PARLE-MOI DE JÉSUS Index du Forum
PARLE-MOI DE JÉSUS
Connaître Jésus et se faire connaître en Jésus. Une simple communion fraternelle inspirée de l'Esprit.
FAQ Rechercher Membres Groupes S’enregistrer Connexion
PARLE-MOI DE JÉSUS Index du Forum
PARLE-MOI DE JÉSUS Index du Forum LA BIBLIOTHÈQUE
PARLE-MOI DE JÉSUS Index du Forum LA BIBLIOTHÈQUE DU FORUM (prophétie, article et nouvelle) LE MONDE EN FEU (PREMIÈRE PARTIE)
Sujet précédent :: Sujet suivant
Poster un nouveau sujet     Répondre au sujet
30/07/2006 13:18:30
Auteur Message
Pierre Sabourin
Votre hôte

Inscrit le: 26 Oct 2005
Messages: 253
Localisation: Stoneham, Québec, Canada
Répondre en citant
Sujet du message: LE MONDE EN FEU (PREMIÈRE PARTIE)
LE MONDE EN FEU (partie 1A)

LE RÉVEIL DU PAYS DE GALLES (par Rick Joyner)

I. FONDEMENT POUR LE RÉVEIL

LE FEU S'ALLUME

En 1904, il éclatait l'un des plus grands réveils de l'histoire au Pays de Galles, petit pays des Iles Britanniques. Il y a eu au cours de l'histoire quelques réveils spirituels qui ont embrasé notre planète et touché des millions de gens, mais l'on peut affirmer qu'aucun d'eux n'a connu l'accumulation de puissance et l'impact du réveil au Pays de Galles. On aurait dit que le Seigneur avait jeté les yeux sur le Pays de Galles et déclarés : « Je vais montrer à l'Église et au monde ce que Je peux faire avec une simple poignée de fidèles qui se soumettront à Moi. » Cette démonstration a eu pour effet d'envoyer des ondes de choc qui continuent à susciter conviction et espérance dans le coeur de tous ceux qui en entendent l'histoire.

Evan Roberts fut l'évangéliste le plus populaire du réveil au Pays de Galles. C'est aussi l'un des personnages les plus énigmatiques de l'histoire de l'Église. Roberts ne fut pas un puissant meneur d'hommes. Il n'a pas apporté de doctrines nouvelles; on ne le considérait même pas comme un bon prédicateur. Il a donné un bel exemple de disciple zélé du Seigneur, qui a encouragé l'Église à faire bon accueil au Saint-Esprit. Plus nous sommes soumis au Saint-Esprit, plus Il nous utilise, comme l'attestent è la fois l'Écriture et l'histoire. Evan Roberts doit être considéré comme l'un des plus beaux modèles d'instruments soumis au Saint-Esprit.

Au moment où la nouvelle du réveil au Pays de Galles s'est répandue à travers le monde, quelques-uns des grands prédicateurs et leaders spirituels de l'époque sont venus pour se rendre compte de la chose. Certains en ont parlé comme d'une « Pentecôte plus grande que la Pentecôte ». Bon nombre de ces leaders sont arrivés avec l'idée qu'ils pourraient assurer la direction et prendre la responsabilité de ce nouveau mouvement. Ils s'inquiétaient de voir qu'un si grand réveil avait à sa tête des adolescents, voire des enfants. Evan Roberts n'avait guère plus de vingt-cinq ans, et la plupart des évangélistes et des artisans du réveil étaient en fait des adolescents et des enfants. Mais lorsque ces grands prédicateurs en renom sont arrivés auPays de Galles, ils ont été si impressionnés par la présence du Saint-Esprit qu'ils sont restés confondus et muets devant Lui et les enfants qu'IL avait choisis. En présence de ce réveil, on a vite compris que c'était le Seigneur Lui-même qui avait tout en main et qu'Il entendait être le seul à choisir ceux qu'Il utiliserait pour Son oeuvre.

Quand la gloire du Seigneur remplit Son temple, toute chair se tait et toute présomption disparaît. Ce fut le signe distinctif du réveil au Pays de Galles. L'érudition et l'éloquence se sont inclinées devant l'amour et la vraie piété, comme à l'époque où des apôtres « sans instruction, ni formation » ont comparu devant le Sanhédrin de Jérusalem. L'un des grands prédicateurs du moment, G. Campbell Morgan, a affirmé qu'il échangerait la totalité de son savoir contre un peu de la présence de Dieu qui accompagnait ces enfants. Ce fut la réaction générale, car les grandes prédications et la capacité des grands leaders à mobiliser les gens pour des projets avaient piètre mine en présence de l'onction.

LA GRÂCE EST DONNÉE AUX HUMBLES

Il existe une grande différence entre la prédication qu'on tire d'une source de connaissances, et celle qu'on puise à la source d'eau vive qui coule du trône de Dieu. Ce sera l'un des principaux enseignements du réveil au Pays de Galles. Quand Dieu décide qu'Il va agir, Il ne se met pas en quête de gens qui ont assez de sagesse et d'instruction. Il recherche ceux qui sont assez soumis et humbles pour prendre le risque de Le suivre. Au Pays de Galles, Dieu a prouvé que. lorsqu'Il a trouvé de tels instruments, il n'y a pas de limite à ce qu'Il peut faire avec eux.

Tandis que le réveil gagnait presque tous les coins et recoins du pays, le ministère d'Evan Roberts resta presque exclusivement confiné à un seul des douze comtés. Le feu de Dieu brûlait dans des villes et des villages qu'il ne visita pas. Dans bien des endroits où il se rendit, en revanche, il découvrit qu'il y avait déjà le feu. Il sut dès le début qu'il n'était ni l'initiateur de ces événements, ni celui qui les faisait durer. Il essaya simplement de rester soumis à l'Esprit, de manière à pouvoir jouer le rôle qui lui était dévolu, quel qu'il fût.

Le fait que le Seigneur ait voulu faire des hommes Sa demeure, doit être l'une des grandes merveilles de la création. Mais Dieu a également décidé que les hommes feraient Ses oeuvres et Il Lui arrive souvent de se servir d'un seul individu pour déclencher un nouveau mouvement de Son Saint-Esprit. Nous le voyons dans les Écritures avec des hommes comme Pierre, Paul ou Jean le Baptiste. Nous en trouvons de nombreux exemples dans l'histoire; des hommes comme Hus, Luther, Calvin, Knox, Zinzendorf, Wesley, Edwards, Finney ou Seymour, furent utilisés pour amorcer de grandes conquêtes spirituelles. S'il est vrai que le Seigneur se sert d'un seul individu pour allumer le feu du réveil ou mener une conquête spirituelle, Il en prépare néanmoins toujours d'autres pour alimenter le feu et donner les bases nécessaires à ceux qui ont été conquis. C'est également vrai pour le réveil au Pays de Galles. Evan Roberts a mis le feu, c'est indiscutable! Mais il y a eu beaucoup de gens pour transmettre la flamme et beaucoup d'autres pour préparer auparavant le bois pour le feu. Peu d'entre eux se sont fait un nom parmi les hommes, mais ils sont certainement des étoiles qui brillent avec éclat dans les chroniques éternelles du Livre de Vie.

Rares ont été les hommes, au cours de l'histoire, qui ont su faire la différence entre « être utilisé » par Dieu et « chercher à utiliser Dieu ». Un jour, un enseignant chrétien a donné à l'impiété cette définition; « la recherche d'une reconnaissance personnelle au détriment de la gloire de Dieu ». C'est la conviction qui animait Evan Roberts. Il veillait avec la plus grande jalousie à ce que la gloire revienne à Dieu seul. Et tant qu'Evan a gardé cette piété et l'a transmise aux ouvriers du réveil, le feu ne s'est pas éteint. Du début jusqu'à la fin, ce fut un réveil qu'on ne put attribuer à aucun charisme humain, ni à aucun artifice publicitaire.

LE FEU N'A PAS BESOIN DE PUBLICITÉ

Un authentique mouvement de Dieu n'est soutenu ni par l'argent, ni par l'organisation, ni par la publicité. Il n'y a de vrai réveil que lorsque la colonne de feu, c'est-à-dire la présence de Dieu Lui-même, se lève et commence à avancer. C'est de l'impiété sous sa forme la plus indigne, que de chercher à organiser, à promouvoir ou à faire valoir un mouvement de Dieu. Les historiens ont écrit plus tard que le trait le plus surprenant du réveil au Pays de Galles fut l'absence d'esprit mercantile. On ne trouvait pas de recueil de chants, ni de responsable de louange, pas de comité, pas d'orchestre, pas de grand prédicateur, pas d'offrande, ni aucune organisation. Et cependant des âmes étaient sauvées, des familles restaurées et des villes entières converties, à une échelle jamais atteinte auparavant, ni depuis lors.

James Stewart, historien du réveil au Pays de Galles, a compulsé les journaux et les revues publiés au Pays de Galles en 1904 et 1905, sans pouvoir trouver la moindre publicité en faveur des rencontres. La seule campagne d'évangélisation qui fut organisée ou programmée pour Evan Roberts, fut lors d'une réunion unique à Liverpool en 1905. Et même dans ce cas, le Seigneur bouleversa tout ce qui avait été prévu; Il en changea radicalement le programme avant l'arrivée de l'évangéliste.

2— LE PROGRAMME ÉTAIT DE NE RIEN PROGRAMMER

Les changements de programme semblent avoir été la marque distinctive du réveil au Pays de Galles. À peine quelques semaines avant qu'il n'éclate dans sa propre église, à Loughor, Evan avait prévu des campagnes dans tout le Pays de Galles avec son frère Dan et un ami du nom de Sydney Evans. Il découvrit rapidement que l'Esprit avait prévu autre chose et que Ses projets étaient bien supérieurs. Evan manifesta très vite une crainte salutaire des programmes et de l'organisation des hommes au milieu du réveil.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas besoin, à certains moments, de direction et d'organisation dans l'Église, mais quand l'Esprit entreprend une oeuvre absolument nouvelle, le plus grand don consiste, non à savoir diriger, mais plutôt à savoir obéir. Toutes les tentatives faites pour organiser les choses pendant le réveil au Pays de Galles se sont révélées vaines et sont même parfois devenues des obstacles à cette oeuvre. Il semble que, chaque fois que l'Esprit veut innover, Il soit dans l'obligation de trouver des personnes « informes et vides ». On dirait que les seules personnes aptes à répondre au Seigneur lorsqu'Il fait des choses nouvelles, soient des humbles dont l'humilité est due au fait qu'elles n'ont pas des réponses, ce qui stimule en elles un saint désespoir dans leur quête de Dieu.

Evan Robert refusait que soient annoncées ses rencontres ou ses visites dans une ville, avant la veille ou l'avant-veille du jour prévu pour son arrivée. Et même alors, il se contentait de dire qu'il « espérait » se trouver dans un certain lieu à une certaine heure. Comme le Seigneur Jésus l'a expliqué à Nicodème, « Le vent souffle où il veut et tu en entends le bruit; mais tu ne sais pas d'où il vient et où il va. Il en est ainsi de quiconque est né de l'Esprit » (Jean 3:8). Les artisans du réveil au Pays de Galles sont arrivés à comprendre que c'était exactement ce que le Seigneur voulait dire. Ils ont fini par renoncer à deviner où se rendrait ensuite l'Esprit; ils n'ont cherché qu'à rester assez près pour en « entendre le bruit ».

Ils en sont venus à haïr la présomption de croire que l'Esprit les accompagnerait automatiquement et bénirait leurs propres projets. Ils savaient que l'Esprit ne les suivait pas, mais que c'était à eux de suivre l'Esprit.

Il convient de remarque que beaucoup de gens qui ont essayé d'imiter cette manière d'exercer le ministère, se sont bercés d'illusions spirituelles et que dans certains cas ils y ont même perdu la foi. Les apôtres de l'Église primitive eux-mêmes programmaient leurs voyages missionnaires et annonçaient de moi à l'avance les visites qu'ils allaient faire. Mais ils restaient toujours ouverts à un changement de programme de la part du Seigneur ; néanmoins, il est arrivé que les apôtres se trouvent dans l'impossibilité de faire les visites qu'ils avaient prévues, comme en témoignent les tentatives de Paul pour retourner voir les Corinthiens.

L'essentiel est que notre intelligence renouvelée ne soit pas en désaccord avec le Saint-Esprit. Le Seigneur n'a pas conduit les apôtres par la main, Il les a envoyés. Ils ont pris une grande partie de leurs décisions personnelles, parce qu'ils aient Sa pensée. Mais comme ils étaient encore en période de croissance et de perfectionnement, ils n'ont pas toujours pris les bonnes décisions. De temps à autre, le Seigneur a rectifié leur marche en indiquant la direction divine dans un songe, une vision ou par une prophétie. Nous devons avancer avec la sagesse spirituelle qui nous a été donnée, mais en restant sans cesse ouvert à la possibilité que le Seigneur intervienne pour modifier nos projets.

Dans les périodes d'effusion puissante du Saint-Esprit, comme le réveil au Pays de Galles, le Seigneur ne peut utiliser que ceux qui veulent se soumettre à Lui totalement, en sorte qu'Il puisse faire quelque chose d'absolument nouveau. Dans toutes les villes où s'est rendu l'apôtre Paul, le Saint-Esprit semble avoir agi chaque fois de façon différente. Paul agissait selon sa vision, sa stratégie et son autorité, mais avec une sensibilité en accord parfait avec le Saint-esprit et la volonté de se soumettre à tout projet différent.

Nombre de grandes entreprises missionnaires dans l'histoire de l'Église, comme l'Armeé du Salut de William Booth, avaient des projets à long terme et s'y tenaient généralement. Ceux qui ont pu travailler dans certaines de ces entreprises, n'auraient eu probablement que mépris pour le manque d'organisation du réveil au Pays de Galles. De même, ceux qui ont participé à ce réveil, rejetteraient presque sûrement la confiance apparemment excessive qu'on avait en l'organisation dans ces oeuvres missionnaires. Il faut rendre hommage au général Booth qui est allé voir le réveil au Pays de Galles, a remarqué que son fonctionnement était de Dieu et qu'il ne devait pas s'en mêler. II est rentré chez lui et il a continué à diriger l'Armé exactement comme auparavant : il avait compris que Dieu a recours à des stratégies différentes selon les lieux et les objectifs.

Nous devons nous rendre compte que le Dieu qui crée tous les flocons de neige différents, agit rarement deux fois de la même façon. La créativité et la diversité sont des traits de Sa nature. La manière donc Il a agi au Pays de Galles, contiens des enseignements pour l'Église tout entière, et nous en trouvons également pour nous tous dans la manière dont Il a utilisé l'Armée du Salut à ses débuts. Si le réveil au Pays de Galles s'est éteint, en fait, c'est qu'il a poussé à l'excès la crainte de l'organisation et de l'intervention qui a beaucoup de bonnes oeuvres à son actif, n'est plus au plan spirituel qu'une coquille vide de sa gloire d'autrefois, parce que son organisation n'a pas été assez souple pour contenir le vin nouveau.

CHERCHEZ LE VIN ET NON PAS L'OUTRE

Ceux qui ont tenté de retrouver la gloire de l'Armée du Salut à ses débuts, ont échoué pour la plupart. Ceux qui ont cherché à reproduire le réveil au Pays de Galles, sont souvent devenus de pitoyables caricatures des premiers revivalistes. Il n'existe apparemment pas dans l'histoire de l'Église un seul cas où l'on ait préparé une outre de structure ecclésiale avant que ne coule le vin nouveau du réveil. Cela ne signifie pas obligatoirement que ce soit une chose impossible; cela signifie que ce n'est pas encore arrivé et que la chose paraît hautement improbable. Ceux qui ont essayé de construire l'outre en premier se sont souvent retrouvés déphasés et inaptes à recevoir le vin nouveau lorsqu'il est arrivé. Le Seigneur ne s'est jamais borné à agir d'après un modèle déterminé d'avance. Deux qui ont été puissamment utilisés par le Saint-Esprit, ont un point commun : ils ont été capables d'entendre le bruit du Saint-Esprit qui était à l'oeuvre, et prêts à agir comme Il le voulait en un temps et un lieu donné.

