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08/03/2007 07:52:31
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Pierre Sabourin
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Sujet du message: CORPS DE CHRIST, dons et ministères
Corps de Christ, dons et ministères
par Laurent Joly

Source : http://www.ekklesia.ch/eelg/debats/theo3.html

Pour certains de nos concitoyens, qui ne donnent pas spécialement dans la religion, le mot Eglise est synonyme de grande pyramide au sommet de laquelle domine un homme habillé de blanc. Pour d’autres, il s’agit simplement du bâtiment dans lequel se réunit, tous les dimanches matin, une poignée de personnes. Ils ont donc une impression confuse de ce que signifie réellement l’Eglise.

Pourtant son fondateur, Jésus-Christ, n’a pas dit qu’il s’agissait de bâtiments classés monuments historiques. Il n’a pas non plus souhaité que ce soit une entité appartenant à l’histoire uniquement. A l’opposé, l’Eglise est “glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et sans défaut” (Eph. 5:27).

Partant de cet état de fait, Jésus n’a pas permis que son propre Corps - puisqu’il s’agit de cela - soit laissé à l’abandon aux mains des hommes. Il nous a promis qu’il bâtirait lui-même son Eglise (Matt. 16:18). Cette pensée, rassurante et troublante à la fois, nous laisse cependant perplexes. Faut-il, oui ou non, aider Dieu dans sa construction? Car l’Eglise de Genève, par exemple, n’est de loin pas cette épouse sans tache ni ride qu’il souhaite rencontrer – même si son visage n’est pas aussi triste que l’on veut bien le penser. Ne sommes-nous pas “le reste fidèle” tant cher au prophète Esaïe? (Es. 46:3).

Dieu souhaite une Eglise en mouvement et un corps en pleine possession de ses moyens. Non pas un corps qui s’agite, cherchant à se réaliser lui-même, mais une Eglise affermie et fondée. Il en va de sa survie et de sa croissance.

Le modèle de structure dans la Bible n’est pas aussi précis que d’aucuns le souhaiteraient. En effet, l’Eglise primitive était jeune et tout était à mettre en place. Mais nous avons des lignes directrices qu’il nous faut suivre et adapter à notre temps sans altérer la puissance de l’Evangile.

Dans le Nouveau Testament, nous apprenons que nous sommes le Corps de Christ (Eph. 4:4). Mais, si ce Corps est un, nous comprenons aussi qu’il en existe plusieurs représentations:

- Avant la résurrection: le corps humain de Christ

Au cours de l’histoire ecclésiastique, l’humanité de Jésus a été mise en doute (entre autres par le gnosticisme (1). Mais Jésus a eu une naissance normale et une croissance naturelle. Pour Matthieu, Jésus était un véritable Juif. Pour Marc, il était un homme d’affaires (du royaume) stressé. Selon Luc, Jésus aimait bien la compagnie des “sans domicile fixe” (SDF). Enfin, Jean ne mentionne jamais le mot jeûne dans son livre, signe que notre Seigneur aimait se retrouver à table.
Jésus était homme (2). Cela paraît évident. Et pourtant, nier l’humanité de Jésus consisterait à nier son œuvre de salut à la croix. Il fallait qu’il soit parfaitement homme dans une nature semblable à la nôtre (Rom. 8:3). Dieu a ainsi condamné le péché parce que Christ a souffert dans son propre corps.
Jésus n’était pas insensible. Il a pleuré (Jean 11:35). Il a eu faim et soif (Matt. 4:2; Jean 4: 7). Il a même été tenté (éprouvé) en toute chose, comme toute personne. Il n’a heureusement pas commis de péché. Il a parfaitement accompli ce que le Père désirait.

Christ est avant tout, pour nous chrétiens, celui qui est mort et ressuscité dans son corps. Jésus a souffert et a ressenti ce que nous ressentons. Les disciples, après sa résurrection, ont pu le toucher.

- Après la résurrection: le Corps de Christ actuel

Après sa résurrection, Jésus a probablement expliqué bien des choses sur l’Eglise à ses disciples. Il y a dans les cieux Celui qui est le médiateur entre Dieu et les hommes et qui n’a pas abandonné son humanité: “Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme” (I Tim. 2:5).

