L'OXYGENE DU ROYAUME

"Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous
les uns les autres ; comme je vous ai aimes, vous aussi,
aimez-vous les uns les autres.
A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples,
si vous avez de l'amour les uns pour les autres."
Jean 13:34,35

Avant que vous ne soyez trop effrayé à l'idée d'être un esclave, il vaudrait mieux que je vous
parle de l'oxygène du Royaume - l'amour.
Pendant de longues années, j'ai considéré l'amour comme étant l'une des vertus de la vie
chrétienne. Dans mes sermons, je disais à mes auditeurs que c'était l'une des choses les plus
importantes.
Puis j'ai commencé à connaître par expérience l'amour véritable. C'est alors que j'ai découvert
que ce n'était pas une des vertus de la vie chrétienne - l'amour est la vie chrétienne. Il n'est pas
une des choses les plus importantes - il est la seule qui compte.
Quand nous parlons de la vie éternelle, nous avons tendance à toujours parler de sa durée.
Mais nous ne semblons jamais considérer sa qualité. Si la vie éternelle ne signifie qu'une vie qui
n'a pas de fin, alors l'enfer est une forme de vie éternelle!
Mais la qualité de la vie éternelle que Jésus donne est l'amour. Il en est l'oxygène ; il n'y a pas
de vie sans lui. L'amour est le seul élément éternel. Les autres éléments importants - les dons
spirituels, le parler en langues, la prophétie, la sagesse, la connaissance, la lecture de la Bible, la
prière - tout cela aura une fin. La seule chose qui passera la mort et entrera dans l'éternité sera
l'amour.
L'amour est la lumière du nouveau Royaume. La Bible est on ne peut plus claire quand elle dit
que Dieu est lumière et que Dieu est amour. Jean écrit que "si nous marchons dans la lumière,
comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et
le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché" (1 Jean 1:7).
Je ne sais pas pourquoi nous avons toujours pensé que la lumière était la connaissance. Peutêtre
est-ce parce que certaines expressions, telles que "la lumière a jailli", associent la lumière à
une compréhension plus claire des choses.
Quoi qu'il en soit, dans la Bible, la lumière c'est l'amour. "Celui qui aime son frère demeure
dans la lumière", dit 1 Jean 2:10,11, "... mais celui qui a de la haine pour son frère est dans les
ténèbres ; il marche dans les ténèbres et ne sait où il va, parce que les ténèbres ont rendu ses
yeux aveugles."
Qu'est-ce que les ténèbres? Tout simplement un manque de lumière. Nous n'avons pas besoin
d'acheter des ténèbres ; nous n'avons pas besoin de rentrer tout plein de sacs de ténèbres pour en
remplir un immeuble. Il suffit simplement d'éteindre la lumière et les ténèbres sont là.
Ainsi en est-il avec le royaume des ténèbres. On s'y sent très seul. Dans mon pays nous avions
souvent des pannes d'électricité le soir. La réunion était en cours et puis, soudain, les lumières
s'éteignaient. Que se passait-ils alors? Les épouses disaient aussitôt à leur mari, chéri, tu es là?
Donne-moi la main."
Leur situation n'avait pas changé, mais brusquement les gens se sentaient seuls, même en
compagnie d'autres personnes.
De jour, nous allons partout, même au cimetière avec des fleurs. Mais on ne va pas au
cimetière de nuit. Pourquoi? Les morts sont aussi morts la nuit que le jour. Mais l'obscurité fait
que nous n'avons pas envie de nous trouver là.
Les ténèbres sont l'individualisme, l'égoïsme. La lumière est l'amour, communion, partage. Si
nous marchons dans la lumière, nous jouissons de la communion fraternelle, parce que nous
nous voyons comme frères.
Le verset que j'ai cité plus haut dit aussi que pour celui qui aime son frère "il n'y a rien en lui
pour le faire trébucher". (1 Jean 2:10, TOB) Nous chrétiens, ne cessons de trébucher les uns sur
les autres. Les pasteurs s'embrouillent entre eux, leurs ouailles de même et jusqu'aux plus hauts
responsables d'église - il y a toujours des problèmes et des malentendus. Parfois quand l'Esprit
vient sur une église avec puissance et conviction, nous nous trouvons dans la nécessité de
confesser pendant des semaines et des semaines tant nous avons trébuché. Nous n'avons pas
marché à la lumière de l'amour.
Si un frère est dans la lumière tandis qu'un autre ne l'est pas, ils peuvent quand même éviter de
trébucher ; l'un guidera l'autre. Et si les deux frères sont dans la lumière, combien mieux
encore! Il n'y a plus d'obscurité, plus de ténèbres!
Je vais poursuivre : l'amour est la preuve de notre salut. Il y en a qui pensent que la preuve
réside dans notre manière de nous habiller ou si nous fumons ou si nous faisons ou ne faisons
pas bien d'autres choses. Ces choses peuvent avoir une importance, mais elles ne sont pas aussi
importantes que l'amour. Si au cours des années nous avions insisté autant sur l'amour que ce
que nous avons insisté sur le tabac, la situation serait sans doute bien différente. L'amour est la
preuve de notre salut.
Ecoutez ce que dit Jean : "Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l'amour est de
Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu
Dieu, car Dieu est amour." (1 Jean 4:7,8).
Voulez-vous savoir si vous êtes nés de Dieu? C'est très facile, n'est-ce pas?
Jean dit aussi, "Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous
aimons les frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort." (1 Jean 3:14).
Parfois, les gens vont trouver le pasteur et lui disent, "Je ne suis pas sur de mon salut. J'ai des
doutes à ce sujet ; comment puis-je avoir cette assurance?" Voici le critère on ne peut plus clair
: Aimez-vous les frères?
Si vous n'avez pas d'amour pour les frères, vous n'êtes pas sauvé, selon le critère de Jean. Vous
demeurez dans la mort. Vous pouvez arborer toutes les bonnes doctrines concernant la
Tribulation et le Millénium, mais le seul moyen pour vous de savoir si vous êtes passé de la
mort à la vie, des ténèbres à la lumière, est votre amour.
Je dois même aller plus loin (j'espère que je ne vais pas vous scandaliser) : Si nous aimions
comme Dieu voudrait que nous aimions, nous n'aurions plus tellement besoin de nous appuyer
sur les commandements de Dieu. Parce que "l'amour est... l'accomplissement de la loi"
(Romains 13:10). C'est tout le sens de la nouvelle alliance : "Je mettrai ma loi au-dedans d'eux,
je l'écrirai sur leur coeur..." (Jérémie 31:33).
Quand l'amour est engendré de l'intérieur, il résout toutes sortes de problèmes. Le fruit de
l'Esprit est amour - ainsi que joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur,
maîtrise de soi (Galates 5:22,23). Pourquoi prêchons-nous tant? Parce que nous voulons édifier
l'amour et toutes ces autres qualités chez les chrétiens. Mais si l'amour croissait comme il
devrait nous n'aurions pas besoin de tant de sermons. L'amour n'est pas simplement un des
éléments de la vie chrétienne - il en est l'élément par excellence. L'amour est la vie même.
Certains se leurrent en recherchant les dons de l'Esprit au lieu de Son fruit. Même si nous
apprécions les dons, nous devons prendre garde à ce qui est l'objet de notre attention. Jésus n'a
jamais dit, "C'est à leurs dons que vous les reconnaîtrez." Il a dit, "C'est à leurs fruits que vous
les reconnaîtrez." (Matthieu 7:20).
Les dons ne sont pas un signe de spiritualité, parce que les dons chez une personne sont
comme les cadeaux sur un arbre de Noël.
Dans une ville surpeuplée comme Buenos Aires, nous n'avons pas beaucoup d'arbres. La
plupart de nos arbres de Noël sont des créations artificielles de fil de fer et de papier vert. Mais
nous les arrangeons joliment. Nous les achetons pour une vingtaine de francs et puis nous y
suspendons des montres, des bagues, et autres cadeaux. Ils sont attrayants, même si ce ne sont
pas de vrais arbres.
Mais quand vous sortez le 26 décembre, tous les arbres de Noël sont dans les poubelles.
Il se peut que, hier encore, ils arboraient une belle montre Oméga, mais aujourd'hui ils sont à la
poubelle. On ne peut donc pas dire grand'chose de l'arbre si on ne regarde qu'à ses dons. Les
dons n'indiquent pas de quel genre d'arbre il s'agit.
Ce n'est que par son fruit qu'on peut apprécier un arbre. Si les pommes sont bonnes, vous direz
que vous avez un bon pommier, et ainsi de suite...
Bien entendu, le mieux serait qu'un arbre porte à la fois de bonnes pommes et des montres
Oméga, le fruit et le don. Mais si cela n'est pas possible, au moins faut-il que le fruit soit bon.
On peut excuser une personne qui n'a pas de don, mais elle n'a aucune excuse si elle ne porte
pas de fruit. Si nous disons au pommier, "Pourquoi n'es-tu pas porteur d'une belle bague?"
l'arbre serait en droit de répondre, "Excuse-moi, mais personne n'a déposé de bague sur moi."
Mais un pommier sans pomme ne peut pas s'en tirer, parce que les pommes sont le résultat
normal de la vie d'un pommier.
Nous ne pouvons donc trouver d'excuse si nous n'avons pas l'amour. Si nous sommes remplis
de l'Esprit, il est naturel que nous sachions aimer.
Je regrette que pendant si longtemps nous, pentecôtistes, ayons mis l'accent sur Actes 2:4
plutôt que sur Galates 5:22. Notre déclaration de foi disait, "Nous croyons à la plénitude du
Saint-Esprit selon Actes 2:4" c'est-à-dire, avec le parler en langues. L'histoire de l'Eglise serait
différente si nous avions dit, "Nous croyons à la plénitude du Saint-Esprit selon Galates 5:22."
Pour commencer, il n'y aurait pas eu autant de divisions parmi les gens remplis de l'Esprit.
En tant que pasteur pentecôtiste, il m'est difficile d'avoir à dire cela. Mais c'est néanmoins la
vérité, et le Saint Esprit veut que nous la regardions en face. Quand on va a la chasse de gros
gibier on vise la tête, non la queue. Parce que si vous le frappez à la tête, l'animal tout entier
sera à vous.
Quand il s'agit de rechercher la plénitude du Saint-Esprit, la tête est le fruit de l'Esprit et la
queue le don des langues. Beaucoup d'entre nous avons frappé à la queue, mais l'animal a
continué de courir. Si nous avions visé et frappé la tête, nous aurions eu la queue et tout le reste.
Jésus n'a pas dit, "A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous parlez en
langues." Bien que je parle en langues moi-même, je suis dans l'obligation de dire que le monde
saura que je suis un disciple de Jésus par le signe de l'amour. Il est grand temps de mettre
l'accent là où il faut, là où Dieu l'a mis.
Samson avait des dons, des charismes - et c'était un homme charnel. Saul, le premier roi
d'Israël, était charismatique - il prophétisait. Mais c'était un homme charnel. Paul disait que s'il
parlait les langues des hommes et des anges, mais n'avait pas l'amour, ce n'était que du bruit.
Parler en langues sans amour est du bruit. La prophétie et la capacité de comprendre les
mystères spirituels, sans amour, ne sont rien. Le don de foi, sans amour, n'est rien.
Alors si vous voyez quelqu'un exercer un don, même si c'est ressusciter les morts, ne vous
empressez pas de lui courir après. Commencez par vous approcher de l'arbre. Ne regardez pas
les montres et les bagues ; regardez sous les feuilles pour voir le fruit. En particulier en ces
jours de confusion, il est important que le peuple de Dieu agisse avec beaucoup de sagesse.
Avez-vous réellement pris conscience de l'importance de l'amour? Ce n'est que dans la mesure
où vous comprenez cela que vous tes ouvert à l'Esprit. C'est comme la farine dans le gâteau.
Vous pouvez cuire un gâteau sans oeufs, sans sucre - mais pas sans farine. L'amour est la vie
chrétienne. Beaucoup d'autres choses telles que les dons et la louange sont très belles, mais c'est
l'amour qui est la vie.

CHAPITRE 6

L'AMOUR DU PROCHAIN

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même."
Lévitique 19:18

L'amour du prochain, tel que nous le voyons énoncé dans l'Ancien Testament, est le premier
degré d'amour c'est-à-dire le minimum. Ce n'est pas, bien entendu, un commandement
uniquement réservé à l'Eglise. C'est un commandement universel, faisant partie de la loi morale
de Dieu. Si chaque être humain aime quelqu'un d'autre, alors chacun sera aime de quelqu'un et
aussi aimera.
Que signifie ce commandement? Il signifie que je dois désirer pour mon prochain ce que je
désire pour moi-même, et que je dois faire le même effort pour procurer à mon prochain ce que
je me procure pour moi-même.
Si j'ai de quoi manger et que mon prochain n'en a pas, l'aimer c'est faire le même effort pour
lui procurer de la nourriture que celui que j'ai déployé pour moi-même. Si je ne puis le faire,
alors je devrais lui donner la moitié de ce que j'ai dans mon assiette. Si j'ai deux costumes et
qu'il n'en a aucun, je dois faire le même effort pour lui procurer deux costumes que celui que
j'ai déployé pour moi-même. Si mes enfants sont bien habillés, bien nourris et vont à l'école, et
que ceux de mon prochain ne sont pas dans le même cas, alors je dois faire le même effort pour
ses enfants que celui que je fais pour les miens.
Voila ce que signifie aimer son prochain comme soi-même. Voulez-vous savoir quelque
chose? La plupart de nous, croyants, n'arrivons même pas à accomplir ce commandement de
l'Ancien Testament! Nous ne nous aimons pas les uns les autres comme des prochains.
Et bien sûr, Jésus n'a pas dit que nous devions nous aimer comme des prochains, mais comme
des …frèresW! Mais si dans l'Eglise nous pouvions nous aimer au moins comme des prochains,
il ne fait pas de doute que ce serait le début d'une révolution. Dans chaque communauté on
trouve ceux qui ont trop et ceux qui n'ont pas assez. Un croyant possède une grosse voiture et
quand il rentre chez lui il retrouve une maison cossue et un steak dans son assiette. Le croyant
assis à ses côtes, retourne chez lui à pied pour ne retrouver que du pain et un bol de café.
Pourtant, ils chantent ensemble combien ils s'aiment! Et, à la fin de la réunion, ils se saluent et
se disent, "Que Dieu te bénisse, mon frère!" et puis chacun s'en va de son côté!
Quand on demanda à Jésus, "Qui est mon prochain?" Il répondit par la parabole du bon
Samaritain (Luc 10). Combien de fois ai-je prêché sur cette parabole en la spiritualisant!
Jérusalem était l'église. Jéricho était le monde. L'homme qui descendait à Jéricho était le
croyant quittant l'église et allant vers le monde. Les brigands étaient Satan et ses démons, et le
bon samaritain était le frère qui le ramenait à l'église.
N'était-ce pas une manière commode de fuir mon devoir? Je prêchais le Cinquième Evangile,
l'Evangile selon les Saints Evangéliques.
Une autre fois, j'avais une interprétation différente. Jérusalem était le Jardin d'Eden, Jéricho
était la chute de l'homme et Jésus était le bon samaritain qui venait, et... oh, les interprétations
ne manquent pas.
Jésus conclut en disant au légiste qui lui avait posé cette question, "Va, et toi, fais de même"
(verset 37). Il voulait dire par là que lorsque nous voyons quelqu'un dans le besoin, il nous faut
répondre à ce besoin. C'est très clair. Cela n'a pas besoin d'être spiritualisé.
Mais nous, nous passons à côté de gens qui souffrent et nous nous contentons de rentrer chez
nous pour en parler. "Oh, j'ai vu quelque chose de terrible aujourd'hui - pauvre homme! Il me
faisait vraiment pitié." Mais nous ne faisons rien.
Le Samaritain n'était pas quelqu'un de spécial. Nous l'avons surnommé le "bon Samaritain",
mais Jésus ne dit rien de ce genre. Il dit simplement, "Un Samaritain qui voyageait arriva près
de lui..." (verset 33). Il ne faisait qu'obéir au vieux commandement. Il laissa de l'argent pour
couvrir les frais de soins apportés au blessé, puis il poursuivit son chemin.
Mais nous sommes si mauvais que, par comparaison, il était un bon Samaritain. La même
chose se reproduit dans nos églises aujourd'hui. Un pasteur dira, "Venez, frère Ortiz, j'aimerais
vous présenter un très bon diacre de mon église."
"Oh, ce sera un plaisir de le rencontrer."
Ensuite, après notre rencontre, je demande au pasteur, "Pourquoi avez-vous dit que c'était un
très bon diacre?"
"Bien, parce qu'il vient à toutes les réunions. Il donne sa dîme. Il m'aide à chaque fois que j'ai
besoin de lui."
Ca, ce n'est pas un bon diacre - c'est un diacre tout simplement! Mais quand une personne est
proche de la normale, nous disons qu'elle est "très bonne".
Dieu ne serait-Il pas heureux s'Il pouvait faire de nous tous des Samaritains normaux?
Jésus a dit, "Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos oeuvres
bonnes, et glorifient votre Père qui est dans les cieux" (Matthieu 5:16). Qu'est-ce que la
lumière? Qu'est-ce qui produit des oeuvres bonnes? L'amour! Comme je l'ai déjà dit, la lumière
de Dieu est l'amour.
Venons-en maintenant à une application concrète. Quand nous parlons d'amour ou de toute
autre chose dans la Bible, il nous faut être précis, sinon ce sera comme quand on coud et qu'on
oublie de faire un noeud au bout du fil. Vous pouvez coudre indéfiniment, mais les choses
resteront telles quelles. Parfois même nous essayons de coudre sans fil du tout - uniquement
avec l'aiguille. Tout ce que nous réussissons à faire, c'est une série de petits trous. Mais le
vêtement reste déchiré, parce que nous n'avons pas pris des mesures précises pour consolider
nos gains.
Dieu ne dit pas, "Aimez vos prochains." On ne peut aimer le monde entier. Il dit, "Aime ton
prochain." Alors prenez une personne, une famille. Commencez à prier pour cette famille.
Commencez à vous intéresser à leurs problèmes, leurs besoins - spirituels, matériels,
psychologiques, toutes sortes de besoins.
N'allez pas les trouver avec un tract ; vous donnerez l'impression d'être un démarcheur.
Allez vous vendre vous-même. Allez vous donner vous-même à eux. Donnez-leur de voir que
vous les aimez, et offrez-leur votre service.
Nous avions une dame d'un certain âge chez nous en Argentine qui, comme elle le disait, "était
incapable de gagner une âme à Jésus." (A vrai dire, nous ne croyons pas au fait qu'il faut gagner
des âmes ; nous croyons qu'il faut gagner l'âme, le corps et l'esprit - tout l'être.) Cela faisait des
années qu'elle était dans l'église. Puis un jour, le Seigneur lui montra ce genre d'amour. Elle
comprit que Dieu n'avait pas envoyé un tract depuis le ciel ; Il avait envoyé Son Fils, qui était
venu vivre avec nous, apportant la guérison. Il nous a aides en partageant notre vie.
Cette femme décida qu'elle pouvait faire de même.
En face de chez elle, il y avait une maison à louer. Dès qu'arrivèrent les nouveaux locataires,
elle était prête. Elle traversa la rue avec du café et des gâteaux et leur dit, "Je vous apporte
quelque chose à manger, parce que je sais que vous venez d'emménager et que vous n'avez
sûrement pas encore réussi à déballer tout le nécessaire pour préparer à manger. Je reviendrai
tout à l'heure pour chercher la vaisselle - ne perdez pas votre temps à la faire, je sais que vous
êtes occupés.
"Et, tant que j'y pense, l'épicerie se trouve au coin de la rue Untel..." Elle ne glissa pas un tract
sous le gâteau. Elle apporta de la nourriture tout simplement et offrit de les aider.
Au bout de quelques temps, elle revint chercher la vaisselle, en ajoutant, "Si vous avez besoin
de quelque chose d'autre, je suis là et ce sera un plaisir de vous aider."
A aucun moment, elle ne prêcha sur Christ. Mais un mois plus tard, la famille toute entière se
fit baptiser à cause de la lumière qu'elle avait apportée.
Jésus n'a pas dit, "Laissez votre bouche parler devant les hommes afin qu'ils puissent entendre
vos belles paroles et glorifier votre Père." Il a dit, "Que votre lumière brille" - votre amour!
Peut-être y en a-t-il parmi nous qui éprouvent quelques difficultés envers ce concept parce que
nous avons été imprégnés d'un évangile anti-catholique. Nous avons ôté toute importance aux
bonnes oeuvres. Nous ne sommes pas sauvés par nos oeuvres, disons-nous. Et c'est une moitié
de la vérité. Car nous sommes aussi "créé en Christ-Jésus pour des oeuvres bonnes" (Ephésiens
2:10).
Nous lisons à propos de Corneille en Actes 10 tout le bien qu'il avait fait - et nous aimons
souligner que pour autant il n'était pas sauvé. Mais remarquez que Dieu envoya un ange parce
que "tes prières et tes aumônes sont montées en guise de souvenir devant Dieu" (verset 4). Ca,
c'est l'autre moitié de la vérité.
Les bonnes oeuvres sont la démonstration effective de notre amour. Parfois, nous sommes trop
mystiques - "Ohhhhhh, je vous aime, mon frère" - mais nous ne manifestons pas cet amour
autrement qu'avec des sourires et des accolades.
Les bonnes oeuvres, ce sont des oeuvres bonnes. Des oeuvres, cela veut dire oeuvrer, agir, et
non pas seulement une façon de penser mystique. Il nous faut ouvrir nos portefeuilles et faire
des oeuvres bonnes. Bien entendu, il y a une différence entre les oeuvres bonnes faites par
amour et les oeuvres bonnes faites selon la chair. Paul dit bien que si je donne tous mes biens
pour aider les pauvres mais que je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. C'est pourquoi le marxisme
n'est pas la réponse. Le marxisme a de nombreux aspects attrayants. Le communisme dit
d'excellentes choses au sujet de la justice sociale et du partage des biens. Mais il est à l'opposé
de ce que Jésus nous a enseigné. (C'est comme le spiritisme et les dons spirituels - il y a des
similitudes, mais les sources sont opposées).
Mais s'il vous plaît - en vous opposant au spiritisme, ne niez pas les dons. En vous opposant au
communisme, ne niez pas le partage.
N'oubliez pas que nous devons aimer notre prochain ici et maintenant.

CHAPITRE 7

L'AMOUR DU FRERE

"Je vous donne un commandement nouveau :
Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai
aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres."
Jean 13:34