Il est de la plus haute importance que l'Église des derniers temps comprenne les enseignements de ce grand réveil, parce qu'elle va voir la plus grande de toutes les moissons. Comme l'a affirmé le Seigneur Jésus; « LA MOISSON, c'est la fin du monde » (Matthieu 13:39). Pour les comprendre correctement, nous devons associer ces grands enseignements du réveil au Pays de Galles à ce que nous savons des moyens multiples et divers employés par le Seigneur pour agir en d'autres lieux et d'autres temps.

Nous devons nous laisser enseigner avec humilité, en sachant bien que nous sommes incapables de savoir ou de comprendre tout ce qu'il y a à savoir ou à comprendre sur la manière dont Dieu agit. Nous devons rester ouverts, pour qu'Il puisse agir comme Il l'entend, même si nous ne comprenons pas, même si nous n'avons jamais eu connaissance de rien de semblable auparavant.

Evan Roberts redoutait grandement la programmation et l'organisation des hommes et cela fit de lui l'instrument nécessaire pour ce que le Seigneur voulait faire au Pays de Galles en 1904. Lorsque la campagne d'évangélisation fut finalement organisée pour sa venue à Liverpool, Evan donna un parfait exemple de son engagement rigoureux à agir selon ses convictions. Le comité le pressait de fixer une date précise pour son arrivée. Il s'y refusa. Au moment de s'y rendre, il n'avertit le comité que quatre jours avant sa venue. Et même alors, malgré la présence dans cette ville d'Angleterre de 100,000 Gallois qui l'attendaient et brûlaient d'impatience de l'entendre, il affirma ne pas pouvoir dire dans laquelle des églises archi-pleines il parlerait, le moment venu.

Dan Roberts et Sydney Evans venaient d'avoir vingt ans quand le réveil éclata, mais ils furent utilisés pour récolter une moisson surabondante. Ils s'y prirent de la même manière qu'Evan. Ils recherchaient chaque jour le Seigneur pour connaître Sa volonté et ils se rendaient là où Il leur disait d'aller. Ils n'ignoraient pas que, sans la présence et la puissance du Saint-Esprit, ils n'accompliraient rien. Une fois sur place, tantôt ils prêchaient, tantôt ils ne prêchaient pas. Il leur arrivait parfois de garder le silence pendant toute la durée de la réunion qui se prolongeait souvent quatre ou cinq heures.

3— PAS DE VEDETTARIAT

Pendant le réveil au Pays de Galles, les gens venaient aux réunions pour Dieu, et non pour une vedette. Ils venaient en foule à l'église, sans même savoir s'il y aurait ou non un évangéliste. Evan Roberts arrivait parfois à une réunion, s'asseyait devant et restait sans rien dire pendant trois heures. Puis il se levait, prêchait, et priait quelque dix à quinze minutes, et se rasseyait. Il lui arrivait aussi soit de prêcher, soit de prier tout le temps. Parfois encore, il restait assis en gardant le silence pendant toute la réunion. Les gens ne s'occupaient pas de ce que faisait Evan; ils continuaient à se laisser mener par l'Esprit.

Il y eut au cours du réveil au Pays de Galles des solistes, des duettistes et des chanteurs particuliers, mais ils n'indiquaient que rarement l'endroit où ils allaient chanter. Quelquefois ils se rendaient en un lieu où ils s'attendaient à chanter, mais l'Esprit avait d'autres projets; ils se taisaient ou se contentaient de prier. Ceux qui les voyaient exercer leurs ministères, pouvaient attester que, lorsqu'ils chantaient, c'était vraiment du Saint-Esprit. Ce fut un réveil dont le Seigneur Jésus-Christ en personne était le point de mire le pôle d'attraction principal. « Le bruit courait qu'Il était à la maison ». Les jeunes ouvriers savaient que le Saint-Esprit venait témoigner de Jésus et que si un évangéliste ou un groupe d'évangélisation devenait le centre d'attraction, le Saint-Esprit se retirerait.

Evan Roberts n'ignorait pas qu'il était populaire et il redoutait la publicité, car il savait qu'elle portait atteinte à Celui qui était la véritable source du réveil. Il redoutait les journalistes. Il redoutait l'adulation. À maintes reprises, il quitta des réunions où il avait l'impression qu'on venait pour le voir et l'entendre, au lieu de venir pour le Seigneur. Dans les rencontres où il avait conscience d'être le centre d'attraction, en proie à une grande angoisse, il implorait les gens de se tourner vers Christ et vers Lui seul, sinon le Saint-Esprit les abandonnerait. Bien qu'Evan Roberts soit devenu le prédicateur le plus médiatisé du monde, à cette époque, il ne cessa de refuser les interviews avec de journalistes venus de tous les pays du monde. Il refusa de se laisser photographier, sauf par des membres de sa famille. Il savait que ce réveil venait de Dieu et non de lui-même, et que si les gens faisaient de lui une idole, Sa gloire leur serait retirée. Il ne donna suite à aucune des innombrables demandes émanant de maisons d'édition du monde entier qui cherchaient à écrire sa biographie. Il craignait au plus haut point de dérober ainsi au Seigneur tant soit peu de la gloire qui n'était due qu'à Lui.

PARLER OU NE PAS PARLER

Quiconque est conduit par l'Esprit, a besoin de savoir tout autant à quel moment se taire, que parler. Evan Roberts a été une magnifique illustration de cette sensibilité au Seigneur. Pendant les réunions, il restait souvent aussi au milieu des gens sans dire un mot. Des visiteurs venus de différents coins du monde étaient stupéfaits de constater qu'il laissait se dérouler de grandes réunions en comptant uniquement sur la sensibilité des participants au Saint-Esprit, dans les temps de louange, de prière et de témoignages. F.B. Meyer, leader chrétien de grande maturité et de grands renoms a expliqué, après l'avoir observé pendant les réunions; « Il ne marche pas devant le Saint-Esprit, mais se met volontiers à l'écart, ou reste en arrière, à moins d'être absolument sûr que c'est l'Esprit de Dieu qui le fait agir ». Et il a ajouté : « C'est une grande leçon pour nous tous ». Celui qui sait quand se taire, parle avec d'autant plus d'autorité lorsqu'il prend la parole.

Les responsables chrétiens qui étaient venus des extrémités de la Terre, ont été remplis du plus grand respect devant le réveil et se sont prosternés pour adorer Dieu. Le général William Booth, Gypsy Rodney Smith, F.B. Meyer, G. Campbell Morgan et bien d'autre homme de Dieu célèbre vinrent s'émerveiller de cette grande visitation. Dans la plupart des cas, ils se sont contentés de prier, ou ils ont prononcé quelques mots. Ils sont parfois restés discrètement assis pendant les réunions, tandis que des jeunes gens et même des enfants priaient, chantaient et rendaient témoignage dans l'Esprit. Les hommes de Dieu qui sont venus, ont tous reconnu rapidement que ce réveil n'était pas dû à de grands prédicateurs, ni à de grands prêches; c'était une oeuvre surnaturelle qui n'avait absolument rien à voir avec les uns et les autres. On peut dire en leur faveur que la plupart de ces hommes ont vite compris que leur personnalité même ne ferait que gêner les réunions et ils se sont soumis au Saint-Esprit. Tous ceux qui aiment la Parole de Dieu, aiment les belles prédications, mais ces grands prédicateurs savaient tous que leurs beaux sermons n'avaient jamais suscité le genre de présence de Dieu qu'ils trouvaient au Pays de Galles.

LE ROYAUME APPARTIENT AUX ENFANTS

En cette décennie des années quatre-vingt-dix, nous sommes en présence d'un grand mouvement destiné à former les enfants et les jeunes dans les voies du Seigneur et à les équiper, afin d'en faire des membres du Corps de Christ, qui porteront du fruit. Ce mouvement vient de Dieu et il est important, mais le réveil au Pays de Galles a été tout autre. Au Pays de Galles, ce sont les enfants et les jeunes qui ont cherché à équiper leurs parents et les former dans les voies du Seigneur. Le Seigneur a dit que nous devions devenir comme des petits enfants pour entrer dans le royaume ; il se pourrait qu'ils aient plus à nous apprendre, que nous n'avons à leur enseigner!

Evans Roberts n'avait que vingt-six ans quand survint le réveil. Sa soeur Mary qui y participa si activement, avait seize ans. Leur frère Dan et le futur époux de Mary, Sydney Evans, avaient l'un et l'autre une vingtaine d'années. Les « Singing Sisters » qui furent puissamment utilisées, avaient entre dix-huit et vingt-deux ans. Des milliers de jeunes se convertirent et furent immédiatement envoyés dans tout le pays pour témoigner de la gloire de Dieu. Les petits enfants avaient leurs propres réunions de prière et témoignaient hardiment même aux pécheurs les plus endurcis. Les églises regorgeaient de jeunes.

UN CHANT NOUVEAU

Généralement, on voit au cours des véritables réveils, la louange spontanée donner naissance à de nouvelles formes de louange. Ce fut le cas pour le réveil au Pays de Galles. C'eût été probablement impossible s'il n'y avait eu dans les réunions qu'un seul conducteur de louange à forte personnalité. Des responsables de louange se trouvaient là, mais ils se soumirent, en comprenant que ce réveil avait pour but, non de promouvoir de nouvelles vedettes, mais de glorifier Jésus. Cela permit au Saint-Esprit de susciter de nouveaux chants et une nouvelle forme de louange inconnue jusqu'alors.

Une grande partie du style de louange contemporaine qu'on attribue aujourd'hui au mouvement pentecôtiste ou charismatique, vient en fait du Pays de Galles. Le réveil a explosé au Pays de Galles au moment précis où a débuté l'effusion pentecôtiste à Azusa Street, à Los Angeles. Les responsables, Seymore et Bartleman à Los Angeles et Roberts au Pays de Galles, ont échangé des lettres au cours de ces réveils. Il y a eu beaucoup d'autres échanges entre les réveils, car ceux qui avaient faim de Dieu, se précipitaient de l'un à l'autre pour chercher Sa présence. Ils se sont naturellement influencés l'un l'autre. L’un des grands apports du réveil au Pays de Galles a été la nouvelle forme de louange spontanée appelée « chant dans l'Esprit » qui allait devenir le signe de la présence du Saint-Esprit pour les décennies à venir. R. B. Jones, l'un des responsables a dit de cette musique : « Le fait est qu'avant de l'avoir entendue, on est incapable de l'imaginer et qu'après l'avoir entendue, on ne peut la décrire. Il n'y avait pas de carnet de chants. Personne n'annonçait les cantiques. L'un ou l'autre lançait un chant qui faisait très rarement dissonance avec la tonalité du moment. Une fois lancé, ce chant était repris comme spontanément par tous les membres de l'assemblée : on aurait pu croire qu'il avait été annoncé et que tous obéissaient à la baguette d'un chef de choeur visible. Je n'ai jamais rien vu de semblable. On avait l'impression que les milles à quinze cents individus présents n'étaient plus qu'une personne dotée de myriades de têtes, mais avec une seule âme. La communion des esprits et la fusion des intentions étaient si parfaites qu'elles témoignaient avec éloquence de l'unité créée uniquement par l'Esprit de Dieu ». Un autre témoin a affirmé : « La prière et la louange étaient, l'une et l'autre, magnifiques"Il n'y avait pas besoin d'orgue. C'était l'assemblée elle-même qui devenait orgue lorsque tous les coeurs exprimaient leur affliction ou leur jubilation dans la psalmodie de leurs collines natales ».

4— LA PUISSANCE DE LA PRIÈRE

Le réveil au Pays de Galles a été amorcé et soutenu par le zèle pour la prière et l'intercession qui s'est ensuite répandue dans toute la communauté chrétienne de la planète. Une grande part du feu qui continue à brûler dans certains des grands mouvements de prière contemporains, pourrait bien venir d'une ultime étincelle du réveil au Pays de Galles. La prière et la louange se mêlaient l'une à l'autre dans la plupart des réunions. James E. Stewart a écrit : « C'était la prière qui déchirait les cieux, une prière qui recevait immédiatement des exaucements directs. L'esprit d'intercession venait avec une telle puissance que la congrégation tout entière restait prier pendant des heures! Les visiteurs étaient stupéfaits d'entendre des jeunes et des illettrés prier avec tant d'onction et d'intelligence lorsqu'ils étaient emportés par l'Esprit de Dieu jusqu'au trône de la grâce. La louange et l'adoration ne connaissaient pas de limites. Les gens commençaient à mêler leurs louanges à leurs requêtes, en voyant Dieu exaucer leurs demandes sous leurs yeux. Il arrivait souvent, lorsqu'on intercédait pour des bien-aimés incroyants, qu'ils se sentent contraints à venir à cette réunion et qu'ils soient sauvés! »

Tout cela a contribué à attiser le feu de la louange et celui de l'intercession. Dès que les croyants ont compris que Dieu entendait vraiment leur prière, ils en ont fait rapidement la plus haute priorité de leur vie. En priant avec plus de foi, ils ont commencé à voir des exaucements presque immédiats. En devenant de plus en plus spécifiques dans leurs demandes, ils ont vu les réponses devenir encore plus spectaculaires. Si, au cours d'une réunion, ils priaient tout particulièrement pour des amis ou des membres de leur famille, ces personnes se retrouvaient devant l'autel, à la réunion suivante, pour demander le salut. Cela ranimait d'autant plus la flamme de l'intercession, qui à son tour attisait indéniablement le feu du réveil.

Les réunions de prières fastidieuses jusque-là, sont devenues, même pour des villes entières, la plus grande attraction. Elles ont grossi au point de déborder de gens et d'onction. Celles qui étaient censées être des services ordinaires, devenaient rapidement des réunions de prières, car la prière devenait pour chacun une nouvelle nature.

Des groupes se rendant à pied à leur travail se mettaient à prier et ils se trouvaient bientôt rejoints par une foule de plus en plus nombreuse de gens attirés par l'onction. On commençait spontanément des réunions de prière dans les magasins, dans les maisons et il arrivait même que des usines ferment leurs portes pour permettre aux ouvriers d'aller prier.

Au plus fort du réveil, tous les habitants des villes se rassemblèrent afin d'organiser des marches dans les lieux avoisinants et de les réclamer pour Christ. Au moins en plusieurs occasions, la population d'une ville se déplaça jusqu'à une ville voisine, afin de prier pour elle, et le réveil ne manqua pas de s'y déclencher. Le réveil a prouvé que la découverte de la puissance de la prière est l'une des rares choses capables de donner autant d'énergie à des chrétiens.

ILS SAUVAIENT DES ÂMES

Le premier sujet d'intercession de ce réveil a toujours été les perdus. On ne peut concevoir un réveil sans conquête des âmes, et à cet égard, le réveil au Pays de Galles peut être considéré comme l'un des plus puissants et des plus efficaces de tous les temps. Il n'a pas comporté de programmes destinés à utiliser quelques prédicateurs, ni de campagnes d'évangélisation pour faire témoigner les membres des églises sur la grâce du salut du Seigneur Jésus. On n'y a pas donné de cours sur la manière d'atteindre les perdus. On aurait dit simplement que tous les chrétiens au Pays de Galles étaient saisis en même temps d'une ardente compassion pour les perdus. Les croyants étaient absolument incapables de contenir leur joie d'être sauvés et faisaient de toute mine de charbon, de tout tramway, bureau, de toute école et boutique, une chaire pour prêcher l'Évangile. Plus encore que la prédication, c'était le témoignage de chrétiens ordinaires qui conduisaient des milliers et des milliers d'âmes au salut par la foi en Jésus. Il n'y avait pas de modèle de stratégie préparé d'avance pour le témoignage; celui-ci naissait simplement d'une joie et d'une foi débordante et irrépressible chez ceux qui connaissaient le Sauveur.

