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PARLE-MOI DE JÉSUS Index du Forum LA BIBLIOTHÈQUE DU FORUM (études) AU COEUR DE LA DÎME
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16/10/2006 18:12:28
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Pierre Sabourin
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Sujet du message: AU COEUR DE LA DÎME
Dîme et offrandes

DIME ET OFFRANDE
Printemps 1998
Paroisse de la Rive-Droite
Marc-Henri Sandoz

La source : http://www.ekklesia.ch/eelg/debats/theo8.html

Chapitre 1


DIME ET OFFRANDE DANS L'ANCIEN TESTAMENT


Dans les trois chapitre de ce texte, mon but est de vous présenter comment le peuple de Dieu a pratiqué l'offrande de ses biens à Dieu, dans l'Ancien et le Nouveau Testament, puis de voir quelles conséquences et quelles application pratiques nous pouvons en tirer pour nous aujourd'hui.

Je vous invite à lire le cours en entier avant de tirer des conclusions définitives : ce que Dieu a demandé à son peuple avant la venue de Jésus (sous l'ancienne alliance) était l'ombre, l'image, la préparation de ce que nous sommes appelés à vivre aujourd'hui. Il y a un bel enseignement à en tirer, c'est le but du premier chapitre, mais on ne peut pas l'appliquer sans autre car la nouvelle alliance va plus loin que l'ancienne. A cause de la mort et de la résurrection de Jésus notre position devant Dieu a changé. L'Ancien Testament est là pour nous aider à comprendre le plan de Dieu et la venue de Jésus. Il contient pour nous des richesses incalculables, mais la loi qui a été donnée à Moïse ne doit plus nous asservir, car en Jésus-Christ elle a été remplacée par quelque chose de bien meilleur qui touche tous les domaines de nos vies, y compris l'offrande de nos biens.

AVANT LA LOI

Les deux premiers exemples où l'on voit un homme donner la dîme (c'est-à-dire le dixième de ses biens) se touvent dans la Genèse. Il s'agit de Genèse 14,1-20 où Abraham, après avoir remporté une grande victoire sur des rois qui avaient capturé son neveu, rencontre un personnage mystérieux : son nom est Melschisédek, roi de justice, roi de paix et sacrificateur du Dieu Très-Haut. Abraham voit en lui un représentant de Dieu et lui donne "la dîme de tout" (apparemment du butin qu'il a pris aux rois vaincus, ou alors de tout ce qu'il possède).

L'autre texte est Genèse 28,10-22 où Jacob, qui vient de fuir sa famille par crainte de son frère reçoit pendant la nuit une révélation de Dieu, suite à laquelle il fait le voeu, si Dieu l'aide et le protège, de le servir et de lui donner la dîme de tout ce qu'Il lui donnera.

Dans ces deux textes la dîme n'est pas un commandement : ce n'est pas Dieu qui le demande ni à Abraham ni à Jacob. Dieu se révèle à eux, leur montre qu'Il prend soin d'eux (en rendant Abraham victorieux de ses ennemis et par la vision qu'Il donne à Jacob) et fait alliance avec eux. Pour Abraham comme pour Jacob la dîme qu'ils donnent ou s'engagent à donner est une réponse spontanée et libre à cette bienveillance de Dieu envers eux dont ils prennent conscience. Leur dîme exprime leur confiance et leur reconnaissance à Dieu qui promet de veiller sur eux. La dîme n'est par contre ni un besoin ni une demande de Dieu.

LA LOI

Sur le mont Sinaï, après l'avoir délivré de l'esclavage en Egypte, Dieu conclut une alliance avec Israël : c'est là qu'il établit la loi pour dire à son peuple comment il doit se conduire s'il veut respecter cette alliance. La dîme fait partie de cette loi, à laquelle le peuple sera tenu d'obéir. Voici les textes principaux où figure ce commandement :

- Lévitique 27, 30-34

v. 30 : "Toute dîme des produits de la terre, soit des semences de la terre, soit du fruit des arbres, appartient à l'Eternel, c'est une chose consacrée à l'Eternel".

Dans ce passage la dîme est un commandement. Elle appartient à Dieu : Israël ne donne pas quelque chose à Dieu en lui donnant une dîme, mais lui rend ce qui lui appartient déjà.

