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Connaître Jésus et se faire connaître en Jésus. Une simple communion fraternelle inspirée de l'Esprit.
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PARLE-MOI DE JÉSUS Index du Forum LA BIBLIOTHÈQUE DU FORUM (études) Philadelphie
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23/04/2006 08:00:18
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Pierre Sabourin
Votre hôte

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Sujet du message: Philadelphie
Philadelphie

Source : http://www.fondamentalisme-chretien.org/article.php3?id_article=551

Un incrédule élèvera des doutes sur toute chose, mais il n’établit rien ; or nous avons besoin de quelque chose qui soit certain ; du moment où nous avons la personne de Christ, nous avons la vérité...

Si nous portons nos regards en arrière vers la marche générale des premières églises, nous y voyons la déchéance, puis l’effort de l’ennemi pour corrompre ; ensuite des avertissements, mais ici un résidu consolé. Ce qui caractérise ces fidèles, c’est que, tout en n’ayant que peu de force, ils sont néanmoins en rapport intime avec Jésus Christ lui-même. Ce qui, dans la première épître de Jean, caractérise les pères en Christ, c’est la connaissance de Celui qui est dès le commencement.

De même, à Philadelphie, nous trouvons peu de force, mais le non reniement de Son nom. L’épître à l’Eglise, le fondement de la déclaration qui lui est faite, est en rapport avec Christ ; c’est Christ lui-même : ce n’est pas une question de puissance.

Mais quand tout va mal, comme dans la première épître de Jean, où il y avait beaucoup d’Antichrists, il y avait des fidèles qui possédaient ce qui les rendait capables de dévoiler le séducteur ; car "celui qui est né de Dieu se conserve lui-même et le méchant ne le touche pas". Sentant qu’il n’y a point d’espoir maintenant d’une restauration de l’Eglise, en tant que pouvoir manifesté, ce qui caractérise l’église de Philadelphie, c’est de garder la parole de la patience de Christ. Le nom de Celui qui est le saint et le véritable, est imprimé sur elle.

Dans la manière dont Christ est présenté, il n’est pas question de puissance, comme dans Sardes, mais de l’infaillible certitude de ce qu’il a été dans son caractère et de ce qu’il a dit : Celui qui est le saint et celui qui est le véritable. Quand tout allait mal autour d’eux, ils avaient à s’attacher à la simplicité qui était en Christ, comme dans l’épître de Jean : "Lui est le Dieu véritable et la vie éternelle. Enfants, gardez-vous des idoles". Ils avaient reçu la vie éternelle dans leurs âmes, et l’ayant touchée de leurs mains, l’ayant vue par la foi, ils pouvaient dire qui était ce véritable, et ils pouvaient dire aussi : "C’est le saint", car il n’est pas seulement celui qui a le pouvoir, mais "il est le saint".

Remarquez aussi que ces caractères de Christ ne font pas partie de sa gloire, dont il est parlé au premier chapitre, mais ont rapport à son caractère moral, discerné par le fidèle exercé dans sa foi. Mais les saints ici avaient "gardé la parole de la patience de Christ", et lorsque la parole de Dieu est appréciée comme telle, le caractère de Christ lui-même gouverne l’âme ; ses préceptes deviennent notre autorité, et Christ lui-même personnellement règle les affections du coeur.

La parole de Dieu lie l’âme avec Christ tel qu’il était et tel qu’il est ; elle nous donne précisément un Christ écrit (voyez Matthieu 5) : "Bienheureux sont les pauvres en esprit" ; et qui est pauvre en esprit comme Christ ? "Bienheureux ceux qui sont purs de coeur" ; et qui est aussi pur que lui ? "Bienheureux les débonnaires" ; et qui est débonnaire comme lui ? "Bienheureux ceux qui procurent la paix" ; n’était-il pas, lui, le prince de paix ? La première chose, naturellement, est de l’avoir comme le Christ vivant, pour le salut de l’âme ; ensuite, par la parole écrite, nous obtenons l’intelligence spirituelle de ce qu’est ce Christ, la Parole étant la simple expression de Christ lui-même. Celui qui était l’image empreinte de Dieu, "devint chair, et habita au milieu de nous, et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père, pleine de grâce et de vérité".