Remontant au ciel, Jésus a pu alors envoyer son Esprit, véritable agent créateur de cette Eglise. Désormais, ceux qui l’avaient suivi allaient se rassembler pour former le Corps de Christ.

L’Eglise: le Corps de Christ

Paul déclare aux Corinthiens: “Vous êtes le Corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.” Et de poursuivre: “Et Dieu a établi dans l’Eglise…” (I Cor. 12: 27-28). Autrement dit, l’Eglise est le Corps de Christ, lui-même étant la tête. Les chrétiens de Corinthe étaient les membres de ce Corps. De la même manière, les chrétiens d’aujourd’hui, confessant leur foi en l’unique sacrifice de Christ, en sont ses membres.

Appartenir au Corps de Christ ne consiste pas à remplir une carte de membre et à prendre connaissance des statuts légaux de la communauté à laquelle on se rattache. Si cette réalité est importante, les critères principaux de la Parole le sont bien davantage.

Les membres du Corps de Christ se doivent d’avoir reçu une vocation. Cette dernière vient de Christ et est l’espérance du chrétien. Elle trouve son origine directement dans le salut accordé par Dieu à quiconque s’identifie à la mort et à la résurrection de son Fils. Ensuite, aussi surprenant soit-il, il y a la nécessité de vivre le baptême de l’Esprit. Dans I Cor. 12:13, nous lisons: “Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul Corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit.”

Paul présente ici la personne qui seule est capable de former le Corps de Christ dans l’unité: le Saint-Esprit. C’est lui l’agent d’unité, dans la mesure où, selon le plan divin, les membres sont baptisés dans le Saint-Esprit. Le terme “abreuver” montre que notre Dieu n’est pas celui de la petitesse. Il nous donne l’Esprit Saint sans mesure (Jean 3:34). Ce verbe signifie également arroser, irriguer, imprégner et saturer. Plus nous serons des membres remplis et visités par l'Esprit saint, plus la réalité du Corps de Christ sera vraie.

Ces deux critères divins (vocation et baptême de l’Esprit) sont importants pour être des membres. La Sainte Cène que nous prenons ensemble est une représentation visible du Corps de Christ. Le Corps de Jésus a été crucifié sur la croix, mais il est ressuscité. Nous en sommes les membres ici-bas.

Le défi de l’unité dans la diversité

Dans I Cor. 12, Paul explique fort bien la diversité du Corps dans l’unité. Au verset 14, il semble contrebalancer son propos en disant que bien que le Corps soit un, il n’en reste pas moins formé de plusieurs membres. Il n’y a pas qu’un membre. Le défi de l’unité est celui-ci: ne pas perdre la diversité voulue de Dieu. Paul rééquilibre donc: l’unité n’est pas dans l’uniformité mais dans la diversité et l’interdépendance des membres.

En poursuivant notre réflexion, deux problèmes pourraient surgir au sein du Corps: auto-exclusion et mise en avant des membres.
- L’auto-exclusion (versets 14-19): certains membres pourraient penser: “Je ne suis pas si, je ne suis pas cela,… je ne suis pas du Corps”. Or, la Parole explique: “ Ce n’est pas parce que tu ne ressembles pas à la main que tu n’es pas du Corps ”. Le sentiment de non-appartenance est encore trop présent dans l’Eglise. Si tout le Corps était un gros œil qu’en serait-il des autres membres du Corps (verset 17)? Dieu a placé chacun des membres dans le Corps comme il a voulu (verset 18). Il y a plusieurs membres mais un seul Corps.

- La mise en avant (versets 20-23a): d’autres membres pourraient faire preuve de présomption en disant: “Je n’ai pas besoin des autres”. Paul répond à cela: “Par la grâce qui m'a été donnée, je dis à chacun de vous de n'avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun. Car, comme nous avons plusieurs membres dans un seul Corps, et que tous les membres n'ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul Corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres” (Rom. 12:3-5).

Pour éviter ces deux attitudes, rappelons-nous qu’on ne se place pas soi-même dans le Corps, mais que c’est Dieu qui nous place, et nous “transplante” si nécessaire.