- Nombres 18

Cette dîme qui lui appartient, Dieu ne veut ni la stocker ni la consommer pour lui-même; Il la réinvestit en faveur de son peuple :

v. 21 "Je (Dieu) donne comme héritage aux fils de Lévi toute dîme en Israël, en échange du service qu'ils font, le service de la tente de la Rencontre".

Le service de la tente de la Rencontre, c'est le fondement de la communion avec Dieu dans l'ancienne alliance, le lieu où Dieu et son peuple se rencontrent. Les Lévites eux-mêmes (une des douze tribus d'Israël) appartiennent à Dieu, et Il les donne eux-aussi pour le service de cette tente.

Ce passage nous montre quelque chose de très important : ce que Dieu nous demande, ce qui lui appartient, Il le destine à un but, Il l'investit dans la communion avec nous.

C'est cela qui l'intéresse lorsqu'Il met en place avec tant de soins le fonctionnement du temple et des Lévites.

- Deutéronome 14, 22-29

Ces versets précisent encore comment la dîme doit être prélevée : chaque année les familles viendront au temple avec leur dîme et la mangeront ensemble en la partageant avec les Lévites. Tous les trois ans ils feront la même chose dans leur village, en partageant aussi avec les pauvres et les déshérités. La dîme est donc une occasion de faire la fête en famille :

v. 26 : "Là, tu échangeras l'argent contre tout ce que tu désireras, gros et menu bétail, vin et liqueurs, tout ce qui te fera plaisir, tu mangeras là devant l'Eternel, ton Dieu, et tu te réjouiras, toi et ta famille."
Elle est aussi une occasion de partage :
v. 29 : "Alors viendront le Lévite, qui n'a ni part ni héritage avec toi, l'immigrant, l'orphelin et la veuve qui résideront avec toi : ils mangeront et se rassasieront".
Vécue ainsi, elle est associée à la bénédiction de Dieu :
v. 29 : "Afin que l'Eternel ton Dieu te bénisse dans toute l'oeuvre que tu entreprendras de tes mains".
Elle a enfin une valeur pédagogique, pour enseigner à Israël la crainte de Dieu : v.23
La manière de percevoir la dîme a évolué au cours de l'histoire. Plus tard elle a été stockée dans le temple et sa distribution a été organisée plus précisément pour les Lévites en fonction de leur service.
En plus de la dîme, il est fait mention à quelques reprises d'offrandes spéciales destinées à construire le temple (Exode 35,1 à 36,7) et d'un impôt destiné à l'entretenir (Exode 39,11ss, 2 Chroniques 24).

COMMENT LE PEUPLE L'A-T-IL VECU ?

Dans l'histoire d'Israël il y a peu de périodes où l'attitude du peuple face aux dîmes et aux offrandes ait correspondu aux attentes de Dieu. Leur désobéissance, selon les périodes, s'est manifestée de deux manières :

1) Par une fidélité extérieure alors que leur coeur était loin de Dieu : c'est par exemple ce qu'a dénoncé Amos le prophète dans ces mots : "Allez à Béthel (un des sanctuaires d'Israël) et péchez ! Allez à Guilgal et péchez d'avantage ! Offrez vos sacrifices le matin et vos dîmes tous les trois ans... car c'est là ce que vous aimez fils d'Israël" (Amos 4,4-5).

Même leur dîmes, leurs sacrifices, leurs prières, Dieu les appelle péché car Il voit leurs coeurs éloignés de lui et fermés.

2) Par une négligence de la dîme et des offrandes : ce qui avait eu pour conséquence que le temple était petit à petit déserté : il n'y avait plus de Lévites disponibles pour le service du temple ni pour l'enseignement de la Parole de Dieu, puisque la dîme était leur seule source de revenus. Néhémie 13,10-12 et Malachie 3,7-12 décrivent une telle situation.
Chaque période de renouveau spirituel en Israël a été accompagnée par une restauration du service du temple, ce qui a impliqué une restauration de la dîme (pour la nourriture et le salaire des Lévites) et des offrandes (pour l'entretien du temple).