L'ancien commandement, le degré minimal d'amour était un amour avec limites. Il était basé
sur notre amour de nous-mêmes. Il me disait d'aimer mon prochain tant que je ne suis pas en
danger. Mais si je suis en danger, mon amour du prochain est terminé.
Voilà le minimum. Bien sûr, nous nous imaginons que même ça c'est trop - nous disons que
c'est le maximum! En fait, si quelqu'un dans l'église m'aime comme son prochain, je devrais en
être offensé. Je ne suis pas son prochain - je suis son frère! Nous ne sommes pas deux familles
vivant à proximité l'une de l'autre - nous faisons partie de la même famille.
Les disciples ont peut-être dit, "Nous connaissons les Dix Commandements, mais ça, qu'est-ce
que c'est? Ce doit être le onzième commandement."
Jésus se souciait fort peu de la façon dont ils l'appelaient, du moment qu'ils obéissaient. "Je
vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres -"
"Oui, ça nous le savons déjà," disent les disciples.
"- Comme je vous ai aimés." Voila quelque chose de nouveau. Et même plutôt étrange.
L'ancien commandement disait, "Aime ton prochain comme toi-même."
Le nouveau commandement dit, "Aime ton frère comme moi je t'ai aimé."
Comment est-ce que Jésus nous a aimés? Nous a-t-il aimés comme Il s'aimait Lui-même?
Non. Il nous a aimés plus qu'Il ne s'est aimé Lui-même. Il a donné Sa vie pour nous.
Dans ce degré d'amour, le moi disparaît. Nous devons aimer et aimer, jusqu'à quand? Jusqu'à
toujours. Même si cela doit nous coûter la vie. Cela est bien plus que de donner la moitié de son
assiette de nourriture. C'est donner toute l'assiette, avec nous en prime.
Voila le degré d'amour que Jésus entendait pour son Eglise, la famille de Dieu. C'est la qualité
d'amour destinée à régner dans notre communauté chrétienne. Je ne puis aimer mon frère
comme je m'aime moi-même, parce que le moi est parti. Ce n'est plus moi qui vis mais Jésus.
Nous avons du mal à nous donner à quelqu'un d'autre, n'est-ce pas? Une grande barrière nous
retient. Cette barrière est l'égoïsme.
Mais il faut qu'elle soit abattue, ou nous ne changerons jamais l'Eglise. Les pasteurs ne
peuvent modifier la structure de l'Eglise depuis la chaire. Chacun de nous doit changer la
structure de sa propre vie, qui jusque là a été basée sur "moi". Je parle de la structure interne de
nos maisons, la partie qu'on ne voit pas derrière les crépis, les habillages et les faux-plafonds.
Il nous arrive parfois d'apporter un grand nombre de changements à la maison qu'est notre
personne, sans toucher à la structure fondamentale. Nous pouvons fermer la fenêtre qui laisse
entrer le tabac et ouvrir la fenêtre de la réunion d'étude biblique. Nous pouvons bloquer
l'ouverture qui donne sur le théâtre de variétés et ouvrir celle de la répétition de chorale. Nous
pouvons fermer la fenêtre de l'alcool et ouvrir la fenêtre de soutien financier à l'église. Nous
pouvons installer de nouveaux tapis, de nouveaux rideaux, de nouveaux papiers peints.
Mais la structure de nos maisons reste la même ; elle est encore une ossature en forme de
"moi". Et les problèmes finissent par ressortir.
Jésus veut plus que de nouveaux rideaux et l'ouverture de fenêtres. Sa croix signifie la mort à
l'ancienne structure. Il nivelle toute la maison et recommence à zéro. Il y a un vieux chant
gospel qui dit, "Laisse ton lourd fardeau à la croix ; Et pars libre, ô pécheur, pars libre." Cela
n'est pas suffisant. Se débarrasser du fardeau du péché c'est bien, mais ce n'est pas bien si le moi
s'en va identique à ce qu'il a toujours été.
Il nous faut à la croix passer une déflagration atomique qui, non seulement fera sauter notre
fardeau de péché, mais détruira aussi notre structure en forme de "moi", qui devra être
remplacée par une structure à l'image de Christ.
Dans le baptême, c'est plus que le tabac, l'alcool et le jeu qui reste sous l'eau. C'est le moi. Il
faut que les gens le comprennent. Quand ils ressortent de l'eau, ils y laissent leur moi. C'en est
fini pour eux. C'est un être totalement nouveau qui désormais commence à vivre une vie
d'obéissance et il est essentiel que cela soit compris.
Nous, pasteurs, disons parfois qu'il nous faudrait avoir davantage de partage les uns avec les
autres. Il nous faudrait passer plus de temps avec le pasteur méthodiste, le pasteur réformé, le
prêtre catholique, et ainsi de suite. Mais ensuite, nous disons, "Oh, mais je n'ai pas le temps. Je
suis déjà tellement occupé par mon propre ministère."
Nous sommes menteurs. Le temps, nous l'avons. Nous avons vingt-quatre heures par jour
comme tout le monde. Pourquoi ne sommes-nous pas assez honnêtes pour dire, "J'ai le temps,
mais il est tout occupé par moi-même et mes affaires"? Au moins, nous ne serions pas
hypocrites. Nous reconnaîtrons notre vie pour ce qu'elle est : profondément égocentrique.
Qui peut obéir au nouveau commandement? Qui peut aimer ses frères comme Jésus nous a
aimés?
Cela doit être possible ; en parlant de commandement, Jésus devait s'attendre à l'obéissance. Et
ce commandement il l'a donné à vous et à moi.
Il nous faut volontairement trouver le temps pour aimer. Il y avait dans notre église un étudiant
qui semblait toujours débordé de travail. A chaque fois que nous l'abordions pour lui demander
quelque chose, il répondait, "Oh! veuillez m'excuser, Monsieur le Pasteur, mais je n'ai pas le
temps. Je poursuis mes études en plus d'un travail qui me prend huit heures par jour. Alors vous
vous imaginez bien que je n'arrive pas à faire plus que cela. J'arrive encore à venir à la réunion
une fois par semaine, mais le reste du temps
je suis pris."
Puis un jour, il est tombé amoureux. Tout à coup, il avait le temps de rendre visite à sa fiancée
trois ou quatre fois par semaine.
Comment avait-il fait? Je ne sais pas. C'était dû à l'amour.
Quand nous disons que nous n'avons pas le temps, nous donnons une preuve de notre égoïsme.
Nous voulons dire en fait que tout notre temps est pris pour bâtir notre petit royaume personnel.
Mais si nous mourrions, nous aurions tout le temps nécessaire pour les autres. Jésus avait vingtquatre
heures chaque jour pour les autres. Il n'avait rien de personnel à faire. Pourquoi? Parce
qu'il portait une croix sur Ses épaules, et Il a dit que Ses disciples devaient faire de même.
Savez-vous ce que veut dire prendre la croix? Il y en a qui pensent que c'est recevoir la visite
de sa belle-mère. Cela n'est pas la croix. Quand un juif voyait quelqu'un dans la rue portant une
croix sur l'épaule, il ne savait que trop bien ce qui allait se passer. Cette personne allait mourir.
Jésus vous a dit de prendre votre croix et de vivre comme si vous étiez mort. Etes-vous prêt?
Etes-vous prêt pour qu'à tout moment la croix soit allongée par terre et que vous y soyez cloué?
Si c'est le cas, alors vous n'aurez aucun mal à mettre en oeuvre le nouveau commandement.
Tout le monde connaît Jean 3:16. Mais n'avez-vous jamais remarqué 1 Jean 3:16?
probablement pas - ce verset ne figure pas dans l'Evangile des Saints Evangéliques. Il y est dit,
"A ceci, nous avons connu l'amour : c'est qu'il a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous
devons donner notre vie pour les frères."
On ne trouve pas ce verset dans les petites boites à promesses. Si cela était le cas, personne ne
les achèterait! Ceux qui élaborent les boites à promesses y mettent toujours les plus beaux
versets, pour que les chrétiens puissent en tirer une petite carte et dire, "Oh, regardez ce que le
Seigneur va faire pour moi!"
Cela m'amuserait beaucoup de constituer une de ces boites en y mettant tous les versets qui ne
sont pas soulignés dans nos Bibles. Des versets comme 1 Jean 3:16 - l'effet serait sans doute
surprenant!
Encore une fois, l'apôtre Jean nous donne un test très simple. Connaissons-nous l'amour? C'est
très facile à savoir ; point n'est besoin du don de discernement des esprits. Demandez-vous
simplement si vous êtes prêt à donner votre vie pour votre frère. Pensez a un frère bien précis
de votre église. Seriez-vous prêt à mourir pour lui?
J'ai de véritables amis qui m'ont dit, "Juan, j'ai donné ma vie à Dieu, pour toi. S'il t'arrive
quelque chose, c'est à moi que cela arrive. Alors ma vie est entre tes mains. Si tu as besoin de
mon sang, il est à toi. C'est pareil pour ma voiture, ma maison, tout." Voilà la qualité d'amour
du nouveau commandement.
Dieu veut avoir une nouvelle communauté. Des choses commencent à se passer dans l'Eglise.
Le monde en général ne le sait pas, mais c'est en route. Nous allons être comme une ville située
sur une montagne, un exemple de communauté de personnes qui s'aiment les unes les autres.
Par où est-ce que cela commence? Cet amour doit commencer parmi les prédicateurs d'amour.
Les pasteurs ont toujours été plus divisés, plus soucieux de leurs différences, que leurs fidèles.
Il nous faut donc montrer l'exemple entre les pasteurs de la ville. Nous ne pouvons demander à
nos églises de s'aimer si nous ne montrons pas la voie. Après tout, nous sommes les bergers.
Tout pasteur a quantité de sermons sur l'amour. Désormais, il nous faut pratiquer ce que nous
prêchons.
Les brebis veulent être ensemble. Elles sont fatiguées des divisions. Nous, les conducteurs,
sommes le problème. Il nous faut être baptisés dans l'amour avant que Jésus ne revienne. Nous
devons être des exemples d'amour pour le troupeau.
Des pasteurs me disent parfois, "Oui, je sais. Je connais la doctrine de l'unité de l'Eglise. Et j'ai
invité les autres pasteurs à des réunions. Je leur ai envoyé une lettre à chacun, mais ils ne sont
pas venus."
Mais ce n'est pas ainsi qu'il faut commencer. Les pasteurs sont las des réunions. Ils s'y sentent
aussi menacés. Si quelqu'un vous présente à une jeune fille, vous ne pouvez pas dire, "Bonjour,
heureux de vous connaître - venez, on va se marier." Il est d'abord nécessaire que vous tombiez
amoureux des autres pasteurs, avant de les inviter à la mairie pour les épouser.
De toutes façons, une réunion n'est généralement pas prévue pour avoir de la communion
fraternelle. Si la réunion commence à 20 heures, les pasteurs arrivent à 19h59. Ils se saluent,
après quoi ils vont s'asseoir et se regarder la nuque. A la fin de la réunion, ils se diront au-revoir
et puis se quitteront.
Où est la communion fraternelle?
Soit dit en passant, on retrouve le même problème parmi les brebis. Les chrétiens se
rassemblent et disent "Bonjour, ça va? Bien le bonjour à la maison" chaque dimanche pendant
vingt ans, et cela ne va jamais plus loin. La structure de nos réunions ne donne pas la possibilité
d'une démonstration d'amour et de communion fraternelle quelconque.
Avez-vous jamais vu un fiancé qui dise à sa fiancée, "Bonjour, ça va? Et ta famille? Eh bien, il
est temps de se dire au-revoir." Non. Ils ne cessent de grandir dans la communion jusqu'à ce
qu'ils ne puissent rien faire d'autre que de se marier.
C'est exactement ce qui doit se passer entre les pasteurs de chaque ville. Leur âme et leur
esprit tout entier doivent être éveillés à s'aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés.
Alors on ne commence pas par des réunions. Nous commençons par dire, "Seigneur, je vais
dégager le temps pour aimer deux ou trois pasteurs de ma ville. Je vais écrire leurs noms ici.
Pour l'instant je ne les connais même pas ; je me suis opposé à leur théologie. Mais maintenant
je vais les aimer parce que l'amour est un commandement."
(Quelqu'un dira, "Frère, vous avez raison - l'amour est un commandement, mais si Dieu ne
nous donne pas cet amour, alors on n'y arrivera pas."
(Nous sommes bien malins, n'est-ce pas? Dieu nous dit de faire quelque chose, et nous, nous
retournons la chose tant et si bien qu'on la repose tout droit entre les mains de Dieu. Nous
prions, "O Dieu, donne-moi de l'amour pour mon frère." Et puis nous pensons que si nous
n'aimons pas, ce n'est pas notre faute - Dieu n'a pas répondu à notre prière!
(Ecoutez - l'amour est un commandement. Nous n'avons pas besoin de demander d'où viendra
l'amour. Il nous suffit de commencer à obéir à notre Seigneur. Quand nous obéirons, des choses
commenceront à se passer.)
Comment vais-je tomber amoureux des deux ou trois pasteurs de ma liste?
D'abord, je commence par prier pour eux chaque jour pendant une semaine ou deux. Je me
renseigne pour savoir s'ils ont une famille ou de la parenté ; j'apprends leurs noms et je prie
pour eux aussi. Je prie pour leur femme et leurs enfants à l'école. Je passe devant la maison en
voiture et je dis, "Seigneur Jésus, bénis ce foyer."
Et puis, quand enfin je suis tombé amoureux d'eux, je vais les voir. Avec mon coeur débordant
d'amour, je frappe à leur porte.
"Bonjour, c'est ici chez le pasteur Martin?"
"Oui, c'est moi."
"Bonjour, je suis le pasteur Ortiz et je suis venu vous rendre visite."
Il a l'air surpris mais c'est très bien. "Eh bien, entrez," dit-il. "Qu'est-ce qui me vaut votre
visite?"
"Eh bien, dis-je, je suis juste venu vous rendre visite, frère."
"Ecoutez, je suis plutôt occupé aujourd'hui, alors dites-moi tout de suite ce que vous avez sur
le coeur - la raison principale qui vous a amené à faire un saut chez moi."
"La raison principale? Je désirais tout simplement vous connaître. Mais, je vois que vous êtes
occupé, alors je ne resterai que cinq minutes. Est-ce que vous avez eu une bonne réunion
dimanche?"
Comment pourrait-il refuser de répondre à une telle question? Il dit, "Oui, c'était une assez
bonne journée. J'étais content de ma prédication, les gens étaient réceptifs au message, et
l'offrande était très bonne - près de dix mille francs. Alors dans l'ensemble nous allons très
bien."
"Je m'en réjouis beaucoup. Vous avez aussi une famille?"
"Oui, répond-il, une femme et trois enfants. Justement ma femme est malade en ce moment."
Je me lève. "Oh, je regrette beaucoup. Je vais m'en aller maintenant, mais on pourrait prier
avant que je vous quitte. 'Merci, Jésus, pour cette maison, pour ce frère, pour les bonnes
réunions qu'ils ont eues et pour sa femme. Guéris-la, et aide-la. Amen!' Bien, merci pour tout,
pasteur Martin. Au revoir!"
Pendant qu'il referme la porte derrière moi, il se dit à lui-même : Pauvre homme. Il vaut mieux
que je passe un coup de fil à son évêque. Il est peut-être surmené.
"Allô, c'est l'évêque? Le pasteur Ortiz fait partie de votre dénomination, je crois... oui, il est
venu chez moi aujourd'hui. Avez-vous remarqué quelque chose de bizarre chez lui ces derniers
temps? J'ai l'impression qu'il ne doit pas aller très bien... Oh, vous savez, les pasteurs ont une
telle charge de travail que parfois ils craquent... oui, c'est ça, gardez-le un peu à l’oeil. Imaginez
donc - il est venu ici pour rien du tout!... Oui, bien, je suis certain que vous saurez l'entourer.
Au revoir!"
La semaine suivante, le pasteur Ortiz est encore là, frappant à la porte. Le pasteur Martin
regarde par la fenêtre et s'exclame, "Oh, la, la! Le toqué! Heureusement qu'il ne reste pas
longtemps." Alors il va ouvrir.
"Bonjour, pasteur Ortiz. Comment allez-vous?"
"Très bien, merci, pasteur Martin."
"Que désirez-vous?"
"Eh bien, je suis juste venu vous rendre visite." Il sait déjà qu'il faut qu'il m'invite à entrer.
Alors je dis :
"Comment va votre femme? Vous savez, ma femme et moi avons prié pour elle toute cette
semaine. D'ailleurs ma femme voulait venir la voir, mais elle n'était pas sûre que votre épouse
soit en état de recevoir de la visite. En tout cas, elle vous envoie ce petit cadeau."
"Euh, merci beaucoup. Dites à votre femme qu'elle peut certainement venir si elle le désire."
"Est-ce que vous avez eu un bon culte dimanche dernier?"
"Excellent - une très bonne réunion."
"Eh bien, frère, prions et puis je vais vous quitter. 'Merci, Seigneur Jésus, de ce que la femme
de ce frère se porte mieux. Amen.' Au revoir!"
La semaine d'après, je frappe de nouveau à sa porte. A la cinquième semaine... il m'attend à la
porte!
Mais l'étape suivante n'est toujours pas de l'inviter à une réunion. Je l'invite à m'accompagner
pour une petite randonnée à vélo ou à venir chez moi pour prendre une glace. Il se peut qu'il
soit contre ma dénomination, mais il ne peut être contre une glace. Je l'aime. Après que nous
ayons fait notre randonnée, après qu'il soit venu chez moi, après nous avoir invités mon épouse
et moi chez lui, nous sommes devenus amis. J'ai gagné sa confiance.
C'est alors que je partage avec lui mon souci que les pasteurs de la ville soient réellement des
frères et qu'ils puissent s'aimer les uns les autres. L'amour est le boeuf qui tire la charrette de la
fraternité. Ne mettez pas la charrette avant le boeuf. Aimez d'abord, et ensuite seulement faites
part de vos sentiments.
Est-ce trop difficile? Jésus a dit que nous devions donner notre vie pour les frères. Aller rendre
visite à un frère pasteur est bien moins que de donner ma vie. Ce n'est que le commencement.
Une fois commencé parmi nous, les pasteurs, cela se répandra vite dans les autres parties du
Corps de Christ de nos villes. Mais il faut absolument que cela commence par nous. Quand
Jésus regarde notre ville, Il voit Ses bergers et Ses brebis comme un ensemble. Si nous sommes
en Jésus, nous verrons la même chose. Nous n'avons pas tous la "bonne" doctrine. Mais cela ne
semble pas empêcher Jésus de nous aimer quand même. Cela ne devrait pas davantage
constituer un obstacle pour les serviteurs de Jésus.
Il y avait un homme dans mon ancienne dénomination qui, il y a quelque temps, devint mon
ennemi. Il disait que je n'étais pas fidèle à l'église. Pour finir, il en arriva à me haïr.
Pendant l'une de nos conventions, je suis allé le trouver et je lui ait dit, "Bonjour, comment ça
va?" et je l'ai embrassé.
"Ne m'embrassez pas - Je ne vous aime pas," grogna-t-il.
"En tous cas, moi, je vous aime," repliquais-je.
"Vous ne pouvez pas m'aimer, parce que je suis votre ennemi!" Il en était presque à crier.
"Gloire à Dieu!" répondis-je. "Je ne savais pas que vous étiez mon ennemi, mais voici pour
moi une occasion d'aimer mes ennemis. 'Merci, Jésus, pour mon précieux ennemi!'"
Vous voulez savoir quelque chose? Un an plus tard, je prêchais dans son église.
L'amour est l'arme la plus puissante qui existe au monde. Jésus gagne le monde par l'amour ; il
en est de même pour nous.

CHAPITRE 8

L'AMOUR "FACON PUREE DE POMMES DE TERRE"

"Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai
connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en
eux, et que moi, je sois en eux."
Jean 17:26

Le troisième degré de l'amour va plus loin encore que les commandements, le nouveau comme
l'ancien. C'est la qualité d'amour qui anime la Trinité.
Pouvez-vous imaginer l'amour au sein de la Trinité? Pouvez-vous imaginer comme le Père
aime le Fils? Comment le Fils aime le Père? Comment l'Esprit aime le Fils? Comment l'Esprit
aime le Père? Comment le Père aime l'Esprit? Comment le Fils aime l'Esprit? Sublime!
C'est cela l'amour éternel. Un amour pour des personnes mûres. Ce degré d'amour donne
l'assurance qu'il n'y aura jamais de désaccord. Dans l'Ancien Testament nous lisons comment le
Père a accompli des miracles et des prodiges, ressuscité les morts, guéri les malades. Puis le
Fils est venu sur la terre et a fait les mêmes choses. Le Père n'en a pas éprouvé de la jalousie ;
au contraire, il a dit qu'il prenait plaisir en Son Fils (voir Matthieu 17:5).
Puis est venu le Saint Esprit qui a commencé à faire les mêmes choses. Et cependant, l'unité
totale demeurait intacte. Leur amour est tellement mûr que rien ne les offense.
L'amour que connaît la Trinité fait que trois deviennent un. Deux plus l'amour éternel égale
un! Trois plus l'amour éternel égale un! Quatre plus l'amour éternel égale un!
Et cent chrétiens plus l'amour éternel égale un. Cela marche avec n'importe quel nombre.
Jésus a prié que ce degré d'amour "soit en eux", c'est-à-dire en nous.
Quand j'étais jeune garçon à l'école du dimanche, le moniteur nous parla une semaine de
comment nous sommes en Christ. Je compris sans peine.
Mais quelque temps après, il dit que Christ est en nous. Je lui dis, "Vous devez vous tromper.
Si nous sommes en Christ, comment est-ce que Christ peut être en nous, en même temps? Si
une chose est dans une autre chose, la plus grande ne peut pas être en même temps dans la plus
petite."
Mais maintenant, il m'est aisé de comprendre. Si je suis dans le coeur de mon frère et que lui
est dans le mien, nous sommes tous les deux dans l'autre. Nous sommes un à cause de l'amour.
Aujourd'hui, de toute évidence, nous ne sommes pas un. Nous sommes éparpillés en de
nombreux groupes. Nous sommes méthodistes, réformés, pentecôtistes de toutes sortes,
nazaréens, salutistes, anglicans, darbystes, baptistes de toutes sortes, et de bien d'autres
dénominations encore.
Dieu est en train de nous regrouper. Il a déjà commencé. Cependant Il ne le fait pas selon nos
catégories : Dieu n'a que deux groupes - ceux qui s'aiment les uns les autres et ceux qui ne
s'aiment pas.
Alors si vous me demandez, "Frère Ortiz, à quel groupe appartenez-vous?" je vous répondrai,
"Je suis du groupe de ceux qui s'aiment les uns les autres." C'est là ce qui distingue les brebis
des boucs selon l'image donnée par Jésus en Matthieu 25. En Argentine, nous avons beaucoup
de brebis, et il est intéressant d'observer ce qui se passe quand on décide de déplacer un
troupeau de brebis : elles vont toutes dans la même direction ; elles forment un seul corps.
Mais si vous essayez de faire la même chose avec des boucs, ils commencent tous à s'affronter
et à se donner des coups de cornes.
Il est donc très facile de distinguer une brebis d'avec un bouc. On n'a pas besoin du don
d'interprétation ou de discernement ou quoi que ce soit de ce genre. Il suffit de parler quelques
minutes avec quelqu'un. S'il se rebiffe, c'est un bouc ; s'il aime, c'est une brebis.
Comment Jésus a-t-il séparé les brebis d'avec les boucs? Son critère était de savoir s'ils
avaient donné à boire aux assoiffés, de la nourriture aux affamés, le réconfort aux malades et
aux prisonniers, ainsi de suite. Ceux qui avaient manifesté de l'amour pour leurs frères, Il les
avait appelés "bénis de mon Père" (verset 34) ; les autres sont appelés "maudits" (verset 41).
Mais écoutez - Dieu est en train de faire encore plus que simplement regrouper Son peuple. Il
est en train de les unir. Je peux illustrer cela avec des pommes de terre. Au jardin, chaque plant
de pommes de terre porte à sa racine trois, quatre ou cinq pommes de terre. Chaque pomme
individuelle appartient à un plant ou un autre.
Au moment de la récolte, toutes les pommes de terre sont déterrées et mises dans un sac. Elles
sont regroupées. Mais elles ne sont pas encore unies. Elles disent peut-être, "Oh, gloire à Dieu!
Maintenant nous sommes toutes dans le même sac!" Mais elles ne sont pas encore une.
Il faut maintenant qu'elles soient lavées et pelées. Elles se croient encore plus proches les unes
des autres. "C'est magnifique, cet amour qui règne entre nous!" disent-elles.
Mais ce n'est pas tout. Il faut qu'elles soient coupées et mélangées. Voilà qu'elles ont perdu
une grande partie de leur individualité. Elles ont l'impression que désormais elles sont vraiment
prêtes pour le Maître.
Mais ce que Dieu désire, c'est une purée de pommes de terre. Non pas un ensemble de
pommes de terre - une seule purée! Aucune pomme de terre ne peut se détacher et dire, "Me
voici! Je suis une pomme de terre." Désormais, le mot de passe est nous. C'est pourquoi la
prière dominicale commence par les mots, "Notre Père qui est aux cieux...,"
et non "Mon Père qui es aux cieux..."
Avec tout le saint respect qui leur est dû, je dis que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont une
purée de trois pommes de terre. Et Jésus a faim de pommes de terre en purée. Il va les avoir, car
déjà Il est en train d'agir très profondément dans Son Eglise.
Voulez-vous savoir quelque chose? Très vite, si nous commençons à nous aimer avec un
amour ayant atteint ce degré de maturité, le mot frère peut devenir superflu dans notre
vocabulaire. Dans l'état actuel des choses nous devons nous appeler frères parce que nous ne
vivons pas comme des frères. Chez moi, on m'appelait «WMaigrichonW». Personne n'avait
besoin de prouver quelque chose en m'appelant Frère Juan Carlos ; tous mes frères et soeurs
savaient que j'étais leur frère.
Dans l'église, nous nous appelons Pasteur Dupont ou Frère Ortiz parce que nous n'avons
aucune relation, mais nous voulons donner l'impression du contraire.
J'eus l'occasion une fois de me rendre dans une église plus formaliste que la mienne et
j'entendis le pasteur dire, "Monsieur Brun, voudriez-vous nous conduire dans la prière?"
Je me dis, Ce que ces gens manquent de spiritualité! Il ne dit même pas Frère Brun.
Puis je découvris que les relations entre les Messieurs de cette église étaient du même ordre
que celles établies entre les frères de la mienne. Nous étions en train de nous berner avec des
mots.
Dans tout ce que nous disons de l'amour, n'oublions pas ses deux dimensions : la mystique et
la pragmatique. Le mysticisme dit, "Ohhhhhh, frère, je seeeeens tant d'amour pour vous!". Le
pragmatisme dit, "Frère, de combien avez-vous besoin?"
Il n'y a pas longtemps, je me trouvais à une convention à Cordoba, en Argentine, pendant
laquelle nous prîmes ensemble le Repas du Seigneur. Les responsables annoncèrent,
"Aujourd'hui nous n'aurons pas de prédication. Au lieu de cela, nous allons réserver plusieurs
heures pour la Sainte Cène. Nous avons acheté une dizaine de kilos de pain - après tout la Bible
ne dit pas quelle devait être la taille des morceaux. Alors nous allons donner une miche entière
par groupe de quatre personnes, miche qu'elles partageront comme elles voudront."
Dans cette grande salle de conférences, nous avons mangé du pain pendant plus d'une heure.
Nous nous embrassions, nous pleurions, et au bout d'un certain temps, les pesos (monnaie
argentine) volaient dans toutes les directions, réponse pragmatique aux besoins des uns et des
autres à travers l'amour vécu pendant ce partage de la Cène.
L'amour est un commandement. L'amour et l'oxygène du Royaume. L'amour est la vie.