Dieu accorde des dons pour édifier son Corps

Dieu est particulièrement à l’œuvre dans l’Eglise. Il a placé des membres, a établi des serviteurs et a accordé des dons (I Cor. 12: 18 et 28). Le mot grec charis (“cariv”) dans le Nouveau Testament est des plus intéressants. En effet, il vient probablement du verbe charizomai (carivzomai): faire plaisir (3). On le retrouve à plusieurs reprises dans le sens de don gratuit de Dieu (Rom 1:15 par exemple). Mais il désigne surtout “les dons exercés pour l’édification de la communauté chrétienne” (4).

“Tous les chrétiens ont reçu des dons spirituels” (Rom 12:5; I Cor. 12:7; Eph 4:7) (5). Cette affirmation nous permet de poser ce fondement du fonctionnement de l’Eglise. Non seulement tous les enfants de Dieu ont un don particulier que Dieu leur a donné (I Pi. 4:10), mais, en plus, c’est en priorité dans le cadre de l’Eglise qu’il sera mis en valeur, contribuant ainsi à une annonce globale de l’Evangile. Autrement dit, pour le chrétien non rattaché à une communauté locale, il devient difficile de développer ses talents tout seul. En effet, parlant des dons spirituels, les écrivains de la première épître aux Corinthiens nous invitent à aspirer à ces dons, à les posséder en abondance pour l’édification du peuple de Dieu: “De même vous, puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l'édification de l'Eglise que vous cherchiez à en posséder abondamment” (I Cor. 14:12).

Faire usage de modestie dans l’exercice des dons

Dieu ne souhaite pas partager sa gloire avec quelqu’un ayant une mauvaise motivation (Es. 42:8). Il fera en sorte que la personne porteuse de ce don se rende assez vite compte de sa présomption si tel est le cas. Le risque est encore, non pas de perdre ce don, les dons de Dieu sont irrévocables (Rom. 11:29), mais de mettre sur un piédestal l’individu utilisé par Dieu.
Faisons simplement preuve de modestie dans l’usage des charismes divins. Être soi-même, ne pas rechercher l’approbation humaine et rester enseignable sont des clés pour exercer les dons que Dieu nous accorde.

Nous rencontrons parfois une peur dans nos communautés: celle d’attrister l’Esprit saint. Cette peur est compréhensible mais parfois mal placée. En effet, une personne manifestant depuis peu un don spirituel pense que tout ce qu’elle reçoit de la part de Dieu est à communiquer tout de suite. Or, le Saint-Esprit, cette personne toute-puissante, n’est pas un volatile sensible que le moindre bruit ferait s’envoler (6). Dieu a créé le ciel et la terre et tout ce qui s’y trouve. Il est plein d’amour et en même ne peut être déstabilisé.

A propos du don de prophétie…

“C'est pourquoi je vous déclare que nul, s'il parle par l'Esprit de Dieu, ne dit: Jésus est anathème! et que nul ne peut dire: Jésus est le Seigneur! si ce n'est par le Saint-Esprit ” (I Cor. 12:3).
Lorsqu’une personne exerce le don de prophétie, elle pourrait se croire infaillible et penser: “les responsables de l’Eglise n’ont qu’à me respecter et me donner la possibilité de parler à chaque fois que je le ressens. Je n’admettrai pas qu’ils me barrent la route”.
Mike Bickle, dans son livre “Grandir dans le Prophétique” (7), donne des pistes de réflexions à ce sujet. Il insiste sur l’importance d’avoir de bonnes motivations dans l’utilisation de ce don. Il fait part de son expérience en nous rendant attentifs aux points suivants:
- L’orgueil: “nous voulions à tort être au centre d’une partie du réveil que nous prophétisions”.
- Reconnaître le besoin des autres ministères dans le Corps de Christ.
- Nécessité de plus de sagesse et d’une meilleure compréhension du procédé prophétique.
- “ Il nous fallait changer notre concept d’une Eglise pour toute la ville. Maintenant nous nous concentrons sur une unité dans toute la ville au travers des relations plutôt que d’une structure ”. Notre manière d’élaborer l’Eglise dans notre ville correspond-elle à la pensée de Dieu? Nos structures prennent-elles tellement de place qu’elles pourraient étouffer toute initiative prophétique?
- Nécessité de pouvoir répondre de ses actes devant d’autres responsables évitant les pièges de l’orgueil et de présomption. Se soumettre les uns les autres.
- Avoir un équilibre entre la stabilité et le zèle. Toute Eglise a besoin d’un apport équilibré, pour que soient maintenus à la fois la stabilité, le zèle et la motivation.