On peut dire que le sens de la dîme et des offrandes dans l'Ancien Testament est le suivant : elles expriment l'importance que le peuple accorde à la communion avec Dieu car elles sont nécessaires pour le fonctionnement et l'entretien du temple qui est le lieu de cette communion. Dieu accorde une grande importance à cette communion, Il la désire et la demande, Il en donne les moyens et Il y investit ce qui lui appartient. Il attend que le peuple prenne cela au sérieux.
Nous verrons dans le chapitre suivant ce qui change par rapport à cette pratique de la dîme et des offrandes avec la venue de Jésus. Mais une chose qui ressort de ce parcours dans l'Ancien Testament, c'est cette importance de la communion avec Dieu, qui implique une certaine attitude aussi vis-à-vis de nos biens matériels : le spirituel et le matériel ne sont pas séparés. Notre rapport avec nos biens et nos finances exprime (entre autres) l'importance que nous accordons à notre relation avec Dieu.
Donner la dîme, pour Israël, exprimait aussi la confiance que le peuple pouvait avoir en Dieu qui s'était engagé à veiller sur eux, à pourvoir à leurs besoins et à les faire prospérer.

Chapitre 2 -
DIME ET OFFRANDE DANS LA NOUVELLE ALLIANCE


Hébreux 10,1 : "La loi juive n'est pas la représentation exacte des réalités ; elle n'est que l'ombre des biens à venir. Elle est tout à fait incapable de rendre parfaits ceux qui s'approchent de Dieu".

En ce qui concerne la dîme comme dans tous les domaines, on ne peut pas prendre les lois et les enseignements de l'Ancien Testament et les appliquer tels quels à notre situation présente : ils ont une valeur car ils ont été écrits "pour notre instruction" (Romains 15,4), mais ils ne contiennent que "l'ombre" de ce que nous sommes appelés à vivre en Christ, non "la représentation exacte". Il y a donc un passage nécessaire que nous devons faire si nous voulons vraiment comprendre ce que Dieu nous dit dans les récits et les commandements de l'Ancien Testament, et de quelles vérités spirituelles ils sont l'image. Sans cela nous sommes guettés par la confusion et par le légalisme, même si nous vivons des choses belles et encourageantes à certains égards. C'est de cela dont nous allons parler dans ce deuxième chapitre.

LA VENUE DE JESUS

Jésus est notre clé pour faire ce passage de l'ancienne alliance à la nouvelle : l'Ancien Testament est tout entier orienté vers Lui. Il nous raconte comment Dieu s'est progressivement révélé aux hommes dans le but de le faire pleinement dans la personne de Jésus-Christ. Jésus est venu accomplir l'ancienne alliance, Il l'a terminée et l'a conclue, Il l'a couronnée, Il en a révélé le sens profond. En même temps Il l'a dépassée en établissant et en inaugurant l'alliance nouvelle, fondée sur Lui et en premier lieu dans sa mort et sa résurrection qui révèlent la profondeur de l'amour de Dieu.

En ce qui concerne la dîme et les offrandes de l'Ancien Testament, c'est aussi en passant par Jésus que nous comprendrons pleinement ce que Dieu nous dit aujourd'hui à travers les récits et les commandements que nous avons étudiés dans le chapitre 1.

Au moment de la naissance et du ministère public de Jésus, les pharisiens avaient à coeur la restauration du peuple d'Israël par le moyen d'une observation stricte de la loi. Cela concernait aussi la dîme et les offrandes qu'ils pratiquaient scrupuleusement.

C'est à ce sujet que Jésus va parler de la dîme :

Lisez Luc 11,37-42

La première chose à relever c'est que nous venons de lire le seul texte du Nouveau Testament qui parle directement de la dîme (il y a encore le texte parallèle de Matthieu, la parabole du pharisien et du péager en Luc 18,9-14 où la dîme fait partie de la propre justice du pharisien que Jésus condamne, et Hébreux 7,1-10 qui ne veut pas enseigner sur la dîme mais qui montre seulement que Melchisédek était une préfiguration de Jésus). Dans ce texte, Jésus parle de la dîme seulement pour critiquer les Pharisiens : leur pratique scrupuleuse de la dîme les rassure et leur donne bonne conscience, mais Jésus leur montre qu'ils passent complètement à côté de l'essentiel. La priorité n'est pas dans des pratiques, même justes, mais dans le coeur. Jésus leur rappelle ce qui est important pour Dieu : un coeur juste et aimant d'où sortent des actions justes et aimantes. Ainsi Jésus les appelle à donner "du fond du coeur" (v.41) ou littéralement à donner "ce qui est dedans" et non pas à donner conformément à la loi pour se rassurer sur "ce qui est dedans" ou pour cacher "le fond du coeur". Ceci dit, Jésus ne les critique pas de donner la dîme, mais de la manière dont ils la donnent.