CHAPITRE 9

LE LANGAGE DU ROYAUME

"Louez-le pour ses hauts faits."
Psaume 150:2

De tous les personnages de la Bible, David est bien celui qui peut nous apprendre quelque
chose au sujet de la louange et de l'adoration. Plus que tout autre, il parle avec autorité sur la
façon d'exprimer l'amour que nous avons en nous et qui est la marque du Royaume de Dieu.
Il n'y a pas très longtemps, je pris la décision de lire ses Psaumes d'un trait. Je ne cherchais pas
des situations particulières ou des paroles de réconfort ou d'encouragement. J'avais le désir
d'apprendre un peu plus sur l'homme lui-même, parce que je voulais lui ressembler.
Je découvris que ce livre est construit comme une symphonie. Il commence très doucement.
On retrouve l'impression qu'on avait eue en présence, la première fois, d'un orchestre
philharmonique quand, voyant cette foule d'instruments, on s'attendait à être quelque peu
submergé par le son qui allait s'en dégager.
Mais c'était tout juste deux ou trois violons qui avaient commencé à jouer. Quelle déception!
C'était piano. Ensuite mezzo piano. Puis mezzo forte. Puis forte. Quand enfin tous les
instruments s'étaient mis à jouer ensemble, vous en étiez presque effrayés.
Le 150ème Psaume est le fortissimo de David, son apothéose.
Louez-le avec la sonnerie du cor!
Louez-le avec le luth et la harpe!
Louez-le avec le tambourin et avec les danses!
Louez-le avec les instruments à cordes et le chalumeau!
Louez-le avec les cymbales sonores!
Louez-le avec les cymbales éclatantes!
Que tout ce qui respire loue l'Eternel!
Louez l'Eternel! (versets 3-6)
Pourquoi tout ce bruit? A cause de "ses hauts faits".
Je suis né et j'ai grandi dans une église qui mettait l'accent sur la louange à Dieu. J'appris les
paroles très tôt. Mais je n'avais pas bien appris le concept de la louange,
même si une grande partie de nos cultes était employée à "louer le Seigneur".
Qu'est-ce que la louange? N'importe quel dictionnaire vous dira que c'est reconnaître ou vanter
les mérites et qualités de quelqu'un.
C'est bien plus que de simplement utiliser le mot louange. Si je suis dans une réunion où
quelqu'un chante bien et que je vais le trouver après pour lui dire, "Oh, je vous loue, je vous
loue, je vous loue." Ce que je dis n'est pas de la louange. Je dois louer pour quelque
chose. Dans ce cas, il faudrait que je dise, "Ecoutez, quand vous avez commencé à
chanter, mon coeur a vraiment été sensible à votre message. J'ai regardé les visages de ceux qui
étaient autour de moi, et nous étions tous profondément émus par votre chant."
Si je vois une dame marchant dans la rue avec son enfant, et que je cours la rattraper, la prends
par la main, et lui dit, "Oh, madame, je vous loue, je vous loue, je vous loue!" Elle va me
répondre, "Mais vous êtes complètement fou, mon pauvre monsieur!"
Mais si je lui dis, "Pardonnez-moi, madame - êtes-vous la mère de cet enfant?" elle répondra,
"Oui."
Alors, je lui dirai, "Quel bel enfant vous avez! Votre garçon est très bien élevé et vous pouvez
être fière de lui." Ce faisant, je l'aurai louée, sans toutefois utiliser ce mot à aucun moment.
Si je m'approche d'un artiste et que je lui dis, "Oh, je vous loue, alléluia, alléluia!" Il va me
regarder d'un air ahuri et s'éloignera.
Je devrais dire, "J'ai remarqué votre tableau ici, et la façon dont vous avez rendu la main avec
la tasse - c'est tout à fait extraordinaire. On dirait vraiment que la main sort du tableau et
m'invite à m'asseoir pour manger."
Combien de nos louanges à Dieu, utilisent le mot louange - mais ne disent rien du tout?
Nos paroles sont devenues comme des boites vides. Afin d'enseigner ces choses aux membres
de ma propre église, je commençai par les questionner. Quand quelqu'un disait, "Dieu soit
loué!" je rétorquais, "Une minute - pourquoi louez-vous le Seigneur?"
"Eh bien, je loue le Seigneur parce que... ahhh, parce que... eh bien, euh..." Il ne savait pas!
Un autre disait, "Alléluia!"
Et j'intervenais, "Pourquoi avez-vous dit 'Alléluia'?"
"Eh bien, j'ai dit 'Alléluia' parce que ahhh, euh,..."
"Vous avez dit 'Alléluia' parce que vous êtes Pentecôtiste et que cela fait partie de notre
liturgie, voila pourquoi!"
David dit, "Louez-le pour ses hauts faits." Nous n'avons pas fait cela.
Nous sommes venus a l'église avec des brouettes pleines de boites joliment emballées,
entourées de beaux rubans, et portant de grandes cartes disant, "Gloire à Dieu!", "Alléluia!",
"Loué soit le Seigneur!" et "Amen!"
Et les pasteurs ont dit, "Ces gens sont vraiment formidables! Ils remplissent l'église de leurs
louanges."
Et toutes les boites sont amenées sur l'autel.
Mais quand Dieu a ouvert Ses cadeaux, il n'a rien trouvé dedans.
Un jour, je me suis dit, Cela fait maintenant plus de trente ans que je suis dans l'église, depuis
ma naissance. Qu'est-ce que j'ai appris pendant tout ce temps au sujet de la
louange?
Eh bien, j'avais appris comment dire quatre choses : "Alléluia!", "Le Seigneur soit loué!",
"Gloire à Dieu!" et "Amen". En trente ans!
J'avais aussi appris à crier ces quatre choses.
Et puis dernièrement, j'avais fait des progrès par rapport aux anciens - j'avais appris à chanter
ces quatre choses. Les paroles étaient toujours les mêmes, mais maintenant je les chantais, et ça,
c'était vraiment quelque chose.
Sur ce constat, je dis, "Seigneur, est-ce là toute la louange que je puis Te donner?"
Puis, je lus ce que David avait écrit : "Louez-le pour ses hauts faits." Et je compris que toute
louange devrait être à cause de quelque chose. Nous devons savoir pourquoi nous louons le
Seigneur. Autrement, nous nous trompons nous-mêmes, pensant que nous sommes en train de
louer le Seigneur alors qu'en fait nous ne faisons que déclamer des phrases.
Imaginons que j'aille faire des courses. Quand je rentre chez moi, ma femme me dit, "Où étaistu?"
"Je suis allé faire des courses."
"Qu'as-tu acheté?"
"Oh, rien. J'ai fait des courses, mais je n'ai rien acheté."
Je peux employer l'expression 'faire des courses', sans avoir acheté quoi que ce soit. Je me suis
simplement promené.
Beaucoup d'entre nous utilisons le mot louange ; nous l'utilisons même souvent. Mais nous ne
louons pas pour autant. Dieu ne veut pas des mots ; Il veut de la louange. La boite ne l'intéresse
pas ; Il veut son contenu.
Mon église ayant accepté mes remises en questions, je décidai d'aller plus loin. "Afin de
progresser dans la louange, annonçai-je un jour, nous allons pendant un mois interdire l'emploi
des quatre phrases de louange dans nos réunions. Nous allons continuer à donner à Dieu nos
louanges, mais nous allons trouver d'autres mots pour le faire."
Personne ne savait plus comment louer Dieu! Ma femme me dit, "Juan, si je ne peux plus dire
'Alléluia', qu'est-ce que je peux bien dire? Après tout, les anges disent 'Alléluia'."
"Oui, lui dis-je, ils disent, 'Alléluia! Car le Seigneur le Tout-Puissant a établi son règne'"
(Apocalypse 19:6). Ils Le louent pour Ses hauts faits. Toi aussi tu dois avoir en tête un de Ses
hauts faits quand tu loues - autrement c'est creux!"
Nous étions devenus comme les camions de mon pays qui s'embourbent sur les pistes
boueuses. Ils s'enlisent. Les roues patinent, les moteurs font beaucoup de bruit et consomment
beaucoup de carburant - mais ils n'avancent pas.
J'avais le même problème - je faisais beaucoup de bruit, mais j'étais coincé. Je n'avais pas de
paroles. Je dus admettre la pauvreté de ma louange, et je dis au Seigneur, "De toute évidence,
mon coeur ne T'apprécie pas beaucoup. Si je ne chante pas les Psaumes de David ou les
cantiques d'un recueil de chant, je n'ai pas grand'chose à Te dire."
Cette expérience nous apprit beaucoup de choses. Nous nous sommes aperçus que nous avions
jugé nos réunions d'après la quantité de louange que nous entendions, ce qui bien souvent ne
voulait strictement rien dire. Personnellement, je me mis à chercher dans ma vie et mon
expérience des choses pour lesquelles je pouvais louer Dieu. Et je trouvai
Dieu en de nombreux endroits où je ne m'attendais pas du tout à Le trouver.
J'ai commencé à voir Christ en mon frère. Au début, tout ce que j'arrivais à sortir était
"Seigneur, sois loué pour son visage sympathique"! Mais ensuite, j'ai commencé à penser à la
façon dont Jésus vit en lui.
Pour finir, je compris que la louange est plus qu'un éclat de voix le dimanche matin. La
louange est une langue à part entière. Elle est la langue du Royaume de Dieu. Tout comme
l'espagnol est la langue de l'Argentine, l'anglais, la langue de la Grande-Bretagne et des Etats-
Unis, le portugais la langue du Brésil, et le français la langue de la France, ainsi la louange est
la langue du Royaume de Dieu. Les citoyens de ce Royaume parlent cette langue, et nous nous
reconnaissons par notre accent.
Comme le dit David, "Je bénirai l'Eternel en tout temps ; sa louange sera toujours dans ma
bouche" (Psaume 34:2). Lui louait le Seigneur sur son lit comme aussi pendant le jour.
Pour Dieu, il n'y a que deux langues dans ce monde : la langue de Son Royaume et la langue
du royaume des ténèbres. La première est la langue de la louange. La deuxième est la langue de
la plainte. La louange sait vanter un mérite. La plainte le critique. Et tout être humain parle
l'une ou l'autre de ces langues.
Ecoutez les citoyens du royaume des ténèbres : le réveil sonne le matin. "Ohhhh! Qui a
inventé le travail?". Ils arrivent à la table du petit déjeuner, "Le café est trop chaud."
Ils se plaignent du temps, du Président, de la circulation,... de tout. C'est toute une langue.
Ce fut un véritable choc pour moi que de me rendre compte que les citoyens du Royaume de
Dieu passent le plus clair de leur temps à parler la langue qui n'est pas la leur. Ils vont à l'église
et chantent, "Alléluia, alléluia" - et aussitôt qu'ils remettent le pied dehors, après la réunion, ils
s'écrient, "Pouah! Il pleut! Quel sale temps!"
Qui a fait ce jour? Le Seigneur.
Peut-être devraient-ils revoir leur refrain pour pouvoir chanter, "C'est la journée que l'Eternel a
faite / Nous critiquerons et nous nous plaindrons."
Comment pouvons-nous chanter, "Gloire à Dieu!" et l'instant d'après Le critiquer? Notre
louange n'est pas intelligente. Nous ne savons pas ce que nous faisons.
Des étrangers viennent me saluer parfois, en disant, "Como esta usted?"
Et je réponds, "Muchas gracias, muy bien y usted?"
Alors ils se mettent à rire et disent, "Ah, vous savez, je ne connais pas beaucoup d'espagnol."
L'espagnol n'est pas vraiment leur langue ; ils ont tout juste appris quelques mots à l'école. Ils
épuisent rapidement leur possibilité de conversation.
Ainsi en est-il de certains chrétiens. Leur langue n'est pas vraiment la langue de la louange ; ils
ne savent que répéter quelques phrases apprises à l'école pentecôtiste : "Alléluia!", "Gloire à
Dieu!". Mais le reste de la journée ils utilisent la langue de la plainte.
Si le temps est au froid ou au chaud au lieu d'être à la pluie, nous nous plaignons encore.
"Quelle horrible journée!"
Rien de ce que Dieu fait n'est horrible. La pluie est une manifestation de Sa grande puissance.
Cela est vrai aussi de la neige, de la chaleur et de la glace. J'ai appris à dire,
"Quelle belle journée ensoleillée," "Quelle belle journée pluvieuse," "Quelle belle journée
enneigée," "Quelle belle journée chaude" - pourquoi pas? Elles sont toutes belles, parce que
Dieu les a faites, et Il mérite d'être loué pour cela.
Paul a pu dire à Timothée, "Tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n'est à rejeter, pourvu
qu'on le prenne avec actions de grâces" (1 Timothée 4:4). Si nous avons un coeur reconnaissant,
tout est bon. Sinon, tout est toujours mauvais et de travers.
Il arrive parfois qu'à Buenos Aires la température en été monte jusqu'a 45 degrés. Alors quand
il ne fait que 30 ou 35 degrés, et que je rencontre quelqu'un qui me dit, "Bonjour, pasteur Ortiz.
Comment supportez-vous une telle chaleur?" je réponds, "Très bien, merci. Et vous?"
"Oh, c'est terrible."
"Oh, non, frère - c'est simplement que notre Père a un peu poussé le thermostat!"
Quand on approche les 40 degrés, les gens se plaignent alors encore plus. Mais le chrétien
peut être fier de son Père. Combien Il est puissant! Il faut d'énormes chaudières pour chauffer
un centre commercial ; notre Père, lui, peut chauffer tout le pays à 45 degrés, et il n'a même pas
de bureau!
Ou il peut produire un très grand froid qui tuera tous les germes sans utiliser de DDT.
Fantastique!
Une fois par an, ma ville reçoit la visite d'une équipe de patineurs russes, et j'ai vu les énormes
machines qu'on doit amener pour fabriquer une belle glace lisse dans le stade.
Mais j'ai vu aussi Dieu geler la totalité du Canada! Sans une seule machine! Ca, c'est la
puissance de Dieu. Louons le Seigneur pour la neige et la glace!
Paul a dit aussi, "J'exhorte donc, en tout premier lieu, à faire des requêtes, prières,
intercessions, actions de grâces, pour tous les hommes" (1 Timothée 2:1). Dans une de nos
réunions où nous essayions de louer le Seigneur sans utiliser les quatre phrases, le Saint-Esprit
sembla s'emparer de moi, et j'ai dit, "Seigneur, nous allons maintenant Te louer pour des
personnes précises. Nous allons commencer par le téléphone - pour nous il va de soi, mais
combien de techniciens y a-t-il qui le rendent possible? Merci Seigneur, pour la compagnie du
téléphone."
Et tous les gens ont dit, "Merci, Seigneur, pour la compagnie du téléphone."
"Seigneur, nous ouvrons le robinet d'eau, ai-je poursuivi, et l'eau sort froide ou chaude. Pour
nous, c'est normal. Mais combien de milliers de personnes travaillent pour nous permettre
d'avoir cette eau? Merci, Seigneur, pour la compagnie des eaux."
Encore une fois les gens répétèrent, "Oui, Seigneur, nous te remercions."
Nous avons ainsi continué à remercier le Seigneur pour les enseignants, les chauffeurs de bus,
les médecins, les infirmiers, la police, même le maire de la ville. Jamais il ne nous était arrivé
de faire cela! Nous étions bien trop occupés à dire, "Alléluia!" "Gloire à Dieu!" Mais n'ayant
plus ces mots-là, il nous fallait bien en trouver d'autres. Et nous sommes ainsi entrés dans une
nouvelle dimension de la louange.
Je crois que Dieu est lassé d'entendre de plaintes. Quand nous avons dit, "O Dieu, nous Te
remercions pour les bonnes choses qu'a faites le maire" je crois que Dieu a dit, "Enfin!
Quelqu'un a reconnu pour une fois, que j'avais provoqué quelque chose de bon!"
Le seul jour de l'année ou le téléphone ne marche pas, nous rouspétons, mais nous
oublions tous les jours où il fonctionne parfaitement. Nous critiquons le pasteur le jour où sa
prédication laisse à désirer, mais nous oublions toutes les fois où elle était percutante.
Même quand quelqu'un meurt - pourquoi devrions-nous être tristes et oublier toutes les années
où il a vécu?
J'ai dû une fois présider les obsèques d'une dame de soixante-dix ans. Je ne voulais pas utiliser
la langue des ténèbres, alors je suis entré et j'ai dit, "Loué soit Dieu pour les soixante-dix ans
que cette femme a passés avec nous! Dieu n'est-il pas bon? Il nous l'a donnée pendant si
longtemps. Remercions-Le pour cela."
Toute l'ambiance fut changée. Même le mari a dit, "Merci, Seigneur, de m'avoir donné ma
femme pendant si longtemps." A la fin, il a demandé que nous chantions tous le refrain qui dit
ceci :
"Je veux Te dire,
Je veux Te dire, ô mon Sauveur,
Que je veux T'aimer,
Que je veux T'aimer, de tout mon coeur!
Je veux Te dire,
Je veux Te dire, toute la vérité,
Tu me plais Seigneur,
Tu remplis mon coeur de joie, de bonheur!"
Ce n'est guère ce qu'on pourrait appeler un chant funèbre, mais c'est cela qu'il nous a demandé
de chanter. Bientôt nous nous sommes donnés la main et nous avons commencé à danser -
même le mari! Il était tellement heureux de la révélation que le Seigneur avait donné soixantedix
ans de vie à sa femme qu'il voulait faire un festin, une célébration.
Pourquoi pas?
Il faut que nous nous examinions nous-mêmes pour voir si nous parlons bien la bonne langue.
Si nous parlons la langue du Royaume de Dieu, nous louerons le Seigneur chaque jour de
l'année, et ce en parfaite connaissance de ce que nous disons!

CHAPITRE 10

DES YEUX OUVERTS

« Quand je regarde tes cieux, ouvrage de tes mains,
La lune et les étoiles, que tu as établies :
Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui?
Et le fils de l'homme, pour que tu prennes garde à lui?"
Psaume 8:4,5

« Que la mer retentisse avec tout ce qui la remplit,
Le monde et ceux qui l'habitent,
Que les fleuves battent des mains,
Qu'ensemble les montagnes lancent des acclamations,
Devant l'Eternel!"
Psaume 98:7-9a

Les hauts faits de Dieu sont partout. L'ennui c'est que nous ne les voyons pas. Voici une
"révélation" très enfantine qui m'est venue un jour : peut-être qu'une des raisons pour lesquelles
nous n'avons pas de louanges à offrir à Dieu est que nous essayons de Le louer les yeux fermés.
A quoi pouvons-nous penser quand tout est noir? (Le plus souvent à rien d'autre que les quatre
phrases.)
Mais quand nous ouvrons les yeux et que nous regardons autour de nous, nous trouvons toutes
sortes de choses pour lesquelles louer le Seigneur.
Une fois, mon groupe de disciples et moi-même, nous partîmes pour une retraite dans une
propriété située à deux heures de Buenos Aires, avec une très belle maison entourée d'un parc
avec des pins, des fleurs et des oiseaux. Nous avons commencé à prier sous un pommier. C'était
le mois de septembre, qui chez nous correspond au printemps.
La première personne se mit à prier, "Seigneur, nous venons à Toi aujourd'hui..." et sa voix
avait le même ton que celui qu'elle avait toujours dans le sous-sol de notre église au
centre ville. Le deuxième fit de même.
Quand ce fut mon tour de prier, je dis, "Seigneur, nous avons fait pas mal de route pour venir
jusqu'ici. Si nous voulions le même genre de réunion de prière que nous avons d'habitude dans
le sous-sol de l'église, nous aurions pu aussi bien rester à Buenos Aires."
A ce moment-là, j'ai ouvert les yeux. Le pommier était couvert de fleurs, et il y avait un petit
oiseau perché au beau milieu. "Seigneur, ai-je continué, ce que nous sommes bêtes de venir
aussi loin jusqu'à ce beau parc pour ensuite rester assis les yeux fermés. Seigneur, ce pommier
est tellement beau! Ses fleurs sont magnifiques. Regarde l'oiseau que tu as fait, Seigneur. Il est
ravissant, n'est-ce pas?"
Les autres frères ont commencé à ouvrir les yeux pour voir ce qui avait bien pu arriver à leur
pasteur! J'ai poursuivi.
"Seigneur, vois ces roses. Vois ces pins... Maintenant je comprends pourquoi nous avons
manqué de mots nouveaux pour la louange. Maintenant je comprends pourquoi David a tant
loué - Seigneur, où donc est-il écrit dans la Bible que nous devions prier les yeux fermés?"
En pensée, je fis un rapide survol de la Genèse à l’Apocalypse - je n'y trouvai aucune
instruction dans ce sens. En fait, la Bible montre même le contraire ; le Psaume 121 dit, "Je lève
les yeux vers les montagnes." Jésus "leva les yeux au ciel" au moment de commencer sa
dernière grande prière (Jean 17:1). Encore une fois, notre tradition nous a mis en porte-à-faux
avec la Bible.
En tout cas, mes compagnons ouvrirent les yeux et bientôt se mirent à prier une deuxième fois.
L'un s'exclama, "Regardez le soleil! N'est-il pas merveilleux? N'est-ce pas un miracle de Dieu?
Père, Tu es formidable! Tu fais les choses si parfaitement."
Nous partîmes faire le tour du parc. Nous sentions les roses et nous parlions de la merveilleuse
puissance de Dieu. Un jeune homme grimpa dans un arbre et se mit à s'exclamer, "C'est
magnifique, tout ce que je vois de cet arbre!" et il commença à énumérer.
Bientôt, nous étions tous montés dans les arbres (c'était une réunion de prière d'un genre tout à
fait inhabituel), criant comme une volée de singes. "Regardez cette vache! Regardez ce blé qui
pousse par la puissance de Dieu! Regardez cet homme là-bas! Et ce couple d'amoureux! Dieu
soit loué pour l'amour!"
Enfin nous sommes redescendus, et bientôt quelqu'un lança, "Regardez cette herbe."
"Oui, et alors?" fut ma remarque. "Ce n'est pas la première fois que vous voyez de l'herbe!"
"Non, répondit-il, mais maintenant je comprends que c'est le tapis que Dieu a façonné pour le
monde entier. Seigneur, soit loué pour Ton tapis!"
Nous avons continué ainsi pendant quatre heures. Ce fut la réunion de prière la plus utile que
nous avions jamais eue. Depuis ce jour nous avons prié les yeux ouverts, et nous sommes
rentrés dans une toute nouvelle dimension de la louange.
Cela a bouleversé toute notre forme d'adoration pentecôtiste. Auparavant, nous avions toutes
sortes de contorsions, de cris et de trémulations pendant nos réunions. Nos yeux étaient fermés,
et nous en oubliions que les autres étaient présents. Maintenant tout cela
est fini. Nous n'avons plus ces visages d'agonie que nous avions quand nous priions. Nous
sommes conscients que d'autres nous regardent, alors nous présentons un visage agréable!
Nous avons même cessé de modifier notre voix et notre vocabulaire pour la prière. Tant de
chrétiens, quand ils prient, ont une manière toute différente de s'exprimer, très emphatique et
maniérée, avec de belles phrases fleuries. Pourquoi? Parce qu'ils ferment les yeux et croient être
entrés dans un autre monde.
Mais avec nos yeux ouverts, nous comprenons que nous devons vivre une seule et même vie,
vingt-quatre heures par jour. Tout doit être fait en présence de Dieu ; Il est toujours là. Point
n'est besoin d'affecter un langage spécial à Son intention.
Il nous fallut même changer la disposition des bancs dans notre église. Quand nous étions en
rang, nous regardions toujours la nuque des autres. Désormais, nous voulions voir des visages.
Alors nous avons disposé les bancs en arc de cercle, et notre communion est plus intense. Nous
observons la personne qui loue le Seigneur et nous disons, "Merci, Seigneur, pour cet
homme..."
Il est vrai que parfois nous avons besoin de fermer les yeux afin de regarder profondément en
nous-mêmes. Mais quand nous louons Dieu, notre regard se porte vers l'extérieur et, en
regardant autour de nous, nous trouvons bien plus de choses avec lesquelles remplir nos boites.
N'est-ce pas ce que faisait David? Il croise un berger sur la route et probablement s'arrête pour
causer un brin. "Bonjour. Où amenez-vous ce troupeau?"
Et le berger peut-être de répondre, "Au vert pâturage, près du cours d'eau tranquille, de l'autre
côté de la colline."
David étant un homme spirituel qui parlait la langue du Royaume, voit la beauté de Dieu en
cela. Poursuivant seul son chemin, il se dit :
"L'Eternel est mon berger:
Je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles..."
(Psaume 23:1,2).
Si, au lieu de David, cela avait été nous, chrétiens charnels, qui ayons rencontré le berger,
nous serions certainement passés à côté de l'essentiel. Nous aurions dit, "Bonjour, berger. Ditesmoi,
combien de laine donne un mouton par saison?"
"Une douzaine de kilos."
"Ah. Et on vous en donne combien le kilo?"
"Cinquante francs."
"Je vois - alors vous pouvez tabler sur environ 600F par mouton. C'est rentable."
Rien que du matérialisme. Et pourtant nous continuons à aller à l'église pour chanter,
"Alléluia! Louons Dieu!"
Et le Seigneur doit Se dire : Hum. Toujours la même rengaine!
David disait : "Chantez à l'Eternel un cantique nouveau" (Psaume 98:1). S'il avait été comme
certains compositeurs modernes, il aurait été intéressé par la vente de son recueil de chants.
"Chantez mes beaux cantiques de toujours!"
Mais David désirait que chacun compose ses propres psaumes. Les psaumes ne sont pas
limités à ce que l'on trouve entre le livre de Job et celui des Proverbes. Les psaumes sont la
réaction spontanée de l'homme spirituel à n'importe quelle circonstance donnée. S'il nous arrive
quelque chose de très mauvais (comme cela est souvent arrivé à David) notre réaction devrait
être un psaume au Seigneur. Si nous recevons une bonne nouvelle, idem.
Paul dit aux Ephésiens que les personnes remplies de l'Esprit s'entretiennent les unes les autres
par des psaumes (5:19). Ce ne sont pas nécessairement les Psaumes de David. Pour chanter les
Psaumes de David point n'est besoin d'être rempli de l'Esprit - il suffit de savoir lire! Mais
l'Esprit en nous peut nous inspirer des psaumes personnels.
Combien souvent nous chantons des louanges "empruntées". Nous utilisons les Psaumes de
David, mais sans son état d'esprit. S'il était encore là, il viendrait probablement arracher le livre
de nos mains, en disant, "Ne chantez pas comme ça! Je n'ai pas écrit les Psaumes pour qu'on les
chante en rêvassant. Mon coeur était plein des choses que je racontais ; c'était le débordement de
l'élan de mon âme. Mais vous, vous chantez tellement impassiblement - on dirait que vous vous
ennuyez!"
Emprunter c'est bien, mais composer de nouveaux chants pour le Seigneur c'est mieux! Vous
souvenez-vous de ce qui s'est passé quand Marie alla rendre visite à Elisabeth? Quelle serait la
conversation entre deux femmes enceintes dans notre église? "Cela vous fait combien de mois
maintenant?" "Comment vous portez-vous?" "Vous espérez un garçon ou une fille?" "Avezvous
assez de layette?"
Mais quand Marie rencontra Elisabeth, la salutation fut un psaume : "Tu es bénie entre les
femmes, et le fruit de ton sein est béni!" (Luc 1:42).
Et comment Marie a-t-elle répondu? Par un psaume. "Mon âme exalte le Seigneur et mon
esprit a de l'allégresse en Dieu, mon Sauveur..." (verset 46 et suivants)
Siméon était encore quelqu'un rempli de l'Esprit. Quand il vit l'Enfant, il ne dit pas, "Qu'il est
gentil - votre enfant a quel âge?" Non, il a dit, "Maintenant, Maître, tu laisses ton serviteur s'en
aller en paix... car mes yeux ont vu ton salut..." (Luc 2:29,30).
Anne la prophétesse fit de même.
Pourquoi ceux qui sont remplis de l'Esprit n'auraient-ils pas un flot naturel de psaumes?
Un jour, je me suis enfermé dans mon bureau et j'ai dit, "Seigneur, aujourd'hui je vais te
chanter un chant nouveau." J'ai pris ma guitare et j'ai commencé à jouer. "Alléluia... alléluia...
gloire à Dieu..." C'était plutôt maigre. J'ai pris conscience de ma pauvreté. Je n'avais rien audelà
des louanges empruntées à David, Marie et Charles Wesley.
Mais je m'y suis appliqué et avec le temps j'ai appris à dire à Dieu par des psaumes tout ce
qu'Il représente pour moi. Bien souvent mes disciples et moi avons chanté de nouveaux chants
au Seigneur, nous parlant et nous répondant tour à tour.
Il y a quelques années, ma femme et mois avions fait un voyage d'un mois en Europe sans la
famille. Quand enfin nous sommes arrivés à Rome, nous y avons trouvé toute une pile de lettres
qui nous attendaient, de ma secrétaire, de ma mère et de nos enfants.
Naturellement, nous avons d'abord ouvert le courrier des enfants. L'aîné, qui avait six ans,
avait écrit tous les mots qu'il connaissait : maman, papa, tonton, vache, cheval. Ce n'était pas
une vraie lettre, mais c'était le mieux qu'il savait faire et nous étions ravis. "Regarde-moi ça!"
nous disions-nous l'un à l'autre, "Qu'est-ce que c'est joli!"
Le suivant, qui avait cinq ans, ne savait pas écrire, alors il avait fait un dessin d'un mariage,
avec le marie et la mariée - et moi j'étais le pasteur. "Regarde donc ce qu'il a fait!" nous
sommes-nous exclamés. Nous riions et nous exultions et nous avions terriblement envie de les
revoir.
Puis nous sommes arrivés au petit bout de papier chiffonné du petit de trois ans. C'était un
gribouillage! Je me suis écrié, "Oh! regarde ça, chérie!" Ma femme a commencé à pleurer, et
bientôt je pleurais moi aussi.
Le pasteur italien qui nous avait apporté le courrier est resté la bouche bée. Je lui mis les
morceaux de papier devant les yeux. "Ne sont-ils pas merveilleux?"
Pourquoi n'a-t-il pas réagi? Parce que ce n'était pas ses enfants. Mais pour ma femme et moi,
c'étaient les morceaux de papier les plus précieux au monde. Nous les avons encore à la maison.
Laissez-moi vous encourager : Lancez-vous à chanter un chant nouveau pour le
Seigneur - même si c'est un gribouillage. Il l'aimera encore plus que l' "Alléluia" du Messie de
Haendel chanté par les choeurs les plus réputés. Mettez-vous à chanter. Faites passer l'état
d'esprit de votre coeur dans de nouvelles paroles et une nouvelle musique. Racontez au Seigneur
ce qui vous est arrivé aujourd'hui, ce que vous voyez autour de vous, tout ce qui vous montre Sa
puissance et Sa gloire.
Dieu va faire une telle scène au ciel que les anges vont Le regarder aussi éberlués que le
pasteur italien. "Ecoutez-moi ça!" s'écriera Dieu. "Ecoutez Juan Carlos avec sa guitare. Hier
tout ce qu'il chantait était 'Alléluia, gloire é Dieu', mais aujourd'hui il est en train d'ajouter
d'autres paroles. Ecoutez!"
L'orchestre et les choeurs philharmoniques des anges sont capables de faire bien mieux, mais
Dieu dit, "Je suis fatigué de tout cela. Laissez-moi écouter Jeannot gribouiller quelque chose."
Remplissez vos boites vides de paroles nouvelles et de chants nouveaux. Louez-Le pour Ses
hauts faits.

DEUXIEME PARTIE

LES OUTRES NEUVES

J'ai le profond sentiment que tout ce que j'ai écrit jusqu'à présent n'est que bavardage à moins
que nous regardions en face le problème fondamental à la base de notre condition. C'est ce que
j'appelle "l'enfance permanente" du croyant.
A quoi sert-il de parler de reconnaître Christ comme Seigneur, ou de Le servir comme esclave,
ou de mettre l'amour et la louange résolument et mûrement en action dans Son nouveau
Royaume - si nous ne sommes pas capables de changer, de grandir et de progresser depuis les
jours de notre enfance que nous avons déjà tant prolongés?
Voila de quoi il s'agit dans cette deuxième partie du livre.

CHAPITRE 11

UN ENFANT POUR TOUJOURS?

"... Nous avons beaucoup à dire, et des choses difficiles
à expliquer, parce que vous êtes devenus lents à
comprendre.
Alors que vous devriez avec le temps, être des
maîtres, vous avez de nouveau besoin qu'on vous
enseigne les premiers principes élémentaires des
oracles de Dieu: vous en êtes venus à avoir besoin de
lait et non d'une nourriture solide.
Or quiconque en est au lait n'a pas l'expérience de la
parole de justice, car il est un enfant. Mais la
nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux
qui, par l'usage, ont le sens exercé au discernement du
bien et du mal.
C'est pourquoi, laissant l'enseignement élémentaire
de la parole du Christ, tendons vers la perfection,
sans poser de nouveau fondement : repentance des
oeuvres mortes, foi en Dieu, doctrine des baptêmes,
impositions des mains, résurrection des morts et
jugement éternel.
C'est ce que nous allons faire, si Dieu le permet."
Hébreux 5:11-6:3