La parole prophétique peut totalement déstabiliser une Eglise ou au contraire la dynamiser. Une équipe de responsables unie et fortement enracinée dans la Parole de Dieu, avec un solide don de foi peut permettre à cette même Eglise de rentrer dans un plan de bénédictions extraordinaires. En conséquence, que toute personne désireuse de manifester un don puisse oser soumettre sa pensée à un responsable rempli de l’Esprit afin que toute la communauté en retire le maximum.

Petit inventaire des dons

Don de proclamation Dons de service Pouvoir Louange et prière
Apôtre Diaconie Foi Dons musicaux
Prophète Don d’aider Guérison Parler en langues
Exhortation Habileté manuelle Miracles Interprétation
Evangéliste Libéralité Discernement des esprits
Pasteur-docteur Miséricorde
Connaissance Hospitalité
Sagesse Présidence ou direction

Le tableau ci-dessus (8) semble mentionner une bonne partie des charismes cités dans le Nouveau Testament. Son but n’est pas là de faire une sorte de conseil en entreprise dans lequel chacun cocherait ce qu’il lui convient.

Dieu souhaite que nous utilisions les dons qu’il nous accorde pour sa gloire. Cela implique la nécessité de savoir de quelle manière les utiliser. Un auteur fameux dans nos milieux pentecôtistes et considéré comme le théologien des Assemblées de Dieu, à savoir Donald Gee, préconise ceci:
“En première position, dans la liste des dons spirituels de I Cor. 12:8-10, apparaît la parole de sagesse. Et il est bon qu’il en soit ainsi. Cela nous rappelle Proverbes 4:7: “Voici le commencement de la sagesse: acquiers la sagesse, et avec tout ton acquis, acquiers l’intelligence”. La connaissance sans la sagesse peut se terminer par du mysticisme. C’est pourquoi, le bon exercice de tout autre don de l’Esprit doit dépendre, dans une large mesure, de la parole de sagesse. L’amour de Dieu, qui est si magnifiquement décrit dans le chapitre suivant, est l’élément essentiel et suprême pour une utilisation des dons qui édifie l’Eglise” (9).

Quand les dons sont utilisés avec la pensée de Dieu, ils peuvent s’épanouir encore davantage et permettre à leurs utilisateurs de devenir formateurs à ceux qui aspirent à ces mêmes dons. A la fin de ce travail nous proposons des pistes de réflexions sur ce sujet.

Le Saint-Esprit nous surprend parfois

En guise de conclusion à cette partie, j’aimerais mentionner le fait que nous connaissons tellement peu du Saint-Esprit et de son ministère. Soyons vigilants! Nous croyons savoir ou connaître, mais, parfois, Dieu ose nous surprendre. Notre connaissance du Saint-Esprit, celui qui donne par excellence, est bien limitée. C’est à Corinthe, là où l’Eglise semblait si charnelle, que Paul et Sosthène ont écrit: “Ainsi donc, il ne vous manque aucun don, dans l'attente où vous êtes de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ” (I Cor. 1:7).

Nous souhaitons qu’il ne manque aucun don parmi le peuple de Dieu. Dans le cadre de la paroisse d’Onex de l’Eglise Evangélique Libre, nous pensons que chacun est appelé par Dieu à exercer le ou les dons qu’il a reçus. C’est pourquoi nous désirons entamer une réflexion afin de permettre à chacun des membres de servir le Seigneur avec compétence.

Les dons-ministères, accordés par Christ

“Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du Corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ” (Eph. 4 :11-13).

Lors d’un exposé sur le rôle de l’Eglise de Jésus-Christ, Gérard Bachke a rappelé l’importance des ministères (10). On les appelle “dons-ministères”, car Jésus les donne à l’Eglise, et l’Eglise se doit de les recevoir. Dire que le ministre n’est qu’un membre comme les autres est erroné puisqu’il est donné par Christ pour l’édification de son Corps. Il est certes un membre comme les autres dans la mesure où il est au bénéfice de la grâce de Dieu tout comme les autres, mais il est avant tout un don pour l’Eglise universelle.