Par opposition, dans Marc 12,41-44, Jésus honore grandement le don minuscule de la veuve (il s'agissait d'une offrande destinée à l'entretien du temple) car il exprime "ce qui est dedans" : un coeur consacré à Dieu qui veut se donner tout entier. C'est pour cela qu'elle a cette liberté de donner "de son nécessaire, tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre" (v.44).

Jésus met en évidence la caractéristique de la nouvelle alliance : elle ne s'intéresse pas seulement au comportement, elle vise le coeur. C'est ce que le prophète Jérémie avait déjà annoncé des siècles auparavant :

Jérémie 31,33 : "Mais voici l'alliance que je conclurai avec la maison d'Israël, après ces jours-là, oracle de l'Eternel, je mettrai ma loi au-dedans d'eux, je l'écrirai sur leur coeur, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple".

APRES LA RESURRECTION DE JESUS

Dans tout le reste du Nouveau Testament, depuis les actes jusque dans l'Apocalypse, il n'est plus jamais fait mention de la dîme (si ce n'est dans le texte de Hébreux 7 déjà cité qui concerne un tout autre sujet et n'utilise la dîme que comme illustration). Pourtant les auteurs du Nouveau Testament, et Paul en particulier, ne sont pas timides pour parler d'argent ni pour inviter les chrétiens à en donner. Mais ils ne le font jamais en suggérant que les chrétiens de la nouvelle alliance devraient pratiquer la dîme telle qu'elle est ordonnée dans l'Ancien Testament.

Par exemple, dans Galates 6,6-8 Paul rappelle assez sévèrement à ses destinataires qu'il est normal qu'ils destinent "une part de tous leurs biens" pour assurer le salaire de ceux qui leur enseignent la parole de Dieu.

Dans 1 Corinthiens 9,13-14 il reprend une parole de Jésus (Luc 10,7) pour montrer qu'il est nécessaire que les chrétiens pourvoient aux besoins de ceux qui consacrent tout leur temps à annoncer l'Evangile. Lisez aussi 1 Timothée 5,17-18 à ce sujet.

Dans 2 Corinthiens 11,8-9 on le voit recevoir le soutien financier d'une Eglise en vue d'un travail missionnaire dans une autre région.

2 Corinthiens 8 et 9 sont les chapitres les plus importants que Paul ait écrit à ce sujet : ces deux chapitres sont tout entiers consacrés à un appel financier aux chrétiens de Corinthe. On y trouve plusieurs principes très importants :
Ch. 8,1-5 : Paul parle de la "libéralité" (ou générosité) des Eglises de Macédoine pour une offrande qu'il leur demandait. Il utilise des mots très forts : cette "libéralité" est une manifestation de la grâce de Dieu dans ces Eglises, malgré leur pauvreté et leurs épreuves. Elle est associée à une "joie débordante". Je crois que cette "libéralité" ou générosité, produite par l'oeuvre de la grâce de Dieu et accompagnée de joie, c'est ce que Dieu veut pour son peuple dans la nouvelle alliance : c'est la réalité au niveau du coeur qui accomplit et qui remplace les lois de l'Ancien Testament sur la dîme et les offrandes. C'est la loi sur la dîme et les offrandes écrite dans les coeurs. C'est pour cela que Paul ne parle jamais de dîme : il ne veut pas se contenter de l'ombre (la dîme), il veut la réalité que l'ombre annonçait : une joyeuse générosité produite par le travail de la grâce dans les coeurs.