Le Seigneur m'a vraiment bouleversé quand pour la première fois, Il m'a montré combien nous
étions encore enfantins, mon église et moi.
Quand je suis arrivé dans l'église à Buenos Aires, elle avait 184 membres. Nous nous sommes
aussitôt mis au travail, et au bout de deux ans d'organisation et d'efforts d'évangélisation
intenses, nous en étions à environ 600. Nous avions triplé.
J'avais fréquenté de nombreux congrès sur l'évangélisation et tout ce que j'avais appris, je
l'avais mis en pratique avec mes fidèles. Nous étions fiers d'avoir un diplômé d'université
américaine comme responsable du département éducation ; notre école du dimanche était
excellente. Le groupe des jeunes fonctionnait très bien, comme aussi les éclaireurs et les
éclaireuses, la fraternité des hommes et tous les autres départements. Notre système pour
continuer à suivre les gens était parmi les meilleurs. Nous avions des lettres-types No1, No2,
No3 et No4 pour chaque catégorie ou groupe de personnes - hommes, femmes, enfants, juifs,
arabes tout ce que vous pouvez imaginer. Nous avions une trace de chaque coup de téléphone et
de chaque visite ; nous faisions la promotion pour l'abonnement à de bonnes revues. Nos
fichiers montraient exactement la situation de chaque membre de l'église, s'il avait été baptisé,
tout.
Ma dénomination en fut tellement impressionnée qu'on m'invita à en parler à deux
conventions différentes, pour y faire part de mon système de suite et distribuer des échantillons
de nos lettres-types à tous les pasteurs.
Pourtant, quelque part au fond de moi, je sentais qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas
tout à fait rond. Tout allait comme sur des roulettes tant que je travaillais seize heures par jour ;
mais dès que je réduisais un peu le rythme, tout se grippait. Cela finit par m'inquiéter.
Enfin, je décidai de marquer un arrêt. J'annonçai à mon conseil, "Je dois m'en aller deux
semaines pour prier." Je partis à la campagne et là je m'adonnai à la méditation et à la prière.
Le Saint Esprit commença à me briser. La première chose qu'Il me dit, fut, "Juan, ce que tu as
n'est pas une église. C'est une entreprise."
Je ne comprenais pas ce qu'Il voulait dire.
"Tu fais la promotion de l'évangile de la même manière que l'on vend du Coca-Cola ou que
Sélection fait la promotion de ses livres et revues. Tu te sers de tous les trucs que tu as appris.
Mais où est Mon doigt dans tout cela?"
Je ne savais pas quoi dire. Il me fallut admettre que mon église ressemblait davantage à une
entreprise qu'à un corps spirituel.
Le Seigneur me dit alors une deuxième chose. "Vous ne grandissez pas. Vous croyez grandir
parce que vous êtes passés de 200 à 600. Mais vous ne grandissez pas - vous ne faites que
grossir."
Que voulait-Il dire par là?
"Tout ce que vous avez est un nombre plus grand de gens, mais de la même qualité
qu'auparavant. Personne ne mûrit ; le niveau reste le même. Avant vous aviez 200 bébés
spirituels ; maintenant, vous en avez 600".
C'était vrai. Je ne pouvais le nier.
"Le résultat", poursuivit le Seigneur, "est que vous avez un orphelinat au lieu d'une
église. Personne n'a de père, spirituellement parlant. Toi tu n'es pas leur père - tu es le directeur
déborde de l'orphelinat. Tu veilles à ce que la maison tourne, à ce que les factures soient payées
et à ce que les biberons restent pleins de lait, mais ni toi ni personne d'autre n'est en train de
réellement élever ces bébés."
Encore une fois, Il avait raison.
A mon retour chez moi, je commençai à remarquer de nombreux signes d'une enfance
permanente - non seulement dans ma propre église, mais aussi dans le Corps de Christ en
général.
Un exemple : les prières ne semblaient jamais changer. On pourrait penser que si une personne
grandit dans sa relation avec son Seigneur, elle dirait aujourd'hui des choses différentes de
celles qu'elle disait au moment de sa conversion. Mais ce n'est pas le cas.
Supposons que je parle encore à ma femme comme je lui ai parlé quand nous nous sommes
connus pour la première fois. Je me souviens de ce jour-là. Elle était membre de mon église, et,
pour finir, je lui dis un jour, "Soeur Marthe, j'aimerais échanger deux mots avec vous, si nous
pouvions être seuls."
Elle répondit, "D'accord, pasteur. Où irons-nous?"
Une fois seuls, je lui dis, "Soeur Marthe, je ne sais pas si vous avez remarqué que j'éprouve
pour vous des sentiments différents que ceux que j'éprouve pour les autres soeurs de l'église..."
Supposons que maintenant - après plus de douze ans de mariage et quatre enfants - je rentre à
la maison et lui dise, "Soeur Marthe, j'aimerais échanger deux mots avec vous... Je ne sais pas si
vous avez remarqué que j'éprouve pour vous des sentiments différents de ceux que j'éprouve
pour les autres soeurs de l'église..." Allons donc! Notre dialogue a grandi bien au-delà de cette
première étape.
Pourtant dans l'église, nos gens prient les mêmes prières et chantent les mêmes cantiques ; le
dialogue ne s'approfondit jamais.
Une autre preuve de cet état de choses est la division dans l'église. Paul dit aux Corinthiens
que leur attachement à Pierre, à Apollos et à lui-même était un signe de leur enfance spirituelle.
Les Corinthiens ne se battaient pas entre eux. Ils étaient simplement attachés à différents
prédicateurs. Mais au moins ils restaient dans la même église.
Dans notre siècle, nous n'arrivons même pas à faire cela. Nous appartenons à des groupes
différents, nous nous rencontrons dans des bâtiments différents et nous parlons les uns contre
les autres. Si les Corinthiens étaient des bébés en Christ, alors nous ne sommes pas même
encore nés.
De plus, au lieu de nous améliorer, nous sommes en train de devenir pires. Chaque année, il y
a de nouvelles dénominations. Le Corps de Christ n'a jamais été autant divisé.
Une troisième preuve est que nous sommes toujours plus intéressés par ce que nous pouvons
recevoir que par ce que nous pouvons donner. Nous sommes exactement comme des petits
enfants, voulant sans cesse que le Seigneur nous aide, fasse ceci pour nous, nous donne cela, la
santé, le bonheur, l'argent... nous ne cessons pas de mendier. "Papa, donne-moi dix francs - s'il
te plaît, donne-moi ceci, donne-moi cela."
Celui qui a atteint une certaine maturité sait donner. Savoir donner est l'une des
caractéristiques de l'adulte. N'est-ce pas intéressant de constater combien les chrétiens
sont toujours davantage intéressés par les dons de l'Esprit que par le fruit de l'Esprit? S'il vient
quelqu'un ayant le ministère de guérison, l'église ne sera jamais aussi bondée. Les enfants
aiment ce qui est spectaculaire. Mais il n'y a que des adultes mûrs qui s'intéressent à l'amour, la
joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi.
Comme des enfants, nous ne savons pas apprécier la valeur des choses. Si vous offrez à un
enfant un billet de cent francs et une sucette, il prendra à coup sur la sucette, chaque fois. Nous
sommes pareils quand il s'agit de matérialisme. Nous optons toujours pour la belle maison, la
nouvelle voiture, le compte en banque plutôt que pour les valeurs spirituelles, parce que notre
système de valeurs manque de maturité.
Nous essayons même de nous servir de Dieu pour obtenir des biens matériels. Cela ne nous
suffit pas de chercher la prospérité pour nous-mêmes ; nous essayons d'enjôler Dieu pour qu'Il
nous aide à l'obtenir! Nous ne sommes que des enfants égoïstes.
Encore une preuve : le manque d'ouvriers dans l'église. Je ne parviens pas à le
comprendre, mais le fait est que nous avons des personnes chrétiennes depuis dix ou vingt ans,
qui sont toujours incapables de conduire quelqu'un à Christ. Le grand exploit pour eux est
d'inviter quelqu'un à une réunion. "Pourquoi ne viendriez-vous pas à notre église? Nous avons
un beau bâtiment, une belle moquette, des sièges confortables, l'air conditionné, et, pour ne rien
gâcher, le pasteur est un chic type - pourquoi ne viendriez-vous pas?"
Si la personne est d'accord, le chrétien pense avoir accompli son devoir. "Pasteur, j'ai amené
mon ami à la réunion. A vous de jouer maintenant." Alors le pasteur doit prêcher l'évangile,
conduire la personne à Christ, la baptiser et désormais s'occuper d'elle.
N'est-ce pas intéressant de voir que Paul n'a baptisé presque personne? Il dit aux Corinthiens,
"Je rends grâces de n'avoir baptisé aucun de vous, excepté Crispus et Gaïus... J'ai encore baptisé
la famille de Stéphanas, du reste, je ne sais pas si j'ai baptisé quelqu'un d'autre" (1 Corinthiens
1:14-16).
Comment se fait-il alors qu'en Actes 18:8, il est dit : "Crispus, le chef de la synagogue, crut au
Seigneur Jésus avec toute sa famille. Et beaucoup de Corinthiens qui écoutaient Paul, crurent et
furent baptisés"? Il fallait bien que quelqu'un baptise les nouveaux convertis, et nous savons
que ce n'était pas Paul. Alors ce devait être Crispus, Gaïus et d'autres pères spirituels qui
aussitôt entreprirent de s'occuper de leurs enfants spirituels.
Chaque dimanche, nous prêchons l'ABC du salut. Les gens répondent et nous les plaçons dans
des groupes d'accueil pour nouveaux venus afin de les enseigner au sujet de l'église, du baptême
et autres points fondamentaux. Mais qui se charge de les emmener plus loin à partir de là?
Quand ils ont terminé leur cours d'introduction, nous nous empressons de nous occuper d'un
autre groupe de nouveaux, et on laisse les premiers sans aucun guide sur le chemin de la
maturité.
Dès lors, il n'y a pas lieu de s'étonner que nous en perdions un si grand nombre en chemin. Il
n'y a pas non plus à s'étonner de ce que les résultats de nos grandes campagnes d'évangélisation
semblent, avec le temps, rétrécir comme une peau de chagrin. Les nouveaux croyants - pour
dire les choses clairement - s'embêtent à l'église. Tous les dimanches, c'est la même chose, les
mêmes chants, par la même chorale, la même
prédication. A partir de là, Satan trouve facile de les attirer de nouveau vers le royaume des
ténèbres.
A qui la faute? Les gens s'entendent dire souvent qu'ils doivent grandir. Mais comment
peuvent-ils s'ils ne reçoivent jamais autre chose que du lait? Le lait est bon pour un temps, mais
vient vite le moment où le bébé a besoin d'une nourriture plus solide.
Les pasteurs, cependant, ne peuvent être tenus pour totalement responsables de cette situation,
car les facultés de théologie et les écoles bibliques ne les y ont pas préparés. Si tout ce qu'ils ont
appris est comment réchauffer le biberon, alors, qui est coupable?
Nous sommes tous les victimes de la structure dans laquelle nous avons été élevés. Nous ne
pouvons pas fuir cette structure ; elle est tissée en nous. Mais il nous est tout de même possible
de marquer un coup d'arrêt et de réfléchir à ce que nous faisons. Si nous n'arrêtons pas notre
ronde incessante d'activités pour demander à Dieu s'Il y est ou pas, alors nous sommes malgré
tout les coupables.
Ce me fut très difficile d'arrêter. Mon téléphone sonnait du matin au soir. Il me fallait
constamment huiler les rouages de mon église-machine que j'avais moi-même créée en premier
lieu - autrement tout grippait et s'écroulait. Par ailleurs, en Argentine, les pasteurs sont encore
plus occupés que d'habitude parce que bien souvent, nous sommes l'un des rares à avoir une
voiture dans l'église. Alors nous devenons le chauffeur de tout le monde ; nous emmenons les
malades à l'hôpital, etc. en plus de nos obligations.
Mais, Dieu soit loué, je parviens enfin à m'arrêter. Et cela amena une révolution dans mon
église.
Pour la première fois, je n'établissais plus mon programme humain, pour dire ensuite,
"Seigneur, veuille bénir ce que j'ai préparé." J'avais commencé à dire, "Seigneur, que veux-Tu
que je fasse?"
Il est incroyable de voir tous les projets que nous, pasteurs, sommes capables de mettre en
chantier et le faible nombre de ceux que nous faisons aboutir. J'ai été dans des églises où le
pasteur me dit, "Le mois prochain, nous démarrons tel programme. Tout est prêt pour aller de
l'avant."
L'année d'après, je revois le même pasteur et lui demande, "Comment s'est déroulé ce
programme, frère?"
"Oh, ça n'a pas marché," m'explique-t-il. "Mais la semaine prochaine, nous en avons un qui
commence..."
Pourquoi nos programmes ne cessent-ils d'échouer? Parce que nous essayons de les mettre en
oeuvre en utilisant des enfants. On ne peut pas s'appuyer sur des enfants. Ils vous font de
grandes promesses ("Je vais le faire - je vais le faire comme il faut - c'est promis"), mais ils ne
vont pas jusqu'au bout.
Le Seigneur dut me convaincre qu'une partie du problème venait de ce que je ne prêchais rien
d'autre que du lait. Personnellement, j'avais l'impression que je m'en étais très bien sorti. Mais
tout avait été ce que l'auteur de la lettre aux Hébreux appelle "l'enseignement élémentaire" : la
repentance - la foi - le baptême - l'imposition des mains (le baptême dans le Saint Esprit qui
dans l'église primitive venait généralement tout de suite après le baptême d'eau, quand on
imposait les mains au baptisé, pendant qu'il était encore dans l'eau) - la résurrection - le
jugement éternel.
Voilà tout ce que j'avais prêché pendant vingt ans!
J'examinai nos matériels d'école du dimanche, et ils recouvraient ces mêmes principes
fondamentaux.
Je fis le bilan de ce que j'avais reçu à l'école biblique : les mêmes choses. (Vous ne me croyez
pas? Regardez la table des matières dans n'importe quel livre de théologie. Vous y trouverez un
chapitre sur les Saintes Ecritures, un sur Dieu, un sur l'homme, puis le salut, le Saint Esprit, le
retour du Seigneur et la fin des temps. C'est tout. Rien d'autre que les "premiers principes
élémentaires des oracles de Dieu".)
J'appartenais à une dénomination qui était fière de prêcher quatre choses : le salut, le baptême
dans le Saint Esprit, la guérison et le retour du Seigneur. On appelait cela le "Plein Evangile"! Il
y a d'autres groupes qui remplacent le baptême dans le Saint Esprit par la sanctification, comme
point numéro deux.
Comment pourrait-il être le plein évangile quand Hébreux dit que c'est élémentaire?
Je ne veux pas critiquer les autres ; j'étais aussi coupable que n'importe qui. Je fus
consterné de découvrir que dans l'église primitive, ces choses - repentance, foi, baptême d'eau,
du Saint Esprit, préparation à la fin des temps - étaient toutes épuisées le premier jour de la
conversion de quelqu'un! C'était le point de départ de leur progression vers la maturité.
Il n'y a pas longtemps, un pasteur d'une autre dénomination eut l'occasion de me dire, "Oh,
pasteur Ortiz, je suis vraiment en eaux profondes. Je viens d'entrer dans une nouvelle dimension
de l'évangile que je n'aurais jamais imaginé possible."
"Que s'est-il passé, frère?"
"Frère, je parle en langues!" dit-il.
Je répondis : "Ce n'est rien. Dans l'église primitive, ils parlaient en langues le jour-même de
leur conversion. Vous avez l'impression d'avoir atteint le sommet de votre vie spirituelle. Mais
vous n'en êtes qu'aux premiers principes - comme la plupart d'entre nous."
Cela me frappa encore plus fort le jour où un jeune garçon de notre église vint me trouver pour
me dire : "Frère Juan, vous voulez savoir quelque chose? Je viens de me rendre compte que
depuis le moment où je me suis converti il y a un an, j'ai appris et j'ai appris dans l'église
environ six mois. Mais depuis, on dirait que je sais autant que les autres ; je ne fais que me
maintenir à niveau ; je ne grandis plus comme avant,"
Pourquoi est-ce que son pasteur ne lui donnait pas autre chose que du lait?
Je me mis alors à essayer de comprendre ce que pourrait être la nourriture solide. Je voyais
Paul dire aux Corinthiens qu'il ne pouvait pas leur donner de la nourriture solide puisqu'ils
étaient encore des bébés ayant besoin de lait. De quoi a-t-il parle en 1 Corinthiens? De
l'immoralité dans l'église, des conflits entre frères, des problèmes conjugaux, de la nourriture
sacrifiée aux idoles, de l'insubordination, du vêtement des femmes, des abus lors de la Sainte-
Cène, des dons spirituels, de la résurrection des morts, et de comment recueillir une offrande.
Rien que du lait! dit Paul.
Il nous a quand même donné un petit aperçu de la nourriture solide au chapitre 2 :
Cependant, c'est une sagesse, que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n'est pas de ce
siècle, ni des princes de ce siècle, qui vont être réduits à l'impuissance ; nous
prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu avait prédestinée avant les
siècles, pour notre gloire ; aucun des princes de ce siècle ne l'a connue, car s'ils l'avaient
connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Mais c'est, comme il est écrit :
Ce que l’oeil n'a pas vu,
Ce que l'oreille n'a pas entendu,
Et ce qui n'est pas monté au coeur de l'homme,
Tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment.
A nous, Dieu nous l'a révélé par l'Esprit. Car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu.
Qui donc parmi les hommes, sait ce qui concerne l'homme, si ce n'est pas l'esprit de l'homme
qui est en lui? De même, personne ne connaît ce qui concerne Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu.
Or nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin de
savoir ce que Dieu nous a donné par grâce. Et nous en parlons, non avec des discours
qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, en expliquant les réalités
spirituelles à des hommes spirituels. Mais l'homme naturel ne reçoit pas les choses de l'Esprit
de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est
spirituellement qu'on en juge. L'homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n'est lui-même
jugé par personne. En effet :
Qui a connu la pensée du Seigneur, pour l'instruire? Or nous, nous avons la pensée de Christ.
(1 Corinthiens 2:6-16)
Le verset suivant (3:1) se réfère de nouveau à "de petits enfants en Christ". De quoi parlait
donc Paul au chapitre 2?
Ailleurs, il parle de son voyage personnel jusqu'aux bureaux centraux de l'univers où il
"entendit des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à un homme d'exprimer" (2 Corinthiens
12:4). Qui sait ce dont Dieu a fait part à Paul à ce moment-là? Il n'en a pas parlé dans le
Nouveau Testament.
Les épîtres, ne l'oublions pas, sont des corrections. Nous n'avons pas le corps central de
l'enseignement apostolique, mais seulement les corrections. Nous ne savons pas tout ce que
Paul a enseigné pendant qu'il se trouvait personnellement présent à Corinthe, Antioche, Troas,
Thessalonique, et d'autres villes encore.
De quoi parle la lettre aux Romains? De la repentance. Quant à celle aux Hébreux, il est
clairement affirmé dans le texte que j'ai cité en tête de ce chapitre qu'elle est ramenée à la portée
de bébés pour ne pas risquer de les étouffer. (Dans nos facultés de théologie, Romains et
Hébreux sont des épîtres "profondes" réservées aux études de troisième année!)
Ce n'est pas très encourageant de se rendre compte que nous n'avons même pas encore bu tout
le lait qui est mis à notre disposition, et que nous n'avons pas encore pleinement digéré le peu
que nous avons bu. Que ferons-nous alors avec "la sagesse qui n'est pas de ce siècle"?

CHAPITRE 12

GRANDIR

"C'est lui qui a donné les uns comme apôtres, les
autres comme prophètes, les autres comme
évangélistes, les autres comme pasteurs et
docteurs, pour le perfectionnement des saints.
Cela en vue de l’oeuvre du service et de
l’édification du corps du Christ, jusqu'à ce que
nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et
de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état
d'homme fait, à la mesure de la stature
parfaite du Christ."
Ephésiens 4:11-13

Lorsque le Seigneur commença à me parler de solutions à notre problème de croissance, Il
débuta par ce texte en Ephésiens.
Mon travail à moi était d'équiper les saints, de les amener à la maturité. On ne m'avait jamais
appris cela. On m'avait appris à entretenir les gens, non pas à les perfectionner. C'était là l'idéeforce
derrière les nombreuses activités de l'église - divertir, occuper.
Combien de pasteurs m'ont dit presque dès mon arrivée chez eux dans leur église, "Frère
Ortiz, avez-vous de nouvelles idées pour nous? Avez-vous de nouvelles idées pour la fraternité
des hommes, pour le groupe de jeunes?" Nous sommes toujours à l'affût d'idées nouvelles et
originales qui nous permettront d'entretenir nos fidèles. Nous estimons que si nous parvenons à
les garder dans la grâce de Dieu nous avons réussi notre tâche. Ce n'est pas là notre ministère en
tant que pasteurs. Il n'y a pas lieu de s'étonner que l'apôtre ait dit aux Hébreux, "Alors que vous
devriez, avec le temps, être des maîtres, vous avez encore besoin qu'on vous enseigne les
premiers principes élémentaires." (5:12). Il avait du s'attendre à quelque chose de mieux - que
les laïques deviendraient un jour des enseignants.
Ephésiens 4 ne dit pas que ce sont les apôtres et prophètes et pasteurs qui doivent faire l’oeuvre
du service. Il est dit qu'ils doivent perfectionner les saints pour cela, ou comme le dit une autre
traduction, "mettre les saints en état d'accomplir le ministère" (TOB). L'architecte ne construit
pas des bâtiments ; il fait les plans qui permettront à d'autres de le faire. Si l'architecte devait
aussi poser les pierres et assembler l'édifice, il ne serait probablement pas capable de construire
plus d'un immeuble dans sa vie. En tout état de cause, il peut "bâtir" plusieurs immeubles à la
fois.
Dans l'église aujourd'hui, nous avons besoin de ce ministère apostolique. Nous avons besoin
de conducteurs capables d'établir les plans d'architecte de Dieu et d'équiper les croyants pour la
construction de l'édifice. De plus, les architectes forment d'autres architectes. Ou, pour revenir
au langage biblique, les ministères engendrent d'autres ministères. Les brebis mettent au monde
des agneaux. Pourquoi les brebis ne fourniraient-elles pas le lait pour leurs propres agneaux?
C'est le processus naturel. C'est aussi la clé de la multiplication. Le but final, dit Paul, est de
parvenir "à la mesure de la stature parfaite du Christ". Le Père veut que chacun devienne aussi
grand que Jésus. Les pasteurs doivent commencer par rechercher la maturité eux-mêmes ; après
ils seront en mesure de favoriser la même croissance chez leurs brebis.
"Ainsi," poursuit l'apôtre Paul aux versets 14 et 15, "nous ne serons plus des enfants, flottants
et entraînés à tout vent de doctrine... mais en disant la vérité avec amour, nous croîtrons à tous
égards en celui qui est le Chef, Christ."
La progression est comme à l'école. Quand nous en arrivons au cours élémentaire, nous
pouvons enseigner à d'autres le cours préparatoire. Un an plus tard, nous aurions du progresser
de manière à être en cours élémentaire deuxième année et pouvoir enseigner à d'autres le
programme de première année, et ceux de première année devraient pouvoir enseigner les cours
préparatoire. Nous n'enseignons plus l'ABC de l'évangile, mais ce n'est pas pour autant que
nous l'avons oublié. Il est encore enseigné, mais à des niveaux plus élémentaires. La croissance
continue.
Comment Paul aurait-il pu désirer quitter ce monde s'il n'avait pas d'abord fait des disciples de
Timothée, Philémon, Epaphras et les autres? Jésus est allé au ciel tranquille et satisfait parce
qu'Il laissait derrière Lui douze répliques de Lui-même. Les douze membres de Son église n'ont
pas eu besoin d'écrire à un quelconque évêque pour demander, "S'il vous plaît, envoyez-nous un
autre pasteur parce que le notre vient de partir au ciel." Ils avaient grandi ; ils étaient prêts à
prendre Sa place.
Pourquoi est-ce que dans l'église actuelle quand quelqu'un désire se former pour le
ministère il doit quitter l'église et aller dans une faculté de théologie? L'église ne fait pas son
travail. Si les pasteurs étaient effectivement en train de mettre les saints en état d'accomplir le
ministère comme le dit la Bible, il n'y aurait pas besoin d'écoles de formation spécialisées. Dieu
n'a qu'une agence sur terre : l'Eglise. Il n'a rien de plus.
Je m'explique : Je ne suis pas contre les facultés de théologie, les séminaires, les écoles
bibliques et autres organisations extra-ecclésiales. L'Eglise est faible ; elle a besoin de béquilles.
En fait, louons le Seigneur pour ces béquilles! Mais nous ne devrions pas passer notre temps à
monter une usine de béquilles ; nous devrions plutôt rechercher la guérison de l'Eglise.
Pour le moment, nous devons veiller à ne pas enlever les béquilles aux faibles. Il n'y a pas de
raison de s'opposer aux écoles de formation, aux organisations de jeunesse et autres
mouvements ; ils nous aident à rester debout. Mais lorsque nous serons guéris, les béquilles
tomberont d'elles-mêmes. Prions pour cette guérison.
Comment la guérison se produira-t-elle? L'église grandira en Christ si elle voit ses conducteurs
prendre vraiment leurs responsabilités. En 1 Corinthiens 12:28, Paul développe une progression
: "Dieu a établi dans l'Eglise premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes,
troisièmement des docteurs ; ensuite il y a le don des miracles, puis les dons de guérir, de
secourir, de gouverner, de parler diverses sortes de langues."
Je n'avais jamais prêté attention à ce "premièrement, deuxièmement, troisièmement, ensuite,
puis..." avant que je ne commence à réfléchir sur la croissance. En fait, je croyais mon ministère
plutôt mûr parce qu'il comprenait des guérisons, une capacité à gouverner ou à administrer et le
parler en langues. Je n'avais pas vu que toutes ces choses sont tout en bas de l'échelle.
Mais quand je partis pour ce moment de retraite seul à seul avec le Seigneur, Il commença à
me montrer que ce verset est une pyramide. L'apôtre était un homme qui aussi prophétisait,
enseignait, opérait des miracles et des guérisons, secourait, administrait et parlait en langues.
Encore une fois, je vis que le parler en langues n'était pas un diplôme de fin d'études mais une
des premières leçons. Encore une fois je vis que si mon église comportait maintenant 600
personnes qui parlaient en langues au lieu de 200, nous n'avions pas grandi. Nous avions
seulement grossi.
Je commençai à voir pourquoi la famille de Dieu n'évolue pas avec souplesse. Dans une
famille normale, le premier enfant a deux ou trois ans quand arrive le second. Quand le
troisième fait son apparition, le deuxième trottine et le premier et presque prêt pour l'école.
Mais dans l'église, quand le deuxième enfant arrive, le premier est encore un bébé. Plus il y a
d'enfants qui naissent dans l'église, plus nous aurons de couches à changer, et toutes en même
temps.
Mais si tout le monde grandit, les pasteurs comme les brebis, tout se développe avec
harmonie. Regardez Paul. Il n'était pas un apôtre dès le début. C'était d'abord un simple disciple
qui rendait témoignage dans les églises. Il a apparemment parlé en langues pour
la première fois quand Ananias lui imposa les mains (Actes 9). Il continua à grandir. Dès Actes
11 et 12, nous le voyons collaborateur de Barnabas. Puis vinrent les guérisons et les miracles, et
en Actes 13:1, il est décrit comme faisant partie des prophètes et docteurs de l'église d'Antioche.
Alors il a été envoyé comme apôtre.
Le ministère de tout chrétien se développe sur ce schéma. Mais savez-vous ce qui se passe
dans l'église contemporaine? Nous, pasteurs, nous nous arrêtons quelque part en chemin ; nous
savons parler en langues, administrer, secourir, opérer quelques guérisons, et même enseigner -
mais ensuite nous cessons d'avancer. Nous devenons des bouchons. Les brebis continuent à
grandir et finissent par bouchonner derrière nous, incapables de grandir davantage jusqu'à ce
que nous grandissions un peu plus nous-mêmes. Elles continuent d'écouter nos sermons, et
bientôt elles savent tout ce que nous savons, et il ne nous reste plus qu'une grande marmite à
pression.
Le pasteur n'est pas intentionnellement un bouchon ; comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire,
il est victime de la structure comme tous les autres. Les choses ont toujours été ainsi. Si la
pression monte suffisamment, le pasteur en arrive à se sentir suffisamment mal à l'aise pour
demander à être déplacé par son évêque. Alors l'évêque enlève le bouchon et le remplace par un
autre!
Si l'église est de structure libre et n'a pas d'évêque, le problème est encore pire. La pression ne
cesse de monter jusqu'à ce qu'enfin la machine explose et le bouchon saute! Bien entendu, il se
fait vraiment malmener dans l'exposition, parfois au point qu'il est incapable de poursuivre son
ministère.
Tout cela est bien sûr évité si le pasteur continue de grandir vers l'apostolat et que les brebis
continuent de grandir derrière lui.
Si un pasteur est effectivement un père pour son église, il ne peut être changé (ou sauté) tous
les deux ou trois ans. Quelle est la famille qui change de père tous les deux ans? Nos églises
ressemblent davantage à des clubs qui élisent un président pour une certaine durée et puis le
remplacent. Mais si nous sommes une famille nous restons unis. Le père ne cesse de remettre
plus de responsabilités à ses fils à mesure qu'ils grandissent.
A la fin, le pasteur est prêt pour être envoyé comme apôtre, ce qui fut le cas de Paul et
Barnabas en Actes 13. Ils étaient devenus des sages architectes de l'église, selon l'expression de
Paul lui-même en 1 Corinthiens 3:10. Ils étaient passés par toutes les étapes. Les voila
maintenant prêts à planter de nouvelles églises.
Quand je voyage à l'étranger, je reçois souvent des lettres de mes disciples à Buenos Aires qui
me disent, "Oh, combien nous avons pleuré quand vous êtes parti. Nous pleurons à chaque fois
que vous vous en allez. Mais maintenant que vous êtes parti, nous comprenons combien nous
avons besoin d'être seuls." Il y a quelques années, certains d'entre eux n'étaient même pas
capable de dire "Amen" tout seuls, mais aujourd'hui ils sont les pasteurs de l'église. Je peux
voyager six, sept, ou même huit mois dans l'année parce qu'ils ont pris ma place. Si je restais
chez moi, ils ne se développeraient pas. Quand je suis là, ils ne veulent pas prêcher ou présider
le culte - je suis un bouchon! Mais quand je suis parti, il faut bien qu'ils s'y mettent.
Même Jésus a quitté Ses disciples - pour finir il a quitté le monde tout à fait afin qu'ils
puissent être seuls à grandir. Dans l'église moderne aux valeurs et schémas renversés, qui
envoie-t-on planter de nouvelles églises? Des jeunes, frais émoulus de leur faculté de théologie!
Moi-même j'ai commencé alors que j'avais tout juste vingt ans. Je ne savais pas ce que je
faisais. Ce que j'ai planté n'était pas un verger porteur de vie - ce n'était qu'un stand de fruits au
marché! Il fallait constamment l'approvisionner de l'extérieur. Il était incapable de produire du
fruit de lui-même. Chaque fois que je devais m'absenter, je devais téléphoner à un autre pasteur
pour lui dire, "S'il vous plaît, venez prêcher à mon stand de fruits, je dois m'absenter."
Paul et Barnabas, étant de sages architectes, ou si vous préférez des maîtres cultivateurs,
étaient équipés pour planter des vergers aux arbres vivants, capables de grandir. Ils restaient
quelques mois en un endroit et puis allaient plus loin. Après deux ou trois ans, Paul dit à
Barnabas, "Retournons visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole
du Seigneur, pour voir où ils en sont" (Actes 15:36). Ils y retournèrent - les vergers étaient
toujours là et se développaient très bien, merci.
Après avoir séjourné à Thessalonique, Paul a pu écrire aux chrétiens de cette ville : "La parole
du Seigneur a retenti de chez vous, non seulement en Macédoine et en Achaïe, mais votre foi en
Dieu s'est fait connaître en tout lieu, à tel point que nous n'avons pas besoin d'en parler. On
raconte, à notre sujet, quel accès nous avons eu auprès de vous" (1 Thessaloniciens 1:8,9).
Dès lors, on comprend aisément, n'est-ce pas, pourquoi à Antioche le Saint-Esprit n'avait pas
dit, "Mettez-moi à part ce brave jeune homme qui joue de l'orgue." Non, Il avait dit, "Mettezmoi
à part Barnabas et Saul" - deux des principaux ministres de l'église - "pour l’oeuvre à
laquelle je les ai appelés" (Actes 13:2).
Aujourd'hui, tout est à l'envers. Le pasteur qui réussit est celui qui reste à un endroit tous les
dimanches de l'année pendant le plus grand nombre d'année possible. Dans l'église primitive, le
pasteur qui réussissait était celui qui parvenait à faire grandir et à former ses disciples mieux et
plus vite afin de se libérer lui-même pour aller entreprendre une nouvelle tâche, non pas parce
qu'il avait été mis à la porte, mais parce qu'il savait qu'il pouvait laisser cette église entre les
mains de ses fils et aller lui-même vers des régions non encore touchées. Ce qui ne l'empêchait
pas de revenir chez lui, comme Paul revenait chez lui à Antioche.
De nos jours, nos missionnaires ne sont pas comme ça. Les pasteurs de pointe sont ceux qui
restent chez eux, dans leur pays, pensons-nous. Il en résulte que les missionnaires ne sont pas
vraiment des apôtres (les deux appellations proviennent de la même racine grecque). Ils sont
simplement des pasteurs. D'abord, ils sont pasteurs, disons, en Amérique, puis ils prennent
l'avion pour l'Argentine et deviennent pasteurs là-bas. Est-ce l'avion qui les a transformés en
missionnaires?
Par ailleurs, c'est une démarche qui coûte très cher à ceux qui les envoient, car un pasteur
argentin peut faire le même travail, à moins de frais. Qu'est-ce qui fait de quelqu'un un véritable
apôtre, un missionnaire? Son expérience et le don de Dieu en lui qui lui permet d'établir une
stratégie à l'échelle d'une région entière, de former des ouvriers et de planter partout des vergers
bien vivants.
Nous devons tous grandir. Nous devons quitter notre état d'enfance permanente et
prendre une nourriture solide jusqu'à ce que nous soyons nous-mêmes équipés et que nous
équipions d'autres pour étendre le Royaume de Dieu.