La présence du Seigneur était si forte au Pays de Galles que des visiteurs venus du bout du monde pour se rendre compte, disaient qu'une seule des réunions valait bien le voyage, même si Evan, Don ou Sydney Roberts n'y assistaient pas. Les méthodistes déclarèrent qu'on revivait les réunions de Wesley du siècle précédent. Les Gallois perdirent une quantité d'heures de sommeil par crainte de manquer quelque chose de merveilleux s'ils quittaient les réunions. Celles-ci duraient très souvent jusqu'à deux ou trois heures du matin; elles ne terminaient par avant que les gens — parfois tous les habitants de la cité ou de la ville — n'aient marché dans les rues en chantant les louanges de l'Agneau.

Il était tout bonnement impossible à un incroyant de se soustraire à cet irrésistible témoignage et de ne pas se laisser gagner par l'amour et le zèle absolus des gens. Il est facile de reconnaître une personne amoureuse à la façon dont l'objet de son amour règne sur ses pensées et ses conversations; eh bien! le Pays de Galles était devenu si amoureux de Jésus que le culte d'adoration qu'il Lui a rendu, a exalté Son Nom au-dessus de tout ce qui avait pu capter son attention. La connaissance du Seigneur baignait le pays comme l'esu couvre le fond des mers. Parce que Jésus était exalté, tout les hommes sont venus.

ILS SAVAIENT TRANSPORTER L'ARCHE

L'arche de l'alliance représentait la présence de Dieu pour l'ancienne nation d'Israël. On trouve dans les récits de l'Ancien Testament sur l'arche, beaucoup d'enseignements très importants quant à ce qu'il faut faire ou ne pas faire en présence du Seigneur. Lorsque l'arche était considérée comme sacrée et portée à leur tête pour livrer bataille, ils remportaient miraculeusement de grandes victoires. Si l'arche n'était pas considérée comme sacrée, mais leur servait de porte-bonheur, ils perdaient la bataille et l'arche qui était capturée par l'ennemi.

L'une des raisons essentielles pour lesquelles le réveil au Pays de Galles a brûlé avec tant d'éclat et pendant tout ce temps, c'est que les responsables surent porter « l'arche » de la présence de Dieu. Ils surent rester ouverts et soumis à la direction de Dieu et éviter d'offenser le Saint-Esprit. Ceux qui furent si puissamment utilisés dans ce réveil, s'interdisaient de dire quoi que ce soit qui puisse détourner du Seigneur l'attention des gens et l'attirer sur eux-mêmes. Comme le décare le Psaume 25:14, « La pensée secrète de l'Éternel est pour ceux qui le craignent »; et comme ils voulaient rester assez proches de Lui pour connaître Ses pensées les plus secrètes, ils sont appris à Lui manifester le respect qui Lui est dû. À ce grand amour qu'ils portaient au Seignneur, se mêlait une crainte sainte et profonde de L'offenser. Ils aimaient l'arche de Sa présence et ne pouvaient être heureux s'ils ne l'avaient pas au milieu d'eux; mais ils avaient aussi pour elle assez de vénération pour apprendre à se comporter envers elle comme il convenait.

Dans ce grand réveil, on ne se construisait pas de ministère, on ne mettait pas sa fierté dans des hommes; on la mettait uniquement dans le Seigneur. Lorsque la gloire de Dieu repose réellement sur un vase en terre, ce n'est pas au vase qu'on prête attention! Il nous faut prendre garde à l'avertissement de Pierre : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'Il vous élève en temps voulu “(1 Pierre 56). Il nous appartient de nous humilier; c'est à Dieu qu'il appartient d'élever. Si nous cherchons à faire Son travail, Il fera le nôtre! Parce que les responsables du réveil au Pays de Galles se sont rigoureusement astreints à s'humilier, Dieu les a exaltés. Comme ils ont refusé de faire circuler des bulletins pour construire leur propre ministère, Dieu a diffusé à la une de presque tous les grands journaux du monde, des nouvelles de ce qu'Il accomplissait au Pays de Galles. Dès qu'Il trouve des personnes assez humbles pour soutenir Sa cause, Il la leur confie.

On peut se donner de l'importance par autopromotion, mais Dieu ne donne d'avancement qu'à ceux qui n'ont pas recours à ce procédé. Ce qui se construit sur la promotion personnelle, aura besoin d'efforts humains pour durer. Ceux qui laissent Dieu construire la maison, ont pris un joug qui est facile et un fardeau qui est léger. Ceux qui laissent Dieu gérer le travail n'en éprouveront pas de fatigue, mais ils y puiseront un rafraîchissement.

Nul ne peut démolir ce que Dieu construit. Quand nous faisons l'oeuvre de Dieu, nous n'avons pas à porter les soucis et les craintes de ceux qui ont construit sur l'autopromotion. « Tout ce que Dieu fait, dure à toujours » (Ecclésiaste 3:14). Le fruit de l'oeuvre que Dieu met en place demeurera. L"oeuvre qu'on a construite sur une promotion personnelle se termine inévitablement en drame et en déception. Même s'il est évident que la grandeur du réveil au Pays de Galles n'a pas duré, certains de ses fruits ont subsisté. Il a pu communiquer à l'Église universelle une intelligence des voies de Dieu, qui lui a servi jusqu'à aujourd'hui.

Lorsque le réveil lui-même devient l'objectif, on l'atteint rarement, car il est devenu une idole. Le réveil ne doit jamais devenir une fin en soi; il ne doit être que le moyen d'atteindre une fin meilleure encore, c'est-à-dire la révélation de la gloire du Seigneur et l'extension de Son royaume. Ce royaume s'étend parfois par des moyens autres que le réveil. Il ne fait aucun doute que nous avons besoin de plus de vrais réveils, mais même ceux-là sont fondés sur la simple soumission à Son projet. quel qu'il soit; or, la totalité de Son projet va au-delà du réveil. L'obéissance quotidienne de l'Église et sa croissance pour entrer dans une authentique maturité spirituelle sont tout aussi importantes que les grandes explosions des réveils. Quand la nuée de Sa présence s'élève et commence à avancer, nous devons être prêts à avancer avec Lui. Mais quand la nuée reste immobile, il est tout aussi important que nous reposions en Lui.

5— DÉBUTS INATTENDUS, HÉROS INATTENDUS

Chose singulière, la première étincelle connue de l'oeuvre de Dieu qui allait devenir le réveil au Pays de Galles, s'alluma à Scranton, en Pennsylvanie. Un pasteur gallois qui était à la tête d'une église florissante, faisait vibrer son public par son éloquence et son intelligence, quand soudain, il fut brisé devant Dieu et découvrit que, d'après le critère néo-testamentaire, il n'était pas un vrai prophéte. Alors qu'il était rempli de remords devant son état réel, il vécut une glorieuse expérience de la plénitude du Saint-esprit. Sa manière de prêcher changea immédiatement. L'éloquence disparut au profit de la passion. Il ressentit un fardeau pour son Pays de Galles bien-aimé et démissionna de son église de Scranton pour retourner dans son pays natal.

À la consternation des croyants gallois qui l'avait connu avant son départ pour l'Amérique, ce jeune serviteur de Dieu rentra avec un étrange sentiment d'urgence. Il ne prêchait plus pour créer des effets et éveiller un maximum d'émotion; il prêchait pour obtenir des résultats, le salut des âmes et le réveil du peuple de Dieu. Comme l'a fait remarquer un observateur, « il était vraiment surprenant de voir des concours de prédication se transformer, lorsqu'il était là, en ce qui ressemblait à s'y méprendre à de saintes conventions. Tous étaient convaincus de la sincérité du prédicateur; la plupart ne le comprenaient pas; beaucoup lui devinrent carrément hostiles ».

Tout commença en 1870. Malgré les calomnies et la persécution dont était l'objet ce jeune prédicateur, il tint bon et commença bientôt à influencer profondément les autres jeunes serviteurs de sa propre dénomination. La passion de Dieu qui habitait ces jeunes hommes, les unit en une sainte fraternité qui persista dans les années à venir. Grâce à la providence divine, dès le début de 1903, il se trouva qu'ils occupèrent des chaires proches les unes des autres, ce qui leur permit de garder cette communion. Leur désir de plus en plus désespéré d'obtenir tout ce que Dieu avait pour eux, ne tarda pas à se transformer en certitude de la présence de Dieu au milieu d'eux. Ces pasteurs commencèrent à prendre conscience qu'après une période d'intercession intense, il y avait le lendemain une puissance inhabituelle dans la prédication de la Parole. Les expériences qui révèlent la gloire de Dieu, font grandir la foi. Ce petit groupe de jeunes pasteurs fut vite convaincu qu'il allait se passer quelque chose de glorieux au milieu d'eux.

Le docteur en théologie, F.B. Meyer avait été appelé à jouer un rôle extraordinaire auprès d'autres prédicateurs dans le sud du Pays de Galles; aussi lui envoyèrent-ils un courrier pour l'inviter à venir leur parler de profondeurs de Dieu. Il répondit qu'il se tiendrait au cours de l'année une « Convention Keswuck » à la superbe station thermale de Llandridod et il les invita à y venir. Et c'est ce qu'ils firent. Dieu agit sur ces jeunes gens avec puissance; ils approfondirent tous leurs connaissances des choses saintes de Dieu. Beaucoup ont reconnu, rétrospectivement, dans cette convention une étape de plus dans l'ascension de la montagne qui les avait menés à la grande transfiguration toute proche.Il y eut d'autres étapes. Tous ceux qui ont pris part à de grands réveils, pourrait découvrir, en évoquant le passé, l'itinéraire remarquable et soigneusement préparé qu'ils avaient suivi à leur insu.

Au mois d'août 1904, eut lieu une seconde convention à Llandridod Wells. Le docteur F.B. Meyer et le docteur Pierson en étaient les principaux orateurs. Une fois encore, la puissance et la gloire de Dieu furent au rendez-vous. Les participants gallois furent tellement submergés par la gloire de Dieu, qu'ils ne cessèrent de chanter le célèbre refrain « NOUS TE COURONNONS SEIGNEUR DE TOUS » (CROWN HIM LORD OF ALL).

UN TÉMOIGNAGE ALLUME LE FEU

Le petit bois était prêt, mais l'étincelle destinée à allumer le feu allait jaillir de façon tout à fait inattendue. Au cours d'une réunion de prière pour les jeunes, un dimanche matin, le pasteur Jenkins demanda des témoignages d'expériences spirituelles. Plusieurs cherchèrent à parler d'autres choses, mais ils furent arrêtés par le pasteur.Pour finir, une jeune fille appelée Florrie Evans qui avait vécu une belle conversion juste quelques jours auparavant, se leva et dit d'une voix tremblante : « J'AIME JÉSUS-CHRIST DE TOUT MON COEUR! »

Ces mots tout simples transformèrent en flammes les étincelles que Dieu avait mises dans tant de coeurs; ce fut le début du réveil. Le feu gagna rapidement Blaenanerch, New Castle-Emlyn, Capel Drindod et Turgwin. Le mouvement se répandit à la manière des torrents de lave qui s'écoulent d'un volcan; il y eut bientôt des dizaines de milliers de gens enflammés par le témoignage que donnait le Saint-Esprit de la gloire du Fils de Dieu.

À mesure que s'ébruitait la nouvelle de la bénédiction du New Quay, les portes commencèrent à s'ouvrir partout. Conduit par leur pasteur, ce groupe de jeunes dont la plupart avaient entre seize et dix-huit ans, se mit à tenir des réunions dans tout le sud du pays. Le feu continua à s'étendre et à franchir tous les obstacles qui tentaient de l'arrêter. Conventions et conférences se multiplièrent dans tout le Pays de Galles pour souligner l'importance de la sainteté de coeur, et de la vie de l'Esprit. Le Seigneur se servit puissamment d'hommes tels que W. S. Jones, E. Leri Evans, Jake Thickens, Seth et Franck Joshua, John Pugh et R. B. Jones.

En août 1904, le célèbre évangéliste R. A. Torrey tint dans la ville de Cardiff, une réunion qui entraîna beaucoup de conversions.

Le Seigneur semblait faire venir de partout le combustible pour alimenter le feu. Au mois de novembre de la même année, les églises de Rhos, au nord du Pays de Galles, invitèrent le très estimé prédicateur R. B. Jones à conduire une évangélisation. Il avait commencé à vivre une vie remplie de l'Esprit l'année précédente et tout son ministère en était transformé. Il était embrasé par un message nouveau, et on entendait parler de lui dans toute la Grande-Bretagne. Au temps choisi par Dieu, ce bouillant évangéliste vint grossir l'équipe de pus en plus fournie du réveil.

À Rhos, ceux qui se déclaraient chrétiens, s'humilièrent profondément devant Dieu. Ils commencèrent à déblayer les obstacles de leur vie. Ils s'engagèrent à se soumettre totalement à Christ et à recevoir l'Esprit dans Sa plénitude. Les écluses du ciel s'ouvrirent et l'Esprit vint sur eux en torrents. Les nouveaux venus se multiplièrent au point que les églises étaient pleines à craquer tous les soirs. Quatre semaines après le départ de Jones de la ville de Rhos, un journal de Wrexham rapporta : « Toute la région est saisie d'une force spirituelle extraordinaire et rien ne donne à penser que cette force va lâcher prise ».

Les réunions étaient déjà dirigées par les gens eux-mêmes, tantôt avec les pasteurs, tantôt sans eux. Elles débutaient dès le matin et se poursuivaient jusqu'à la nuit. Puis elles commencèrent à déborder dans les rues, les maisons, les trains, les usines et la mine. Bientôt de grandes processions de chrétiens réveillés et de nouveaux convertis défilèrent dans la ville en chantant des cantiques et en se réjouissant dans le Seigneur.

À ce moment-là, on comptait environ 40,000 croyants qui attendaient désespérément de voir Dieu déverser Son Esprit sur le Pays de Galles. La plupart d'entre eux, ne se connaissaient pas encore et se trouvaient dispersés à travers le pays; mais l'Esprit commençait à tisser des liens entre eux, en vue de libérer l'une des grandes manifestations de la toute-puissance de Dieu, en réponse à leurs prières.

LA LUMIÈRE BRILLS DANS LES TÉNÈBRES

À cette époque, la condition spirituelle de l'ensemble du Pays de Galles était aussi sombre qu'elle l'avait toujours été, mais elle paraissait empirer de jour en jour. Les bars prospéraient. Le football, les combats de coqs, la boxe professionnelle, les jeux d'argent et la prostitution avaient manifestement séduit l'âme de la classe ouvrière. Les meurtres, les viols et autres violences se multipliaient de façon dramatique, et les autorités étaient sur le point de perdre le peu de contrôle qu'elles avaient encore.

Ses sombres galeries des mines de charbon galloises semblaient être un parfait symbole de l'état du pays. Mais Dieu préparait un jeune mineur sans grande instruction à devenir la voix qui s'élèverait au-dessus de toutes les autres pour s'adresser à sa génération. Lorsqu'il sortit de la mine pour prêcher l'Évangile, le Pays de Galles commença à sortir des fosses de son péché. À cause de ce jeune mineur, Evan Roberts, et de son minuscule Pays de Galles, le monde entier allait bientôt marquer un temps d'arrêt et prêter attention aux merveilles de Dieu.

Evan Roberts naquit le 8 juin 1878, dans une chaumière d'ouvrier appelée « Island House ». C'était une modeste maison de huit petites pièces. Dans les décennies qui suivirent, les voisins ne cessèrent de s'étonner que des pèlerins traversent des continents entiers pour venir voir cette maisonnette et prier que les cieux s'ouvrent à nouveau comme au temps d'Evan.

Evan commença à travailler à la mine dès l'âge de neuf ans. Son père, Henry, s'était cassé la jambe dans le puits de mine et son fils dut venir l'aider dans son travail. Quelques mois plus tard, Evan occupa le poste de portier, dont la tâche consistait à surveiller les portes tout autour du puits. Il gagnait soixante-quinze cents par semaine. Plus tard, il apprit le métier de forgeron qu'il exerça dans le cadre de la mine.