Or quand nous avons ainsi trouvé le témoignage de l’Esprit à Christ, le coeur s’attache à lui comme "au saint et au véritable". Ainsi le Christ, trouvé dans la Parole, gouverne les affections, car nous n’osons pas, nous ne voudrions pas être sans ce Christ écrit, ni nous en séparer. Ce lien vivant à un Christ vivant est la seule sauvegarde contre ceux qui voudraient nous séduire.

Paul dit à Timothée : "Dès l’enfance tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus" ; et assurément il ne peut y avoir une meilleure connaissance que la connaissance de Christ. C’était là le sujet principal dans l’épître de Jean : un père en Christ "connaissait Celui qui est dès le commencement" ; il pouvait dire ce que le vrai Christ était - il connaissait celui qui était saint, celui qui était véritable. Ce n’est pas de développement qu’il est besoin, mais simplement de retour à la simplicité qui est en Christ ; de le connaître véritablement, lui qui a été révélé dès l’origine, Celui qui était dès le commencement.

C’est pourquoi, si mon âme est unie au Christ de la parole écrite, le Christ que j’ai aimé ici-bas est le même Christ que j’attends comme venant m’enlever là-haut. Le précieux portrait que nous avons ici du Seigneur Jésus, n’est pas comme celui du premier chapitre, avec "ses yeux comme une flamme de feu et ses pieds semblables à de l’airain brillant, comme embrasés dans une fournaise" : ferme, immuable, feu consumant en jugement, il est ainsi manifesté, selon ce qui avait été révélé par le Saint Esprit. Mais le portrait qui nous est donné de lui, est en rapport avec le caractère moral qui lui est attribué dans la parole écrite : "Le Saint et le Véritable".

"Celui qui a la clef de David, celui qui ouvre et nul ne fermera, qui ferme et nul n’ouvrira". Christ ne cherche pas la force dans les saints - Il entre dans son service personnel et particulier, et tient la clef lui-même ; c’est là notre confiance. Si les vagues s’élèvent furieuses dans les pays qui nous entourent, et que la prédication de l’Evangile semble être interdite ; eh bien ! tout cela est en sa main.

Je puis désirer que l’Evangile soit prêché dans tel pays, et les obstacles peuvent paraître trop nombreux et trop grands ; mais ma consolation est de savoir que Christ a la clef, et que toute la puissance de Dieu est à sa disposition ; et, comme cela est dit en Jean 10, "le portier lui ouvre" ; de sorte que lorsque Jésus se présentait lui-même, comme dans les Evangiles, nul ne pouvait exclure son témoignage : tous les pouvoirs de la terre, les Pharisiens, les docteurs de la loi, les principaux sacrificateurs, les gouverneurs, les Pilates et les Hérodes (ces renards) ne pouvaient empêcher une seule pauvre brebis d’entendre la voix du bon Berger dans les jours de sa chair.

Il en est de même maintenant, car Christ est "le même hier, et aujourd’hui et éternellement". Telle est notre confiance dans la prédication de l’Evangile ; car quelle que soit la liberté dont nous sommes bénis dans ce pays si favorisé, je ne compterais pas une seule année de plus sur elle, mais bien sur cette simple promesse : "J’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer".
Je puis aller sans la moindre crainte dans quelque pays que ce soit, quelles que soient les circonstances extérieures, si je vois que le Seigneur a mis une porte ouverte devant moi. Naturellement il nous faut attendre le moment du Seigneur pour avoir la porte ouverte, comme ce fut le cas pour Paul. Un temps il fut empêché de prêcher en Asie ; et ensuite nous l’y trouvons à l’oeuvre pendant trois ans, le Seigneur y approuvant ses travaux de telle sorte que toute l’Asie, avec Ephèse, la capitale, où il rassembla une église, entendit la parole de Dieu.

Il va sans dire qu’il nous faudra nous contenter de nous appuyer, par la foi, sur le bras de Celui qui tient la clef, et nous aurons à posséder nos âmes par notre patience ; car il y aura toujours des circonstances pour exercer notre foi ; et Dieu permettra que ces circonstances surgissent pour nous prouver que nous ne pouvons rien faire sans lui ; car c’est quand nous trouvons que nous n’avons point de force, que Dieu répond à notre faiblesse selon sa propre force ; parce qu’il ne peut manquer de répondre à la foi qu’il a donnée. - "J’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer".