Ch. 8,13-15 invite les corinthiens à respecter "une règle d'égalité". Dieu ne trouve pas de plaisir particulier à nous voir nous mettre dans la détresse financière : ce qu'il désire c'est un partage où l'abondance des uns pourvoit aux besoins des autres, dans un cadre de confiance en Dieu, d'amour et de générosité.

Ch. 9,6-8 rappelle l'attitude de Abraham et Jacob (avant la loi) qui ont spontanément donné la dîme pour répondre à la promesse que Dieu leur faisait de pourvoir à leurs besoins. Dans ces versets aussi Paul met en évidence un don libre et joyeux qui exprime la confiance et la reconnaissance envers un Dieu généreux qui pourvoit aux besoins de ses enfants.

Ch. 9,11-15 : il conclut en montrant que cette libéralité du coeur, qui repose sur la grâce et la générosité de Dieu, produit un fruit spirituel : des actions de grâce, de la prière, un échange d'amour entre frères et soeurs, de la louange envers Dieu.

Cette libéralité présentée dans 2 Corinthiens 8-9 est la réalité spirituelle que nous sommes appelés à vivre en Christ, et dont les lois de l'Ancien Testament sur la dîme et les offrandes étaient l'ombre.


Nous entrerons dans des considération plus pratiques dans le chapitre suivant.

VERSET CLEF

2 Corinthiens 8,9 : "Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ qui pour vous s'est fait pauvre de riche qu'Il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis".

Chapitre 3 -
APPLICATIONS AUJOURD'HUI


Dans ce chapitre nous allons faire le bilan de notre étude sur la dîme et l'offrande dans l'ancienne et la nouvelle alliance pour en tirer des applications pour notre pratique aujourd'hui.

Comme nous l'avons vu, le passage de l'ancienne à la nouvelle alliance n'est pas évident. On ne peut pas décider simplement de suivre l'Ancien Testament à la lettre. J'ai entendu des enseignements qui allaient dans ce sens : après avoir fait une étude du même type que celle que vous avez lue dans le chapitre 1 ils retiennent par exemple les deux principes suivants : la dîme dans l'ancienne alliance était destinée aux Lévites, l'offrande à l'entretien du Temple. La conclusion est que nous devrions destiner notre dîme aux ministères (pasteurs, évangélistes, prophètes, etc. qui seraient les Lévites de la nouvelles alliance) et nos offrandes aux locaux (loyers, entretien, construction). D'autres enseignements moins radicaux vont plutôt mettre l'accent sur la nécessité de donner la dîme à l'église locale (mise en parallèle avec le Temple et les Lévites) et les offrandes à notre convenance (mission, oeuvres paraecclésiastiques, etc.). Ces enseignements soulignent souvent la nécessité d'une comptabilité rigoureuse quant à la dîme, et la bénédiction qui est liée à cette obéissance (sans parler des malédictions qui seraient liées à la désobéissance).

Pourtant de tels enseignements restent dans l'esprit de l'ancienne alliance : ils n'ont pas vraiment fait le passage de la loi à la grâce, et toujours ils se retrouvent coincés dans des contradictions. Un exemple : dans la nouvelle alliance c'est nous tous, les chrétiens, qui formons le Temple de Dieu. C'est aussi nous tous qui sommes ensemble les Lévites de la nouvelle alliance ("un royaume, des sacrificateurs" Apo. 1,6). Il est donc impossible de dire que depuis la venue de Jésus, le Temple corresponde aux bâtiments d'églises et les Lévites aux ministères salariés.

Une autre contradiction plus fondamentale se trouve dans les arguments utilisés pour justifier la nécessité de continuer à donner la dîme dans la nouvelle alliance : on entend souvent dire que cette pratique reste valable parce qu'elle a été instituée avant la loi (cf. Abraham) et donc n'a pas été abolie par la mort de Jésus sur la croix. Mais on peut utiliser le même argument au sujet de la circoncision, qui elle-aussi a été instituée avant la loi et à laquelle les textes bibliques accordent bien plus d'importance qu'à la dîme. Pourtant nous ne nous faisons plus circoncire pour entrer dans le peuple de Dieu, et Paul a même déclaré que si nous le faisions nous nous remettions sous le joug de la loi. Notre circoncision, dans la nouvelle alliance, se passe au niveau du coeur, par le travail du Saint-Esprit en nous, et cela annule le commandement qui visait la pratique extérieure. Il en est de même pour le commandement de la dîme : il est aboli et en même temps pleinement accompli pour nous quand le Saint-Esprit produit en nous la libéralité, cette générosité libre et joyeuse produite par l'oeuvre de la grâce dans notre coeur. C'est ainsi que nous pouvons vivre le principe éternel qui était annoncé dans l'Ancien Testament et qui s'est accompli dans la venue de Jésus.