Evan avait une passion brûlante pour la prédication. Ceux qui avaient d'autres ambitions, même celle de prêcher, furent très peu nombreux à quitter la mine. Beaucoup font des rêves, mais très peu les transforment en réalité. Le pasteur et les amis d'Evan l'encourageaient malgré ce manque d'instruction qui diminuait considérablement ses chances. Mais Evan persévéra et à l'âge de vingt-six ans, il entra à l'école préparatoire de New-castle Emelyn pour y préparer l'examen d'entrée à Trevecca College. Evan avait décidé de faire tout ce qu'il pourrait et de laisser à Dieu le soin de faire le reste. Evan ne termina jamais sa scolarité, mais de nombreuses écoles s'attachèrent à étudier Evan et l'extraordinaire mouvement de Dieu qu'il contribua à conduire. Le Seigneur n'avait pas besoin des connaissances d'Evanl il n'avait besoin que d'un instrument docile.

Evan recherchait depuis un certain temps — et avait fini par trouver — une plus grande intimité avec le Seigneur. Wiliam Davies, un diacre de l'église de Moriah, avait conseillé au jeune Evan de ne jamais manquer une réunion de prière, de peur que le Saint-Esprit ne vienne en son absence. Aussi Evan assistait-il fidèlement à la réunion de prière du soir, le lundi à Moriah, le mardi à Pigash, le mercredi à Moriah, et les jeudis et vendredis à d'autres réunions de prière et études bibliques. Il persévéra pendant treize ans et pria fidèlement pour que vienne une visitation puissante du Saint-Esprit.

LA RÉVÉLATION

Un jour, avant la classe, au printemps 1904, Evan fit ce qu'il appela plus tard l'expérience du Mont de la Transfiguration. Le Seigneur se révéla à lui de manière si extraordinaire et si puissante qu'il fut rempli d'un effroi divin. À la suite de cela, il passa par des périodes de tremblements incontrôlables qui préoccupaient sa famille. Pendant des semaines, il fut visité par Dieu tous les soirs. Quans sa famille le pressait de lui parler de ce qu'il vivait, il se bornait à dire que c'était inexprimable. Comme la date de son entrée au lycée de Newcatle Emelyn approchait, il eut peur de manquer ses rencontres avec le Seigneur.

À cette époque avait lieu une convention à Blaenanerch, située à quelques kilomètres de son école. Les réunions y étaient conduites par un évangéliste appelé Seth Joshua. Le jeudi 29 septembre 1904, Evan Roberts, accompagné de dix-neuf autres jeunes, dont son ami Sydney Evans, se rendit à la réunion. En chemin, le petit groupe fut saisi par le Seigneur et se mit à chanter : « Elle vient, elle vient, la puissance du Saint-Esprit. Je la reçois, je la reçois, la puissance du Saint-Esprit. »

Pendant la réunion de sept heures, Evan fut touché profondément et s'effondra complètement à la fin du service. Au moment où Seth Joshua prononça les paroles : « HUMILIE-NOUS, OH SEIGNEUR! », Evan entra dans de telles douleurs d'enfantement qu'il n'entendit plus rien. Il témoigna plus tard que l'Esprit de Dieu lui murmurait : « C'est ce dont tu as besoin ».

« Fais-moi fléchir, oh Seigneur! » criait-il. Mais le feu ne tomba pas. À la réunion de neuf heures, l'Esprit d'intercession visita toute l'assemblée avec grande puissance. Evan brûlait d'impatience de prier.  L'Esprit de Dieu lui dit alors de le faire publiquement. Le visage ruisselant de larmes, Evan commença seulement à s'écrier; « HUMILIE-MOI! HUMILIE-MOI! HUMILIE-MOI! HUMILIE-NOUS! ». Le Saint-Esprit vint sur lui en un puissant baptême qui remplit Evan de l'amour du calvaire et d'un grand amour pour le calvaire. Ce soir-là, le message de la croix se grava si profondément dans le coeur d'Evan qu'il devint l'unique thème du grand réveil qu'il allait bientôt contribuer à mener. Dès lors, Evan n'eut plus qu'une hantise; le salut des âmes. Les historiens parlent de cette soirée comme de « la grande réunion de Blaenanerch ».

Peu après cet événement, Sydney Evans, son compagnon de chambre et ami le plus proche, entra dans la pièce vers minuit pour trouver Evan, le visage éclairé d'une sainte lumière. Stupéfait, il lui demanda ce qui s'était passé. Evan répondit qu'il venait d'avoir une vision de tout le Pays de Galles élevé jusqu'au Ciel. Puis il prophétisa; « Nous allons voir le réveil le plus puissant que le Pays de Galles n’ait jamais connu, et le Saint-Esprit arrive sans tarder. Nous devons nous tenir prêts. Nous devons former un petit groupe et aller prêcher dans tout le pays. » Il s'arrêta tout à coup et le regard perçant, il s'écria : « Crois-tu que Dieu peut nous donner 100,000 âmes maintenant? »

Sydney fut tellement étreint par la présence du Seigneur qu'il ne put que le croire. Plus tard, aussi dans une église, Evan eut la vision de certains de ses compagnons de longue date et de beaucoup d'autres jeunes, tandis qu'une voix lui disait : « Va vers ces personnes. » Il répondit : « Seigneur, si c'est Ta volonté, j'irai. »

Toute l'église se remplit alors d'une lumière si éblouissante qu'il devint presque incapable de distinguer le pasteur dans la chaire. Il fut très troublé et voulu s'assurer que cette vision venait du Seigneur. Il consulta son directeur d'études qui l'encouragea à partir.

ILS LUI OBÉIRENT

Le 31 octobre, Evan rentra chez lui par le train, sans savoir que le Saint-Esprit avait déjà accompli un gros travail de préparation pour lui ouvrir la voie. Sa mère, toute surprise, vint l'accueillir à la porte en s'exclamant : « Où étais-tu? Pourquoi n'es-tu pas en classe? Es-tu malade? »
— « Non » répondit-il. 
— « Alors, pourquoi es-tu rentré à la maison? »
— « Oh, maman! L'Esprit m'a renvoyé pour que je travaille avec nos jeunes de l'église de Moriab. » Puis, en se tournant vers Dan, son jeune frère, il dit : « Tu vas voir d'ici quinze jours un grand changement à Lougbor. Nous allons vivre le plus grand réveil que le Pays de galles n’ait jamais connu. »

Evan alla ensuite trouver directement son pasteur pour lui demander l'autorisation d'organiser des réunions pour les jeunes. Ce soir-là, après la réunion de prière des adultes, il demanda aux jeunes de rester, car il voulait leur parler. Il resta seize adultes et juste une petite fille. Une fois remis du choc causé par la déception, Evan commença à expliquer calmement la raison de son retour. Il déclara qu'il était rentré par pure obéissance au Saint-Esprit et que là, à Moriah, des quantités de jeunes allaient être sauvées. Et surtout, il allait venir sur le Pays de Galles un puissant réveil!

C'est ainsi que débutèrent les réunions des plus importantes de l'histoire du Pays de Galles. L'atmosphère était glaciale et l'incrédulité presque palpable. Les résultats furent si décevants qu'Evan fut naturellement tenté de croire que ses visions étaient d'inexplicables illusions. Il s'agissait en fait d'une épreuve tout à fait comparable à celle que subirent les enfants d'Israël après leur sortie d'Égypte. On leur avait promis un pays ruisselant de lait et de miel et le premier endroit où on les conduisit n'avait même pas d'eau. Lorsqu'ils finirent par arriver jusqu'à un puits, l'eau y était amère! Le jeune prédicateur allait-il croire ses visions, ou les voix qui lui disaient maintenant qu'il avait été séduit par la jolie des grandeurs? C'est à cet endroit que beaucoup s'écartent du chemin qui mène à l'accomplissement de leur appel. Serait-ce le cas d'Evan?

Non! Il décida qu’il valait mieux passer pour le plus grand imbécile du Pays de Galles, que de manquer la possibilité de voir un réveil dans son pays. Il choisit de s'en tenir à la vision telle qu'il l'avait prophétisée. En moins de deux semaines, Loughor était transformé et les premiers des 100,000 jeunes commençaient à affluer vers le Seigneur. Comme Evan n'avait pas méprisé le temps des petits commencements, il fut utilisé pour amorcer un mouvement de Dieu qui fut l'un des plus grands de tous les temps.

6— LE CAP EST MIS

Après la réunion si décevante avec les jeunes, les rencontres du lendemain eurent lieu à Pisgah, une petite église toute proche qui dépendait de Moriah. C'était un mardi soir, et chose étrange, il y avait sensiblement plus de monde. Evan parla de l'importance d'être rempli du Saint-Esprit. Cette réunion dura jusqu'à dix heures du soir.

LES QUATRE PRINCIPES

Le lendemain, le 2 novembre, Evan était de retour à Moriah. Il prêcha sur les quatre grands principes. Cela devint le message fondamental du réveil, qu'on connut plus tard comme « les quatre points. » Ils constituaient les quatre conditions essentielles, selon Evan, à la venue du réveil. Les voici :

I. Il faut que tous les péchés soient confessés à Dieu et qu'on s'en repente. L'Église doit être purifiée; l'épouse du Seigneur sera sans tache. On ne peut donc y tolérer aucun compromis avec le péché. S'il y a dans notre vie quelque chose dont nous ne sommes pas absolument sûrs qu'il soit bon ou mauvais, alors éliminons-le!

II. Il ne doit y avoir aucun nuage entre le croyant et Dieu. Avez-vous pardonné à tout le monde? Si ce n'est pas le cas, ne vous attendez pas à obtenir le pardon de vos propres péchés. Les Écritures sont claires : nous ne pouvons pas être pardonnés, tant que nous n'avons pas pardonné. Le manque de pardon nous sépare de Dieu.

III. Nous devons obéir au Saint-Esprit. Faites ce que l'Esprit nous pousse à faire. Il faut que notre obéissance à l'Esprit soit immédiate, totale et inconditionnelle, si nous désirons être utilisés par Lui.

IV. Nous devons confesser publiquement Crist comme notre Sauveur. Ce n'est pas un acte ponctuel que nous faisons après avoir reçu le salut ou le baptême. Pour le chrétien, il s'agit d'un style de vie. (Even pensait également qu'il y avait une différence entre la confession de foi et la profession de foi).

Evan n'en avait pas conscience lors de sa première prédication, mais ces « quatre principes “ont donné au réveil la direction à suivre et l'ont aidé à garder le cap jusqu'au bout. Ils ont établi un fondement de repentance pour bâtir ensuite sur une relation personnelle et vivante avec le Seigneur. La force qui agissait derrière le réveil, n'était ni une doctrine, ni une personnalité humaine, mais le Saint-Esprit, venu pour convaincre le monde de péché et le mener ensuite à Celui qui pardonne, Jésus-Christ. Le Saint-Esprit est resté et a agi avec puissance, tant qu'Il a pu oeuvrer dans la simplicité voulue.

Le 3 novembre, Evan retrouvait les enfants à Moriah et leur apprenait à prier « Envoie le Saint-Esprit à Moriab pour l'amour de Jésus. » Ce soir-là, il prêcha sur la parole, « Demandez et vous recevrez ». « nous devons le croire, si nous voulons que tout cela arrive », proclamait-il. « Nous devons croire que Dieu veut et peut exaucer nos prières. Nous devons croire en un Christ vainqueur, capable de triompher de toute opposition. » Evan se voyait forcé d'insister avec une hardiesse qu'il n'avait jamais eue auparavant.

La vision devenait maintenant, pour Evan, plus réelle que tout ce que pouvaient voir ses yeux naturels. Il avait conscience de la puissance créatrice de la Parole de Dieu qui pouvait déclarer « Que la lumière soit! », là où elle n'existait pas. Evan avait l'étrange certitude qu'en déclarant simplement cette parole, elle se réaliserait. Il ne comprenait pas tout ce qui concerne la prophétie, mais ce n'était pas nécessaire. Il n'est pas indispensable de tout comprendre sur l'électricité avant d'appuyer sur l'interrupteur. Evan allait continuer à prophétiser jusqu'à ce que la lumière vienne.

Le lendemain soir, après avoir prêché un moment, Evan consacra toute la réunion à la prière et aux témoignages. Le Seigneur était là et la réunion dura jusqu'à minuit.

On annonça que la rencontre suivante serait réservée aux jeunes, mais le soir venu, on vit autant d'adultes venir remplir l'église. On sentait confusément que Dieu allait faire quelque chose de merveilleux et personne ne tenait à être absent. Lorsque Dieu n'agit pas, les réunions sont rébarbatives, mais lorsqu'Il agit, c'est comme dans le livre des Actes : tous veulent être là! Les réunions de jeunes attiraient désormais tout autant les pères et les mères. Beaucoup d'enfants commencèrent à vivre de merveilleuses conversions, qui surprirent leurs aînés. Evan prêcha sur Éphésiens 5:18 : « Ne vous enivrez pas de vin, mais soyez remplis du Saint-Esprit. » La réunion se prolongea de nouveau au-delà de minuit.

En moins d'une semaine, les réunions sans chaleur, ni puissance au début, avaient atteint un niveau que ni le jeune prédicateur ni les gens n'avaient connu auparavant. Les jours précédents, on aurait dit que les paroles d'Evan ne trouvaient aucun écho. Elles avaient à présent assez de puissance pour pénétrer jusque dans les coeurs les plus endurcis, et une authentique repentance déferlait comme des vagues sur les gens. La vision d'Evan s'accomplissait sous ses yeux.

Le dimanche 6 novembre, un pasteur de passage, venu d'une autre ville, dirigea la réunion du matin. Evan resta assis et écouta le message. Désireux de donner à Evan l'occasion d'obéir à Dieu selon la vision qu'il avait eue, le pasteur annonça que la prédication du soir serait assurée par Evan. Elle aurait pour sujet « L'importance de l'obéissance. »

Dans son message, Evan personnalisa le Saint-Esprit et remit la réunion entre Ses mains. Le Saint-Esprit les visita et soixante jeunes répondirent à l'appel du salut. Evan encouragea ensuite les gens à prier : « Envoie Ton Esprit maintenant pour l'amour de Jésus. » Cette réunion dura également bien au-delà de minuit et la nouvelle s'en répandit dans toute la ville de Loughor. Les gens étaient passés de l'incrédulité à l'espoir, puis à l'attente et enfin à l'effroi mêlé d'admiration. On avait l'impression qu'une main invisible faisait monter chaque soir un thermostat spirituel de quelques degrés. La prophétie devenait maintenant un fait historique.

(à suivre)


_________________
Pharos : un phare qui éclaire dans le noir et qui guide à bont port. Gloire au seigneur Jésus notre lumière.

Dernière édition par Pierre Sabourin le 20/08/2006 15:45:02; édité 8 fois
Back to top
30/07/2006 13:18:30
Auteur Message
Publicité

Sujet du message: Publicité
PublicitéSupprimer les publicités ?
Back to top
03/08/2006 04:33:56
Auteur Message
philippe
Ancien

Inscrit le: 02 Fév 2006
Messages: 15
Répondre en citant
Sujet du message: LE MONDE EN FEU (PREMIÈRE PARTIE)
Bonjour à tous,

Non, non, je ne suis pas mort !

Merci Pierre pour ce travail de mise en ligne "du monde en feu" je me régal à la lecture de cet ouvrage et il me tarde de lire la suite !

Que notre Seigneur vous bénisse tous !

Philippe
_________________
"Ce n'est plus moi qui vis, mais c'est Christ qui vit en moi !" (Galates 2:20)
Visiter le site web du posteur
Back to top
20/08/2006 15:42:48
Auteur Message
Pierre Sabourin
Votre hôte

Inscrit le: 26 Oct 2005
Messages: 253
Localisation: Stoneham, Québec, Canada
Répondre en citant
Sujet du message: LE MONDE EN FEU (partie 1B)
L'ÉPREUVE

La réunion de prière du lundi soir n'avait jamais été considérée comme l'un des événements marquants de l'église de Moriah. Comme pour la plupart des réunions de prière communautaire, il y avait une poignée de gens qui y assistaient régulièrement, plus, de temps à autre, quelques visiteurs de passage. Le lundi 7 novembre, l'église était absolument comble. Cela ne s'était encore jamais vu dans l'histoire de cette église. À 8 heures, Evan Roberts arriva, ouvrit sa Bible et lut dans le dernier livre de Malachie : « Mais pour vous qui craignez mon nom. se lèvera le soleil de justice et la guérison sera sous ses ailes; vous sortirez et vous sauterez comme les veaux à l'engrais. Vous foulerez les méchants, car ils seront comme de la cendre sous la plante de vos pieds au jour que je prépare, dit l'Éternel. » (Malachie 4:2-3) Après quoi, Evan stupéfia l'assistance en déclarant avec assurance que ce passage allait s'accomplir immédiatement au Pays de Galles!