Cette parole m’a souvent donné une grande confiance : "Personne ne peut la fermer !" C’est là un précieux appui, que si Christ a ouvert une porte, personne, homme, diable ni malin esprit ne la peut fermer. Et quoique nous n’ayons point de force, même pour pousser la porte ouverte, elle est ouverte pour nous. Toute l’Eglise est faible, aussi faible que possible, et cela dans un mauvais sens, car quelle foi avons-nous ? Nous entendons parler d’un peu de foi, Dieu nous montre son pouvoir, comme nous l’avons appris au sujet de telle contrée étrangère. Mais où est-ce que la force et l’énergie de foi peuvent être entendues parmi nous ?

"Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve" : cela scelle notre sûreté et notre puissance. C’est la patience propre de Christ, car il attend aussi le royaume : attendant jusqu’à ce que ses ennemis deviennent son marchepied. Nous attendons comme lui et avec lui ; mais ici c’est par la Parole. C’est ce qui est notre garant et notre sécurité - la Parole, par laquelle il nous guide dans la même pensée et le même esprit avec lesquels Il attend, séparés du monde et unis à lui dans les mêmes espérances, joies et délices que Lui, ne trouvant pas de repos avant que Lui ait trouvé le sien - la Parole qui conduit notre pensée, en nous communiquant les siennes, en nous introduisant dans la même attente que Lui.

Seulement retenons ferme la parole de la patience de Christ dans ces derniers temps fâcheux. C’est là notre force contre l’adversaire : la connaissance de Christ lui-même ; non pas la puissance ecclésiastique, mais de posséder le caractère du saint et du véritable, attendant à part du monde, comme lui, gardant sa Parole et lui appartenant de telle manière qu’il nous prend hors de l’épreuve qui menace le monde. Et cependant la porte ouverte du service est nôtre en dépit de tout.

Ainsi associés avec lui, nous avons sa propre part. N’étant pas en esprit habitants de la terre, mais attendant avec lui, il ne nous fait pas traverser l’heure de l’épreuve, qui doit cribler ceux qui ont leur demeure ici-bas. Cette épreuve confondra, par la puissance de l’ennemi et la tribulation qui vient de Dieu, les hommes de ce monde, et fera de ce dernier, pour ceux d’entre les saints qui s’y attacheraient, un trop grand tourment pour qu’ils puissent s’y attacher plus longtemps. Le saint de Philadelphie échappe à tout cela ; il peut regarder directement au ciel et au Christ céleste auquel il appartient ; uni de coeur avec lui, il sait que Christ ne manquera pas à son coeur, mais qu’aussitôt qu’il se lèvera pour revendiquer ses droits et son pouvoir vis-à-vis du monde, il recueillera ses bien-aimés pour être avec lui, selon l’espérance qu’il leur a donnée.

Attachons-nous seulement à la parole écrite de Dieu, et nous pourrons défier toute la puissance de nos adversaires, non que nous soyons leurs adversaires, Dieu nous en garde ! seulement ayons la conscience de l’approbation du Christ, et la proximité du coeur avec Dieu, qui prend la parole de Dieu pour guide, parce qu’elle est sa parole, et alors la puissance de Christ s’accomplira dans notre faiblesse. Ce qui caractérise les vrais saints dans le temps présent, c’est la parole écrite de Dieu, apportant le caractère et le nom de Christ, comme vérité et sainteté dans le coeur. En marchant ainsi en communion avec Celui qui est le saint et le véritable, on sera en sûreté.

"Voici, je donne de ceux de la synagogue de Satan qui se disent être Juifs - et ils ne le sont pas, mais ils mentent ; voici, je les ferai venir et se prosterner devant tes pieds et ils connaîtront que moi je t’ai aimé". Ici nous trouvons des personnes qui ont un tout autre caractère et le Seigneur parle très clairement ; il ne les ménage nullement ; ils sont la synagogue de Satan. Que prétendaient ces Juifs ? Ils se réclamaient de tout ce qui leur donnait extérieurement un droit religieux pour gouverner, commander, administrer la vérité : savoir l’antiquité, des ordonnances établies de Dieu, - ce qu’elles avaient été réellement dans le cas des Juifs, et la preuve qu’ils étaient le vrai et seul peuple de Dieu, la sacrificature instituée de Dieu. Ils prétendaient être les administrateurs, autorisés par Dieu, de ses bénédictions à l’exclusion de tous autres ; ils prétendaient au zèle pour Dieu et à la possession de ses oracles. Personne d’autre qu’eux ne possédait ces privilèges. Pouvait-on trouver ailleurs la vie éternelle ?