Mais le mot ministère, dans le cadre de l’Eglise, n’est pas synonyme d’intouchable. On a, à tort, associé les ministères à des personnes contre qui l’on ne devrait en aucun cas, émettre un avis défavorable. Le verset “Je n'ai pas voulu porter la main sur l'oint de l'Eternel” (I Sam. 26:23) était parfois utilisé. Un ministre est un serviteur littéralement et non quelqu’un au-dessus de la pyramide. Du reste, Jésus a bien averti ses disciples: “Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur” (Marc 10:43).

Le ministre: un serviteur

Chaque fois que l’on rencontre dans le Nouveau Testament traduit par Louis Segond, le mot ministre, il est possible de le remplacer par serviteur (11). Il s’applique tant aux femmes qu’aux hommes qui servaient le Seigneur. Phoebé, cette sœur de l’Eglise de Cenchrées qui a beaucoup aidé les chrétiens et Paul en particulier (Rom. 16 :1-2), n’est pas moins que Timothée ou Apollos (voir I Cor. 3:5).

Le mot ministère ne relève en rien d’une promotion ecclésiastique. Il se rapporte davantage à une fonction dans le Corps de Christ et à un don qu’il est lui-même. Que l’Eglise ne refuse pas un don que Dieu lui fait. Nous avons besoin de voir quels sont ces dons-ministères au milieu de nous.

Des équipes de serviteurs, selon la stratégie paulinienne

Avant de parler de ministères en équipe, parlons d’abord de vision. En effet, comment une équipe pourrait-elle fonctionner sans une vision? La tradition affirme à plusieurs reprises que les apôtres se sont répartis le monde à évangéliser. Sans négliger ni ces hommes ni leur travail, il nous paraît prépondérant de fixer les regards sur le plus missionnaire des apôtres: Paul. Il avait sur son cœur des objectifs de différentes natures: personnel, urbain, provincial et universel (12).

Dans Actes 16, nous le voyons rendre témoignage de manière personnelle à une femme de Macédoine. Également dans le cœur de l’apôtre était dessinée la pensée de Christ pour les cités de son temps. En dehors de la synagogue dans laquelle il se rendait presque systématiquement, Paul visait à convertir les autorités de la ville. Ces mêmes autorités avaient une influence sur toute la ville dont elles avaient la responsabilité. Un auteur évangélique insiste sur le ministère urbain de l’apôtre en écrivant: “Le rayonnement de l’œuvre de Paul nous fait comprendre comment les villes firent fonction d’amplificateurs du message de l’Evangile, qui progressa de ville en ville partout dans l’Empire romain” (13).

De plus, pour l’apôtre des païens, voir à l’échelon des provinces romaines semblait naturel. En tant que citoyen romain, il pensait Macédoine, Achaïe, Asie, Galatie,… On pense que son souhait était de laisser deux ou trois centres chrétiens dans chacune des provinces romaines. Des petites communautés chrétiennes se fortifièrent et l’Evangile pu progresser de manière puissante dans les terres en dehors des grands centres urbains. Paul se retrouva aussi aux confins de l’Empire, c’est à dire au bout du monde pour l’époque. Il gagna Rome selon son ardent désir de suivre le Christ.

Durant toute la période où Paul travailla à l’exécution de ces visions, une extraordinaire expansion eut lieu pour le christianisme. Ces objectifs atteints, ils ne restaient plus qu’aux Eglises mises en place d’infiltrer les campagnes et les endroits où le Christ n’était pas encore annoncé. Une grande quantité d’Eglises furet fondées avant la persécution de Dioclétien (304 après J.-C.).

Cette présentation de l’apôtre et de sa vision paraît être essentielle. A l’heure actuelle, c’est un défi d’établir des programmes d’évangélisation concrets, des objectifs d’évangélisation clairs que le Saint Esprit nous a mis cœur. Ils permettront cependant une rapide croissance du corps de Christ.