Je suis sûr que ce que je vous dis là n'est pas facile à accepter pour tous. Pour vous aider dans toutes les réflexions que cette étude suscite je voudrais répondre à quelques unes des questions que cela m'a posé à moi-même. C'est ainsi que nous terminerons cette étude.

QU'EST-CE QUI EST IMPORTANT AUX YEUX DE DIEU ?

Ce que Dieu vise c'est le coeur, et ce qu'Il désire y trouver dans le domaine de notre relation à l'argent, c'est cette libéralité dont Paul parle. Cette libéralité est associée à trois attitudes fondamentales de nos coeurs devant Dieu :

- la confiance en Celui qui veille sur nous et pourvoit généreusement à nos besoins, non parce que nous suivons scrupuleusement les règles qu'Il nous fixe, mais parce qu'Il nous aime.

- l'amour pour Dieu, pour notre prochain, pour l'Eglise et l'oeuvre de Dieu. Cet amour est la motivation qui nous pousse à donner.

- la liberté : nous savons que l'oeuvre de Jésus-Christ nous a libérés de la loi, de la peur, du péché et de la chair. "Là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté" (2 Cor. 3,17). Nous n'avons pas besoin de règlement pour donner, ni de nous laisser diriger par la peur. Nous pouvons apprendre à faire confiance à notre coeur au fur et à
mesure que nous marchons avec Dieu et que son oeuvre se fait en nous. Cette liberté nous rend capables d'être responsables et de suivre les inspirations de l'Esprit en nous, en utilisant ce que Dieu nous a donné : nos désirs, notre réflexion, notre bon sens, notre sensibilité, etc. Par opposition, nous sommes toujours tentés de nous réfugier dans une pratique légaliste qui nous évite d'exercer notre liberté, nous sécurise mais ne touche pas le fond de nos coeurs. Dans ce sens une pratique scrupuleuse de la dîme peut tout à fait être pour certains une défense qui cache des choses que Dieu voudrait toucher au fond de nos coeurs, que ce soit la peur de manquer, l'égoïsme, l'amour de l'argent, la dureté, la culpabilité, la peur de la responsabilité. Il est bien plus important pour Dieu de nous voir faire face à ces attitudes que de nous voir donner notre dîme.

COMMENT L'EGLISE LOCALE VA-T-ELLE "TOURNER" FINANCIE-REMENT SI ON NE DONNE PLUS LA DÎME ?

C'est dans une question comme celle-là que la pratique légaliste doit laisser place à la responsabilité. Nous avons vu dans le chapitre 2 combien Paul est libre par rapport à l'argent : il en demande pour lui ou pour d'autres, il souligne que les chrétiens doivent subvenir aux besoins de ceux qui leur enseignent la Parole de Dieu (cf. Gal. 6,6 entre autres), il montre l'importance de l'Eglise locale et des ministères que Dieu lui donne pour l'édifier (Eph. 4 par exemple).

Dieu désire partager avec nous ce qui est important pour Lui : Il a envoyé le Saint-Esprit sur la terre pour continuer à construire l'Eglise dont Il a posé les fondations. Il nous associe à cette oeuvre et nous y confie une responsabilité, et cela est aussi vrai sur le plan financier. Dans ce sens notre question ne devrait pas être : "est-ce que je donne ma dîme ?" mais plutôt : "est-ce que l'Eglise locale dont je fais partie dispose des moyens d'accomplir sa mission et de se développer ?" et : "ma participation (pas seulement financière !) correspond-elle à ce que l'Esprit met sur mon coeur et à la réalité des besoins de ma communauté ?" En d'autres termes : "L'oeuvre de Dieu a-t-elle de l'importance pour moi ?".