Quand l’autorité de Christ est reconnue dans le coeur, alors vient cette parole : "Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu". Si Dieu nous a donné la vie éternelle en Christ, nous n’avons pas besoin d’eux, et nous ne pouvons permettre que quelque chose s’interpose et fasse séparation entre nous et lui. Nous ne pouvons nous retirer de Christ ; nous avons trouvé le véritable Christ dans la Parole, et nous ne pouvons que parler de ce que nous avons vu et entendu. Celui qui voudrait me conduire ailleurs, je puis aisément le reconnaître, comme étant de la synagogue de Satan. Ils peuvent prospérer maintenant ; quant à moi, j’attendrai avec Christ, gardant cette parole qui m’enseigne de sa part, à attendre avec lui jusqu’à ce qu’il vienne et établisse la bénédiction et la gloire.

Mais si Dieu vous a donné la vie éternelle, alors vous ne devez pas discuter avec ceux de la synagogue de Satan, comme s’ils avaient quelque droit de la part de Dieu (ils n’en ont point), mais jugez vous-mêmes si vous devez obéir à eux ou à Dieu. Nous avons "le saint et le véritable" - "et le secret de l’Eternel est pour ceux qui le craignent" (Psaume 25.14). Ils ne devaient pas contester avec cette synagogue de Satan, et quoiqu’ils n’eussent que peu de force, et n’eussent aucune réputation, ils devaient néanmoins posséder leurs âmes dans la patience, parce que Christ manifestera encore son amour pour eux devant leurs adversaires.

La synagogue de Satan était une religion de la chair, qui se reposait sur des choses extérieures - sur tout ce que la nature peut réclamer comme religieux - ordonnances, oeuvres et choses semblables, prenant et occupant la place des Juifs au temps de Paul. Or il en est spirituellement de même aujourd’hui. Mais "ils connaîtront que moi je t’ai aimé", le grec met de l’emphase sur moi et toi. La question revient donc à ceci : Christ est-il suffisant pour moi ? L’approbation de Christ est-elle un motif suffisant pour gouverner ma conduite ? Si l’approbation de Christ ne suffit pas pour contenter une âme, cette âme ne pourra jamais marcher droitement.

"Je viens bientôt, tiens ferme ce que tu as", savoir "la parole de ma patience". J’attends, et vous devez attendre. Christ attend que ses ennemis deviennent son marchepied. Au lieu de prendre nos aises, nous devons attendre qu’il intervienne, précisément comme il attendait que son Père intervînt, comme il attend maintenant que ses ennemis soient faits son marchepied.

Je voudrais faire remarquer ici de quelle manière emphatique le mot "mon" vient dans toute cette épître. C’est l’identification pratique du saint avec Celui qui est le Saint et le Véritable. Attendant avec Lui, pendant que nous sommes rejetés de ceux qui ont pour eux les ordonnances et l’antiquité, nous aurons part avec lui dans la gloire. L’expression "mon" est spécialement liée à tout dans la gloire. Vous avez été faibles en témoignage ici-bas ; mais vous avez gardé la parole de ma patience et vous serez "une colonne" de puissance "dans le temple de mon Dieu" ! (voyez le verset 12).

Que le Seigneur nous donne de marcher dans la puissance de l’Esprit avec des coeurs fixés sur Christ, en tant que révélé comme le Saint et le Véritable, gardant la parole de sa patience, de sorte que son approbation soit notre éternelle récompense ! Puisse-t-il nous garder séparés du monde, contre lequel il vient en jugement !

Quel grand contraste entre attendre ce qui est suspendu, comme un sujet de terreur sur la tête de quelqu’un, et connaître Christ de telle sorte, le posséder si complètement comme l’objet de nos désirs et de nos affections, que lorsqu’il dit : "Certainement, je viens bientôt", la réponse immédiate de nos coeurs, soit "Oui, Seigneur Jésus, viens !"