Quand le Seigneur lut pour la première fois la prophétie d'Esaïe dans Sa propre synagogue à Nazareth, ceux qui l'entendirent, éprouvèrent la même stupéfaction devant Son assurance. Le Seigneur parla avec une autorité qui exigea de ceux qui l'entendaient, qu'ils Le croient ou qu'ils Le rejettent. Ils décidèrent de Le rejeter. Ceux qui entendirent Evan Roberts ce soir-là, à Moriah, jurent défiés de la même façon par son assurance. Pendant quelques instants, ce grand mouvement de Dieu fut mis en balance. Ce jeune homme, ils le connaissaient depuis son enfance, ils travaillaient avec lui à la mine; et voilà qu'il proclamait la Parole de Dieu avec une audace qu'ils n'avaient jamais vue auparavant. Evan avait parlé avec une autorité telle qu'ils allaient devoir croire Dieu et Sa promesse d'un réveil merveilleux et sans précédent, ou rejeter Son messager. Ils décidèrent de le croire. Ils venaient de franchir encore un obstacle majeur : l'atmosphère spirituelle du Pays de galles avait atteint son point critique. Le réveil devenait, au moins jusqu'à un certain point, désormais inévitable.

ILS ONT REÇU SES MESSAGERS

Est-il possible que ce réveil ait entièrement dépendu de l'accueil réservé à ce seul homme? Oui! Si nous en croyons les précédents bibliques et historiques, il est plausible que ce grand réveil au Pays de Galles ait dépendu du genre d'accueil fait au messager choisi par Dieu pour mettre le feu au bois qui était prêt. L'un des grands réveils bibliques a eu lieu dans la ville païenne et perverse de Ninive, parce qu'elle a décidé de croire le prophète hébreu le plus invraisemblable et le plus rebelle. Notre manière d'accueillir la grâce de Dieu dépend souvent de notre capacité à Le laisser utiliser les choses folles pour confondre les sages et les faibles pour confondre les forts. Le Seigneur Jésus Lui-même a déclaré, avant de quitter ce monde : « ... vous ne me verrez plus désormais jusqu'à ce que vous disiez : béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! » (Matthieu 23:39). Il déclarait par là que désormais nous ne Le verrions plus à moins de bénir ceux qu'il nous enverrait.

Le réveil au Pays de Galles est l'un des exemples classiques de la manière dont un peuple a entendu le Seigneur frapper à sa porte, Lui a ouvert et a pu pendant un certain temps jouir de Sa présence. Beaucoup de réveils ont été, dès le début, court-circuités par des ambitieux qui ont cherché à les utiliser pour servir leurs intérêts personnels. Beaucoup d'autres n'ont jamais vu le jour, parce que des hommes ont eu une réaction excessive devant l'ambition personnelle et ont rejeté les messagers que leur envoyait le Seigneur.

Il est juste de désirer que la gloire revienne à Dieu, mais cela ne signifie pas pour autant que les hommes ne doivent pas recevoir d'attention, ni de reconnaissance. L'une des plus grandes ironies de l'histoire est que les gens les plus zélés pour veiller à ce que l'homme ne vole pas la gloire de Dieu, ne vivent presque jamais de vrai mouvement de Dieu, parce qu'ils rejettent Ses messagers. Paul a plaidé vigoureusement pour qu'on reconnaisse sa qualité d'apôtre : il ne pouvait en effet exercer correctement son ministère dans les églises, que si elles reconnaissaient l'objectif qu'il avait en venant les visiter.

Nous devons recevoir un prophète en sa qualité de prophète, si nous voulons recevoir une récompense de prophète. Si nous accueillons un prophète uniquement comme enseignant ou même comme frère, nous passerons à côté de ce que Dieu aurait pu nous donner. Il en va de même pour tous les ministères. Nous devons recevoir un pasteur en sa qualité de pasteur, si nous voulons recevoir la récompense de son ministère. C'est également vrai de l'évangéliste, de l'enseignant ou de l'apôtre. Il faut que nous reconnaissions le don de Dieu dans le messager pour recevoir le don que Dieu nous envoie.

Recevoir le don de Dieu dans autrui, c'est reconnaître l'oeuvre et le dessein de Dieu en lui. C'est faire preuve de l'humilité qui est indispensable pour recevoir la grâce de Dieu, car « Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il fait grâce aux humbles. » (Jacques 4:6). Il faut de l'humilité pour recevoir le message de Dieu de la part d'un autre homme, surtout si nous le connaissons déjà. C'est cette humilité que Dieu recherche, dans le but de nous confier Sa grâce. Plus l'humilité est grande, plus la grâce est abondante. Ninive a manifesté une humilité extraordinaire et a reçu une grâce également extraordinaire. L'Israël du premier siècle a montré un orgueil spirituel incroyable en rejetant Celui-là même qui l'avait créé et a, de ce fait, reçu la destruction que Ninive avait évitée.

Notre tendance, à faire la police dans le corps de Christ pour veiller à ce que les autres ne s'élèvent pas, est une forme terrible d'orgueil spirituel; et à cause de cela, nous passons à côté de la grâce de Dieu, en rejetant ceux que, dans Sa providence, Il nous a envoyés. L'apôtre Paul a approuvé les Galates de l'avoir reçu « comme un ange de Dieu », aussi éprouvant pour eux qu'ait été son corps. La population du Pays de Galles a manifesté une humilité peut-être sans précédent en accueillant comme prophète de Dieu, un homme qui avait grandi au milieu d'eux. La conséquence de cette humilité fut une effusion de la grâce de Dieu en proportion, une grâce si grande qu'elle émerveilla le monde entier.

Quand on reçoit des hommes, il y a un équilibre délicat à trouver entre des honneurs déplacés et l'accueil qui convient. Le Seigneur a dit que ce que nous faisons au plus petit des siens, c'est à Lui que nous le faisons. Lorsque les hommes reçoivent avec honneur l'ambassadeur d'un pays, c'est ce pays qu'ils honorent. Ne pas le recevoir avec le protocole voulu serait déshonorer ce pays. À combien, plus forte raison ne devrions-nous pas recevoir avec honneur les ambassadeurs du Seigneur? Il y a une différence entre honorer quelqu'un comme il se doit, et l'adorer.

Le Seigneur honore les hommes et les élève. En fait, Il a promis de les élever : « Car quiconque s'élève sera abaissé et celui qui s'abaisse sera élevé. “(Luc 18:14). Jacques a dit : « Humiliez-vous devant le Seigneur et Il vous élèvera. » (Jacques 4:10). C'est à nous de nous humilier, et à Dieu d'élever; et il est clair que si nous cherchons à faire ce qui Lui revient, Il fera ce qui nous revient. Mais Il ne nous a pas dit que nous étions censés humilier les autres! Il s'agit de l'une des formes d'orgueil le plus élémentaire! C'est donc une question cruciale de trouver le juste équilibre entre honorer comme il se doit les messagers que Dieu nous envoie, et leur rendre une sorte de culte.

Au Pays de Galles, l'Église a paru trouver cet équilibre parfait, pendant une courte période. Les gens honoraient non seulement les évangélistes de premier plan, mais même le plus humble des saints que Dieu avait choisi d'utiliser. Pendant la durée de ce réveil, ils furent prompts à reconnaître et à recevoir le don de Dieu, quel que fût le messager. Les grands évangélistes étaient revêtus d'une si grande humilité qu'ils purent recevoir du Seigneur et des gens l'honneur qui leur revenait. Ils mirent à profit l'attention qu'on leur accordait pour orienter les gens vers le Seigneur. Les hommes dont le Saint-Esprit se sert vraiment, ne recherchent ni l'honneur, ni l'attention, mais l'un et l'autre viendront, et il leur faudra alors la grâce pour les gérer correctement.

LA PRÉSENCE DESCEND

Presque tous ceux qui assistaient à la réunion du soir, le lundi 7 novembre, furent émis jusqu'aux larmes; beaucoup pleuraient de douleur. Avant minuit, la présence de Dieu était si intense qu'on pouvait à peine la contenir. Les gens n'avaient jamais ressenti une repentance aussi profonde ou une joie aussi intense. On ne pouvait pas distinguer ceux qui pleuraient de remords sur leurs péchés de ceux que la proximité de Dieu faisait pleurer d'extase. Il était plus de trois heures du matin lorsqu'on put enfin tenter de clore la réunion.

Le lendemain soir, les gens s'entassèrent dans l'église de bonne heure, simplement pour pouvoir avoir une place. Tout le monde parlait d'un autre grand réveil, peut-être même d'une autre Pentecôte! Mais ce soir-là, la réunion fut froide et sans vie. Ean et quelques fidèles restèrent, presque jusqu'à trois heures du matin, à prier désespérément. Pourquoi le Seigneur était-il parti si vite? Vers 6 heures, Evan et Dan finirent par rentrer se coucher.

À leur arriver chez eux, ils eurent un choc en entendant leur mère crier : « Je meurs! Je meurs! » Comme elle était découragée, elle avait quitté la réunion de bonne heure, la veille au soir. Maintenant, en proie à de grandes douleurs, elle poussait des cris déchirants en déclarant qu'elle sentait tout le poids du calvaire sur son âme. Evan ne fut pas long à comprendre quel était son fardeau, et il commença à prier avec elle. Elle expliqua plus tard qu'après avoir quitté la réunion, la veille, elle avait commencé à ressentir l'agonie du Seigneur au moment où Il avait enduré le froid et la rigueur de Gethsémané, que même Ses disciples avaient été incapables de supporter avec Lui. Elle avait l'impression qu'en quittant l'église à un moment aussi critique pour rentrer dormir, elle avait, comme eux, rejeté l'occasion de rester aux côtes du Seigneur. Elle était brisée. Evan montra de la sagesse. Il ne chercha pas à la réconforter, il essaya de l'aider à se repentir.

Le Saint-Esprit agissait de façon identique sur les autres membres de la communauté. En fait, le Seigneur était présent à cette réunion, mais sous une forme qu'ils n'avaient pas reconnue. Le Seigneur ne vient pas toujours nous stimuler; Il vient parfois dans le silence et exige alors le silence. Quelquefois, Il ne veut pas tant nous parler, que nous apprendre à attendre. Les habitants de Loughor saisirent très vite ce message. C'était maintenant au tour d'Evan d'être surpris par eux.

Au moment précis où Evan et son frère essayaient de s'endormir, ils furent éveillés par un bruit étrange dans la rue. Il était exactement six heures du matin, mais les rues résonnaient du bruit des foules qui se rendaient aux réunions de prière du petit matin. Toute la population de la veille avait réagi en se repentant comme la mère d'Evan et était en train de se laisser transformer en un peuple de prière qui ne s'endormirait plus avant longtemps en la présence de son Seigneur. Ne s’était-il jamais produit une chose semblable auparavant?

7— COMBUSTION SPONTANÉE

Les 9 et 10 novembre, Evan Roberts prêcha à l"église congrégationaliste de Brynteg. Le second soir, toute l'assemblée fut, selon les termes de James E. Stewart, complètement transportés d'émotion spirituelle.

Ce fut ce jour-là qu'on fit, pour la première fois, mention du réveil dans un journal laïc. Bientôt, toute la presse galloise se consacra presque exclusivement à couvrir ce stupéfiant réveil. La nouvelle fut ensuite reprise par presque toute la grande presse mondiale. Le court article qui suit, parut dans The Western Mail de Cardiff, au Pays de Galles.

______________________________________________________________________

AFFLUX DE GRANDES FOULES À LOUGHOR

Les rassemblements durent jusqu'à deux heures et demie du matin.

Un réveil religieux singulier a lieu actuellement à Loughor. Un jeune homme du nom d'Evan Roverts, natif de Loughor provoque depuis quelques jours de grandes surprises à l'église de Moriah. Cet endroit est assiégé par des foules compactes de gens qui ne parviennent pas à entrer. Il règne un tel enthousiasme que les gens font la haie d'un bout à l'autre de la route où se situe l'église. Roberts, qui s'exprime en gallois, commence son discours en disant qu'il ne sait pas ce qu'il va dire, mais que, lorsqu'il entrera en communion avec le Saint-Esprit, le Saint-Esprit parlera et lui se contentera d'être la voix de Sa sagesse. Le prédicateur ne tarde pas à se lancer dans un discours plein de ferveur et parfois d'exaltation. Ses déclarations soulèvent l'émotion de ses auditeurs. Beaucoup qui ont rejeté le christianisme depuis des années, reviennent au bercail de leur jeunesse. Un soir, l'enthousiasme provoqué par ce jeune revivaliste fut si grand, qu'après son sermon qui dura deux heures, la vaste assemblée resta à prier et à chanter jusqu'à deux heures et demie du matin! Les commerçants ferment de bonnes heures, afin d'avoir une place à l'église où les ouvriers sidérurgistes affluent en tenue de travail.

______________________________________________________________________

Le 11 novembre, Moriah grouillait de plus de 800 personnes qui essayaient de se trouver une petite place dans la modeste église. Une très jeune adolescente sembla avoir saisi l'impression générale lorsqu'elle s'écria : « Oh! comment sera donc le ciel si c'est déjà aussi merveilleux ici-bas? »

Dès le lendemain, les réunions de prière attirèrent un tel monde dans l'église que des gens ouvrirent leurs maisons pour qu'on puisse prier dans toute la ville. Au début de l'après-midi, des chariots et des charrettes venus de toute la campagne environnante arrivèrent en foule dans la ville. Le soir, même les maisons qui s'étaient ouvertes aux réunions étaient pleines à déborder, tandis que stationnaient dehors des foules de gens, dont beaucoup tendaient l'oreille pour savoir ce qui se passait à l'intérieur. Les évangélistes couraient d'église en église et de maison en maison. Le salut semblait se répandre dans les rues comme une grande inondation. Ce jour-là, Sam Jenkins, le célèbre chanteur de gospels, se fit entendre pour la première fois dans ce réveil. De l'une des tribunes, il entonna le chant « Sauvé par grâce », que la foule reprit et ne se lassa pas de répéter. Ce soir-là, on entendit aussi, pour la première fois, le célèbre cantique " Lance au large la corde de sauvetage ».

Les réunions de ce dimanche matin se prolongèrent au-delà de cinq heures de l'après-midi. Evan présenta son ami Sydney aux foules de Loughor, puis partit pour Abedare sans avoir pris aucun sommeil. Les épiceries n'avaient plus la moindre nourriture, car les gens venus de loin décidèrent de ne pas rentrer chez eux. Ils avaient l'impression d'avoir trouvé la nuée de gloire et ils ne voulaient plus la quitter.

LES RENCONTRES D'ABERDARE

Le dimanche 13 novembre au matin, Evan Roberts et cinq jeunes filles de dix-huit à vingt ans (Priscilla Watkins, Mary Davies, Livina Hooker, Annie M. Rees et Anne Davies) furent conduits à prendre le train à Swansea pour Aberdare. Ces jeunes filles étaient de Gorseinon, non loin de là, et chacune avait été baptisée du Saint-Esprit. Elles étaient sur le point de porter la flamme du réveil dans toute la Grande-Bretagne au cours des dix-huit mois suivants.

La réunion d'ouverture, ce dimanche, à Aberdare, fut décevante. Les chrétiens de la ville critiquèrent la jeunesse du groupe de réveil et on eut le sentiment que l'Esprit était attristé. Malgré cela, les jeunes évangélistes ne se tinrent pas pour battus. Ils étaient convaincus que c'était Dieu qui les avait envoyés à Aberdare et que Lui seul pourrait les faire partir.

Le lendemain soir, un millier de personnes s'entassa dans l'église congrégationaliste d'Ebenezer. Rien ne donna encore à penser que le Seigneur faisait quelque chose de spécial . Le lendemain, la quasi-totalité de la ville s'abstint d'aller au travail, afin d'assister à la réunion de prière du matin. D'une façon tout à fait inexplicable, sans que personne n'en sache la raison, des foules énormes arrivèrent de partout. Elles attendaient avec une impatience fébrile qui était à son comble, bien que rien de particulier ne soit encore arrivé.