CHAPITRE 13

MEMBRES OU DISCIPLES?

"Vous aussi, comme des pierres vivantes, vous êtes
édifiés en maison spirituelle, pour constituer
une sainte communauté sacerdotale."
1 Pierre 2:5 (TOB)

Si seulement l'affirmation de Pierre était vraie aujourd'hui! Il y des endroits où c'est le cas,
mais le plus souvent l'église n'est pas une maison spirituelle - elle est un tas de briques sans
forme ni lien. La différence est grande entre ces deux conditions.
Chaque membre d'une église locale est une brique, et nous nous dépensons tous beaucoup
pour accumuler de plus en plus de briques. Même le pasteur se donne à l'évangélisation pour
essayer de ramener davantage de briques au chantier.
Mais il y a un problème avec des briques simplement entreposées : on peut les voler. Le
pasteur et ses ouailles doivent toujours être sur leurs gardes pour veiller à ce que personne d'une
autre église ne vienne voler des briques pour leur propre chantier. A vrai dire, nous sommes
tous tellement occupés à surveiller et à amasser que le bâtiment lui-même ne voit pas le jour.
Nous sommes les briques de Dieu. Mais nous n'avons pas été mis en place dans Son bâtiment
de manière à pouvoir porter du poids et donner de la force. Si c'était le cas, nous saurions
quelles sont les briques placées en-dessous de nous, au-dessus de nous et comment s'établissent
nos rapports mutuels.
Mais en l'état actuel des choses, nous passons tout notre temps à nous surveiller les uns les
autres. Nous avons tellement peur que quelqu'un s'échappe. En attendant, nous oublions tous
ceux qui ne sont pas sauvés et qui grelottent de froid, à la recherche d'un bâtiment chaud où ils
puissent trouver un accueil.
Si le pasteur essaye de nous prendre en main pour nous poser à notre place dans la
construction, nous résistons. L'église doit être dirigée démocratiquement, disons-nous. Nous ne
nous soumettons pas à une seule personne. Nous ne nous soumettrons qu'à un vote majoritaire
(et parfois même là nous rechignons). J'ai entendu des chrétiens dire très fièrement, "Je ne suis
aucun homme - j'obéis au Christ." Cela a une résonance très pieuse, mais en réalité, c'est une
grave erreur. Cela veut dire que la personne veut faire sa propre volonté ; elle ne sait pas ce que
veut dire suivre le Christ.
Paul a dit, "Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ" (1 Corinthiens
11:1). Nous, pasteurs, avons parfois des réticences à dire cela parce que nous ne vivons pas
comme nous le devrions. Alors nous disons, "Ne regardez pas à moi, frère - suivez la Bible, tout
simplement." Voulez-vous savoir ce qu'en fait cela veut dire? "J'ai essayé, et ça n'a pas marché -
à vous d'essayer!" Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de s'étonner que les laïques soient
découragés. Si le pasteur n'arrive pas à obéir à la Bible, qui le pourra!
Paul n'avait pas peur d'être un modèle. Il a pu dire aux Philippiens, "Ce que vous avez appris,
reçu et entendu, et ce que vous avez vu en moi, pratiquez-le" (4:9). Ce n'est pas très
démocratique, mais cela permet la construction d'un édifice solide.
La raison pour laquelle cette approche est efficace réside dans l'élément de multiplication.
Jadis une vieille dame me présenta une jeune fille. "Voici ma petite fille," me dit-elle.
"C'est vrai?" répondis-je.
"Oui, et j'ai même des arrière-petits-enfants," me dit-elle. "L'une d'elles a déjà quinze ans,
alors si elle se marie bientôt, j'aurai peut-être même des arrière-arrière-petits-enfants.”
"Combien d'enfants avez-vous eu?" lui demandai-je.
"Six."
"Et vous avez combien de petits-enfants?"
"Trente-six."
"Et combien d'arrière-petits-enfants?"
"Qui sait?", me dit-elle. "Je ne les ai jamais comptés." D'après cette progression, elle pourrait
avoir 216 arrière-petits-enfants et 1.296 arrière-arrière-petits-enfants. De plus, sa famille était
assez impressionnante. Un fils était médecin, un autre avocat, deux agriculteurs et un autre
chauffeur de taxi. Parmi ses petits-enfants il y avait des ingénieurs et autres, très qualifiés.
Si je lui avais demandé, "Mais comment avez-vous réussi à élever une si grande famille -
toutes ces personnes bien nourries, bien habillées, bien éduquées?" elle m'aurait répondu, "Ce
n'est pas moi. Moi je me suis occupée de mes six." Et chacun d'eux s'occupa de ses six. Nous
n'avons pas ce système de multiplication dans l'église. Le pauvre pasteur doit s'occuper de tout
le monde, et c'est là qu'est le problème.
Et pour pouvoir grandir, nous étendre et maçonner les briques pour en faire un bâtiment, il
nous faut changer cet état de choses. Nous devons faire des disciples, capables à leur tour de
faire de nouveaux disciples. Nous devons être des pères, non des directeurs d'orphelinat.
Même Jésus a procédé ainsi. N'était-Il pas le meilleur pasteur qui ait jamais vécu? Pourtant il
ne s'occupa que de douze hommes. Matthieu 9:36 dit, "A la vue des foules, il en eut
compassion, car elles étaient lassées et abattues comme des brebis qui n'ont pas de berger."
Pourquoi? N'était-Il pas le Bon Berger? Oui, bien sûr. Mais un berger ne peut pas s'occuper d'un
nombre illimité de brebis - pas même Jésus. Si Lui ne pouvait pas faire plus de douze disciples
à la fois, comment pourrais-je espérer y parvenir moi?
Jésus les incorpora très bien à l'édifice. Quand Il s'en alla, ils savaient ce qu'ils devaient
faire : aller faire de disciples d'autres hommes et femmes, tout comme Jésus l'avait fait avec
eux.
Ils se mirent donc à l’oeuvre et commencèrent à enseigner et à partager leur message de
maison en maison, par petites unités. Nous ne faisons plus cela dans l'église moderne. Nous
rassemblons tout le monde le dimanche dans la salle à manger de l'orphelinat et nous disons,
"Voilà - tout le monde ouvre la bouche! Voici votre nourriture." Nous balançons la nourriture à
la ronde et nous disons, "Au revoir. Vous êtes libérés de la faim, jusqu'à la semaine prochaine."
Ce n'est pas ainsi qu'on nourrit des bébés. Il nous faut prendre chacun dans nos bras, un par un,
et lui mettre le biberon dans la bouche. A mesure qu'il grandit il pourra progressivement se
nourrir lui-même, et enfin viendra le jour où il pourra même nous aider à préparer la nourriture
des plus jeunes de la famille - sa place familiale évolue avec sa croissance.
Voilà ce qu'est le ministère de l'édification, de la construction - en aucun cas il ne s'agit de
faire du simple gardiennage.
Bien entendu, il est nécessaire de se demander ce que l'on veut construire. Une dénomination?
C'est ce que j'ai fait pendant longtemps. Lors des conventions j'étais très fier de ce que mon
groupe était en train de bâtir ; c'était un petit royaume de plus.
Puis je compris que Paul nous avait dit de travailler "en vue... de l'édification du corps de
Christ" (Ephésiens 4:12). C'est quelque chose que nous ne comprenons plus aujourd'hui. Nous
ne pensons plus en terme de Corps du Christ tout entier. Nous pensons en terme du segment
baptiste ou réformé, ou du segment pentecôtiste du Corps de Christ. Nous aimons faire
semblant d'imaginer que la partie est le tout.
Paul a dit aux Corinthiens que ne pas "discerner le corps du Christ" était quelque chose de très
grave (1 Corinthiens 11:29). De même qu'il y a un seul pain pour le repas du Seigneur, de
même nous qui sommes plusieurs, nous sommes un seul corps.
Comment pouvons-nous bâtir quelque chose que nous ne comprenons pas? C'est impossible,
et, de fait, nous ne le faisons pas. Au lieu de cela nous sommes en train de bâtir nos propres
royaumes, dénominations et programmes aux dépends des autres parties du Corps.
Nous sommes complètement détraqués! Si vous voyez un homme se coupant le pied avec un
couteau, vous vous exclameriez, "Mais qu'est-ce que vous faites donc là?"
"Je suis en train de me couper le pied!"
"Mais, pourquoi?"
"Parce que ce pied a marché sur l'autre et l'autre m'a dit, 'coupe-la'!"
Vous vous diriez sans doute que ce pauvre homme a le cerveau fêlé. Il n'a pas le discernement
pour voir que les deux pieds appartiennent au même corps.
Il arrive parfois, quand vous mangez, que vos dents mordent votre langue. Aaaugh! Mais vous
n'arrachez pas pour autant toutes vos dents! Votre langue, même si elle a le pouvoir de la
parole, ne dit pas, "Débarrassons-nous des dents." Vos dents font partie du corps.
Ecoutez : Il faut absolument que nous comprenions ce qu'est le Corps de Christ. Il faut que
nous cessions de nous faire des choses dignes d'un déséquilibré, parlant les uns contre les autres
- il n'est pas étonnant que nous souffrions. Pas étonnant non plus que l'église soit faible et
exsangue.
Les gens qui ont tué le corps physique de Christ - Ponce Pilate, les bourreaux romains, les
prêtres juifs - avaient au moins un but. De plus, si ce qu'ils firent fut effectivement terrible, il en
résulta quand même l'expiation de nos péchés par Jésus.
Mais quel est notre but quand nous persécutons le corps spirituel de Christ? Quelle est la
raison pour laquelle nous crucifions, blessons et divisons ce Corps? Nous n'en avons aucune, et
notre châtiment pour cela sera pire que celui de Pilate ou de Judas.
Peut-être que le repas du Seigneur pourra nous enseigner à nous aimer, nous respecter et à
édifier le Corps - tout le Corps. Si nous n'apprenons pas cela, nous sommes insensés.
Le corps tout entier doit se ressaisir. Les bras et les jambes et les oreilles doivent être
solidement liés les uns aux autres. "En effet, comme nous avons plusieurs membres dans un
seul corps, et que tous les membres n'ont pas la même fonction," est-il dit en Romains 12:4,5,
"ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ et nous sommes tous
membres les uns des autres."
J'ai déjà eu l'occasion de commenter Ephésiens 4:11-15. Le verset 16 parle de Christ, duquel
"le corps tout entier bien ordonné et cohérent, grâce à toutes les jointures qui le soutiennent
fortement, tire son accroissement dans la mesure qui convient à chaque partie, et s'édifie luimême
dans l'amour."
Permettez-moi de souligner fortement ceci : Si les membres ne sont pas "bien ordonnés et
cohérents", ils ne sont pas un corps mais un assortiment de membres.
Qu'est-ce qu'un membre d'église de nos jours? Presque toute église locale a trois conditions :
(1) La personne doit fréquenter les réunions.
(2) La personne doit donner de son argent.
(3) La personne doit avoir une conduite intègre.
Si elle répond à ces trois conditions, elle est considérée comme un bon membre de l'église.
Elle est comme un bon membre d'un club ; elle le fréquente, paye sa cotisation et essaie de ne
pas créer de problèmes.
Mais quand à Buenos Aires nous avons voulu chercher cela dans les Evangiles et les Actes des
Apôtres, nous ne l'avons pas trouvé. A vrai dire, nous n'avons trouvé le mot membre nulle part.
Dans tous les récits de l'église primitive, nous n'avons trouvé aucune trace de cérémonie ou
procédures d'incorporation de membres dans l'église. Mais en lisant les Actes, nous avons
trouvé un autre mot qui a révolutionné nos vies et notre église - le mot disciple. Nous nous
sommes demandés, "Qu'est-ce qu'un disciple?"
Cela ne ressemble en rien à un membre d'église. Un disciple est quelqu'un qui apprend à vivre
la vie que vit son maître. Et peu à peu, il enseigne à d'autres à vivre la vie qu'il vit lui-même.
Etre disciple n'est donc pas recevoir une communication de connaissance ou d'information.
C'est une communication de vie. Voila pourquoi Jésus a dit, "Les paroles que je vous ai dites
sont Esprit et vie" (Jean 6:63).
Etre disciple c'est bien plus que d'apprendre le savoir du maître. C'est apprendre à être ce qu'il
est.
Voila pourquoi la Bible dit que nous devons faire des disciples. C'est bien plus que de
simplement leur parler ou de les gagner ou de les instruire. Faire un disciple signifie créer un
duplicata.
Il est donc évident que le maître doit lui-même être un disciple. Dans l'enseignement qu'on
pourrait appeler classique, il vous est possible de vous disputer avec votre femme au petit
déjeuner puis partir à l'église et prêcher sur l'amour dans le foyer. Mais quand vous voulez faire
des disciples, non. Vos disciples sont bien plus souvent avec vous ; ils passent du temps chez
vous, ils vous voient vivre et c'est cela qu'ils vont imiter.
Supposons que quelqu'un voyage avec moi pendant une semaine et qu'il me dise à la fin,
"Dites, Juan Carlos, vous êtes un maître - s'il vous plaît, prenez un peu de temps pour
m'enseigner quelque chose." Je lui répondrais, "Si vous n'avez rien appris en étant avec moi
pendant la semaine écoulée, je n'ai rien à vous enseigner maintenant." Etre et faire des disciples
n'est pas tant une question de paroles que de vie.
Il est nécessaire de considérer les trois dimensions de l'enseignement : révélation, formation et
information.
La révélation est quelque chose que Dieu peut apporter. Si je devais vous décrire Rio de
Janeiro, l'ambiance de la ville, la Baie de Guanabara, le Pain de Sucre, les plages - vous ne
pourriez tout de même pas dire que vous connaissez Rio. Vous en connaîtrez quelque chose,
mais vous ne connaîtrez jamais la ville tant que vous n'y serez pas allé et qu'elle vous soit
révélée.
De la même manière, Dieu doit Se révéler à nous face à face avant que nous puissions dire Le
connaître.
En fait, dans cet exemple, ma description de Rio constituerait l'élément minimal de
l'enseignement : l'information. C'est la manière que nous employions pour enseigner dans notre
école du dimanche et notre église :
Q. Combien de livres y a-t-il dans la Bible?
R. Soixante-six.
Q. Quel est le Psaume du Bon Berger?
R. Le Psaume 23.
Et ainsi de suite. Nous avons été informés d'Abraham et de Moïse, du ciel et de l'enfer, des
anges et des démons, de la chute de Satan, de l'Eglise, du Retour du Seigneur. L'information
n'est pas mauvaise, mais elle est la façon la plus élémentaire d'enseignement. Tout ce qu'elle
fait est, éventuellement, d'éveiller notre intérêt et notre désir d'expérimenter cette information.
Malheureusement, nous avons fait de cela un but en soi. Connaître et mémoriser les paroles de
la Bible était notre seul but. Ce qui est curieux est que Jésus n'a presque jamais employé cette
méthode. Nous ne voyons pas Jésus donner une étude biblique à Ses disciples. Pouvez-vous
L'imaginer en train de dire, "Bien, n'oubliez pas que demain matin nous aurons un temps de
méditation personnelle de huit à neuf heures. Puis de neuf
à dix, nous étudierons les petits prophètes, de dix à onze, les livres poétiques et de onze à midi,
nous aurons de l'homilétique et de l'herméneutique." Pourtant Il était en train de préparer les
meilleurs ministres de l'histoire de l'Eglise. Comment a-t-Il pu oublier des sujets si importants?
Pouvez-vous L'entendre dire, "Nous allons maintenant étudier le livre de Jérémie. D'après la
Haute Critique, Jérémie est un personnage mythique, qui n'a jamais réellement existé. Ou, s'il a
existé, il n'était pas l'auteur de ce livre..." Jamais de la vie! Jésus n'avait pas de temps à perdre.
Il était simple, clair et concret. Beaucoup de nos études bibliques s'efforcent de l'être aussi, mais
le plus souvent sans succès.
L'Ecole Biblique d'Argentine me demanda il y a quelques années d'assurer un cours sur l'épître
aux Romains. Puisque cette épître est tellement importante, me suis-je dit, il va falloir
l'enseigner verset par verset. Ce que je fis. Il me fallut une année entière pour terminer l'épître.
Arrivé au bout, je crois que plus personne ne savait ce que Paul avait voulu y dire.
Supposons que vous receviez une lettre de moi disant ceci, "Cher Robert, je t'écris de Rome où
je viens d'arriver avec ma femme et mes enfants. Jusqu'ici nous avons pu voir..." etc.
Le dimanche suivant, vous allez à l'église disant, "Mes amis, nous venons de recevoir une
lettre du frère Juan Carlos. Nous allons consacrer les trois mois à venir à l'étudier.
"Il commence sa lettre en disant, 'Cher Robert'. Or en grec, le mot cher signifie une personne
aimée. Il s'adresse à moi comme étant quelqu'un d'aimé. Je peux imaginer le frère Juan prenant
sa plume et écrivant cher. Son coeur déborde d'amour. Sa femme à ses côtés se joint à lui dans
cet élan d'amour. Frères et soeurs, comment écrivez-vous vos lettres? Les commencez-vous par
ce mot cher? A partir de maintenant, appliquons-nous tous à le faire. 'Cher Robert', il m'appelle
par mon prénom. Il me connaît. Il s'intéresse à moi comme personne. Qu'en est-il de vous?
Appelez-vous les gens par leur nom, leur faisant savoir que vous les reconnaissez? 'Je t'écris...'
Il m'écrit lui-même! Il ne se sert pas d'une secrétaire ; il m'écrit directement. Eh bien, ce sera
tout pour aujourd'hui. La semaine prochaine nous continuerons notre étude de la lettre de Juan
Carlos."
Dimanche d'après : " 'Je t'écris de Rome'. Ah, la ville fondée par Romulus et Remus, qui furent
nourris par une louve. La ville capitale de l'Empire Romain, où vécurent les césars. Vous vous
souvenez sans doute que l'empire finit un jour par se diviser en deux, l'empire d'orient et
l'empire d'occident, après quoi il s'effondra totalement. Mais continuons le passage suivant..."
Et les assistants diront, "Notre pasteur est tellement profond! Dire qu'il est capable de rester
deux ou trois semaines sur le même verset - fantastique!"
Au bout de trois mois, vous aurez terminé ma lettre, mais personne ne saura ce que j'y ai dit.
Et pourtant c'est comme cela que nous enseignons la Bible. J'ai comme une petite idée que
lorsque nous arriverons au ciel, Paul va attraper certains de nous, enseignants, et nous dire,
"Venez donc voir par ici, un moment - j'ai deux mots à vous dire. Jamais je n'ai écrit ce que
vous m'avez fait dire!"
Nous aimons impressionner les gens par la quantité d'information que nous connaissons
au sujet du texte biblique. Nous croyons être "profond". Mais y a-t-il quelqu'un qui comprenne
vraiment ce que nous disons? J'en doute!
Nous sommes intéressés par l'information. Jésus quant à Lui était intéressé par la formation.
Nous avons besoin d'apprendre de Lui comment former les disciples.

CHAPITRE 14

LA FORMATION DE DISCIPLES

"Allez vers les brebis perdues de la maison d'Israël.
En chemin, prêchez que le royaume des cieux est
proche, guérissez les malades, ressuscitez les morts,
purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez
reçu gratuitement, donnez gratuitement...
Dans quelque ville ou village que vous entriez,
informez-vous s'il s'y trouve quelqu'un qui soit digne
de vous recevoir, et demeurez chez lui
jusqu'à ce que vous partiez.
Entrant dans la maison, saluez-la."
Matthieu 10:6-8,11,12.

Jésus avait la bonne méthode pour la formation de disciples. Il donnait à Ses disciples des
choses à faire au lieu de choses à emmagasiner dans leur cerveau. Et ils Lui obéirent.
Il ne prêchait pas des sermons passionnés pour les motiver. Ce n'était pas nécessaire. Des
sermons passionnés sont pour les gens désobéissants qui ont besoin d'être stimulés. Ils ont
besoin qu'on joue sur leurs émotions pour qu'ils puissent sentir combien ce serait une bonne
chose si l'envie leur prenait de faire ce que Jésus a commandé!
Si nous étions sous la seigneurie de Christ, il Lui suffirait de dire un mot, et nous n'aurions pas
besoin d'une musique d'orgue jouée doucement en fond, ou de paroles apaisantes et cajoleuses
depuis la chaire - nous ferions ce qu'on nous dit sans discuter. Jésus n'a pas dit à Ses douze,
"Voudriez-vous aller prêcher? Vous pourriez peut-être prévoir une bonne petite tournée dans la
région?" Non. Il leur ordonna et ils obéirent. Voila comment sont formés les disciples.
Pour former des vies, il nous faut cesser d'être des orateurs et commencer à être des pères. Les
orateurs n'ont que des auditeurs. Les pères ont des enfants. On n'apprend pas en entendant, mais
en obéissant.
Que se passe-t-il quand nous, les orateurs, avons fini de parler? Nos auditeurs disent, "Merci
beaucoup, pasteur. C'était un excellent sermon." C'est tout?
Quand les soixante-dix revinrent à Jésus après avoir obéi à Ses ordres, ils racontèrent que les
démons s'étaient soumis à eux. Jésus n'a pas dit, "Oh, c'est très bien d'avoir fait ce
que je vous avais commandé." Non, Il avait un autre ordre : "Ne vous réjouissez pas de ce que...
réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux" (Luc 10:20).
Quand Jacques et Jean voulurent faire descendre le feu sur les Samaritains hostiles, la Bible
nous dit sans équivoque que Jésus "se tourna vers eux et les reprit sévèrement" (Luc 9:55). Il
était en train de les former.
Quand Pierre objecta à l'idée de la crucifixion, Jésus lui dit, "Arrière de moi, Satan! Tu es pour
moi un scandale" (Matthieu 16:23). Pouvez-vous imaginer un pasteur moderne disant quelque
chose de semblable à ses ouailles?! Que cela nous plaise ou non, la réprimande fait partie du
processus de formation du disciple.
Voici la première loi de la vie du disciple : Il n'y a pas de formation sans soumission. Les
membres façon adhérents d'un club ne se soumettent pas. C'est même le contraire - ils veulent
que leur pasteur se soumette à eux, parce que c'est eux qui ont le vote dans le club. Encore une
fois, nous avons tout mis à l'envers. Dans l'Evangile selon les Saints Evangéliques, le pasteur se
soumet aux membres. Dans l'évangile du Royaume, le bras dirige les doigts et non l'inverse.
La soumission est tellement évidente dans la Bible. "Soumettez-vous les uns aux autres dans la
crainte de Christ," dit Ephésiens 5:21. "Obéissez à vos conducteurs et soyez-leur soumis. Car ils
veillent au bien de vos âmes, dont ils devront rendre compte" (Hébreux 13:17).
La seule condition qui me permette de former la vie de mes quatre enfants est qu'ils me soient
soumis. Supposons que chaque fois que je les reprends, je courre le risque de les voir s'enfuir
vers un autre père pour lui dire, "Je ne veux plus être l'enfant de Juan Carlos Ortiz - je veux être
ton enfant." Et supposons que cet homme réponde, "Oh, sois le bienvenu - entre donc!" Je me
verrais contraint de cesser de corriger mes enfants, parce que je ne veux pas les perdre. Je les
aime. Mais je les corrige parce que je suis certain qu'ils vont rester chez moi, quoi qu'il
advienne. Ils sont soumis.
Dans l'église, le pasteur ne peut pas former des vies parce que s’il devient trop sévère avec un
de ses enfants, celui-ci fuira vers un autre orphelinat. Paul dit à Tite : "Ainsi dois-tu parler,
exhorter et reprendre avec une pleine autorité. Que personne ne te méprise" (Tite 2:15). Nous,
pasteurs, devons d'abord parler à nos enfants. S'ils n'obéissent pas, nous devons les exhorter. Si
rien ne se passe encore, nous devons reprendre avec une pleine autorité. Autrement nous aurons
des enfants gâtés.
Supposons que je forme mes propres enfants selon la méthode en vigueur dans l'église. Je
dirais à ma famille, "Venez, les enfants - c'est l'heure du culte. Aujourd'hui le sermon traitera de
l'importance de se laver le visage et les oreilles. Asseyez-vous. Nous allons commencer par un
beau refrain. Je vais vous le chanter : 'Le savon est merveilleux, merveilleux, merveilleux /
Mélangé à l'eau il fait des bulles, bulles, bulles.' Vous ne trouvez pas qu'il est bien? Chantons-le
ensemble.
Maintenant, venons-en au message. Le savon a été inventé en Chine vers le quatrième siècle
avant Jésus-Christ. Il se présente en barres de différentes tailles, couleurs et parfums. Il est
constitué de plusieurs huiles d'origine minérale, végétale ou animale, en fonction du prix. Et
quand vous le mélangez à l'eau et que vous l'appliquez sur votre visage et vos oreilles, il vous
rend merveilleusement propres.
Bien entendu, si vous en mettez dans les yeux, il piquera mais pas longtemps. Et si vous êtes
soigneux, vous pouvez même éviter tout à fait cette mésaventure.
Voila donc comment vous pouvez garder propres votre visage et vos oreilles. Maintenant,
pendant que l'orgue jouera doucement et que la chorale chantera, 'Tel que je suis', si l'un ou
l'une d'entre vous se sent profondément touché et désire se laver le visage et les oreilles, qu'il
lève la main."
Ce n'est pas ainsi que l'on forme des vies. En tout cas, ce n'est pas ainsi qu'a fait ma mère. Elle
m'a donné un ordre et j'ai obéi. Maintenant je me lave le visage et les oreilles sans qu'elle ait
besoin de s'en faire!
Voyons maintenant la deuxième loi de la vie du disciple : Il n'y a pas de soumission sans
soumission (Vous pensez que je me suis un peu embrouillé là, mais non.) La personne qui
donne des ordres à ses disciples doit elle-même être sous les ordres de quelqu'un d'autre. Elle
reprend ses disciples - qui la reprend elle? Il n'y a pas de soumission s'il n'y a pas de soumission
à tous les niveaux.
Souvenez-vous du centurion romain qui demanda à Jésus de guérir l'un de ses serviteurs. Jésus
lui dit, "J'irai le guérir." Alors le centurion répondit, "Seigneur je ne mérite pas que tu entres
sous mon toit, mais dis seulement un mot et mon serviteur sera guéri. Car, moi qui suis soumis
à des chefs, j'ai des soldats sous mes ordres et je dis à l'un : Va! et il va, à l'autre : Viens! et il
vient, et à mon serviteur : Fais cela! et il le fait" (Matthieu 8:7-9).
Il avait compris qu'avoir de l'autorité signifie être soi-même sous une autorité. Je ne puis moimême
créer l'autorité pour ma propre vie. Il faut qu'elle vienne de l'extérieur. Romains 13:1 dit,
"Il n'y a pas d'autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par
Dieu." Et si Dieu a choisi d'instituer deux ou trois niveaux au-dessus de moi? Très bien. Ce
n'est que lorsque je suis en rang que l'autorité peut passer par moi aux autres.
Imaginez un sergent dans l'armée. Il dit a un simple soldat de faire quelque chose et celui-ci
s'exécute. Le sergent en est tout excité et se dit, Qu'est-ce que je suis puissant! Je crois que je
vais démissionner de l'armée et me faire une armée à moi dans mon quartier.
Il revient chez lui et retrouve ses vieux copains. "A mes ordres, les gars!" s'écrie-t-il. "Faites
ceci!" Ils vont lui rire à la figure.
Que s'est-il passé? Il a perdu son autorité dès qu'il a rejeté l'autorité qui était au-dessus de lui.
L'ennui avec nous c'est que dans l'église nous voulons avoir l'autorité tout en restant
indépendants. Cela est impossible. Vous ne pouvez être indépendant et en même temps avoir de
l'autorité. Si vous voulez avoir le droit de diriger d'autres, vous devez être vous-mêmes sous la
direction d'autres. C'est une loi immuable de Dieu.
Cela est très important. La formation exige non seulement la soumission mais aussi l'inter
soumission.
Comment avons-nous mis ces principes en pratique à Buenos Aires? Eh bien, pour
commencer il me fallut me placer sous l'autorité des autres ministres de ma ville
(j'expliquerai cela par la suite). Dès lors, j'étais en droit de faire des disciples parmi mes propres
fidèles.
Nous avons décidé de ne plus utiliser le mot membre, parce que cela rappelait trop un club
sans soumission. A sa place, nous avons décidé d'utiliser le mot disciple. Tout le monde avait
compris ce qu'était un disciple et savait qu'il n'en était pas encore un.
Ce qui fait que si vous aviez demandé à quelqu'un, "Etes-vous membre de cette église?" il
vous aurait répondu, "Oui, je suis le membre no 234, j'ai ma carte". Mais si vous lui aviez
demandé, "Etes-vous un disciple?" il vous aurait répondu, "Oh non. Pas encore. Je ne sais
même pas si le pasteur lui-même est déjà vraiment un disciple. En tout cas, il ne m'a pas encore
placé sous quelqu'un pour être formé à la vie de disciple."
Pendant un an et demi, je n'ai cessé de prêcher sur la nécessité de former des disciples sans
savoir comment amorcer le mouvement. Tout le monde avait compris le concept, mais nous ne
savions pas comment changer. Pour finir, dans ma frustration, je dis, "Ecoutez - Jésus s'est
choisi douze disciples et à partir de là, il a commencé à bâtir. Je suis le Révérend Juan Carlos
Ortiz et il faut que je continue à servir mon club, mais je vais aussi commencer une église
clandestine à côté."
Alors Juanito a démarré dans sa propre maison. Juanito vola les diacres du club du Révérend
Juan Ortiz et commença à essayer d'en faire des disciples. (Dans cette nouvelle structure, je ne
suis plus un révérend, je suis juste Juanito. Avant il fallait que je sois respecté ; maintenant je
ne cherche qu'à être aimé.)
Je donnai ma vie à ces disciples. Je les servis. Nous fîmes des sorties ensemble à la campagne.
Nous mangeâmes ensemble ; ils dormirent chez moi et je dormis chez eux. Nous devînmes une
famille.
Au bout de six mois environ (cela ne s'est pas fait en une nuit), tout le club se mit à remarquer
que mes disciples s'intéressaient davantage à eux pour les aider, les aimer, les conseiller. Alors
je permis à mes disciples de voler quelques membres de plus et de commencer à en faire des
disciples eux-mêmes.
Il nous a fallu près de trois ans, mais à la fin nous avions transformé tout le club en une famille
de plus de 1500 disciples.
Cela nécessita, bien entendu, la création d'un certain nombre de cellules. Pendant les
transformations, de nouvelles personnes se convertissaient dans les cellules mais nous leur
interdisions de venir à l'église-club parce que nous ne voulions pas les gâcher avec l'ancienne
structure. Le jour vint enfin où l'ancienne structure n'était plus. Dieu soit loué!
Savez-vous ce que nous avons fait alors? Nous avons simulé une persécution. Nous avons fait
semblant que pendant tout un mois, notre bâtiment d'église nous avait été retiré. Nous nous
sommes rencontrés dans les maisons, et les dimanches nous allions rendre visite à d'autres
églises - catholique, baptiste, n'importe. Chacun de mes cinq disciples avait un groupe dans une
partie différente de la ville. Cacho, par exemple - c'est un carrossier qui a sous lui 300 disciples
répartis en différentes cellules. Il travaille neuf heures par jour à la carrosserie et réussit
néanmoins à former la vie de plus de personnes que bon nombre de pasteurs à plein temps.
Cacho et ses 300 personnes se rendirent à une église baptiste d'à peine une centaine de
membres.
Vous imaginez cela! 300 visiteurs qui débarquent un beau dimanche matin. "D'où
venez-vous tous?"
"Nous sommes de l'église du Frère Ortiz."
"Que faites-vous donc ici?"
"Nous sommes venus vous rendre visite."
"Et votre réunion?"
"Eh bien, nous l'avons supprimée pour pouvoir venir et être avec vous."
Voyez-vous, avec une pareille structure, on peut faire ce qu'on veut. Vous pouvez rassembler
tout le corps en quelques heures si c'est nécessaire. La prochaine fois que nous monterons une
persécution simulée, nous allons essayer de le faire en hiver pour voir comment ça marche.
Peut-être qu'un jour nous pourrons nous passer complètement de bâtiment. Mais nous ne le
vendrons pas. Nous y installerons des lits et des réfectoires pour venir en aide aux pauvres de la
région. Ce sera aussi un centre d'accueil pour les visiteurs et les apôtres en tournée. Mais plus
jamais ce ne sera une caverne où les croyants se cachent du monde. Jésus n'a jamais dit,
"Pécheurs, venez à l'église." Il a dit, "Allez dans le monde et faites des disciples."
Dans l'église, nous restons assis sur des bancs et nous chantons, "Reviens, reviens / Toi qui es
fatigué, reviens à la maison." Nous devrions au contraire chanter, "Allez, allez, vous qui êtes
assis, allez." Nous avons tout mis à l'envers. Les pécheurs sont morts, perdus, sourds, aveugles.
Et pourtant nous mettons des affiches pour quelles soient lues par des aveugles. Si nous
n'arrivons pas à mobiliser les chrétiens qui sont censés être vivants, comment pouvons-nous
espérer mobiliser ceux qui ne sont pas sauvés?
Nos cellules, par contre, sont déjà dans le monde. Elles se retrouvent n'importe où - à la
maison, dans un parc, au restaurant, à la plage. Certaines se rencontrent à six heures du matin,
d'autres à minuit, parce qu'il y a des gens qui travaillent tard. Elles sont souples.
A la fin, nous sommes revenus un jour à l'appellation membre mais avec une définition
complètement renouvelée. Un membre d'un corps est :
(1) Quelqu'un qui est dépendant. Vous n'avez jamais vu un nez se promener dans la rue tout
seul. Le corps doit être uni en tant que corps. Si un membre est indépendant, il ne fait pas partie
du corps.
(2) Une partie du corps qui relie deux autres parties.
L'avant-bras relie la main au bras, etc.
(3) Quelqu'un qui transmet les éléments nutritifs. Il reçoit de la nourriture pour lui-même et
pour les autres membres en dessous de lui.
(4) Quelqu'un qui soutient, qui reste en place. On ne peut tirer d'un coup sec sur un membre et
l'arracher du corps. Vous est-il déjà arrive qu'en rentrant chez vous votre femme vous dise, "Où
est-ce que tu as perdu ta jambe droite?" C'est impossible. On ne perd pas ses membres comme
ça.
(5) Quelqu'un qui passe ses ordres. La tête donne un ordre à la main, mais cet ordre doit passer
par les autres membres intermédiaires. La main ne se met jamais à mépriser l'avant-bras au
point de lui dire, "Je crois que je vais me détacher de toi et me relier par un câble directement à
la tête." Non. Nous sommes un corps.
(6) Quelqu'un de souple. Un corps est élastique. Une organisation marche comme un robot.
Dans le passé, quelqu'un qui avait une nouvelle idée ou un nouveau talent se
trouvait généralement dans la nécessité de sortir de l'église pour pouvoir exercer son ministère.
Les personnes qui avaient une vision, devaient s'adresser à Jeunesse en Mission, Jeunesse pour
Christ, les Navigateurs, ou d'autres mouvements analogues pour donner une expression à leur
vision.
Mais quand l'église est un corps de disciples, elle est élastique. L'église se répand aux quatre
coins de la terre ; elle est libre d'être le sel de la terre et la lumière du monde.