Paul n’aurait jamais pu accomplir tout seul ce qu’il a fait. Il travaillait en équipe et permettait à d’autres de rentrer dans leurs appels respectifs. Lorsqu’il était dans la ville de Rome, il avait “la liberté de recevoir du monde chez lui, et une équipe d’associés travaillait à ses côtés” (14).
Dans Actes 15, Paul et Barnabas sont rejoints par Jude et Silas dont il est dit qu’ils étaient prophètes (v. 32): “Nous avons jugé à propos, après nous être réunis tous ensemble, de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Barnabas et Paul” (Actes 15 :25). Ces derniers ont eu fort à faire car les Pharisiens convertis avaient persuadé un bon nombre de chrétiens de suivre la loi de Moïse. Nos deux porte-parole ont encouragé, fortifié et exhorté l’Eglise selon la pensée de l’Esprit réfutant toute doctrine contraire à celle de la grâce. Ils ont fonctionné en équipe.

“Paul et Barnabas demeurèrent à Antioche, enseignant et annonçant, avec plusieurs autres, la Bonne Nouvelle de la parole du Seigneur” (Actes 15:35).

Il s’agit d’enseigner (didaskô didavskw) et d’annoncer (euaggélidzô eujaggelizw) en équipe la Parole du Seigneur. Enseigner se fait principalement au sein de l’Eglise (mais pas systématiquement), et annoncer la bonne nouvelle se fait (mais pas systématiquement) hors de l’Eglise. Voilà une équipe qui implante et qui bouge. Que Dieu nous fasse la grâce de vivre cela.

Lorsqu’il il y dissentiment…

Dans Actes 15 :36, un problème survient: Paul prend davantage d’indépendance par rapport à Barnabas et désire se rendre de nouveau là où ils avaient annoncé l’Evangile. Les deux sont d’accord. Mais qui prendre dans l’équipe? Jean-Marc (c’est chez lui que se réunissaient les premiers disciples qui attendaient la libération de Pierre Actes 12:12) les avait quitté, bien qu’il fasse partie de la première équipe d’évangélisation (Actes 12 :25). Silas le prophète serait peut-être mieux à même de remplir cette mission.

Il y eut un dissentiment. Le terme en grec a donné le mot paroxysme en français. “Ce dissentiment fut assez vif. Ils décidèrent donc d'œuvrer séparément. Barnabas, avec Marc, s'en alla visiter les Eglises de Chypre, tandis que Paul choisit Silas comme compagnon d'œuvre” (Actes 15:39). La séparation, plutôt que d’affaiblir l’annonce de la Parole, a donné au Seigneur davantage de possibilité de fortifier et d’encourager les Eglises. La séparation serait-elle un des moyens divins pour permettre une annonce plus grande de la Parole? Paul, en effet, aura la possibilité de rencontrer Timothée et d’évangéliser en Europe (Macédoine et Achaïe), suite à cet épisode.

L’équipe paulinienne s’étoffe

Paul a pris avec lui le prophète Silas. Arrivés à Lystre, Timothée, dont les Eglises appréciaient le ministère, se joint à la petite équipe. Une conséquence du ministère en équipe: “Les Eglises se fortifiaient dans la foi, et augmentaient en nombre de jour en jour” (Actes 16 :5). Une des plus belles choses que l’on peut remarquer est que le ministère d’équipe produit immanquablement une croissance en nombre ainsi qu’une force dans la foi. Il s’agit simplement de deux constantes pour une Eglise qui est réveillée: force dans la foi et croissance numérique.

Luc se joint à l’équipe à Troas probablement. Il se trouve que dans ces quelques versets (Actes 15 :6-10), le Saint-Esprit apparaît vraiment comme celui qui dirige la mission: “Empêchés par le Saint-Esprit... L’Esprit de Jésus ne leur permit pas…”. Le Saint-Esprit a conduit cette petite équipe à annoncer la Bonne Nouvelle non pas de manière désordonnée mais selon la mouvance divine. Jésus avait déjà dit aux disciples que la vie de l’Esprit était synonyme d’errance (Jean 3:8), à l’image des Hébreux traversant le désert. Que le Saint-Esprit soit le commanditaire de nos missions!