Pendant le service du soir, Evan Roberts fit chanter un cantique qui devait devenir l'un des grands chants du réveil : « Jésus, céleste cavalier, sois le vainqueur, ceint ton épée à ton côté ». Il y eut une explosion spontanée de louange, de prière et d'adoration. Au moment le plus intense de cette réunion, Evan prophétisa, avec beaucoup d'autorité, qu'un réveil arrivait sur tout le Pays de Galles, et qu'ils en étaient seulement à lui ouvrir les portes. Avant la fin des réunions d'Aberdare, toute la Grande-Bretagne savait que le Saint-Esprit était vraiment arrivé au Pays de Galles.

LE RÉVEIL SE RÉPAND

D'aberdare, Evan se rendit dans plus d'une vingtaine de grandes et petites villes dans tout le Pays de Galles. À chaque endroit, le bois sec était prêt, et il se contentait de jeter l'étincelle pour qu'il s'enflamme. La crainte du Seigneur saisissait tout le monde et on sentait partout Sa présence. On commença à faire des réunions de prière spontanément à la mine, dans les usines, les écoles et les magasins. Les parcs d'attractions mêmes étaient remplis d'une crainte respectueuse lorsqu'ils étaient envahis par des brigades d'évangélistes. Les hommes qui entraient dans les tavernes pour prendre un verre, le laissaient sans le boire quand venait sur eux la conviction de la crainte de Dieu.

Le Saint-Esprit déferlait par vagues sur le pays. On pouvait mesurer l'impact de ce mouvement sur la société, à l'influence qu'il exerçait sur le sport préféré des Gallois, le football. Au moment où éclata le réveil, tout le pays avait pour ce sport une passion qui tenait presque de la frénésie. Dans le milieu ouvrier, les hommes semblaient en faire leur unique suet de réflexion et de conversation. Les paries sur les matchs allait bon train. C'est alors que des vedettes parmi les joueurs de football se convertirent et qu'elles se joignirent aux évangélisations dans la rue, pour témoigner des choses glorieuses que Dieu avait faites pour eux. En peu de temps, le Seigneur exerça une telle fascination sur les jours, qu'ils perdirent tout intérêt pour les matchs. Les équipes se dispersèrent et les stades se retrouvèrent vides.

On ne peut se faire une idée de ce miracle qu'en le comparant au fait d'allumer la télévision, un dimanche après-midi, pour regarder un match de première division, et d'entendre en fait un speaker tenter de vous expliquer qu'aucun des joueurs n'est venu : ils sont tous allés évangéliser la ville, leurs supporters aussi! Personnes avaient prêché contre le sport ou le football; mais les gens s'étaient pris d'une telle passion pour le Seigneur que ces matchs ne pouvaient plus intéresser ni les joueurs, ni les spectateurs pendant un certain temps.

On ne trouve probablement nulle part dans l'histoire l'équivalent de ce qui s’est passé au Pays de Galles en un temps si court, sous l'influence du réveil. Ce fut comme si le Pays avait été converti en une journée — et non seulement converti, mais transformé! À mesure que se répandait la nouvelle de ce qui se passait, des hommes et des femmes vinrent du bout du monde pour se rendre compte et il ne semble pas qu'ils aient été déçus par ce qu'ils ont trouvé. Beaucoup ont témoigné avoir été touchés profondément par la présence du Seigneur dès qu'ils ont mis le pied sur le sol gallois. Même les lettres et les télégrammes venus du Pays de Galles semblaient transporter le feu; il suffisait en effet de les lire pour que des âmes soient sauvées et qu'éclate un réveil. On n'avait rien entendu de pareil auparavant, et ce n'était que le commencement.

8— LA SEMAINE DE SILENCE

Durant les trois mois qui précédèrent l'explosion du réveil à Loughor, Evan Roberts avait peu dormi, parce qu'il intercédait pour son Pays de Galles bien-aimé et cherchait à intensifier son intimité avec le Seigneur. Pendant les mois qui suivirent les débuts du réveil, c'est à peine s'il put trouver le temps de manger ou de dormir : des milliers de nouveaux convertis affamés le suivaient partout où il allait. Quand nous prenons le joug du Seigneur et que nous travaillons avec Lui, notre travail, en fait, nous rafraîchit au lieu de nous fatiguer et nous pouvons faire preuve d'une endurance surhumaine. Mais Dieu lui-même s'est reposé après avoir travaillé, et Il a établi le principe que nous devons nous reposer régulièrement de nos travaux. Evan avait violé ce principe, en passant des mois sans se reposer. Dès la fin de février 1905, il était au bord de l'épuisement.

Dieu ne s'est pas reposé le septième jour parce qu'Il était fatigué : « C'est le Dieu d'éternité, l'Éternel, qui a créé les extrémités de la terre; Il ne se fatigue, ni ne se lasse. » (Esaïe 40:28). Et Il ne demande pas à l'homme d'observer le Sabbat, simplement pour qu'il interrompe son travail, mais plutôt pour qu'il se rapproche de Lui, qui est la source réelle de sa subsistance. L'Esprit révéla alors à Evan qu'il devait observer une semaine de silence. Le 22 février, Evan annonça qu'il annulait l'engagement qu'il avait pris d'aller prêché à Briton Ferry. Il resta enfermé dans sa chambre pendant toute la semaine, sans parler à qui que ce soit, même aux membres de sa famille. Il logeait chez des gens, Monsieur et Madame Jones, qui éconduisirent docilement des centaines de gens, entre autres des prédicateurs célèbres et des journalistes venus de partout pour le voir.

Cette semaine de silence, au moment précis où le réveil brûlait de son plus grand éclat, stupéfia le monde presque autant que le réveil. Comment le leader d'un tel mouvement de Dieu pouvait-il se retirer complètement juste au moment de son plus grand succès? Mais Evan savait que ce n'était pas lui qui était à l'origine du réveil. Il savait que si la présence du Seigneur leur était enlevée, ce serait la fin, malgré l'ampleur du travail accompli par lui-même et par les autres évangélistes. L'obéissance vaut mieux que le sacrifice.Evan préféra courir le risque de vexer les plus grands prédicateurs et journalistes du monde, plutôt que celui de déplaire au Seigneur. C'est là la base d'une authentique autorité spirituelle. Le plus grand leader spirituel est celui qui suit le Seigneur dans la plus stricte fidélité.

QUATRE AUTRES PRINCIPES

Evan ne fit pas de révélation publique sur ce qui s'était passé au cours de ses rencontres avec le Seigneur, mais tout le monde remarqua qu'à l'issue de cette semaine d'isolement, son onction était encore plus grande. Dans le journal intime qu'il tint dans toute cette période, Evan nota le cinquième jour quatre principes simples, auxquels il devait s'attacher. Les voici tels qu'il les a formulés :

1— Il faut d'abord que je fasse très attention à faire tout ce que Dieu dit, tout ce qu'Il commande — et uniquement cela. C'est sur ce point que Moïse a commis une faute, il a frappé le rocher.

2— Deuxièmement, je dois apporter à Dieu dans la prière chaque sujet, aussi insignifiant soit-il. Ce fut la perte de Josué : il fit alliance avec les Gabaonites, parce qu'ils avaient feint de venir d'un pays lointain, alors qu'ils habitaient tout près.

3— Troisièmement, obéir au Saint-Esprit.

4— Quatrièmement, Lui rendre toute la gloire.

Le sixième jour de la semaine, il nota dans son journal une prophétie du Seigneur pour lui même : « Voici, je suis l'Éternel qui t'ai sorti de la fosse. Je t'ai soutenu jusqu'à maintenant. Lève les yeux et regarde les champs : Boici, ils sont blancs. Vais-Je te laisser dresser une table devant mes ennemis? Je suis vivant, dit le Seigneur, et les écluses du ciel vont s'ouvrir et la pluie va tomber sur cette desséchée. Le désert va refleurir et la plaine va devenir un lieu d'habitation pour des rois. Du sol va jaillir l'abondance dans sa plénitude et les cieux vont se réjouir devant les richesses cachées de la terre, tout en rendant gloire à Dieu. Ouvre ta main, Je vais la remplir de sagesse. Ouvre ton coeur; Je vais le remplir d'amour. Regarde l'ouest et appelle des milliers; regarde au sud et dis : « Venez »; regarde au nord et dis : « approchez » , et regarde à l'est en disant : « Que le soleil se lève et qu'il répande sa chaleur. Que la vie jaillisse. Que vivent les nations qui ont rejeté mon nom ». Tourne-toi vers les rois et dis-leur; « Humiliez-vous »; vers les dignitaires en disant : « Soumettez-vous »; vers les sacrificateurs en les exhortant : « Rendez justice, manifestez compassion et miséricorde ». Prêtez l'oreille, vous les îles, les mers et les royaumes : Je suis le Tout-Puissant. Lèverai-Je ma houlette sur vous? N'ai-je pas juré par la bouche de mon prophète Esaïe : « Je le jure par moi-même : de ma bouche sort ce qui est juste, une parole qui ne sera pas révoquée : tout genou fléchira devant moi, toute langue prêtera serment par moi » ( Esaïe 45:23)

UN SIGNE PROPHÉTIQUE

Quand les amis d'Evan lui demandèrent plus tard la raison majeure de ce qu'on appela « le silence », il répondit : « Il ne s'agissait pas de donner un moment de repos à mon esprit ou à mon corps, mais de donner un signe. Lorsque j'ai demandé au Seigneur la raison de ces sept jours de silence, Il m'a dit distinctement : « De même que ta langue a été liée sept jours, de même Satan sera lié sept fois. »

Des signes prophétiques comme celui-là demeurent une énigme pour l'esprit naturel. Quand le roi d'Israël vint demander à Élie s'il devait combattre les Araméens, le prophète lui dit de frapper le sol avec son arc et ses flèches. Le roi n'ayant frappé que trois fois, le prophète s'emporta et lui dit que s'il avait frappé le sol cinq ou six fois, il aurait exterminé ses ennemis, mais qu'étant donné qu'il s'était contenté de trois coups, il ne battrait l'ennemi que trois fois (2 Rois 13:14-19). Quel rapport existait-il entre le fait de frapper le sol avec un arc et des flèches et les batailles imminentes du roi? Pourquoi Evan dut-il observer sept jours de silence pour que Satan soit lié sept fois? Le royaume spirituel est beaucoup plus grand que le royaume naturel. L'obéissance aux suggestions de l'Esprit. même à celles qui paraissent les plus anodines peuvent avoir dans le monde spirituel des conséquences absolument incompréhensibles pour l'homme naturel. Ceux qui veulent à toutes leurs forces comprendre les voies de Dieu avec leur intelligence naturelle, trébucheront sur des pierres d'achoppement spirituelles. Le Seigneur nous a avertis dans ces paroles d'Esaïe : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées et vos voies ne sont pas mes voies, oracle de l'Éternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. » (Esaïe 55:8-9)

Les grands mouvements de Dieu exigent une soumission totale aux voies de l'Esprit; mais la chair lutte contre l'esprit et il y en a beaucoup qui ne parviennent jamais à franchir cet obstacle. Seul l'Esprit peut engendrer ce qui est Esprit. Evan Roberts n'a pas eu besoin de faire quoi que ce soit pour recevoir la puissance. Il est allé à l'encontre de presque tous les principes de croissance des églises. Il n'avait ni instruction, ni éloquence. Tout ce qu'il avait pour lui, c'était l'onction, mais il n'avait besoin de rien d'autre! Ceux qui se confient en l'Esprit, dépendent entièrement de l'Esprit. Quand le Saint-Esprit ne venait pas, Evan ne disposait d'aucun autre recours. Il n'avait pas de programme de remplacement, ni de vieux restes de sermons à réchauffer.

Lorsque nous n'avons que le Saint-Esprit, la seule chose qui compte est de Lui obéir. Rares sont ceux qui ont accepté de s'abandonner à ce point à Dieu, et de ce fait, rares sont ceux qui ont vécu en réveil. Quand le Seigneur ne se montre pas dans nos réunions, nous avons de toute façon toujours un assez bon programme de rechange. Si le Seigneur quittait complètement bon nombre d'églises, elles n'en auraient même pas conscience. Mais en revanche, celles qui ont goûté à Sa présence ne peuvent plus désormais se contenter de programmes, au point de se laisser gagner par l'esprit de tiédeur de Laodicée; on commence néanmoins à y voir grandir la soif de la présence du Seigneur Lui-même. L'Église de cette fin des temps va revenir à son premier amour. Elle sera poussée si irrésistiblement à se rapprocher de Lui, qu'il s'approchera d'elle, et cela, à une échelle telle qu'on ne verra plus le grand réveil au Pays de Galles que comme un simple avant-goût de la moisson des temps de la fin.

9— DIEU UTILISE DES HOMMES

Les grands réveils ou les grands mouvements de Deiu, tant historiques que scripturaires, ont presque tous été déclenchés par un seul individu, mais aucun d'eux ne s'est prolongé grâce à un seul individu. Il en a été de même au Pays de Galles. On a reconnu à la quasi-unanimité qu'Evan Roberts avait été le personnage essentiel utilisé à la fois pour allumer et soutenir le réveil, mais que beaucoup d'autres personnes avaient servi à préparer le pays et que d'autres encore avaient propagée la flamme dans tout le pays.

Ce n'est pas la présence d'Evan Roberts qui a amené le réveil, mais la présence de Dieu.

Le plus grand instrument dont se serve le Seigneur est encore « un vase de terre ». Une fois que nous contemplons la gloire de Dieu, nous oublions le vase. À côté du Seigneur Jésus, même le grand apôtre Paul n'est qu'un homme, un vase vide. Mais très peu de gens ont réussi à dépasser l'adoration du temple du Seigneur, pour pouvoir adorer en vérité le Seigneur du temple. Les journalistes et les prédicateurs qui affluaient du monde entier au Pas de Galles, tenaient tous à voir Evan Roberts. Ceux qui participaient au réveil, remarquaient à peine l'arrivée d'Evan à une rencontre. Ils l'aimaient, le respectaient, mais c'était la gloire du Fils de Dieu qui captivait leur coeur. Comme ils étaient devenus amoureux du Seigneur, ils aimaient et honoraient Ses messagers, mais sans pour autant les adorer.

Evan Roberts fut un instrument soumis que le Seigneur a pu utiliser, au même titre qu'une multitude de pasteurs et d'évangélistes qui servirent à engranger une abondante moisson, parallèlement au ministère d'Evan et Dan Roberts, Sydney Evans, Sam Jenkins et les « Singing Sisters ». Le réveil gagna les points les plus éloignés du Pays de Galles sans aucune visite des grands évangélistes. Le réveil au Pays de Galles nous enseigne que Dieu utilise des instruments souverains et qu'Il choisit parfois d'agir souverainement, sans avoir recours à aucun instrument. Le Seigneur ne s'est jamais contenté d'agir selon un plan d'action unique.

LE DÉNOMINATEUR COMMUN

Partout où ce réveil a éclaté, on a pu voir clairement le dénominateur commun : le Fils de Dieu y était élevé et Il attirait tous les hommes à Lui. On se préoccupait de sainteté et d'obéissance, mais la raison principale était que le Fils était saint et que tous voulaient Lui être agréables en toutes choses. La présence du Seigneur était si forte, que personne n'aurait eu idée de parler grossièrement ou de commettre un acte méprisable.

Les gens qui étaient là, ne pouvaient décrire Sa présence que comme absolument indescriptible! Les suggestions du Saint-Esprit étaient si claires, que des milliers de personnes se levaient d'un bond, toutes ensemble, pour louer, dans une unité si parfaite, que ceux qui en étaient témoins, trouvaient cela miraculeux. La gloire du Seigneur sortait parfois de la chaire avec tant d'éclat, que l'évangéliste ou le pasteur battait précipitamment en retraite de peur d'être complètement submergé. Beaucoup ont témoigné qu'ils ne pouvaient supporter l'éclat de la gloire de Dieu qui descendait sur certaines réunions.