CHAPITRE 15

LES SAINTES TRADITIONS PROTESTANTES

"Qui étais-je, moi, pour pouvoir m'opposer à Dieu?"
Actes 11:17

Je me souviens encore de combien j'étais fier le jour où mon fils aîné partit pour la première
fois à l'école. En Argentine, tous les écoliers portent une blouse blanche, et nous étions allés
dans le meilleur magasin pour acheter la blouse la plus solide, la plus chère que nous pouvions.
Qu'est-ce qu'il était bien dedans!
Mais nous n'étions plus si heureux quand, six mois plus tard, nous nous sommes aperçus qu'il
ne pouvait plus entrer dans cette blouse de première qualité. David avait grandi. Il nous fallut la
mettre de côté et aller en acheter une autre.
Aujourd'hui, bien sûr, nous sommes plus avertis. Pour chacun de nos quatre enfants, nous
achetons la blouse la moins chère du magasin, parce que nous savons que dans six mois elle ne
lui ira plus.
C'est comme ça aussi avec les structures. Elles nous rendent de bons services tant que tout
reste pareil. Mais quand nous grandissons, elles ne vont plus.
Ce fut ainsi dans notre église. Plus nous grandissions dans la vie de disciple, plus nous
découvrions que nos structures empêchaient le nouveau courant de l'Esprit. Non pas parce que
les structures étaient mauvaises - nous ne les méprisions pas - simplement, nous avons reconnu
qu'elles n'étaient plus à notre taille.
Les conducteurs responsables ne doivent pas s'offusquer quand nous parlons de changer
les structures. Cela veut dire tout simplement que nous sommes en train de grandir. Si nous
sommes capables de vivre pendant des années et des années dans les mêmes structures, c'est
une preuve que nous ne grandissons pas. Par exemple, dans mon église, nous avions utilisé le
même recueil de chants pendant quarante ans. Depuis que Dieu a commencé à nous renouveler,
nous avons changé de recueil cinq fois.
Le vin nouveau exige de nouvelles outres. La différence n'est pas dans le style ; ce n'est pas
qu'une outre soit plus attrayante ou plus à la mode que l'autre. On ne se défait pas des vieilles
outres parce qu'elles sont vieilles ; on les remplace parce qu'elles sont rigides. La peau doit être
souple et élastique pour accommoder le vin nouveau.
Les vieilles outres dont a parlé Jésus en Matthieu 9:17 sont les vieilles structures
traditionnelles, qui bien souvent sont plus dures que quoi que ce soit d'autre. Certains d'entre
nous laisseraient tomber plus facilement un ou deux versets de la Bible que de laisser tomber
une tradition! Nous nous trouvons même souvent en porte-à-faux avec la Bible pour pouvoir
conserver notre structure.
Il m'est arrivé une fois de demander à un catholique, "Dites-moi - où dans la Bible trouvezvous
le culte de Marie?" Je voulais vraiment le redresser.
Il était très humble. Il répondit, "C'est vrai, il est possible que l'Eglise Catholique mette trop
l'accent sur Marie, mais au moins Marie est dans la Bible n'est-ce pas?"
"Oui," répondis-je.
"Mais où dans la Bible sont les dénominations que vous défendez tant?" demanda-t-il.
Voyez-vous, nos dénominations sont nos traditions, au mépris de ce que dit la Bible. Jésus n'a
qu'une seule épouse, l'Eglise. Il n'est pas polygame. Et pourtant nous disons aux gens que d'une
façon mystérieuse les dénominations font même partie de la volonté de Dieu! Nous rendons
Dieu coupable de nos divisions, de notre manque d'amour. Et puis nous osons critiquer les
catholiques pour leurs traditions.
Au moins, leurs traditions sont plus vieilles que les nôtres. Nous ne devrions pas essayer de
retirer la paille des yeux des catholiques avant d'avoir ôté la poutre qui est dans les nôtres. (Au
début de ce renouveau, que nous avons vécu, j'ai commencé à écrire un livre qui avait pour titre
Les Saintes Traditions de l'Eglise Protestante. Mais je me suis rendu compte que je ne l'écrivais
pas avec amour ; alors, j'ai arrêté.)
J'ai déjà mentionné notre tradition de fermer les yeux pour prier. Plus d'une fois la Bible
illustre exactement le contraire.
J'ai aussi relevé le fait que la Bible dit, "Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé" (Marc
16:16). Notre tradition a décidé que celui qui croira et sera sauvé, sera, après des mois de mise à
l'épreuve, baptisé.
Jésus nous a dit, "Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père,
du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit" (Matthieu
28:19,20). Notre tradition nous dit d'aller et de faire des disciples, leur enseignant à observer
tout ce que Jésus a prescrit, et les baptiser ensuite. Dans certaines églises, il faut même que les
membres votent pour savoir si une personne peut être baptisée.
D'où est-ce que nous avons pris tout cela? Je ne sais pas. Cela fait partie de la sainte
tradition protestante. Et tous ceux qui ne se plient pas à la tradition sur chaque point et détail,
nous les mettons hors de l'église.
Les traditions et les structures sont tellement fortes! Il m'arrive parfois de me demander s'il n'y
a pas un mauvais esprit qui les nourrit par derrière. Il est étonnant de voir la puissance de la
tradition même chez un apôtre comme Pierre quand il fut envoyé chez Corneille.
Pierre avait été présent le jour où Jésus avait dit, "Allez, faites de toutes les nations des
disciples." Il avait également entendu Jésus leur dire très clairement d'être ses témoins "à
Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre" (Actes 1:8).
Mais quand il s'est agi d'être effectivement un témoin chez Corneille, un centurion païen, la
tradition de Pierre était incapable d'être aussi élastique. Le Seigneur continuait à le frapper avec
la vision des animaux dans la nappe, lui disant, "Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas
comme souillé" - et Pierre de rétorquer, "Non, Seigneur..." (Actes 10:14,15). Les traditions ont
un pouvoir mystérieux ; parfois elles arrivent même à noyer la voix de Dieu Lui-même.
C'est la tradition qui nous fait dire, "Seigneur, NON!" Dans la Bible, nous entendons parler de
l'unité du Corps de Christ, et nous disons, "Non! Dieu veut les dénominations comme elles
sont." La Bible est notre règle de foi et de vie, disons-nous - à moins qu'elle ne soit en conflit
avec notre tradition. Inouï!
Enfin le Seigneur dit à Pierre, "Voici trois hommes qui te cherchent ; lève-toi, descends et pars
avec eux sans hésiter, car c'est moi qui les ai envoyé" (versets 19 et 20). (Il ne dit pas que les
trois hommes sont des païens, ni quelle est leur mission." Pierre décide enfin qu'il peut obéir au
moins à cela. Les hommes racontent une histoire tout à fait étonnante de Corneille qui prie,
reçoit une visite angélique et est dirigé à Jaffa, vers cette maison même, dans cette rue même où
il trouverait un dénommé Pierre! Que peut dire l'apôtre? Il ne peut que les accompagner.
Mais à chaque pas il rechigne. Il entre dans la maison de Corneille et, presque, la première
chose qu'il trouve à dire est, "Vous savez que c'est une abomination pour des gens comme nous
de venir voir des gens comme vous" (çà, c'est une traduction très approximative de la Bible
espagnole).
Que direz-vous si quelqu'un devait se présenter chez vous en disant cela? Vous diriez,
"Monsieur, voilà la porte!"
Vous pouvez imaginer ce que doit ressentir Corneille. Il a invité tous ses amis et parents chez
lui. "Vous allez faire la connaissance d'un véritable homme de Dieu," leur a-t-il dit. "Un ange
m'a dit de l'appeler. C'est un homme tellement saint et tellement parfait qu'il saura nous
expliquer tout au sujet de Dieu."
Et voila que Pierre entre en l'insultant. Pierre fait quelques remarques expliquant pourquoi il a
daigné venir, puis il dit, "Je vous demande donc pour quelle raison vous m'avez fait venir"
(verset 29).
Un apôtre de Jésus-Christ - et il ne sait pas ce qu'il a à faire? Même un petit enfant saurait le
lui dire. Pierre sait que sa question est stupide. Mais il n'a pas envie de donner le message.
Pourquoi? La tradition!
Alors Corneille reprend encore une fois son histoire depuis le début, répétant ce que ses
hommes avaient dit à Pierre deux jours auparavant. Et enfin, Pierre se met à prêcher. Il explique
ce qui concerne Jésus, Ses miracles, Sa mort et Sa résurrection.
Pierre est-il disposé à aller de l'avant et appeler les païens à la repentance? Je ne le crois pas!
Je crois qu'il est tout simplement en train de gagner du temps. Quand pour finir, Dieu Luimême
fait irruption malgré lui et les personnes présentes commencent à louer le Seigneur,
parlant en langues, pleurant, peut-être même en dansant - qui sait?
Pierre se précipite dans la pièce voisine pour conférer d'urgence avec ses amis Juifs. "Qu'estce
qui se passe là-dedans?" lui demande quelqu'un. "Qu'est-ce que tu as fait, Pierre?"
"Mais je n'ai rien fait, moi!" dit Pierre. "Ce n'est pas moi qui les ai baptisés dans l'Esprit - c'est
Dieu. Je n'y peux rien!"
"Eh bien, qu'est-ce qu'on va faire maintenant? On les baptise d'eau?"
Les païens n'ont aucun problème - eux sont en train de jouir de l'effusion de l'Esprit. Mais les
traditionalistes ont par contre un gros, gros problème sur le dos. Leur structure a été ébranlée.
Ils en discutent vivement entre eux. Finalement Pierre se prononce : "Je crois que nous
devrions les baptiser. Après tout, si Dieu - !"
"Pierre! Comment vas-tu expliquer ça aux gros bonnets à Jérusalem?"
"Je ne sais pas, mais je n'arrive pas à trouver de raison valable pour ne pas les baptiser."
Quand ils reviennent à Jérusalem, la nouvelle les a déjà précédés. Pierre entre au siège de
l'église. "Bonjour, frère, ça va!" lance-t-il à quelqu'un.
"Il y a une réunion du directoire à six heures."
"Quoi?"
"Tu m'as entendu - réunion à six heures."
"Pour quoi faire?"
"Tu le sauras quand tu y seras."
La réunion commence. "C'est bon, Pierre," dit quelqu'un. "Il parait que tu es entré dans la
maison d'un païen et que tu as même osé manger avec lui! Ne nous touche pas! Alors est-ce que
c'est vrai?"
Pierre commence à raconter son histoire. "... Lorsque je me mis à parler, le Saint-Esprit
descendit sur eux -"
"Non!Non!"
"- comme il l'avait fait au commencement sur nous aussi -"
"Non!"
"... puisque Dieu leur a fait le même don qu'à nous qui avons cru au Seigneur Jésus-Christ, qui
étais-je moi, pour pouvoir m'opposer à Dieu?"
Ecoutez ce que dit la Bible : "Après avoir entendu cela, ils se calmèrent et glorifièrent Dieu, en
disant : Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens, afin qu'ils aient la vie" (Actes
11:15-18).
Le pouvoir de la tradition est redoutable. Dieu est empêché de faire beaucoup de choses qu'Il
aimerait faire, à cause de notre esclavage. Nous sommes scandalisés chaque fois qu'Il nous
demande de changer un tant soit peu.
Notre façon de penser est comme une petite table d'appoint qui ne peut supporter qu'une lampe
ou quelques livres. Cela ne sert à rien de vouloir y poser un réfrigérateur ; la table s'effondrerait.
C'est ce qui se passe quand notre façon de penser traditionnellement reçoit quelque chose de
plus que ce à quoi nous avons été habitués. Nous nous effondrons.
Je me souviens de la première fois où je suis entré dans une église des Assemblées de Dieu et
que j'y ai vu des gens qui frappaient des mains. "Ohhhh!", me suis-je dit. "Ces gens sont
terriblement mondains." Je le leur dis. La structure de mes pensées était incapable d'accepter
cette innovation.
Mais ensuite ces braves gens me rappelèrent tous les textes des Psaumes où il est question de
frapper dans les mains devant le Seigneur.
Il se passa la même chose quand, pour la première fois, je vis des gens danser devant le
Seigneur. Ohhhh! J'étais scandalisé. Ma tradition n'autorisait pas cela. Encore une fois, Dieu me
fit savoir qu'Il avait déclaré cela pur, et que je ne devais pas déclarer cela souillé.
Vous souvenez-vous de la femme qui vint répandre le flacon de parfum sur la tête de Jésus?
Les disciples en furent atterrés. "A quoi bon cette perte?" s'écrièrent-ils (Matthieu 26:8). Jésus
leur dit, "Elle a accompli une bonne action à mon égard" (verset 10). Merveilleux! Sa façon de
penser à Lui n'était nullement choquée.
Il nous faut demander à Dieu de fortifier nos tables pour qu'elles puissent supporter tout poids
qu'Il voudra y poser. Il veut faire de grandes choses en notre temps, mais Il se retient de peur de
nous écraser.
Que devons-nous faire pour connaître dans notre expérience la pleine volonté de Dieu? Deux
choses, nous dit Romains 12:1,2. D'abord, nous devons présenter nos corps comme un sacrifice
vivant et saint. Un sacrifice vivant vaut mieux qu'un sacrifice mort, parce qu'un sacrifice vivant
a un avenir. Dieu pourra en faire tout ce qu'Il voudra.
Deuxièmement, nous devons être transformes par le renouvellement de notre intelligence.
Nous devons être prêts pour le changement. Etre dans la volonté de Dieu c'est être
continuellement disposés au changement. Parfois nous disons, "Seigneur, montre-moi Ta
volonté," mais cela ne ferait aucune différence s'Il accédait à notre demande. Nous sommes
comme un train qui dirait, "S'il vous plaît, conduisez-moi sur les rails." Pour quoi faire? Les
rails sont déjà posés.
Les rails sont nos conditions. Nous prions, "Seigneur aide-nous à faire Ta volonté, mais les
rails sont déjà bien en place.
Nous sommes comme les enfants dans les voitures des manèges à la foire. Ils tournent le
volant dans tous les sens, mais la voiture ne s'en soucie pas le moins du monde et continue à
suivre sa piste. C'est ainsi que nous sommes dans l'église et dans les conseils de nos
dénominations. Nous faisons toutes sortes de gestes et de mouvements, mais tout reste pareil.

CHAPITRE 16

CHANGER LES TRADITIONS

"J'exhorte donc les anciens parmi vous...
faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous, non
par contrainte, mais volontairement, selon Dieu..."
1 Pierre 5:1,2.
Lorsque Dieu commença à nous renouveler, il y eut des traditions qu'il fallait changer.
La tradition de la démocratie était l'une des plus enracinées. Nous commençâmes à voir que
l'église primitive n'avait pas été très démocratique. Elle était théocratique. Dieu donnait des
ordres aux apôtres, qui disaient au peuple ce que Dieu attendait de lui. Ils nommaient aussi les
anciens dans les églises. Tout le monde était obéissant.
C'était une église dirigée par la tête, non par les pieds. La puissance coulait de haut en bas en
passant par le milieu.
Dans une démocratie, l'ordre est inversé. La puissance est à la base. La tête doit obéir aux
ordres des pieds.
Nous ne voyons nulle part que Paul ait dit à Timothée "Timothée, est-ce que je pourrais
t'intéresser à l'éventualité d'une collaboration avec nous dans ce ministère? Si tu en avais le
désir, nous serions ravis de t'avoir avec nous."
Actes 16:3 dit, "Paul voulut l'emmener avec lui ; il le prit donc..." C'était tout!
Les apôtres avaient même le droit de définir la doctrine. Le Nouveau Testament ne parle pas
de la "doctrine de Jésus" mais de la "doctrine des apôtres". Ils étaient infaillibles.
Les problèmes survinrent quand l'église théocratique perdit son charisme, sa puissance
spirituelle. Ses chefs en vinrent à être davantage conscients de la puissance matérielle, terrestre
que de ce qui venait d'en-haut. Ils gardèrent la même forme de gouvernement, mais l'esprit n'y
était plus. Ils étaient comme un étui à stylo vide. Extérieurement ils paraissaient ne pas avoir
changé, mais intérieurement, ils étaient vides.
Le pape continua de se considérer infaillible, et j'arrive très bien à comprendre pourquoi.
Après tout les lettres que Pierre avait écrites, les lettres de Jean et les autres, étaient toutes la
vérité. Pourquoi est-ce que cela n'aurait pas continué? Cela aurait pu ; mais sans le charisme, la
révélation divine venant du ciel, l'Eglise devint un élément dangereux dans le monde.
Certains fils de l'Eglise - Savonarole, Huss, Luther et d'autres - essayèrent de la renouveler,
mais l'Eglise refusa de reconnaître leur ministère. Ils auraient pu apporter une vie nouvelle à
l'Eglise Catholique, mais au lieu de cela ils en furent chassés. C'est le problème de la puissance
sans la révélation.
Alors les églises protestantes réagirent et décidèrent d'être démocratiques. C'était bien, pendant
un temps ; il en résulta que les soi-disant laïques furent à nouveau incorporés dans le travail de
l'église. Il leur fallait à nouveau réfléchir, voter, travailler.
Mais ce n'était pas le remède. Au Moyen Age, le pape était devenu le substitut de la parole du
Seigneur. Voila que désormais le substitut était le vote de la majorité. Le peuple ne savait
toujours pas avec certitude ce que Dieu lui disait. Au lieu de cela, ils disaient, "Votons et ce qui
remporte l'adhésion de la majorité des voix doit être la volonté de Dieu."
La majorité n'a pas toujours raison. Ce fut la majorité qui façonna le veau d'or dans le désert.
Ce fut la majorité qui se détourna de Jésus après Son enseignement rapporté en Jean 6.
En ces temps où Dieu est en train de restaurer les ministères et les charismes, nous allons au
devant de pas mal de difficultés avec la démocratie. Je ne plaide pas pour une forme épiscopale
de gouvernement, mais je ne plaide pas non plus pour une forme démocratique de
gouvernement. Sans charisme, ni l'une ni l'autre ne sont bibliques. Peut-être que, quand Dieu
suscite un renouveau, ceux qui sont dans un cadre épiscopal sont plus réceptifs - je ne sais pas.
Ils sont déjà habitués à prendre des ordres d'hommes qui n'ont pas la plénitude de l'Esprit ;
qu'en sera-t-il si leurs évêques sont réellement en contact avec Dieu?
Tout au long de l'histoire, on a débattu de la question du gouvernement de l'église, et je ne
pense pas qu'elle puisse trouver une solution pour une raison très simple ; une forme biblique de
gouvernement de l'église ne marchera pas dans une église qui n'est pas biblique.
La Bible ne parle de l'église qu'en deux dimensions seulement : universelle et locale. Eglise
universelle veut dire "L'église de toute la terre". Eglise locale veut dire "L'église d'une localité
donnée."
Mais depuis la Réforme Protestante, nous avons une nouvelle forme d'église qui n'est ni
universelle, ni locale. C'est la dénomination. Les dénominations ont essayé toutes les formes de
gouvernement que vous puissiez imaginer, depuis les formes épiscopales les plus rigides sur la
droite, aux formes presbytérales, au centre, aux formes congrégationalistes sur la gauche.
Et pourtant nous n'avons toujours pas de solution à la question. Pourquoi? Parce qu'on ne peut
pas mettre des pièces de Citroën sur une Renault. La dénomination ne correspond pas à l'église
locale du Nouveau Testament, et de ce fait, aucun de nos efforts pour trouver une structure
conforme au Nouveau Testament ne pourra réussir.
J'ai eu une fois l'occasion de me rendre en Equateur et j'y ai vu les grandes bananes sucrées qui
y poussent. Les ayant admirées et ayant demandé la permission de ramener un plant chez moi,
car les nôtres sont nettement plus petites, on me répondit : "Vous savez, cela ne servirait pas à
grand'chose, parce qu'en Argentine il fait trop froid pour faire pousser des bananes aussi
grandes que celles-ci. Il vous faudrait déménager notre terre, notre pluie, notre température ; il
vous faudrait tout l'Equateur en Argentine."
Ainsi en est-il de nous. Nous avons fait un voyage à l'église primitive et nous y avons
découvert le baptême dans le Saint-Esprit. Et nous avons essayé de le transplanter dans notre
église sans emmener le climat avec. Il en résulte que nous produisons de petites bananes
tronquées. Que s'est-il passé? Le Saint-Esprit est le même qu'au premier siècle. Mais on dirait
que nous L'avons dilué - un litre pour environ cent litres d'eau froide! Nous L'avons affaibli.
Il ne nous est tout simplement pas possible d'avoir un gouvernement d'église biblique et
efficace dans une structure qui n'est pas biblique.
Qu'est-ce qu'une église biblique? L'église d'une localité. L'église de chaque localité est une.
Dire qu'il y a deux ou trois ou dix églises, ne veut strictement rien dire ; l'église est une, comme
Dieu lui-même.
Quand Dieu s'est révélé à Moïse dans le buisson ardent, Moïse a voulu savoir quel était Son
nom. La réponse de Dieu fut à peu près celle-ci : "Moïse, tu viens d'Egypte où il y a un grand
nombre de dieux, et il te faut des noms pour les situer tous. Mais il n'y a qu'un seul Dieu. En
dehors de moi, il n'y en a pas d'autres."
Moïse ne comprenait pas. Il voulait un nom. Alors Dieu lui dit, "Ecoute, si nous étions
plusieurs, nous aurions besoin de noms. Mais je n'en ai pas besoin - je suis qui je suis. Je suis
l'unique."
"Mais quand je retournerai en Egypte, il faudra bien que je T'appelle par un nom. Qu'est-ce
que je dirai?"
"Eh bien, tu devras te contenter de dire que Je Suis qui t'a envoyé". Quel drôle de nom!
Il en est de même pour l'Eglise. Les gens me demandent souvent, "De quelle église êtesvous?"
Ma réponse est alors, "De l'Eglise".
"Mais laquelle?"
"L'Eglise."
"Oui, d'accord, d'accord - mais vous savez ce dont je veux parler. De quelle église êtes-vous?"
Il n'y a qu'une seule église. Dans le Nouveau Testament, ils n'ont jamais eu à se casser la tête
pour trouver un nom pour l'église, parce qu'il n'y en avait qu'une. Une fois, à Charlotte, en
Caroline du Nord, on m'a dit qu'il y a 400 églises dans cette ville. Cela n'est pas tout à fait vrai.
Il n'y a qu'une église à Charlotte brisée en 400 morceaux. Il ne peut y avoir qu'une seule église
par localité.
Il nous faut donc découvrir comment recoller les morceaux. Nous devrions grimper en haut de
l'immeuble le plus haut de la ville et dire, "Seigneur, montre-moi l'église de cette ville telle que
Tu la vois." Nous sommes myopes. Nous croyons que Dieu ne regarde que par notre petit
groupe, à travers une longue-vue depuis le ciel, en se disant, "Qu'est-ce que c'est bien agence!
Ils n'ont pas lésine sur l'orgue... et quelle belle moquette!" Ecoutez, Il nous regarde et Il pleure.
A travers Ses larmes, Il dit ce que Jésus a dit quand Il a pleuré sur Jérusalem : "Combien de fois
ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et
vous ne l'avez pas voulu! Voici : votre maison vous est laissée déserte..." (Matthieu 23:37,38).
Il voit les différents pasteurs de la ville comme étant tous co-pasteurs de Son Eglise une. S'ils
sont co-pasteurs, ils devraient se rencontrer, avoir de la communion fraternelle, s'aimer les uns
les autres. Ils devraient presque vivre ensemble comme les douze pasteurs de l'église de
Jérusalem. Ils sont le conseil des anciens de la ville, ayant la charge du troupeau de Dieu.
Dans certains endroits aujourd'hui, nous avons tellement renversé les choses que nous
appelons "anciens" des diacres. Alors on a cette étrange situation où l'on voit des "anciens"
servir sous des pasteurs. Nous n'avons pas compris que dans le Nouveau Testament, les deux
recouvrent la même réalité. Jésus est la Tête qui, dans la vision de Jean en Apocalypse 1,
marchait au milieu des chandeliers (les églises). Chaque église dans chaque localité est
différente ; elle s'adapte aux besoins locaux de la même manière que l'église de Jérusalem s'est
développée dans un sens et l'église d'Antioche dans un autre. Mais elles sont toutes sous la
seigneurie de Jésus-Christ. Et grâce à la direction des apôtres et des anciens, le Royaume de
Dieu doit être apporté dans chaque localité.
Ce concept nous paraît-il étrange? Une menace pour nos traditions? Il est vrai, j'en conviens,
qu'on ne peut par un simple claquement de doigts en finir avec nos dénominations. Même nos
gouvernements civils en sont venus à s'y attendre de notre part. Mais il ne faut pas que cela
nous empêche de discerner le vrai Corps de Christ dans chaque localité. La sainte tradition
protestante ne doit pas barrer le chemin à la croissance.