Est-il illusoire d'espérer que l'oeuvre de la grâce dans les coeurs produise une générosité plus joyeuse, plus libre et plus abondante que le sentiment plus ou moins inscrit en nous de l'obligation de donner notre dîme ? Je ne le crois pas ! Dieu veut nous faire aimer son oeuvre et nous donner la joie de nous y associer de toutes sortes de manières.

COMMENT SAVOIR SI JE DONNE ASSEZ ET OU VAIS-JE M'ARRETER ?
COMMENT SAVOIR SI JE SUIS LIBRE PAR RAPPORT A L'ARGENT ?


La loi nous rassure car elle nous met des barrières de protection, mais le Seigneur veut nous apprendre à vivre notre liberté. Notre rapport avec l'argent est souvent très révélateur : autant il y a des gens pour qui il est très difficile de donner, pour toutes sortes de raison, autant il y en a d'autres qui ne supportent pas d'avoir et qui se soulagent de leurs fausses culpabilités en donnant à tort et à travers. Dieu veut nous rendre libre par rapport à l'argent : libre d'en avoir, d'en gagner, d'en économiser, de l'investir, mais libre aussi d'en donner, voire de bien vivre même dans le manque. Cette liberté nous rend responsables de bien gérer ce que Dieu nous donne, dans la perspective de son Royaume, elle nous invite à nous élargir et à devenir réellement adultes. Dans ce sens je vous propose la citation suivante (tirée de R. Foster : "l'argent, la sexualité et le pouvoir", éd. Vida, p. 47-49) :
"Si le fait de donner doit jouer un rôle important dans l'expérience chrétienne, la maîtrise et l'utilisation de l'argent doivent en jouer un plus grand encore. Les croyants qui ont reçu un bon enseignement et qui sont disciplinés peuvent alors avoir des biens sans se laisser corrompre. Ils peuvent également les utiliser pour les plus grands desseins du royaume de Dieu.

La vérité est que le dépouillement total est d'ordinaire un moyen très peu efficace pour aider les pauvres. Il est certainement très inférieur à la bonne gestion et à l'usage de ses propres ressources. Il vaut mieux disposer de biens et de ressources, par le moyen de gens qui sont disciplinés et bien informés et qui ont adopté une conception chrétienne du monde, plutôt que d'abandonner ces biens à ceux qui servent Mamon !".

Et un peu plus loin :

"Les croyants peuvent et doivent être appelés à occuper des positions en relation avec le pouvoir, la richesse et l'influence. Exercer des responsabilités dans le domaine du gouvernement, de l'éducation et des affaires est une vocation spirituelle. Certains sont appelés à gagner de l'argent - beaucoup d'argent - pour la gloire de Dieu et le bien de la société. D'autres sont appelés à occuper des positions où ils exerceront un grand pouvoir et d'importantes responsabilités, pour le même but. Les banques, les grands magasins, les usines, les écoles et de nombreuses autres institutions ont besoin de l'influence que peuvent exercer la compassion et la pensée chrétienne.

Cependant, comme je l'ai fait remarquer précédemment, tout ceci doit se faire dans le contexte d'un peuple qui "a reçu un bon enseignement et qui est discipliné". Nous devons apprendre comment posséder l'argent sans nous laisser posséder par son pouvoir. Nous avons besoin d'aide afin d'apprendre à posséder les choses sans les chérir comme un trésor. Nous avons besoin de la discipline qui nous permettra de vivre simplement tout en gérant de grandes richesses et en exerçant un grand pouvoir".
Dans le sens de la liberté et de la responsabilité, l'oeuvre de l'Esprit en nous peut tout autant aller dans le sens de nous apprendre à donner plus plutôt qu'à donner moins. Ce qu'Il veut, c'est nous rendre capables de gérer ce qu'Il nous confie, en considérant ce qu'Il a mis dans nos coeurs, dans la perspective de son Royaume, en nous libérant de nos contraintes intérieures, de nos interdits, de nos restrictions. La loi nous rassure, mais elle fige les choses : elle nous permet de ne pas évoluer, de rester immatures. Dieu veut conduire ses fils et ses filles dans la croissance, la liberté, la responsabilité : cela, c'est l'oeuvre de la grâce.