Des milliers de jeunes convertis se répandaient à travers le pays, en prêchant la bonne nouvelle qu'ils venaient de trouver.Ils ne disposait d'aucune autorité ou recommandation venue des hommes; tout ce qu'ils avaient, c'était le Saint-Esprit et cela leur suffisait. On voyait se reproduire le livre des Actes en bien plus grand. De jeunes enfants gagnaient beaucoup d'âmes à Christ. Des nouveaux convertis conduisaient de grandes réunions de prière et des études bibliques. Il arrivait parfois que ceux qui assistaient aux unes et aux autres, dans une même ville, descendent tous en même temps dans les rues, à la suite d'un chef invisible, et marchent ensemble dans la ville en chantant des louanges au Seigneur, jusqu'au petit matin.

Dans les journaux les plus importants et les plus influents, il ne fut bientôt presque plus question que du réveil. Les grands titres sur les crimes, la violence et les scandales furent remplacés par les dénombrements des conversions, les nouvelles des rassemblements, les paroles de nouveaux cantiques, et des cartes du réveil qui donnaient le détail des endroits où l'action du Saint-Esprit était la plus intense. La publicité pour l'alcool disparut, et les grands panneaux publicitaires furent tous rachetés par des éditeurs chrétiens qui s'efforçaient de faire face à la demande de bibles et de carnets de chants.

Les comptes rendus suivants ont été tirés d'un journal, et rassemblés par James E. Stewart sous le titre « Faits et gestes des églises. » Ils sont ensuite parus dans son ouvrage « L'invasion du Pays de Galles par le Saint-Esprit » (Revival literature, p.52-57).

BLAENAVON : Samedi soir, un groupe de jeunes garçons entre quatorze et seize ans a tenu des réunions de prière en divers endroits des rues principales.
DOWLAIS : Lors d'une récente réunion de prière, à laquelle n'assistaient pas moins de 214 personnes, la séance s'est transformée en un immense cours biblique. Ce grand intérêt pour les Saintes Écritures est le fruit du réveil actuel.
BRYNCETHIN : Des réunions se tiennent ici tous les soirs depuis quinze semaines et beaucoup de convertis sont venus se joindre aux églises libres. Il a été décidé de donner des cours bibliques deux soirs par semaine pour enseigner ces jeunes convertis et les cours sont largement suivis.
RHOS : Les gens continuent à venir en grand nombre de la région des Lacs, de Birkenhead, Liverpool et des districts environnants pour prendre part à la réunion de réveil.
TREMADOC : Le réveil a produit et continue à produire ici des fruits visibles. Les églises sont pleines à craquer jusqu'à deux et trois heures du matin.
NEWBRIDGE : Un officiel de la mine de Colynen, à qui on demandait comment se manifestait la ferveur religieuse au fond de la mine, a répondu : « C'est un temps béni. Quand je fais ma tournée d'inspection maintenant, il m'arrive rarement d'entendre blasphémer et jurer. Il y a une glorieuse amélioration. »
CARDIGAN : À l'église méthodiste calviniste du Tabernacle où le révérend Seth Josuah conduisait une mission, une réunion s'est prolongée au-delà de minuit. Elle a été merveilleuse et on se la rappellera longtemps à cause de l'effusion du Saint-Esprit. La plupart des 1,200 personnes présentes sont tombées à genoux en même temps et sont restées environ deux heures dans cette attitude. On sait que beaucoup parmi elles ont accepté Christ.
HOLYHEAD : Dans cette grosse ville, on ne trouve plus d'hommes en état d'ébriété, ce qui facilite la tâche de la police. On dénombre 500 convertis.
PONTYPOOL : Le zèle missionnaire est grand parmi les 200 convertis du Tabernacle; à une toute récente réunion, il a été décidé de les répartir en groupes et d'organiser des rencontres dans différentes maisons. Le tapage nocturne brille maintenant par son absence et on met sur le compte de l'influence bénéfique du réveil, le fait qu'il n'est pas survenu une seule bagarre dans le bas de la Grande Rue, qu'on a toujours considérée comme le ring de Pontypool.
COEDBOETH : Ce coin tranquille connaît une forte visitation spirituelle depuis trois mois. Le nombre total des convertis s'élève maintenant à 210 et on en attend beaucoup plus. Trois soirs par semaine, il y a une réunion de prière commune, et les autres soirs, chaque église se réunit dans son propre lieu de culte. On a pu voir des scènes remarquables. Les femmes ont des réunions quotidiennes, matin et soir. Jennes gens et jeunes filles prêchent dehors avec beaucoup de succès et de nombreux ivrognes se convertissent. La vie d'églises entières est réformée.
BLAENAVON : Toutes les églises de la ville ont récemment organisé une procession commune dans les rues et viennent de programmer une seconde marche.
BERTILLERY : La semaine de rencontres spéciales a abouti à 1,500 conversions.
BRITHOIR : La réunion près de la gare, qui prolongeait celle du matin, a été suivie par bien des gens sortis des clubs et des cafés. Elle s'est prolongée jusqu'aux environs de minuit. Les gens se sont ensuite rendus à l'église toute proche, pour ne se séparer qu'à deux heures du matin.
AMMANFORD : Il est impossible à une demi-douzaine de jeunes de se rencontrer par hasard dans la rue sans se mettre è louer. Dernièrement, un groupe d'enfants s'est retrouvé à la Croix et s'est mis à chanter et louer. Plus tard, des hommes et des femmes se sont joints à eux, et cela a fini par une impressionnante réunion de prière en plein air. Ammanford est une fille nouvelle. Des jeunes, pleins de zèle, font souvent cinq à six kilomètres à pied pour franchir la montagne et aller tenir des réunions dans les villages, les fermes et les hameaux. TREHARRIS : À l'église baptiste galloise de Rrynhyfed, 40 candidats se sont fait baptiser dernièrement, ce qui porte à 138 le total des baptêmes. 220 personnes viennent d'être sauvées dans cette église.
RHONDA VALLEY : Tous les matin, à 5 heures, il se déroule ici une scène que l'on peut observer chaque matin dans des douzaines de mines du sud du Pays de Galles. Des quantités de mineurs se retrouvent à la fin de leur travail de nuit, avant de rentrer chez eux. Le surveillant entonne un cantique : « Dans le puissant et profond océan », qui fait écho dans le puits. Un vieil homme dont les chevaux grisonnants sont noircis par la poussière de charbon, tombe à genoux pour prier. D'autres l'imitent. Ce culte attire des mineurs des différentes galeries et on voit des lampes approcher du temple improvisé en clignotant. « Maintenant, les gars. que ceux qui aiment Christ, lèvent leur lampe! » s'écrie un jeune mineur. Immédiatement, des quantités de lumière se mettent à clignoter dans l'air et la mine commence à résonner d'un autre chant de reconnaissance.
À BERTILLERY (à nouveau) : Le travail continu. Il s'est passé de grandes choses dans la salle de l'Armée du Salut, et des réunions se déroulent tous les soirs dans pratiquement toutes les églises du voisinage. On compte maintenant 2,500 convertis.
ANGLESEY : L'île d'Anglesey a été bouleversée de bout en bout par le réveil. Les 55 églises méthodistes ont eu 1,116 convertis; 15 églises indépendantes en ont eu 276; on en a compté 366 dans les 24 lieux de culte baptiste, et 116 dans les 8 églises wesleyennes, ce qui fait un total de 1,874 convertis pour les 102 églises.
CARNAVON : Un bon groupe de missionnaires volontaires, 150 membres des églises de la ville, a entrepris de faire du porte-à-porte pour inviter les gens à venir à l'église.
FERVEUR DU RÉVEIL À DURHAM (Angleterre) : La ferveur du réveil continue à se répandre au nord-ouest de Durham, qui se situe au nord de l'Angleterre. Ceux qui s'intéressent à ce mouvement depuis longtemps, ne se souviennent pas avoir vu de réveil aussi général dans les 20 dernières années. Il a produit un bouleversement qui alimente les conversations dans toute la région. Il se passe des choses merveilleuses dans toute la ville et chaque soir les églises sont bondées de gens qui trouvent le salut.
GARW VALLEY : Des réunions ont lieu au fond de presque toutes les mines de charbon. Les premiers convertis sont ceux qui ont le plus de zèle à évangéliser et leurs efforts sont couronnés de grands succès. À l'une de ces réunions au fond du puits, on a compté jusqu'à trente-six hommes qui ont livré leur vie à Christ.
GARNDIFAITH : 40 conversions ont été recensées à Pisgah. Un homme de 70 ans s'est levé et a confessé Christ comme son Sauveur. Même tardivement, il s'est senti heureux d'avoir enfin trouvé la paix et la joie. Un jeune homme avait prié pour son père et demandé que sa requête soit exaucé ce soir-là. Son père est arrivé juste à ce moment et il s'est repenti pleinement. Un homme, grand, ivrogne et blasphémateur, qui avait alors réduit sa femme et ses enfants à la famine en s'abstenant d'aller travailler pendant des semaines, a fini par se rendre à l'une des réunions et le visage ruisselant de larmes, il a demandé pardon à grands cris. Il a prié que Dieu se révèle au coeur de sa femme, et bientôt, elle implorait à son tour son pardon. Il s'est élevé une clameur de joie et de louange.
GLYNNEATH : Les deux églises indépendantes ADDOLDY ET CAPEL-Y-GLYN qui étaient en mauvais termes depuis près de vingt ans, se sont réconciliées et ont tenu des réunions communes. Les deux pasteurs se sont serré la main devant une église réunifiée de presque 400 membres.
MAFOD : Des réunions de prière, au fond du puits Trevor, ont été conduites par Mr W. Rogers connu de tous comme « le footballeur converti ».
PENTRE : Les pasteurs de toutes les églises ont échangé leurs chaires pendant une journée, dans le but de supprimer les dénominations.
MAESTEG : Un agent d'assurance a confié à un journaliste que dans presque tous les foyers qu'il a contactés après Noël, il a été accueilli par la femme avec un sourire heureux et ces mots : « C'est le plus beau Noël que nous ayons jamais eu ». Leur mari s'était converti et avait cessé de gaspiller l'argent du foyer en paris et en boissons.
CARNABON : Il vient de nous parvenir des détails sur des réunions extraordinaires. l'influence du Saint-Esprit se fait sentir très puissamment sur les hommes comme sur les femmes. Des hommes robustes pâlissent et se mettent à trembler. Des jeunes gens et des femmes prennent d'assaut les portes du ciel avec une importunité irrésistible et d'écrasantes victoires. L'assemblée tout entière fond en larmes ou éclate en sanglots violents. Des multitudes découvrent le Seigneur. Deux personnes bien connues pour leur dépravation se sont avancées, sont tombées à genoux et ont commencé à se frapper la poitrine.

Le registre de la Société Biblique révèle que le chiffre des ventes de Bibles a plus que triplé depuis le début du réveil. Les libraires disent qu'ils n'ont désormais plus de problème pour vendre des Bibles; il s'agit maintenant d'en trouver.

On raconte la charmante histoire d'un enfant de quatre ans, en classe maternelle, qui a levé la main pour attirer l'attention de la maîtresse : « Oui? » demanda-t-elle! « Qu'y a-t-il? »
La question a jailli, vive et efficace : « Maîtresse, est-ce que tu aimes Jésus? »

La flèche a fait mouche. La maîtresse a donné sur-le-champ sa vie au Seigneur et plus tard, elle est partie en Inde comme missionnaire.

Quelqu'un a surpris une conversation entre deux enfants :
— « Sais-tu ce qui s'est passé à Rhos?
— Non! Tout ce que je sais, c'est que maintenant c'est tous les jours dimanche!
— Alors, tu ne sais pas?
— Eh bien! Jésus-Christ est maintenant venu habiter à Rhos. »

Winkey Pratney a trouvé et rapporté dans son livre « Réveil » l'article de journal qui suit (Revival — Whitaker House p.190-191) :
La scène est presque indescriptible. Des rangées et des rangées d'hommes et de femmes remplissaient absolument toute la salle. Ceux qui n'avaient pas réussi à entrer, restaient à l'extérieur et écoutaient aux portes. D'autres se ruaient vers les fenêtres où l'on pouvait presque tout entendre. Lorsque le service commença, à sept heures du matin, il devait bien y avoir 2,000 personnes présentes. L'enthousiasme ne connaissait pas de borne. Des femmes, debout, criaient au point d'avoir le visage ruisselant de sueur; puis elles bondissaient, à tour de rôle, pour donner un témoignage. L'une d'elles parla d'une voix chevrotante de la vie d'alcoolique. Un mineur en activité s'exprima comme un orateur chevronné. On peut imaginer quel effet produisit le témoignage d'une bohémienne convertie, lorsque tout endimanchée, elle parla de son retour à une vie honnête et de sa repentance. À dix heures, la réunion n'avait rein perdu de son enthousiasme. Les gens faisaient monter une prière après l'autre. À plusieurs reprises, les quatre pasteurs qui étaient dans la chaire, tentèrent de lancer un chant; mais ce fut en vain. Le réveil s'est saisi des gens et Mr Roberts lui-même est incapable d'y mette un frein. Son dernier converti est un agent de police qui, après s'être plaint que la religion était montée à la tête des gens, et qu'il n'y avait donc rien à faire, est venu pour se faire sa propre opinion : il a fondu en larmes, confessé son erreur et il s'est repenti.

Wiliam T. Stead, le rédacteur en chef de la célèbre « Pall Mall Gazette » était considéré par certains comme l'homme le plus puissant d'Anglerre à cette époque. Il alla en personne se rendre compte de ce qu'était le réveil et le journal « London Methodist Times » rapporta l'interview qui eut lieu à son retour (pubié dans « le grand réveil du Pays de Galles » — S. B. Shaw — p. 56) :
— « Eh bien, Monsieur, vous êtes allé voir le réveil. Qu'en pensez-vous?
— Monsieur, répondit M. Stead, la question n'est pas ce que j'en pense, mais ce qu'il pense de moi, de vous et de tout le monde. Car ce réveil, c'est quelque chose de très réel, de vivant, qui a une puissance et une emprise fort capables d'empoigner bon nombre d'entre nous qui n'ont été jusqu'ici que des spectateurs.
— Alors, croyez-vous qu'il est en marche?
— Un réveil ressemble à une révolution. Il a un côté merveilleusement contagieux.
— Vous parlez comme si vous redoutiez qu'il croise votre route.
— Non, pas du tout. « Redouté » est un mot inapproprié. « Éprouver une crainte mêlée de révérence » correspondrait mieux à ce que j'éprouve. Car vous vous trouvez en face de l'inconnu. Vous avez lu des histoires de fantômes; vous pouvez imaginer ce que vous éprouveriez si vous étiez seul, à minuit, dans la chambre hantée de quelques vieux châteaux, en entendant un pas lent, glissé furtivement dans le couloir, où est censé se promener le visiteur de l'au-delà. Si vous allez au sud du Pays de Galles et y observez le réveil, c'est un peu cce que vous allez ressentir. On y trouve quelque chose qui vient d'un autre monde. On ne peut pas dire d'où ça vient, ni où ça va, mais ça bouge, ça vit, ça cherche constamment à vous atteindre. Vous voyez des hommes et des femmes s'effondrer en sanglotant de douleur, devant vos yeux, quand la main invisible leur empoigne le coeur. Et vous frissonnez. C'est assez dur, je vous assure! Si vous n'aimez pas les émotions fortes, mieux vaut vous abstenir!
— Mais il ne s'agit pas que d'émotion? N'y a-t-il pas d'enseignement?
— Fort peu! Croyez-vous que c'est ce que cherchent les gens dans le réveil? Ces gens, tous les habitants d'un pays comme le nôtre, ont été enseignés jusqu'à la nausée, gavés de sermons au point qu'ils ne leur font plus d'effet. Ils connaissent toutes les vérités essentielles. Ils savent qu'ils ne vivent pas comme ils le devraient, et aucun enseignement, quel qu'il soit, n'ajoutera quelque chose à cette conviction.
— Alors, si je comprends bien, votre impression définitive a été favorable?
— Comment pourrait-il en être autrement? N'ai-je pas senti cette main invisible me tirer? N'ai-je pas entendu éclater la joyeuse mélodie qui saluait la confession de gens qui avaient assurément trouvé le salut? Bien sûr, cela ressemble beaucoup à ce que j'ai vu à l'Armée du Salut. Et j'ai été enchanté de voir que les églises du Pays de Galles reconnaissent enfin l'égalité des ministères masculins et féminins... en outre, il y a partout une merveilleuse spontanéité et jusqu'ici, les fruits sont bons et ne sont que bons.
— Cela va-t-il durer?
— Rien ne dure à jamais dans ce monde qui bouge... Mais s'il reste semblable à tous ceux qui l'ont précédé, ce réveil religieux aura une influence bénéfique sur la vie d'innombrables hommes et femmes qui vivront, peineront et feront tourner ce monde créé par Dieu longtemps après que vous et moi serons allés rejoindre nos ancêtres. »

Les hommes politiques, les hommes d'État, les intellectuels et les leaders religieux rivaux, même les plus puissants, eurent du mal à nier l'impact du réveil sur tout le Pays de Galles. On payait ses dettes, on rendait les marchandises volées, et on oubliait le chemin des tavernes qui fermèrent. Il surgit un sérieux problème à la mine, car les chevaux avaient été dressés à obéir aux jurons des conducteurs, et comme les condcteurs ne juraient plus, les chevaux devinrent incapables de comprendre les ordres!