CHAPITRE 17

AU-DELA DU DIMANCHE MATIN

"Allez, faites... des disciples"
Matthieu 28:19

Le moment est venu de parler de la "technique" pour faire des disciples. J'hésite à le faire, de
peur que vous ne soyez tentés d'essayer de copier ce que je dis, sans être préalablement
renouvelés par l'Esprit. Si ce devait être le cas, vous seriez bien vite frustrés.
L'église doit d'abord être renouvelée dans sa compréhension de la seigneurie de Christ et de
notre rôle d'esclave - tout ce que j'ai partagé avec vous dans la Première Partie - avant de
pouvoir utiliser ces techniques. On n'a pas besoin de nouvelles outres tant qu'on n'a pas de vin
nouveau. Le plus important est de se procurer le vin nouveau ; ensuite, on peut s'occuper de la
structure qui le contiendra.
Nous n'avons pas trouvé ces techniques dans un livre ou une salle de classe. Elles sont issues
de notre vie ensemble. Nous avons même commencé à les pratiquer sans y réfléchir
préalablement ; nous essayions simplement d'être élastique afin de permettre l'activité
provoquée par le vin nouveau.
Tout d'abord, la formation de disciples doit commencer par les pasteurs. Si les pasteurs ne
décident pas de se retrouver comme je l'ai expliqué au chapitre précédent et de se considérer
comme les anciens de l'unique église de Dieu de leur ville, ils ne pourront jamais faire de leurs
fidèles des disciples. La formation de disciples ne va pas du bas vers le haut ; elle doit
nécessairement venir du haut vers le bas. Pour pouvoir faire des disciples, nous devons être des
disciples. Etre disciple n'est pas simplement un enseignement, un sujet intéressant à débattre en
classe ; c'est une situation de vie. Un pasteur ne peut pas simplement reprendre ses anciens
sermons et s'imaginer qu'ils lui permettront de faire des disciples. Cela ne marchera pas.
La volonté de Dieu pour aujourd'hui ne se révèle qu'à travers le groupe de ministres. C'est
lorsqu'ils passeront du temps ensemble devant Dieu dans la prière et s'aimeront les uns et les
autres, que Dieu révèlera Ses plans pour leur ville. Dieu peut enfin parler à Ses bergers en tant
qu'unité.
Si nous, les pasteurs, ne sommes pas soumis les uns aux autres, comment pouvons-nous nous
attendre à ce que nos fidèles nous soient soumis?
Les autres pasteurs de l'église une de Dieu constituent une garantie très sérieuse pour les
disciples qu'ils ne seront pas abusés par un dictateur. Ils savent que leur pasteur est aussi un
disciple, soumis à la direction du conseil des anciens de la ville.
Il faut du temps pour former un groupe de pasteurs comme disciples. Mais il faut que cela se
fasse. C'est tout à fait étonnant ce qu'on apprend dans cette situation. J'étais personnellement un
fier pentecôtiste qui n'aurait jamais le moins du monde imaginé que le frère baptiste, réformé,
méthodiste ou catholique puisse m'apprendre quelque chose de nouveau. J'avais le "plein"
évangile. Mais quand nous nous sommes retrouvés pour la première fois en 1967, j'ai
commencé à voir que mon église et moi-même nous n'étions pas si parfaits après tout.
Tout pasteur n’est pas un prophète ou un évangéliste. Mais ensemble, nous nous enrichissons
par le partage de nos ministères. Nous sommes aujourd'hui environ vingt-cinq pasteurs. Ce
groupe est devenu l'une des cellules mères de Buenos Aires. Une fois qu'elle fonctionnait bien,
nous nous sommes tournés vers le choix de quelques disciples pour chaque ancien. Nous
devions veiller à ne pas choisir des gens d'après leur tête, ou leur éducation, ou leur richesse -
non, non. Dieu seul doit nous guider dans notre choix de disciples. Sur le plan humain, Paul
n'aurait jamais choisi Timothée. Il était trop jeune. Il était aussi timide ; il fallait que Paul lui
écrive régulièrement des exhortations du genre : "N'aie donc pas honte du témoignage à rendre
à notre Seigneur, ni de moi, prisonnier pour lui" (2 Timothée 1:8). Et pour couronner le tout, il
souffrait de maux de ventre chroniques. Quel disciple!
Mais Timothée avait été choisi par Dieu.
Jésus pria toute la nuit avant de choisir Ses douze (Luc 6:12,13). Le choix de disciples est une
décision spirituelle grave.
A partir de là, les cellules commencèrent à se multiplier. Plus nous progressions dans cette
voie, plus il devenait essentiel de reconnaître la seigneurie de Christ - comme vous allez le
constater.
Chaque disciple a sept soirées dans la semaine, n'est-ce pas? (En Argentine, nous parlons de
soirées, parce que presque tout le monde travaille toute la journée.)
Une soirée est consacrée à la cellule où le disciple reçoit.
Deux soirées, il donne. Dans une de ces cellules, il forme les vies des nouveaux convertis ;
dans l'autre il forme les vies de futurs responsables de cellules. Vous voyez le facteur de
multiplication qui fonctionne tout le temps!
Donc, quand quelqu'un devient un croyant, il commence par ne fréquenter qu'une seule
cellule, une cellule pour les bébés en Christ. Bientôt, il passe à une cellule où il sera formé pour
prendre des responsabilités. Enfin il commence à fonctionner en tant que disciple à part entière
- recevant d'en-haut et en même temps donnant à la fois à de nouveaux convertis et à des
disciples plus jeunes. Personne n'est saigné à blanc parce qu'il ne fait que donner. Mais
personne non plus ne reste là, à simplement grossir.
Une quatrième soirée de la semaine (généralement le dimanche), nous nous retrouvons tous
ensemble.
Une cinquième soirée est consacrée à la famille. Ca, c'est un commandement. Les célibataires
doivent consacrer leur soirée à leurs parents. Après tout, les relations familiales sont très
importantes dans la formation du disciple ; c'est, rappelons-nous, un nouveau style de vie et non
pas une simple façon de parler.
Une sixième soirée est consacrée au repos. Ca aussi, c'est un commandement. Nous en avons
besoin, parce qu'il est rare que nous nous couchions avant une heure du matin les soirs de
cellule. Alors il est nécessaire que nous nous reposions à cause du Royaume. Le Roi a besoin
que nous soyons reposés pour bien faire notre travail. C'est pour cela qu'Il a donne à Moïse le
quatrième commandement.
Beaucoup de chrétiens disent que le dimanche et leur jour de repos. Comment peuvent-ils dire
cela? C'est au contraire le jour où ils se fatiguent le plus. Ils se lèvent tôt pour l'Ecole du
Dimanche (En Argentine, comme dans d'autres pays, l'Ecole du Dimanche ne concerne pas
uniquement les enfants. Il y a des classes pour chaque tranche d'âge.), puis il y a le culte,
ensuite l'après-midi ils distribuent des traités, après quoi il y a la réunion de jeunes, puis la
réunion du soir. Nous, nous répartissons nos quatre réunions sur toute la semaine ; eux les
bourrent toutes en une seule journée! Ce n'est pas exactement ce qui s'appelle un jour de repos.
Quand Dieu a dit, "Tu ne feras aucun ouvrage" (Exode 20:10), c'est exactement ce qu'Il
voulait dire. Les fabricants de textiles mettent des étiquettes qui disent, "Laver à telle
température, repasser comme ceci,...". Quand Dieu nous a faits, Il a dit, "Un jour par semaine,
cette machine doit être au repos." Les médecins et les psychiatres ne gagneraient pas autant
d'argent si les gens suivaient les instructions de Dieu.
Voila pourquoi nous avons cessé de nous rencontrer le dimanche matin. Nous avons besoin de
dormir! Tout le monde reste à la maison et dort jusqu'à dix ou onze heures le dimanche matin.
C'est différent, mais ça marche.
La septième soirée est laissée au renforcement. Elle est consacrée au sujet des six autres
soirées qui a besoin de plus d'attention. Le disciple va voir son responsable pour recevoir de
l'aide pour un de ses points faibles, ou bien il va visiter un de ses propres disciples, ou bien il
renforce ses liens familiaux, ou bien il se repose.
Puis, une fois par mois, toutes les cellules partent à la campagne pour un week-end - du
vendredi soir au dimanche midi. Nous partageons ensemble, vivons ensemble, confessons nos
péchés les uns aux autres, et bâtissons la relation communautaire entre nous.
Vous voyez maintenant pourquoi nos gens doivent être totalement engagés envers le
Royaume! Toute la journée, pendant qu'ils travaillent, ils réfléchissent à ce qu'ils vont faire pour
le Royaume une fois leur travail terminé. Ils sont disciples vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
(Après tout, je ne pense pas que j'ai besoin de me faire trop de souci quant à l'éventualité que
des gens essayent de nous copier sans être soumis à Jésus. Ils ne tiendraient pas le coup
longtemps.)
Qu'est-ce qu'une cellule? Cellule est le nom provisoire pour une réunion de plusieurs
personnes en vue de certains objectifs. Ce n'est pas un terme biblique. Le terme juste serait sans
doute église de maison, mais les gens se fourvoient quand nous employons ce terme-là. Ils
s'imaginent aller dans une maison pour y tenir un service religieux - cantique, lecture biblique,
méditation, prière, bénédiction. Mais une cellule n'est pas du tout cela. (Le jour viendra où nous
pourrons dire église de maison, une fois que les gens auront oublié à quoi ressemblait cette
vieille organisation qu'on appelait église.)
Nous avons employé ce terme cellule pendant environ un an, après quoi nous l'avons remplacé
par petite communauté pour souligner la notion de partage qui est si importante. En ce moment,
nous nous employons à fond pour éliminer la pauvreté dans notre église. Après tout, nous
sommes censés être la lumière du monde. Comment pouvons-nous nous attaquer à des
problèmes de justice sociale à l'extérieur de l'église quand nous ne les avons pas encore résolus
dans l'église? Il y a des pasteurs qui s'engagent beaucoup dans la politique pour obtenir la
justice sociale - mais ils n'arrivent même pas à l'obtenir de leurs propres fidèles. Nous devrions
commencer là où notre parole est entendue et obéie. Commençons par les gens qui se
promènent avec une Bible sous le bras. C'est à eux de mettre en oeuvre la justice sociale avant
qui que ce soit d'autre.
Il est incroyable de penser que dans la même église un frère puisse avoir deux téléviseurs
pendant qu'un autre n'a même pas de lit. Il est incroyable de penser que l'un a deux
voitures tandis que l'autre doit marcher pendant trois kilomètres et attendre des bus pendant une
heure chaque jour. Mais c'est ce qui se passe tout le temps dans mon pays.
Alors dans notre église nous mettons l'accent sur la communauté. Quand nous aurons mis un
terme à la pauvreté dans notre propre église, alors nous aurons l'autorité pour parler au monde
de justice sociale. Pour le moment, nous balayons notre propre porte.
Une cellule est composée de cinq à huit personnes. Si elle dépasse ce nombre, elle commence
à devenir une église pour elle-même. Nous voulons que l'église reste une unité, chaque
personne étant très consciente de sa place dans le Corps. (Tous les membres d'une cellule
n'appartiennent pas forcément à notre propre église. Certains sont des baptistes, nazaréens, ou
catholiques qui vivent dans le même quartier et désirent grandir dans la vie de disciple.)
Le responsable de la cellule n'a aucun titre. Depuis que Dieu a commencé à nous renouveler,
nous avons fait très attention aux titres. Jusqu'ici, nous n'avons pas encore imposé les mains à
quelqu'un pour le nommer diacre, ancien, ou quoi que ce soit. Avant nous le faisions tout le
temps. J'étais le Révérend, le ministre ordonné. Mais maintenant, je comprends que je ne
pourrais même pas être un diacre dans l'église primitive - ils avaient plus de spiritualité, plus de
sagesse, plus de puissance, plus de dons, plus de tout que les hommes les plus titres aujourd'hui.
Mon seul titre est Serviteur Inutile.
L'autorité vient de la spiritualité, non d'un titre. Autrement vous pouvez être très déçu et
regretter d'avoir nommé quelqu'un diacre ou ancien. S'il grandit spirituellement, les disciples se
soumettront à lui sans qu'il n'ait besoin d'aucun titre. Mais s'il n'est pas autorisé par Dieu, même
le titre de Très Révérend ne signifiera strictement rien.
Je ne dis pas qu'il est mauvais de nommer des responsables ; je dis simplement qu'il est sage
d'attendre et de laisser Dieu les mettre d'abord en exercice. Après il sera facile de les distinguer.
La cellule peut se rencontrer n'importe où, n'importe quand. S'il fait trop chaud dans
l'appartement, ils peuvent aller à la plage ou au parc, parce qu'ils ne sont que cinq ou huit.
L'heure n'a plus d'importance. Ce n'est pas comme à l'église, qui le plus souvent est seulement
ouverte à neuf heures le dimanche matin et à sept heures le dimanche soir, et si vous manquez
ce créneau horaire, vous n'avez plus qu'à rentrer chez vous. (Le chemin du Seigneur et étroit,
mais pas si étroit que ça).
La cellule a deux soucis majeurs : le groupe et la tâche. Dans le passé, j'étais un pasteur
obsédé par la tâche. J'avais des objectifs que je voulais atteindre et je n'arrivais pas à prendre le
temps de penser aux personnes que j'utilisais pour atteindre mes objectifs.
J'étais comme un cadre dirigeant dans une entreprise qui ne voit chaque employé que comme
une machine, un outil nécessaire pour obtenir un profit.
J'avais appris cette attitude du système dans lequel j'avais grandi. Jeune homme, je prêchais
dans les petites villes. Quand il m'arrivait d'aller au siège de ma dénomination, on ne me
remarquait guère. Quand je rendais visite à mon ancienne école biblique, personne ne me
saluait. J'entrais, j'allais visiter quelques étudiants, et c'était tout.
Mais après être devenu pasteur d'une grande église, c'était différent. Chaque fois que j'allais au
siège ou à l'école biblique - "Oh, bonjour, Frère Ortiz, donnez-moi votre manteau... une tasse de
café?" Désormais, j'étais quelqu'un d'important pour leur tâche.
Malheur au pasteur qui tombe en disgrâce! Brusquement, il n'est plus personne.
Mais dans la nouvelle vie de disciple, nous aimons chacun, sans tenir compte de sa
contribution. Chaque membre de la cellule est important. Le responsable comprend que chacun
a ses appréciations et ses espoirs. La cellule s'occupe des besoins de chaque membre.
De ce fait, personne n'a besoin d'être prié pour assister aux rencontres. Il n'y a pas de coup de
téléphone disant, "N'oubliez pas de venir à la cellule. S'il vous plaît, faites un effort pour venir.
Allez, c'est promis?" Non, ils viennent parce qu'ils ne peuvent pas s'en empêcher. Ils se
réalisent dans ce groupe. La cellule répond à leurs besoins sociaux, leurs besoins spirituels,
même leurs besoins matériels ; elle soulage leurs fardeaux et leurs problèmes de sorte qu'ils
sont prêts à porter les fardeaux du Royaume.
Mais une cellule ne peut être exclusivement contrée sur le groupe. Autrement elle ne sera
qu'un club d'amis qui sortent ensemble. La cellule a aussi une tâche ; le grand ordre de mission
du Seigneur Jésus-Christ. Ils doivent faire des disciples, sinon la cellule n'a pas de raison
d'exister.
Cependant, la tâche ne sera jamais accomplie si à l'intérieur du groupe les membres ne
s'aiment pas les uns les autres. Les deux aspects sont liés.

CHAPITRE 18

LA CELLULE

"Paul entra dans la synagogue, où il parla ouvertement ;
pendant trois mois il s'entretenait avec eux et les
persuadait en ce qui concerne le royaume de Dieu...
Cela dura deux ans, de sorte que tous ceux qui
habitaient l'Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole
du Seigneur."
Actes 19:8-10.

Quelle est la particularité d'une cellule? En quoi est-elle différente d'une réunion de prière
dans une maison? Elle a cinq éléments constitutifs : dévotion, discussion, programmation,
mobilisation et multiplication.
Bien entendu, tous les cinq ne sont pas en évidence chaque semaine. Une réunion peut-être
toute entière consacrée à la dévotion tandis que la suivante sera uniquement discussion. Mais
ces cinq éléments doivent se retrouver dans la vie de la cellule. (Nous les avons trouvé dans
Actes 19, où l'on voit Paul faire des disciples à Ephèse, lesquels répandirent l'évangile dans
toute la province d'Asie. Ils adoraient le Seigneur, recevaient un enseignement, préparaient
leurs efforts pour aller vers les autres, allaient à divers endroits, et fondaient de nombreuses
églises nouvelles - dont certaines sont mentionnées dans Apocalypse 2 et 3.)
Je ne pense pas avoir besoin d'expliquer ce qu'est la dévotion. Prière, adoration, louange,
confession, humiliation devant le Seigneur - tout cela fait partie de la vie de dévotion d'une
cellule.
La discussion est la leçon de la Parole de Dieu.
Mais nous nous y prenons autrement que vous le pensez. Nous n'abordons pas une nouvelle
leçon chaque semaine. Une leçon dure généralement deux à trois mois. Pourquoi? Parce que
nous ne passons pas à la leçon suivante tant que nous ne mettons pas en pratique la première.
La Bible ne nous dit-elle pas que nous devons pratiquer la parole, et non seulement l'écouter?
Notre génération est une génération d'auditeurs. La raison en est évidente : nous avons
tant d'orateurs. Si nous parlons, et parlons, et parlons, les gens n'ont pas le temps pour autre
chose que d'écouter.
Des études scientifiques nous disent qu'une personne ne se rappelle que de vingt pour cent de
ce qu'elle entend - et même cela est perdu au bout de dix jours s'il n'y a aucun renforcement
entre temps. Donc, quand nous sortons du culte, nous ne nous souvenons
plus que de vingt pour cent du sermon - et nous oublierons même ce qui reste si nous ne le
mettons pas en pratique ou si nous n'entendons pas un autre sermon sur le même sujet.
Que retenez-vous du temps que vous avez passé à l'école? Vous vous souvenez de
comment lire et écrire, faire des additions et des soustractions, multiplications et divisions.
Mais qu'est-ce que vous avez retenu de la géographie de la Chine?
Jésus n'a pas dit, "Enseignez-leur à savoir tout ce que je vous ai prescrit." Il a dit, "Enseignezleur
à garder tout ce que je vous ai prescrit." Voila pourquoi l'élément de discussion de nos
cellules comporte aussi la mise en pratique.
Il fut un temps où dans notre église les choses se déroulaient ainsi : nous avions la réunion de
prière le mardi. Là, nous donnions un message sur la prière. "Priez, frères et soeurs, priez! La
prière change le cours des événements. La prière est ce qu'il y a de plus important." Les gens
rentraient chez eux, décidés à prier plus que jamais.
Ils revenaient le jeudi pour l'étude biblique. Nous étions en plein dans le livre de Jérémie,
parlant des murailles détruites de Jérusalem et de la façon dont Néhémie les avait rebâties.
"Quel homme, Néhémie! Nous avons besoin aujourd'hui d'hommes et de femmes de la trempe
de Néhémie." Alors, les gens oubliaient la prière et pensaient à imiter Néhémie.
Ensuite, venait l'Ecole du Dimanche. On était en train d'y étudier le Tabernacle, avec tous ses
types si beaux de l’oeuvre de Jésus, le Lieu Saint... ah, c'est vraiment important.
Mais ils sortaient de l'Ecole du Dimanche pour aller tout droit au culte, où je prêchais sur la
sanctification. "Sans la sanctification, nous ne pouvons plaire à Dieu!" leur disais-je. "Dieu veut
un peuple saint." Alors ils rentraient chez eux, en réfléchissant à la sanctification, oubliant tout
de la prière, de Néhémie et du Tabernacle.
Le dimanche soir, ils étaient à nouveau à l'église pour entendre, "Le Seigneur revient bientôt!
Il nous faut nous préparer pour le retour de Christ."
Et ainsi de suite, année après année! Que pouvaient-ils faire d'autre qu'écouter? Cinq messages
par semaine, cinquante-deux semaines par an - 260 messages! Ils auraient mieux fait de se dire,
Je veux écouter juste ce message, et puis je ne reviendrai plus à l'église avant de l'avoir bien
assimilé et mis en pratique dans ma vie.
Alors maintenant, nous n'avons plus que quatre ou cinq messages par an. Depuis que nous
avons commencé la formation de disciples en 1971, nous avons eu moins de vingt leçons. Mais
l'église en a été complètement transformée. Pourquoi? Parce que nous pratiquons ce que nous
entendons. C'est la vrai raison d'être de la Parole. La doctrine dont nous avons besoin dans nos
vies n'est pas tant les articles de foi ou le credo, que la mise en pratique.
Ecoutez ce que Paul avait à dire à Tite : "Pour toi, dis ce qui est conforme à la saine doctrine."
(Ca y est, on va aborder la doctrine de la sainte Trinité, pas vrai? Non!) "Dis que les vieillards
doivent être sobres, respectables, sensés, sains dans la foi, dans l'amour,
dans la patience. Dis que les femmes âgées doivent aussi avoir l'extérieur qui convient à la
sainteté, n'être ni médisantes, ni asservies aux excès de vin ; qu'elles doivent donner de bonnes
instructions, afin d'apprendre aux jeunes femmes à aimer leurs maris et leurs enfants, à être
sensées, chastes, occupées aux soins domestiques, bonnes, soumises chacun à son propre mari,
afin que la parole de Dieu ne soit pas calomniée. Exhorte de même les jeunes gens à être sensés
à tous égards... Exhorte les esclaves à être soumis en tout à leurs maîtres, à leur plaire, à ne pas
être contredisants, à ne rien détourner... Rappelle-leur d'être soumis aux gouvernements et aux
autorités, d'obéir, d'être prêts à toute oeuvre bonne" (Tite 2:1-6;3:1).
Quelle saine doctrine! Ca n'a pas grand'chose à voir avec la Grande Tribulation ou le
Millénium, mais c'est néanmoins une doctrine fantastique.
Qu'est-ce que le credo? Une déclaration des définitions philosophiques de notre croyance.
Qu'est-ce qu'une saine doctrine? Un employé qui n'est pas contredisant.
Il y a beaucoup de bons diacres dans les églises qui signent les articles de la foi tous les ans -
ils croient à la naissance virginale et tout le reste - mais qui ne pratiquent pas la saine doctrine.
Ils roulent encore à vingt kilomètres à l'heure de plus que la vitesse limite autorisée ; ils n'ont
aucunement l'intention d'être "soumis aux gouvernements et aux autorités" si cela n'est pas à
leur avantage.
Pierre dit aux maris : "Menez la vie commune en tenant compte de la nature plus délicate de
vos femmes ; montrez-leur du respect, puisqu'elles doivent hériter avec vous la grâce de la vie"
(1 Pierre 3:7 - TOB). Beaucoup de pasteurs et de diacres qui ont une théologie irréprochable
n'aiment pas ce genre de saine doctrine-là.
"Femmes, soyez soumises à vos maris," disait encore Pierre au verset 1 du même chapitre.
Nous avons beaucoup de diaconesses qui sont tout le contraire.
Nous discutons de ces choses dans les cellules. Disons que la leçon porte sur les maris. La
première semaine nous allons discuter de l'enseignement proprement dit. La deuxième semaine,
nous revoyons la leçon par le biais de questions et réponses, pour nous assurer que tout le
monde a bien compris ce qu'est un mari et quelle doit être sa relation avec sa femme et ses
enfants. La troisième semaine nous reprenons le premier point de la leçon : "Le mari est le chef
du foyer." Nous discutons de la façon de le mettre en pratique. Le responsable se tourne vers
Roberto et dit, "Alors, Roberto, es-tu vraiment le chef de ton foyer?"
“Eh bien, je vais vous dire quelque chose. Nous avons vraiment un problème dans ce domaine
ces derniers temps. Et j'ai l'impression que je ne dois pas être le chef de mon foyer, parce que je
ne sais pas comment le résoudre.”
"Que s'est-il passé?"
"Eh bien, mon beau-père est mort dernièrement et il avait un gros chien qu'il aimait beaucoup.
Il nous a fallu accueillir ma belle-mère chez nous, et, bien sûr, elle a voulu emmener le chien,
en souvenir de son mari. L'ennui, c'est que notre appartement est trop petit pour un chien. Alors
on se dispute. Moi, je dis que le chien doit partir. Ma femme me dit, 'Pauvre maman - elle est si
âgée. Le chien lui rappelle papa. Sois gentil et laissele
rester avec nous.' On est dans une impasse - je ne sais même pas si je veux continuer à vivre
encore chez moi."
Un autre membre de la cellule dit alors, "Ecoute, Roberto - je peux t'aider. J'habite en
banlieue, et j'ai un grand terrain. Laisse-moi m'occuper du chien pendant un temps."
Mais le responsable dit, "Non, Roberto, peut-être que Dieu envoye ce chien chez toi pour
t'apprendre quelque chose. Ecoute, tu n'es pas le chef de ton foyer - mais pas pour les raisons
que tu penses. Un chef n'est pas simplement quelqu'un qui donne des ordre à tout le monde. Un
chef est quelqu'un qui apporte des solutions, qui réfléchit à ce qui doit être fait."
"Mais comment un chien peut-il apporter tant d'ennuis? Il est en train de déchirer toute la
famille, et il n'est même pas une personne."
Quelqu'un d'autre dit, "Ecoute, il est possible que le chien ne doive pas rester dans
l'appartement. Peut-être as-tu raison. Mais peut-être aussi que Dieu veut t'apprendre à aimer ce
chien de toute façon. Regarde, Roberto - tu es en train de perdre ta femme, de rendre la vieille
mémé malheureuse. A vrai dire, le problème, ce n'est pas le chien - c'est toi."
Roberto réagit, "Oh, non. Ca, ce n'est pas vrai!"
"Ne t'inquiète pas," reprend le responsable. "Nous allons prier pour toi, que Dieu te donne la
force d'accepter ce chien. Viens ici t'asseoir au milieu de la pièce." Nous nous mettons tous en
cercle autour de lui pour prier. "O Dieu, accorde-lui la victoire sur ce problème de chien.
Donne-lui d'aimer sa femme et sa belle-mère. S'il Te plait, aide-le..."
Roberto commence à pleurer. Finalement, il dit, "Ca va, je crois que maintenant j'en suis
capable."
"Très bien," répondons-nous. "Maintenant, en rentrant chez toi, arrête-toi dans un magasin
pour acheter un nouveau panier où le chien puisse coucher. Si tu n'as pas d'argent, on va t'en
donner. Il faut que tu apprennes à aimer ce chien. Tu es en train de travailler à une solution au
problème de ton foyer."
Ce que Roberto ne sait pas, c'est qu'à ce même moment, sa femme est avec ma femme dans
une autre cellule. Elle aussi est en train de parler du problème du chien. Et ma femme est en
train de lui dire, "Ecoute, il est le chef de votre foyer, et il faut que tu lui sois soumise. Même ta
mère doit lui être soumise maintenant. S'il dit que le chien doit partir, il faut qu'il parte.
Pourquoi n'essaierais-tu pas de trouver un autre lieu d'hébergement pour le chien, où ta mère et
toi vous pourriez aller le visiter une ou deux fois par semaine?"
"Tiens, je n'ai jamais pensé à cela," dit-elle. "Il est vraiment le chef et nous devons lui obéir. Je
vais en parler avec maman."
Elle rentre chez elle et réussit à convaincre sa mère de donner le chien à quelqu'un d'autre. A
peu près à ce moment-là, Roberto entre avec un nouveau panier pour le chien!
Vous ne pourrez jamais faire quelque chose comme ça dans une heure de culte dominical.
Après avoir fini de prier pour Roberto, cette troisième semaine, nous commençons avec
Felipe, puis avec les autres. (Vous comprenez maintenant pourquoi une réunion de cellule dure
de quatre à six heures.)
La semaine d'après nous entendons le rapport de ce qui s'est passé. Roberto s'exclame, "Vous
ne me croirez pas quand je vous dirai ce qui s'est passé quand je suis rentré à la maison...!"
Nous nous réjouissons ensemble.
La cinquième semaine, nous passons au deuxième point : "Maris aimez vos femmes." On en
arrive à la partie mystique du mariage. Nous ramenons chacun une rose ou une boite de
douceurs à nos épouses, et la maison devient le ciel.
Au bout d'un certain temps encore nous arrivons au point numéro trois de la leçon : "Les maris
doivent pourvoir aux besoins de leur famille." Tout le monde se met à se plaindre de l'inflation.
Mais ensuite quelqu'un raconte comment lui et ses voisins achètent leurs pommes de terre et
leur viande en gros, économisant ainsi pas mal d'argent. Quelqu'un d'autre donne des conseils
pour montrer comment mieux établir son budget afin de mieux maîtriser l'argent que nous
avons.
Voyez-vous, les cellules ne sont pas simplement un endroit pour parler du ciel et des
séraphins. Nous parlons du coût de la vie, de la vie politique, de tout parce que nous sommes
des personnalités entières. Nous ne sommes pas uniquement des "âmes". Dans le Royaume de
Dieu, la notion d'évangile spirituel et d'évangile social n'existe pas. Il n'y a qu'un seul évangile
du Royaume.
Par ailleurs, dans toutes mes illustrations, vous remarquerez combien importante est la
soumission. Si Roberto a un esprit rebelle, rien n'en sortira. Le brisement et l'humiliation n'est
pas une question de larmes ; c'est une question d'obéissance. J'ai vu des gens inonder quantité
de mouchoirs au cours d'une réunion, sans être brisés pour autant. Nous n'avons pas tant besoin
de pleurer que d'obéir.
Bien entendu, l'obéissance et la soumission sont présentes parce qu'il y a aussi l'amour et la
confiance.
Enfin, au bout de deux ou trois mois, nous avons fini notre leçon sur les maris. Mais, sur ce
temps, tous les foyers ont été révolutionnés. Nous sommes devenus ceux qui pratiquent la
Parole.
Les cellules sont véritablement l'os et le muscle de l'église. La réunion du dimanche n'est que
la peau. Il est nécessaire que les cellules internes soient fortes et en bonne santé, autrement la
peau finira par se dessécher et mourir. Mais quand les cellules sont vivantes et que des disciples
sont en train d'être formés partout dans la ville vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les réunions
sont rayonnantes et radieuses de santé.
Faisons ce que Jésus nous a prescrit. Remettons l'église dans le bon sens et commençons la
nouvelle vie de disciples.