Fondation de l’Eglise de Philippes

A Philippes, première ville d’un district, l’attitude de l’équipe est intéressante: ils ne se ruent pas sur la synagogue (il n’y en avait pas!) mais ils passent quelques jours à “flâner”, essayant de découvrir cette cité et probablement intercédant pour ses habitants. Tout ministère d’implantation d’Eglise se doit d’être soutenu dans l’intercession. Concernant cela, Michael Griffiths explique: “Il s’est avéré que le soutien financier était beaucoup moins important que l’appui spirituel et moral” (15).

Le premier noyau de l’Eglise de Philippes sera formé de quelques femmes dont Lydie. Ensuite d’autres seront prêtes à propager l’Evangile avec Paul: “J'exhorte Évodie et j'exhorte Syntyche à être d'un même sentiment dans le Seigneur. Et toi aussi, fidèle collègue, oui, je te prie de les aider, elles qui ont combattu pour l'Évangile avec moi, et avec Clément et mes autres compagnons d'œuvre, dont les noms sont dans le livre de vie” (Phil. 4 :2-3). Ce texte nous apprend que l’équipe apostolique ne tardait pas avant de prendre parmi elle, les nouveaux convertis hommes ou femmes. La propagation de l’Evangile n’en était que plus rapide.

Epaphrodite, dont le nom signifie “charmant”, est aussi issu de l'Eglise de Philippes. Paul l’appréciait beaucoup et l'appelle son “frère”, son “compagnon d'œuvre et de combat”. Il fut parmi cette équipe apostolique avec Évodie, Syntyche, le fidèle collègue et Clément (4:2-3).

Ces personnages ont été présents dès le début. Qu’en est-il de la formation sur le terrain des nouveaux convertis au milieu de nous? Il est possible que nous ne les trouvons pas assez ceci ou cela! Mais l’équipe de Paul savait reconnaître quels étaient ceux qui étaient appelés à être apôtres et pouvait rapidement les former. Le même principe de formation immédiate demeure dans l’Eglise de Thessalonique et de Bérée: sitôt convertis, sitôt formés sur le terrain. On pourrait penser qu’un nouveau converti aurait sa place en premier dans une école de disciple ou dans un collège biblique. Mais Paul, imitant son Maître, osa prendre le risque de former des disciples de Jésus.

Paul à Athènes: un ministère en solitaire

C’est volontairement que Paul se présente à Athènes seul. Comme à son habitude, il se rend à la synagogue et parle avec les Juifs et les craignant-Dieu (I Thess. 3 :1). Dans ce centre de la philosophie grecque, la possibilité d’exprimer l’Evangile lui est offerte. Utilisant un autel dédié à un dieu inconnu, il prêche la repentance. Les philosophes le méprisent. Seules quelques personnes sont touchées et se convertissent: “Quelques-uns néanmoins s'attachèrent à lui et crurent, Denys l'aréopagite, une femme nommée Damaris, et d'autres avec eux” (Actes 17:34).

Parfois le Seigneur peut nous demander d’agir seul en certaines circonstances. Mais il ne s’agit pas là de la règle. L’exemple de Paul peut le confirmer dans le cadre d’une équipe de ministères. Quoi qu’il en soit, l’apôtre eut des fruits et il faut se réjouir de tout ministère solitaire portant des fruits (Luc 11:23).

A Corinthe, l’amitié prévaut

Paul, toujours solitaire depuis Athènes, se rend à Corinthe, mégapole de l’époque. Il rencontre de nouveaux amis: un couple juif Priscille et Aquilas. Il nous est dit que Paul se lia d’amitié avec eux. Ce couple sera précieux pour l’annonce de l’Evangile. Jecrois que l’on ne peut parler d’équipe de ministères s’il n’y a pas un minimum de relations agréables entre les membres. Jésus lui-même avait ses proches: Pierre, Jean, Jacques (voir Matt 17:1; Marc 5:37; 9:2; 13:3; 14:33; Luc 8:51; 9:28).