PUIS-JE QUAND-MEME DONNER LA DIME ?

Ce n'est pas de donner la dîme qui est mauvais, c'est d'en faire une loi, car cela va tôt ou tard nous conduire à un endurcissement ou à un rétrécissement par rapport à ce que Dieu voudrait faire au fond de nos coeurs. Jésus a critiqué les pharisiens non de ce qu'ils donnaient la dîme, mais de la manière dont ils la donnaient. Alors attention à la dîme pharisienne : elle est irréprochable quant à la forme mais elle cache le fond. Elle est triste et stérile et elle produit la propre justice, la corruption et la mort spirituelle.

Donnez la dîme ou ne la donnez pas ! Donnez plus ou donnez moins ! Ce que Dieu veut c'est que vous grandissiez dans la libéralité au fond de vos coeurs, avec la liberté et la responsabilité qui l'accompagnent, avec la confiance et la reconnaissance, avec l'amour pour Dieu, pour ce qu'Il aime, pour son Eglise. Ce que Dieu veut c'est que vous affrontiez ce qui en vous s'oppose à cette libéralité produite par sa grâce : peur de manquer, égoïsme, amour de l'argent, dureté, culpabilité, peur de la responsabilité, etc.

Cherchez, trouvez et explorez la liberté que Dieu vous donne, c'est là que l'Esprit veut vous conduire ! Le fruit sera bon.

POURQUOI Y A-T-IL DES GENS BENIS PAR DIEU EN DONNANT LA DIME ?

Nous avons probablement tous entendu des enseignements ou des témoignages présentant comment des personnes ont été bénies en commençant à donner leur dîme. Comment faut-il comprendre cela ?

Ce que Dieu veut, nous l'avons bien vu, c'est que la libéralité progresse dans le coeur de ses enfants. Dans ce sens le fait de commencer à donner sa dîme peut être et est très souvent l'occasion d'une grande victoire sur l'égoïsme, l'avarice, la peur de manquer, etc. C'est un acte qui peut montrer un grand progrès de la libéralité dans un coeur et révéler une authentique action du Saint-Esprit. Il existe une grande satisfaction à vivre de tels progrès, et Dieu aime encourager chacun de nos pas qui vont dans le sens de l'obéissance, de la confiance et de la sainteté. Mais l'enseignement donné par l'Eglise doit aller plus loin que la dîme et souligner que le vrai but de Dieu c'est d'écrire sa loi dans nos coeurs et de nous conduire dans la liberté de sa grâce (sur le plan financier : la libéralité). Sans cela de tels actes d'obéissance qui peuvent marquer une étape importante dans le cheminement spirituel d'une personne risquent à plus ou moins long terme de se figer dans une pratique plus ou moins légaliste qui va empêcher cette personne de continuer à grandir sous la conduite du Saint-Esprit.
Un enseignement légaliste, même soutenu par de beaux et authentiques témoignages, finira tôt ou tard par se mettre en travers de l'oeuvre de la grâce. Dieu veut nous conduire plus loin que là où nous en sommes, et cela s'applique aussi à notre rapport avec notre argent et nos moyens financiers.

VERSET-CLEF

2 Corinthiens 9,7 : "Que chacun donne comme il l'a résolu en son coeur, sans tristesse ni contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie".



(cours pour les Groupes de maison de la paroisse de la Rive Droite, ©Marc-Henri Sandoz 1998)
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Pharos : un phare qui éclaire dans le noir et qui guide à bont port. Gloire au seigneur Jésus notre lumière.
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16/10/2006 18:12:28
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17/10/2006 19:02:17
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Christian
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Sujet du message: AU COEUR DE LA DÎME
Bonsoir,

Trés intéressant qui me conforte dans ce que j'avais reçu sur ce sujet et dont je partage avec des frères et soeurs dans la mesure du possible.

Bien fraternellement en Christ
_________________
Christian.

Celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur.
Proverbes 16/20;

Déchargez-vous sur Lui de tous vos soucis car Lui-même prend soin de vous.
1 Pierre 5/7
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17/11/2017 23:41:40
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Sujet du message: AU COEUR DE LA DÎME
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