Les réunions politiques furent ajournées, parce que les membres du Parlement étaient en réunions de réveil. Les compagnies théâtrales cessèrent de venir au Pays de Galles, car elles n'avaient personne pour assister à leurs spectacles. Les magistrats se présentèrent avec des gants blancs dans beaucoup de villes pour montrer qu'il n'y avait plus d'arrestation. Les prisons s'étaient vidées. Les universités furent le théâtre de scènes de réveil jour après jour pendant des mois. On recensa dans les journaux plus de 70,000 noms de nouveaux convertis en l'espace de deux mois seulement.

10— ILS SE CHARGÈRENT DE LA CROIX

Ils perdaient toute notion du temps de ses impératifs pendant les réunions. Lorsqu'on avait annoncé qu'elles commenceraient à une certaine heure, les gens se rassemblaient longtemps à l'avance. Nul ne savait quand elles prendraient fin, et les horloges étaient devenues des objets tout à fait inutiles. Les réunions débutaient dès qu'une partie de la congrégation était rassemblée. Il leur était impossible d'attendre un leader.

Peut-être n'a-t-il jamais existé de mouvement religieux aussi libre vis-à-vis de la direction spirituelle de ses responsables. Quand la réunion de dix-neuf heures libérait ses multitudes à trois heures du matin, une autre foule se préparait déjà à pénétrer dans l'église pour participer à la réunion de prière matinale! Dans bien des villes, le travail cessait à l'arrivée des évangélistes. Usines et magasins fermaient parfois des jours durant pour permettre aux gens d'assister aux réunions.

Un célèbre journaliste du grand quotidien « London Daily » assista à des réunions du jeune prophète de Loughor dans le but de décrire aux Londoniens les scènes incroyables dont ils avaient entendu parler. Il écrivit :
" J'ai découvert que la flamme de l'enthousiasme religieux gallois n'a pas plus de fumée que son charbon. Il n'y a ni publicité, ni fanfare, ni affiche. Tout l'attirail du spectacle organisé (les réunions classiques) brille par son absence. Il n'y a pas de musique instrumentale. Les orgues restent inutilisés. Les instruments ne sont pas nécessaires, car de partout montent les puissantes vibrations d'une foule en prière, mais d'une foule qui chante tout en priant.

Les énormes assemblées ont une attitude aussi raisonnable et pondérée, et au moins aussi respectueuse que toutes celles que j'ai vues sous le dôme de la cathédrale Saint-Paul. Les gens s'entassent sur d'interminables rangées, du début de l'allée centrale surpeuplée jusqu'à la tribune la plus élevée, assis ou debout selon le besoin, des centaines d'hommes à l'air grave et de femmes absorbées dans leur méditation, les yeux rivés sur l'estrade ou LA PARTIE DU BATIMENT OU SE PASSE L'ESSENTIEL DE L'ACTION DANS CETTE RÉUNION. L'assemblée se compose, en grande majorité, de vigoureux jeunes mineurs.

Evan Roberts a pour mot d'ordre : « Il faut obéir à l'Esprit », et il se montre aussi obéissant que le plus humble de ses auditeurs. Personne ne se sert de livre de chants ; personne n'annonce de cantique. Et Evan Roberts est bien le dernier à contrôler la réunion. On a l'impression que les milles à quinze cents individus présents ne sont plus qu'une personne avec des quantités de têtes, mais avec une seule âme. On peut voir ce qu'ils appellent « la puissance de l'Esprit » agir sur l'assemblée à la façon d'une brise qui joue sur la surface d'un étang. Dimanche soir, on en a eu un exemple tout à fait remarquable : l'assemblée a cédé à une impulsion spontanée, non seulement de ceux qui étaient à l'intérieur, mais de la foule massée à l'extérieur, faute de place dans le bâtiment. Par deux fois, l'ordre de la réunion, si toutefois on peut parler d'ordre, fut modifié par la foule qui se trouvait à l'extérieur : prise d'une impulsion soudaine, elle entonna, de son propre chef, un cantique qui fut immédiatement repris par l'assemblée à l'intérieur. À l'une de ces occasions, Evans était en train de prêcher. Il s'effaça aussitôt et tout le monde se mit à chanter.

Il éclate toujours au cours de la réunion un chant de compassion et de consolation qui dure jusqu'au moment où le soliste à genoux retrouve son souffle, et se lève pour chanter.

La prière et le chant sont l'un et l'autre magnifiques. Mais plus impressionnantes encore sont les pauses qui surviennent lorsque l'assistance devient incapable de dire une parole : les sanglots qui brisent de temps à autre ce silence, sont alors noyés sous une tempête de mélodies. L'orgue est inutile. C'est l'assemblée qui devient son propre orgue, lorsque mille à quinze cents coeurs expriment leur affliction ou leur jubilation dans la psalmodie sacrée de leurs collines natales.

La repentance, la confession publique, la prière d'intercession et surtout cette extraordinaire liturgie musicale — une liturgie non écrite, mais un choeur chargé de puissance et de ferveur, s'amplifiant comme le tonnerre; il s'y glisse de temps à autre la note flûtée des Singing Sisters dont les mélodies ont la douceur et la spontanéité de celles de la grive dans les bois ou du martinet dans le ciel. Et toute cette foule qui frémit, vibre, chante, prie et connaît des transports de joie, ressent profondément la puissante influence d'une réalité invisible qui se manifeste pour la première fois au milieu d'elle, de façon évidente bien qu'intangible. Cette réalité, elle lui donne le nom d'ESPRIT DE DIEU.

LA CROIX ÉTAIT AU COEUR DU RÉVEIL

Le texte qui suit, une prière d'Evan Roberts, qui a été conservée, évoque en peu de mots le thème majeur et la dévotion principale des évangélistes du réveil : « Seigneur Jésus, aide-nous maintenant par le Saint-Esprit à venir en présence de la croix. Quels que soient les obstacles, nous prenons l'engagement de Te servir. Couvre-nous de Ton sang. Oh! Seigneur, couvre de Ton sang toute notre vie passée jusqu'à cet instant. Nous Te remercions pour Ton sang. Au nom de Jésus-Christ, nous lions maintenant le diable. Nous nous tournons vers la croix de Christ. C'est notre croix et nous prenons sa victoire.
Révèle la croix par le nom de Jésus. Oh! Ouvre les cieux. Descends sur nous maintenant. Déchire nos coeurs; donne-nous une vision du calvaire qui nous brise le coeur. OH! SEIGNEUR! Descends maintenant; ouvre nos coeurs pour qu'ils accueillent le coeur dont le sang a coulé pour nous. S'il faut devenir fou, rends-nous fous pour Toi. Prends-nous, esprit, âme, et corps. NOUS SOMMES À TOI. Tu nous as achetés.
Révèle-nous la croix pour l'amour de Jésus — la croix qui doit vaincre le monde. Couvre-nous de Ton sang. Garde-nous de nous soucier du qu'en-dira-t-on. Oh! parle, parle, parle, Seigneur Jésus. Tes paroles sont vraiment comme « du vin ». Oh! révèle-nous la croix, bien-aimé Jésus, la croix dans toute sa gloire.
Règne sur tous les coeurs, pour l'amour de Jésus. Aide-nous, nous t'en prions, Seigneur, à voir le Seigneur pendant son agonie. permets-nous de le voir vaincre les armées des ténèbres. Revendique Ta victoire pour Ton Fils maintenant, Seigneur. Il est digne d'avoir la victoire. TU ES LE DIEU TOUT-PUISSANT. OH! REVENDIQUE LA VICTOIRE. Nous rendrons toute la gloire à Ton nom. Toi seul as droit à la gloire. Prends-la, Seigneur. Glorifie Ton Fils dans cette réunion. OH, SAINT-ESPRIT, agi par nous et en nous maintenant. Parle avec puissance pour l'amour de Ton nom. Amen, amen! »

L'amour de Jésus, Ses souffrances, La mort et Sa résurrection étaient le thème de toutes les réunions, de tous les sermons, de toutes les prières, et sont devenus la passion de tous les coeurs. Les gens ne se convertissaient pas à une nouvelle doctrine, à une dénomination, à une personnalité, ni même à un nouveau mouvement; ils se convertissaient à Jésus. Les responsables du réveil s'en tenaient rigoureusement à cette exhortation de Paul :
« Pour moi, frères, quand je suis allé chez vous, ce n'est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n'ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. » (1 Corinthiens 1:2)

Les conversions du Pays de Galles étaient plus que des statistiques; c'étaient des « nouvelles naissances ». Hommes et femmes changeaient si radicalement que l'expression « naître de nouveau » n'avait rien d'un cliché — c'était une réalité. La première rencontre du nouveau converti avec le Seigneur ne comportait pas de promesse de bénédiction, c'était une prise de conscience déchirante de son état de péché. Lorsque l'Esprit les poussait à venir aux sources du salut, les convertis ne se contentaient pas de faire connaître leur « décision » en levant la main du fond de la salle. Ils étaient tenaillés par un besoin si désespéré de la miséricorde du Sauveur, qu'ils s'effondraient par terre comme en proie à une douleur physique. Ceux que saisissait la conviction de péché, pleuraient en se tordant de douleur, jusqu'à ce qu'ils aient reçu l'assurance qu'ils étaient pardonnés; leur affliction se transformait alors en une joie tout aussi intense qu'ils étaient incapables de maîtriser. Quand l'assistance commençait à se disperser, le plus souvent vers deux ou trois heures du matin, les nouveaux convertis ne pouvaient se résoudre à partir; ils continuaient à chanter, à prier et parfois à rire sans pouvoir s'arrêter, jusqu'au début de la réunion de prière du petit matin.

11— UNE NATION PEUT-ELLE NAÎTRE DE NOUVEAU

Le réveil a eu sur le Pays de Galles des répercussions qui ont été exceptionnelles dans toute l'histoire. Les deux premiers grands réveils ont, sans aucun doute, modifié les codes génétiques de Grande-Bretagne et d'Amérique, mais l'histoire ne cite aucun autre cas où la société ait connu des changements comparables à ceux du Pays de Galles. Certaines des moyennes et grandes villes qui étaient auparavant au bord de l'anarchie — la criminalité croissante devenant difficilement maîtrisable — n'enregistrèrent pas une seule arrestation au cours du réveil. D'autres n'en signalèrent qu'une ou deux, uniquement pour des cas d'ébriété publique. Beaucoup de prisons restèrent complètement vides.

Avant le réveil, l'alcoolisme et le jeu avaient presque atteint les proportions d'un fléau. Pendant le réveil, les tavernes furent fermées ou transformées en salles de réunion. Au lieu de gaspiller leur salaire à boire et à jouer, les ouvriers commencèrent à le rapporter chez eux et à le donner à leur famille. Grâce à la conviction du Saint-Esprit, la repentance produisit le fruit de la restitution et des dettes impayées furent réglées par des milliers de jeunes convertis. Ces deux facteurs eurent, à eux seuls, un impact considérable sur l'économie de la communauté tout entière.

Les célèbres festivals de chant gallois, si populaires auparavant, n'eurent pas lieu pendant le réveil, parce que leurs meilleurs groupes, comme les « Sankeys » ou les « Alexander » chantaient maintenant dans les réunions du réveil. Les théâtres et les stades fermaient également; ils ne suscitaient plus d'intérêt. Les réunions politiques furent annulées ou désertées. Bon nombre d'élus, même à Londres, renoncèrent à leur siège parlementaire, afin de pouvoir assister aux réunions du réveil. Les entreprises fondées sur des commerces ou des produits honorables prospérèrent; celles qui tiraient leurs profits du vide firent faillite. Peut-être n'a-t-on encore jamais vu au cours de l'histoire, un réveil spirituel transformer toute une société aussi profondément et en un laps de temps aussi court!

COMMENT LE RÉVEIL A TOUCHÉ L'ÉGLISE

L'effet le plus marquant de ce réveil sur l'Église a été la destruction complète de tous les préjugés des églises et des barrières dénominationnelles, lorsque croyants et pasteurs de toutes dénominations se sont réunis pour adorer ensemble le Seigneur. Les querelles entre chrétiens d'un même secteur ont été oubliées ou réglées instantanément dès que la gloire de Dieu a mis en lumière leur côté incompréhensible et mesquin.

La confession des péchés a été un trait exceptionnel du réveil; elle a débordé des inconvertis sur les convertis qui ont été brisés et humiliés par la révélation de la croix de Christ. Il leur semblait impensable de garder de l'amertume et du ressentiment, puisqu'ils étaient tous obligés de recourir à la grande miséricorde et à l'immense amour de Seigneur. Cette unité n'est pas venue de la persécution, mais de la gloire et de la présence du Seigneur. L'histoire nous donne ici un exemple éloquent de la manière dont nous jetterons toutes nos couronnes personnelles aux pieds de l'agneau quand Il entrera dans Son Église.

Des églises qui s'étaient donné du mal pour rester ouvertes aux quelques croyants qui assistaient encore à leur culte, devaient maintenant faire face au problème de l'accueil des multitudes qui remplissaient à l'excès désormais même les réunions de prière. Aucune des églises galloises n'était vraiment prête pour un réveil de cette ampleur. Certains des pasteurs tentèrent de s'occuper de tous les nouveaux convertis et de veiller à ce qu'ils soient intégrés correctement dans leur église, mais la plupart furent incapables de maîtriser ce glorieux réveil.

Quelques pasteurs s'épuisèrent rapidement en voulant en faire trop. En fait, le réveil aurait probablement pu durer beaucoup plus longtemps, si les responsables avaient mieux dosé leurs efforts. Comme l'a dit Charles Finney : « Aucun réveil ne peut durer, si ses ouvriers n'apprennent pas à se reposer. » Les véritables réveils soumettent les assemblées et les chrétiens qui y travaillent à des tensions auxquelles ils ne sont pas préparés. Presque toutes les églises ou assemblées missionnaires ont vécu une croissance spectaculaire et vue souvent doublée ou même quadruplez le nombre de leurs membres : nombreuses sont celles qui ont réussi à les garder encore des années, une fois le réveil fini.

Cependant, des quantités de gens qui avaient été touchés par le réveil et qui avaient rencontré réellement le Seigneur, sont retournées dans le monde, parce qu'il n'y avait pas assez d
_________________
Pharos : un phare qui éclaire dans le noir et qui guide à bont port. Gloire au seigneur Jésus notre lumière.
Back to top
25/09/2017 10:11:20
Auteur Message
Contenu Sponsorisé

Sujet du message: LE MONDE EN FEU (PREMIÈRE PARTIE)
Back to top
Page 1 sur 1
Sauter vers:  
Montrer les messages depuis:
Back to top
Poster un nouveau sujet     Répondre au sujet
Toutes les heures sont au format GMT - 5 Heures