Nous avons dit seulement quelques mots sur les traits généraux de l’église de Philadelphie, juste ce qui était nécessaire pour la rattacher à la précédente église, celle de Sardes. Nous reviendrons donc maintenant en arrière, avec l’aide du Seigneur, pour considérer d’une façon plus particulière les détails de notre sujet. Remarquons, en premier lieu, que le trait principal de cette Eglise, est celui d’une bénédiction spéciale en vue d’un besoin spécial. Car après tout le développement du mal effroyable, à travers lequel nous avons eu à passer dans la précédente condition des églises, maintenant que nous sommes arrivés à Philadelphie, nous trouvons que tout est miséricorde et bénédiction.

Il est très précieux d’observer que, quelque pauvre et faible que soit le peuple de Dieu, même si les fidèles sont réduits à un résidu individuel, le Seigneur ne les oublie jamais. Ses regards sont toujours sur eux, afin de leur fournir de ses ressources selon ce dont ils ont besoin et quand ils en ont besoin, au temps où les choses qui les entourent sont les plus ténébreuses. C’est lorsque l’Eglise, aussi bien que le monde, sont arrivés à un état de ténèbres qu’on puisse toucher à la main, que les quelques fidèles qui restent ont le plus de "lumière dans le Seigneur" ; car la vie de la foi est toujours nourrie et soutenue en proportion du poids qui pèse sur elle et des difficultés à travers lesquelles elle a à passer.

C’est une autre question de savoir jusqu’à quel point le peuple de Dieu peut être employé en témoignage par lui en un temps de ruine ; il le fera selon sa sagesse. Nous en voyons un exemple (comme nous l’avons déjà remarqué) en Israël. La chute du peuple à l’occasion du veau d’or rencontra sa réponse dans la puissance spirituelle intérieure, lorsque Moïse plaça le tabernacle hors du camp ; et quand le culte de Baal prévalut ouvertement et d’une manière avouée, Dieu suscita Elie et Elisée avec une grande manifestation extérieure de puissance ; mais alors les 7000 fidèles furent cachés par Dieu.

Le Seigneur peut ne pas vouloir mettre l’honneur extérieur d’être son témoignage sur ce qui a manqué. Néanmoins il fournit la grâce nécessaire et la puissance intérieure de vie, afin de soutenir l’âme individuelle, grâce qui, en tant que découlant de la Tête dans la gloire pour l’entretien du corps sur la terre, ne peut jamais manquer. Ainsi, quant aux dons dans l’Eglise, par exemple : ceux qui étaient pour signes, "les dons miraculeux", comme ils sont appelés quelquefois, étaient en témoignage au monde, les signes étant pour ceux qui ne croient pas, comme aussi "les langues", "les dons de guérison", etc.

Ces dons peuvent tous disparaître ; mais ceux qui découlent de la Tête pour soutenir les membres du corps, ne peuvent jamais être retirés, car "personne n’a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit, comme aussi le Christ, l’Assemblée".

Dans l’épître aux Ephésiens, où l’Eglise est spécialement présentée comme le corps de Christ, nous trouvons qu’il est parlé des dons accordés à l’Eglise, comme étant "en vue du perfectionnement des saints, pour l’oeuvre du service, pour l’édification du corps de Christ". Il ne s’y trouve pas un mot touchant les dons-signes, tandis que, dans les Corinthiens, nous avons "les dons de guérison, diverses langues, l’interprétation des langues", etc. Nous trouvons ainsi dans l’Ecriture deux caractères de dons distinctement marqués,

1° les dons-signes, comme dans les Corinthiens, signes publics attachés à l’Eglise pour le témoignage extérieur, comme moyens d’attirer un monde incrédule ;

2° les dons qui découlent de la Tête pour nourrir le corps. Cette alimentation doit toujours demeurer. Elle peut venir comme témoignage extérieur, ou bien directement de Christ lui-même comme exercice de sa grâce ; mais il ne peut pas se faire que cette grâce ne découle toujours de la Tête.

C’est précisément ce que nous trouvons dans l’église de Philadelphie ; ce qui la caractérisait, c’était la faiblesse, le manque de pouvoir, mais une beaucoup plus grande proximité de Celui qui est puissance, un plus grand degré d’affection pour le Seigneur, plus d’intimité de communion avec lui, et, dans les promesses qui s’y trouvent, une identification beaucoup plus positive avec Christ lui-même.