CHAPITRE 19

LA PROMESSE DU PERE : UN COEUR NOUVEAU

"J'enverrai sur vous ce que mon Père a promis, mais
vous, restez dans la ville, jusqu'à ce que vous soyez
revêtus de la puissance d'en-haut."
Luc 24:49.

Tout ce que j'ai dit jusqu'ici est important pour le renouvellement de l'Eglise. Mais avant qu'un
renouveau puisse vraiment avoir lieu, je crois qu'il est nécessaire que nous connaissions et
comprenions la Promesse du Père.
Le but donc de ces deux derniers chapitres est, en premier lieu de vous encourager, de vous
interpeller et de vous annoncer que cette promesse est en voie de nous être restaurée. Le
deuxième but est de nous rendre plus humbles dans nos rapports les uns avec les autres en tant
que frères et soeurs
Quand Jésus a parlé de la Promesse du Père, Il n'a pas dit, "J'enverrai sur vous une des choses
que mon Père a promises." (Certains prédicateurs disent que la Bible contient 6000 promesses,
d'autres disent 3000. Personnellement, je ne sais pas combien elle en renferme.) Mais les
disciples de Jésus ont parfaitement compris ce qu'il voulait dire en parlant de "ce que mon Père
a promis".
Il nous est possible aujourd'hui aussi de connaître et comprendre la Promesse du Père, parce
que les Ecritures en parlent clairement et avec précision. Mais cela nous pose néanmoins des
problèmes, même si la Bible parle de la Promesse depuis la Genèse
jusqu'à Malachie. Si vous aviez demandé à n'importe quel juif ce que cela signifiait, il aurait pu
vous le dire. Mais nous avons fait tant de problèmes et de doctrines à partir des Ecritures que
nous ne savons plus où telle doctrine commence, où une autre fini, et où telle autre se situe par
rapport aux deux premières. Alors pour comprendre la Promesse, il nous faut remonter à Adam
et Eve.
Certains disent que si Adam et Eve n'avaient pas chuté, nous serions en train de jouir d'une vie
très différente. Ou d'autres disent, "Oh, si j'avais été aussi innocent qu'Adam." Il était innocent,
mais il échoua. L'innocence ne garantit pas le succès. Si Adam et Eve n'avaient pas chuté,
ç'aurait été Abel ou Caïn. Parce que l'homme a été créé avec la possibilité de l'échec. Quand
Dieu fit l'homme, Il savait que l'homme échouerait. Mais il avait un but en permettant cet échec
- Se glorifier avec rien.
Avant qu'Adam et Eve ne tombent, Dieu leur avait dit qu'ils ne pouvaient manger le fruit d'un
certain arbre, mais ils l'ont mangé quand même. L'homme est devenu conscient du bien et du
mal et se trouvait désormais dans l'obligation de choisir ce qu'il voulait faire. Mais il était
tellement faible qu'il était incapable de faire le bien et d'abandonner le mal. Sa conscience le
condamnait continuellement pour ses échecs.
"Que puis-je faire?" s'écriait-il. "Comment puis-je plaire à Dieu? Je connais le bon
chemin ; je connais le mauvais chemin. Je veux faire ce qui est bien, mais je fais ce qui est mal.
O Dieu, cela n'est pas la vie! Comment puis-je accomplir Tes exigences?"
Ensuite, Dieu envoya la loi de Moïse ; c'était la Parole écrite. Elle était claire et puissante avec
tous ses commandements et tous ses 'faits' et 'ne fais pas'. Le peuple est venu voir si la pierre
avait quelque consolation pour lui. Il lut la pierre, mais elle avait toujours les mêmes exigences,
les mêmes commandements. Le peuple quant à lui restait avec les mêmes échecs, les mêmes
problèmes.
Les gens voulaient vraiment se conformer aux prescriptions de Dieu et vivre dans la sainteté,
mais ils en étaient incapables. Il semblait que peu importe ce qu'ils faisaient ou l'effort qu'ils y
déployaient, jamais ils ne pourraient maintenir une vie qui plaise à Dieu.
Alors Dieu promit de faire quelque chose pour aider Son peuple. On retrouve la trame de cette
promesse dans toute l'Ecriture ; la Bible toute entière est fondée sur la Promesse du Père. En
Jérémie 31:31-34, Dieu formule Sa promesse ainsi :
Voici, les jours viennent, dit l'Eternel, où je ferai avec la maison d'Israël
et la maison de Juda, une alliance nouvelle, non comme l'alliance que je
traitai avec leurs pères, le jour où je les ai saisis par la main, pour les
faire sortir du pays d'Egypte, alliance qu'ils ont violée, quoique je fusse
leur maître, dit l'Eternel.
Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, après ces jourslà,
dit l'Eternel : Je mettrai ma loi au-dedans d'eux, Je l'écrirai dans leur
coeur ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.
Celui-ci n'enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant :
Connaissez l'Eternel! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit
jusqu'au plus grand, dit l'Eternel ; car je pardonnerai leur iniquité, et je
ne me souviendrai plus de leur péché.
Dieu a dit que cette nouvelle alliance allait être complètement différente de l'alliance qu'il
avait faite quand il avait fait sortir Son peuple du pays d'Egypte. Ce ne serait plus un
commandement de l'extérieur, mais une impulsion de l'intérieur. Il avait dit, "Je mettrai ma loi
au-dedans d'eux, je l'écrirai sur leur coeur."
Généralement, la seule partie de la Nouvelle Alliance que nous rappelons dans nos
prédications et nos enseignements est la dernière : "Je pardonnerai leur faute et je ne me
souviendrai plus de leur péché."
Mais il y a plus dans la Nouvelle Alliance.
Quelle est la différence entre être "commandé de l'extérieur" et "agir sur une impulsion de
l'intérieur"? Peut-être que l'illustration suivante vous aidera à comprendre. Quand une mère dit
à ses filles de faire certaines choses dans la maison, elles objectent ; elles ne veulent pas être
obligées à faire quelque chose. Mais quand elles ramènent leur fiancé à la maison pour la
première fois, elles sont disposées à faire tout ce que leur mère leur demande. Il y a maintenant
une impulsion venant de l'intérieur.
C'est ainsi que Dieu veut que nous Le servions - volontairement, de bon gré.
Mais les Dix Commandements ne sont qu'une ombre de la volonté de Dieu ; elles n'en sont
que le sommet visible. Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus a dit, "Vous avez entendu qu'il a
été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi! (Matthieu 5:43).
Mais la volonté de Dieu est bien plus que cela.
Même la stricte observance de la loi de Dieu ne L'exalte pas vraiment, parce qu'Il voit les gens
Le servir par obligation, parce qu'ils y sont contraints. Ceux qui servent Dieu parce que la lettre
de la loi les contraint de Le servir sont sous l'Ancienne Alliance. Ils n'ont rien appris de la
Nouvelle Alliance et, de ce fait, aujourd'hui la majorité des chrétiens vit encore sous l'Ancienne
Alliance. Ils disent, "J'ai essayé de faire ceci ou cela." Ainsi, ils avouent être incapables de faire
ce qui est juste.
Ils vivent sous la condamnation. Même s'ils chantent et louent et sont effectivement membre
du peuple de Dieu, ils ont encore d'énormes doutes et problèmes et luttes. A l'église, ils font de
bonnes et belles choses, mais quand vous allez chez eux, vous vous apercevez vite des
problèmes dont ils sont la proie.
Ils vivent sous l'Ancienne Alliance.
Certains croient que l'Ancienne Alliance est l'Ancien Testament et que la Nouvelle Alliance
est le Nouveau. Cela est faux! L'Ancienne Alliance est la loi écrite. La Nouvelle Alliance est un
coeur nouveau :
Je vous donnerai un coeur nouveau et je mettrai en vous un esprit
Nouveau, j'ôterai de votre chair le coeur de pierre et je vous donnerai un
coeur de chair. Je mettrai mon Esprit en vous et je ferai que vous suiviez
mes prescriptions et pratiquiez mes ordonnances.
Ezéchiel 36:26,27.
Dieu n'a pas dit, "Je vous donnerai un nouveau code de morale, une nouvelle liste de
commandements." Non, il a dit qu'Il nous donnerait un nouveau coeur - un modèle récent et
efficace, avec incorporation de Sa volonté comprise.
Cela n'est pas quelque chose que nous faisons de nous-mêmes. Apprendre les
commandements de Dieu par coeur ne veut pas dire pour autant que nous les avons dans notre
coeur. Sous l'Ancienne Alliance, l'homme apprenait les commandements de Dieu mais ne
pouvait malgré tout pas leur obéir. Il y a des gens qui aujourd'hui encore utilisent l'ancien coeur,
tout en ayant le coeur nouveau qu'ils ont reçu lors de leur conversion.
Mais avec un coeur nouveau, avec la parole de Dieu incorporée, l'homme peut enfin satisfaire
aux exigences de Dieu. Mais il ne peut le faire que par la grâce de Dieu. Il ne s'agit pas là d'une
grâce théorique ou de position ; c'est une grâce pratique. C'est une relation dynamique avec
Dieu dans laquelle c'est lui qui fait que nous marchons dans Sa volonté par Son Saint Esprit.
Il est essentiel que nous comprenions que l'Ancienne Alliance est fondée sur des lois
auxquelles il faut obéir ; la Nouvelle Alliance est fondée sur le don du Saint Esprit que nous
sommes appelés à suivre. Si vous pouvez comprendre cela, vous serez la personne la plus
heureuse de la terre, vous vivrez une vie nouvelle.
Le Saint Esprit est la pleine et totale volonté de Dieu, et non une partie seulement, comme
l'était l'Ancienne Alliance. Sous celle-ci, il était dit aux gens : Ne volez pas, ne forniquez pas,
ne mentez pas. Le jour de la Pentecôte, Pierre ne reçut pas un rouleau ou étaient inscrits de
nouveaux versets donnant de nouveaux commandements. Non. Les disciples reçurent l'Esprit de
la Promesse du Père, exactement comme Jésus le leur avait promis.
Jésus avait parlé de la Promesse à plusieurs reprises. Dans Jean 14:26, il avait dit : "Mais le
Consolateur, le Saint Esprit que le Père enverra en mon nom, c'est Lui qui vous enseignera
toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit." Quand ils reçurent le Saint
Esprit, leur vie toute entière en fut transformée. Ils commencèrent à vivre une vie au-delà des
exigences de la Loi. Magnifique, n'est-ce pas?
Ils se mirent à partager leurs possessions. Ils commencèrent à s'aimer les uns les autres, à se
réjouir quand ils étaient persécutés. Ils n'avaient pas de Bibles ni de matériel d'Ecole du
Dimanche, pas de magnétophones. Ils n'avaient que ce que l'Esprit de Dieu leur avait donné -
une foi incorporée qui les faisait marcher dans les voies de Dieu. Voilà pourquoi ils pouvaient
chanter en prison, après avoir été battus et enchaînés.
Voyons un peu ce qu'un coeur nouveau incorporé signifiait pour l'église primitive :
Vous êtes manifestement une lettre de Christ, écrite, par notre ministère,
non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables
de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos coeurs.
Telle est l'assurance que nous avons par le Christ auprès de Dieu. Non
que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose
comme venant de nous-mêmes, mais notre capacité vient de Dieu. Il nous
a rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la
lettre, mais de l'Esprit ; car la lettre tue, mais l'Esprit fait vivre.
2 Corinthiens 3:3-6.
Vous et moi, nous sommes aussi les lettres de Christ au monde, écrites par le Saint-Esprit.
C'est cela la Promesse du Père.
Nous pouvons écrire des lettres de l'Esprit uniquement si nous sommes ministres de la
Nouvelle Alliance. Si nous sommes ministres de l'Ancienne Alliance, nous ne pouvons que les
écrire sur du papier, non sur nos coeurs. N'importe quelle faculté de théologie ou école biblique
est capable de produire des ministres de la lettre, de l'Ancienne Alliance. Mais il n'y a que Dieu
qui puisse former des ministres de l'Esprit dans la Nouvelle Alliance. Le ministère de l'Esprit
est de donner l'Esprit, et non de dire, "Regardez ce que dit la Loi et faites-le."
Chaque chrétien devrait se demander, "De quoi suis-je le ministre? De lettres qui tuent? Ou de
l'Esprit qui fait vivre?"
Je dois confesser que pendant des années j'ai tué des gens. J'avais le ministère de la
condamnation par la lettre. Quoique sincère et faisant du mieux que je pouvais, la plus grande
part de mon ministère était du type de l'Ancienne Alliance.
Si nous sommes ministres de la lettre de la Loi nous tuons, ou condamnons ; si nous sommes
ministres de l'Esprit nous donnons la vie à ceux que nous servons. Nous leur donnons la
capacité de faire la volonté de Dieu.
Voilà à quoi nous sommes appelés par la Promesse du Père qui est le Saint-Esprit dans la
Nouvelle Alliance.

CHAPITRE 20

LA PROMESSE DU PERE : UNE NOUVELLE PUISSANCE

"Car le royaume de Dieu ne consiste pas en paraboles,
mais en puissance."
1 Corinthiens 4:20.

Il semble souvent que c'est la personne qui connaît le plus grand nombre de versets bibliques
et qui sait le mieux expliquer ces versets qui est le prédicateur le plus populaire, ou le laïque le
plus spirituel. Ce n'est pas ainsi que cela devrait être.
Précisons tout de suite que je ne m'élève pas contre la Bible ; au contraire, en disant cela, je
place cette précieuse Parole à l'endroit où elle brillera le plus. Si vous placez un chandelier sous
une table, personne ne le verra ; si vous le placez contre votre oeil, il vous brûlera. Il vous faut
donc le mettre à sa place, au centre de la table, là où sa lumière éclairera toute la pièce.
Si nous plaçons la Bible sous le lit, elle n'est pas à la bonne place. Si nous la plaçons au-dessus
du Saint-Esprit, elle n'est pas non plus à la bonne place. Il est indispensable que nous la
placions là où Dieu le veut. La Bible est le livre qui nous conduit à la vérité. Plus je lis les
Ecritures, plus j'ai soif des choses dont elles parlent.
Le Saint Livre est un moyen, non pas une fin en lui-même. Je crois que beaucoup d'entre nous
avons fait une idole des Ecritures. Si les mages avaient adoré l'étoile au lieu de Jésus, ils
auraient fabriqué une idole. L'étoile n'était qu'une aide pour les conduire à Jésus ; elle était
l'ombre de la réalité.
Il existe des éditions de la Bible avec des "aides", sur les pages de garde : "Si vous êtes triste,
lisez le Psaume 23", "Si vous êtes dans l'épreuve, lisez le Psaume 46." Ministres de l'Ancienne
Alliance!
Nous donnons l'ombre de la réalité ; Paul, quant à lui, donnait la Réalité dont parle l'ombre.
Nous pouvons être ministres de l'ombre ou ministres de la réalité. Si nous suivons l'ombre, nous
parviendrons à la réalité. Si nous suivons l'enseignement de la Bible, nous parviendrons à la
réalité.
Il faut que nous soyons les ministres de l'Esprit. Il faut que nous soyons les ministres de la
réalité. Si nous donnons un verset qui parle de la paix, notre ministère apporte l'ombre. Si nous
donnons la paix elle-même, notre ministère apporte la réalité. Et donner la réalité est possible si
nous suivons l'Esprit.
Quand Jésus envoya les soixante-dix, il leur dit, "Dans quelque maison que vous entriez, dites
d'abord : Que la paix soit sur cette maison! Et s'il se trouve là un enfant de paix, votre paix
reposera sur lui ; sinon elle reviendra à vous" (Luc 10:5,6). Les disciples ne donnaient pas de
versets sur la paix, mais ils donnaient la paix elle-même.
La Nouvelle Alliance, au lieu de parler de l'amour, met l'amour en action. Le fruit de l'Esprit -
amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi - est bien plus
que la loi. En fait, l'amour est l'accomplissement de la Loi. Si vous avez l'amour, vous avez le
reste du fruit aussi. Le fruit de l'Esprit est le fruit de la nouvelle Alliance.
Si nous ne faisons que parler de la paix ou parler de l'amour, si nous ne faisons que donner
quelques versets des Ecritures qui parlent de ces choses, notre ministère apporte l'ombre de la
paix et de l'amour. Mais si nous donnons l'amour, nous donnons la réalité de ces choses.
Voilà la différence entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance. La lettre est l'ombre de la réalité ;
l'Esprit est la réalité.
La réalité, sous l'Ancienne Alliance, était derrière le voile. Derrière le voile se trouvait l'Arche
de l'Alliance, dans laquelle il y avait la verge d'Aaron. La verge desséchée d'Aaron qui fleurit et
porta du fruit, représente le rétablissement de l'autorité de la Nouvelle Alliance. C'est cette loi
incorporée dont j'ai déjà parlé.
"Ne pas toucher! Peinture fraîche." Ca, c'est la loi, mais nous ne pouvons résister à la toucher.
La loi dit, "Ne laissez pas traîner vos vieux papiers", mais nous les laissons traîner quand
même. La loi est bonne, mais elle ne peut nous empêcher de faire ce que nous ne devrions pas
faire.
Mais le Saint Esprit nous rend capable d'accomplir la loi de la nouvelle Alliance :
Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en
Jésus-Christ.
En effet, la loi de l'Esprit de vie en Christ-Jésus, m'a libéré de la loi du
péché et de la mort. Car - chose impossible à la loi, parce que la chair la
rendait sans force - Dieu, en envoyant à cause du péché son propre Fils
dans une chair semblable à celle du péché, a condamné le péché dans la
chair ; et cela, pour que la justice prescrite par la loi soit accomplie en
nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l'Esprit.
(Romain 8:14)
Voila la Nouvelle Alliance.
C'est à vous de décider si vous voulez continuer à vivre sous l'Ancienne Alliance. Mais nous
vivons aujourd'hui à une époque où le Saint-Esprit est en train de rétablir l'autorité de la
Nouvelle Alliance. Christ redevient le Chef de l'Eglise. Il n'a jamais cessé d'être le Chef, mais
c'est nous qui n'avons pas toujours été rattachés à lui en tant que Chef. La louange est restaurée.
L'adoration est restaurée. Les dons de l'Esprit sont restaurés. Mais la chose la plus importante
qui soit restaurée en ces jours, est la Promesse du Père dans sa plénitude : la Nouvelle Alliance.
Aucune hérésie n'est prêchée par ceux qui sont conduits par l'Esprit. Les hérésies sont formées
par ceux qui étudient les Ecritures et en font un emploi abusif. Regardez combien de doctrines
différentes existent aujourd'hui, se réclamant toutes de l'Ecriture -Mormons, Adventistes,
Pentecôtistes, Réformés, Baptistes. Presque chaque année nous entendons parler d'une nouvelle
doctrine qui a été lancée - toutes à base des Ecritures.
Mais l'Ecriture en elle-même n'est pas dangereuse. Je crois à l'emploi de l'Ecriture. Mais cet
enseignement pourrait paraître dangereux à certains : la Nouvelle Alliance, c'est l'Esprit ;
l'Ancienne Alliance, c'est la lettre écrite.
Il est nécessaire que nous proclamions la parole de l'Esprit de vie, et non seulement que nous
rappelions la parole écrite. La Parole s'accomplit par la Vie que l’Esprit met en nous. Jésus a
dit, "Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme le dit
l'Ecriture. Il dit cela de l'Esprit..." (Jean 7:38).
C'est cela la Promesse du Père. Une source de vie qui jaillit du dedans, et non pas en lisant et
en essayant d'accomplir les Ecritures.
C'est une chose que d'être à la recherche d'un verre d’eau ; c'en est une autre que d'avoir des
fleuves d'eau vive qui coulent au-dedans de nous.
La plénitude de la Promesse du Père est tellement plus que le "petit" Baptême dans le Saint-
Esprit que nous avons hérité de nos chers frères pentecôtistes, (dont je suis). Aux premiers jours
de ce siècle, le Saint Esprit a de nouveau commencé à agir dans l'Eglise et les Pentecôtistes se
sont rassemblés pour formuler une déclaration de foi. Ils ont institutionnalisé une expérience
qui commençait tout juste à être restaurée dans l'Eglise. Ils ont dit à peu près ceci (en se référant
à Son Eglise) : "Nous croyons au Baptême dans le Saint-Esprit selon Actes 2:4."
Si on ne croit qu'en Actes 2:4, on ne recevra qu'Actes 2:4. Et Actes 2:42,43,44,45,46 et
4:31,32,33,34,35 et tous les autres? Qu'en est-il du partage, de la vente de ses biens, etc.? On
n'entend pas beaucoup parler de ces versets-là. Voilà le problème.
"Pourquoi," me suis-je demandé, "as-tu pendant tant d'années déclaré 'Je crois en Actes 2:4' et
non pas 'Je crois en l'Ecriture, de la Genèse à l'Apocalypse'?"
Alors si vous avez une telle déclaration de foi, lisez Actes 2:4 et puis mettez : "Je crois au
Baptême dans le Saint-Esprit selon les Ecritures de la Genèse à l'Apocalypse." Actes 2:4 n'est
qu'une toute petite partie de la Promesse du Père.
On ne peut nier que Dieu se soit servi de l'Eglise Pentecôtiste au cours de ce siècle. On ne peut
nier que ce soit la dénomination qui progresse le plus dans toute l'Amérique Latine. Elle a remis
en lumière quelque chose qui avait été caché depuis des années. L'Eglise Pentecôtiste souligne
le fait que les dons de l'Esprit sont à la disposition de l'Eglise d'aujourd'hui.
Mais ce qui est triste est qu'une personne, créant une dénomination autour d'une doctrine,
perde les autres doctrines. Parce que la vérité est en Jésus et dans l'Eglise toute entière, et non
pas uniquement dans un seul secteur de l'Eglise.
Jésus donne à chaque conducteur de l'Eglise un morceau du puzzle. Si chacun de nous venait
avec son morceau de puzzle, nous pourrions reconstituer la totalité de l'image.
Mais celui qui reçoit une expérience et en fait une dénomination, emprunte le mauvais chemin.
L'Eglise Catholique a commis une erreur en chassant Martin Luther. S'il avait été entendu,
l'Eglise Catholique toute entière aurait été renouvelée. Combien de fils, fidèles à la mère Eglise,
ont été rejetés parce qu'ils ne pouvaient pas être d'accord avec elle?
Mais nous, évangéliques, nous faisons la même chose. Nous comptons uniquement ceux qui
pensent comme nous. Mais, écoutez-moi : si l'Eglise Pentecôtiste avait répandu l'amour comme
elle a répandu le parler en langues, l'histoire du monde au cours de ce siècle aurait été
différente. Si l'Eglise Pentecôtiste, avec le succès qu'elle a eu, en particulier dans le Tiers
Monde, avait mis l'accent qu'elle place sur le parler en langues sur le fruit de l'Esprit selon
Galates 5:22,23, le monde entier en aurait été transformé.
Nous avons commencé avec l'Esprit mais nous avons fini avec la lettre, et nous nous sommes
battus.
Alors, qu'est-ce que le "petit" Baptême dans le Saint Esprit en comparaison de la Promesse du
Père? Nous adorons le Seigneur en langues ; c'est bien! Mais ce n'est pas encore la Promesse du
Père.
L'expérience que nous avons eue est comme si on entrait dans le fleuve jusqu'aux chevilles.
Bien sûr, ceux qui ont vécu dans le désert - altérés, assoiffés pendant des années et des années -
ont l'impression que c'est la plénitude quand ils mettent les pieds dans l'eau.
Mais ils s'arrêtent là. Quand nous disons à nos enfants, "Allons à la rivière," nous entendons
les berges. Mais quand Dieu dit, "Allons à la rivière", Il entend la rivière elle-même.
Parfois un évangéliste vient et fait des remous dans cette eau. Nous en sommes tous
éclaboussés et nous crions, "Le réveil! Le réveil!" Puis il s'en va, et nous en sommes toujours
avec de l'eau jusqu'aux chevilles.
Nous avons fait un grand nombre d'expériences semblables.
Mais maintenant, nous devons entrer dans la rivière jusqu'à perdre pieds, jusqu'à ce que nous
soyons emportés par le courant. Le fleuve de Dieu nous entraîne parce qu'il va où Dieu va.
Aujourd'hui, c'est nous qui, de bien des manières, dirigeons l'Esprit, parce que nous avons
encore pieds, ce qui nous permet d'aller où nous le voulons. Mais quand nous nous laisserons
emporter, le fleuve nous entraînera où il veut.
Ce fleuve est la Nouvelle Alliance.
Dans la Bible, il n'y a qu'une promesse - le fleuve de la Promesse du Père, le Saint-Esprit.
Toutes les autres promesses en sont les affluents. Mais, Dieu soit loué, si nous sommes fidèles
dans le "petit" Baptême dans l'Esprit, Dieu nous accordera une pleine immersion dans Son
Esprit qui donne la vie.

Editeurs de la présente édition:
AWAKE MINISTRIES INTERNATIONAL, asbl
25, Chaussée de Charleroi
1370 Jodoigne
Belgique
Tel./fax: 010/81.55.40
E-mail:
Site web:
Distribution sur Internet : blogdei.com
_________________
Pharos : un phare qui éclaire dans le noir et qui guide à bont port. Gloire au seigneur Jésus notre lumière.
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26/10/2008 08:49:48
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