Une équipe ne se conçoit que dans la mesure où un lien d’amitié existe, un lien fraternel fort qui ne pourra être détruit par l’ennemi, un lien qui fait que chaque membre se sent proche de l’autre et complémentaire. Nous nous rappelons d’une expérience merveilleuse que nous avons vécu en tant qu’équipe d’étudiants et étudiantes bibliques. Le défi qui nous était lancé était d’aller évangéliser. Cette région, réputée fermée à l’Evangile, fut durant quelques jours ouverte et nous avons pu réellement être en bénédictions. Jamais nous n’aurions pu avoir des fruits si nous n’avions pas été une équipe: des possibilités d’annoncer l’Evangile comme jamais, des conversions, des guérisons, etc.

A Corinthe, Paul ne peut pleinement évangéliser qu’avec la venue de Silas et Timothée. L’équipe se compose désormais de Priscille, Aquilas, Paul, Silas et Timothée. Il ne se prive pas d’aller chez les Juifs d’abord puis chez les Grecs et il restera un an et demi. Plusieurs autres personnages sont mentionnés: Titius Justus, Crispus et sa famille (mentionnés dans I Cor. 1:14, montrant donc la conversion de ce notable Juif ainsi que tous les membres de sa famille), ainsi que Sosthène (chef de la synagogue de Corinthe). La première épître aux Corinthiens fut écrite conjointement par Paul et Sosthène qui sûrement connaissait bien les Ecritures. Il fut associé à l’équipe et participa à l’évangélisation. Il fut comme Paul, Silas et les autres un itinérant de l’Evangile dans le troisième voyage missionnaire.

Paul à Ephèse (Actes 19:1-12)

Lors de l’évangélisation de cette cité, Paul semble agir seul. En réalité, une foule de collaborateurs fixes ou temporaires, hommes ou femmes, demeurent avec lui. On confond souvent Paul avec un personnage autoritaire et colérique ne laissant rien passer. Or, je crois qu’il était probablement quelqu’un qui permettait aux autres de se lever pour répondre à l’appel du Seigneur. Il n’exerçait non pas une contrainte sur ses collaborateurs, mais son amour envers eux les laissait libres d’exercer leur ministère selon la direction divine.

Il se trouve que Luc a choisi d’écrire la seconde partie des Actes des apôtres centrée sur le personnage de Paul, son livre étant une défense de la foi chrétienne. Mais il aurait pu le faire autour de Barnabas, de Philippe ou d’un tout autre chrétien fructueux, donnant au personnage de Paul une image différente.

Quelques pistes de réflexion

Nous avons, au cours de cet exercice, insisté sur la notion de Corps de Christ et la richesse ainsi que la diversité qu’il représente. Ce travail ne serait pas complet s’il ne mentionnait pas quelques pistes de réflexion.
- Afin de développer les dons personnels au sein des paroisses, nous proposons que, dans la prière, chaque lecteur découvre son ou ses propres dons qu’il notera sur une liste. La soumettant à son responsable spirituel, il pourra proposer les projets qui lui tiennent à cœur.
- La collaboration entre ministères à l’heure actuelle au sein de l’EELG est un défi. Nous sommes persuadés que des projets communs nous permettront de mieux la réaliser. Dieu est en train de tisser des liens dans le Corps de Christ universel afin que son royaume progresse. Allons de l’avant dans ce domaine!
- Aux personnes ayant un appel de responsable (c’est-à-dire veiller sur le troupeau), nous proposons qu’elles fassent l’inventaire des qualités qu’elles ont et de celles qu’elles n’ont pas. La notion de plaisir est prépondérante. Remettant les choses dans la prière, nous pourrons demander au Seigneur qu’il nous indique de quelle manière nous avons à procéder afin que d’autres membres puissent rentrer dans ce ministère. L’Esprit saint nous permettra de connaître les dons parmi les membres de l’Eglise et, par la suite, de les reconnaître.
- Enfin, nous proposons à chaque conseil de paroisse de lire et étudier le livre suivant: Le Développement de l’Eglise, une approche originale et réaliste, Schwarz Christian A., Editions Empreinte, 1996.

A l’Eglise Evangélique Libre, nous lançons ce défi de penser équipe de ministères et implantations d’Eglises à l’aube du prochain millénaire. Nous croyons que Dieu possède un peuple nombreux dans cette région genevoise.
Que Dieu bénisse son Eglise!
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Pharos : un phare qui éclaire dans le noir et qui guide à bont port. Gloire au seigneur Jésus notre lumière.
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08/03/2007 07:52:31
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