La faiblesse est ce qui caractérisait l’église de Philadelphie, mais aussi elle était sans reproche de la part du Seigneur. Et nous devons toujours nous souvenir de ceci, que quoique Dieu puisse accorder un déploiement extérieur de puissance, tel que dons de guérison, langues et choses semblables, comme témoignage au monde, et que ces choses puissent cesser, le sentiment de notre faiblesse n’en est pas moins en tout temps, soit avec cette manifestation extérieure de puissance, soit sans elle, une force suffisante, si elle est mêlée avec la foi. La détresse du coeur peut accompagner, sans incrédulité, ce sentiment de faiblesse. Le Seigneur Jésus a éprouvé ce sentiment de profonde tristesse. "Maintenant mon âme est troublée et que dirai-je ! Père, délivre-moi de cette heure !" Mais nous voyons aussi que la tristesse est précisément la chose qui l’attachait immédiatement à son Père.

Mais, hélas ! trop souvent nous sommes tellement sous l’impression de la tristesse elle-même, nos âmes se tournent d’une telle manière vers les sujets de cette tristesse, que nous sommes amenés à douter que Dieu puisse y remédier ; car au lieu de dire : "Dans la multitude des pensées qui étaient au dedans de moi, tes consolations ont fait les délices de mon âme" (Psaume 94.19), nous ne sommes occupés, dans la multitude de nos pensées, qu’à songer à ce qu’il faut faire, ne regardant ainsi qu’à ce que nous trouvons au dedans de nous et ne faisant que nous en occuper, au point même de tenir Dieu dehors. Mais ce ne fut jamais le cas pour le Seigneur Jésus : du moment que l’heure de l’angoisse apparut devant son âme, son cri immédiat fut : "Père ! délivre-moi de cette heure". Mais si nous nous occupons de notre faiblesse autrement que pour être amenés au sentiment immédiat de la force de Dieu, Dieu avec nous et Dieu pour nous, c’est de l’incrédulité.

De plus, ce n’est pas dans le sentiment de la grandeur des dons et des révélations de Dieu envers nous que notre force repose, car les signes et les miracles ne donnent pas la force intérieure. Ils peuvent, dans les temps d’épreuve, nous confirmer sa parole, mais ils ne communiquent jamais la force intérieure. Il est important de comprendre cela. Prenez, par exemple, le cas de Paul, qui fut ravi au troisième ciel, et y entendit des choses qu’il ne lui était pas possible d’exprimer.

Chose étonnante que celle-là ! et sans doute c’était un point d’appui pour l’âme de Paul dans ses épreuves, de revenir sur cette pensée qu’il avait été dans le troisième ciel, mais cela ne lui communiquait pas la force intérieure ; au contraire, la chair se serait élevée sans l’intervention souveraine de Dieu, et ce n’eût pas été là de la force. Mais lorsque l’apôtre eut quelque chose qui le faisait s’apercevoir de sa propre faiblesse, alors la force de la part de Dieu put intervenir. Il en est ainsi de nous.

Nos coeurs sont si trompeurs et notre chair est si méchante, que, si nous ne veillions pas, nous abuserions de tout ce que le Seigneur nous confie. Nous n’avons pas besoin de nous arrêter à demander, ici, en quoi consistait "l’écharde dans la chair" de Paul, quoique souvent on en ait fait le sujet de beaucoup de recherche inutile par pure curiosité ; mais nous voudrions faire remarquer que chacun de nous aura une écharde différente selon le danger auquel il sera exposé. Nous savons, par Galates 4.13, 14, que c’était quelque chose qui tendait à le rendre méprisable dans la chair, produisant ainsi dans son ministère une faiblesse sensible : aussi Paul cria-t-il trois fois au Seigneur d’éloigner cela ; mais le Seigneur lui répondit : "Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité".

Paul doit réaliser ce sentiment de la faiblesse, afin d’apprendre où gît la véritable force ; et il peut alors se glorifier dans ses infirmités, de telle sorte que la puissance de Christ repose sur lui, suivant ce qu’il dit : "quand je suis faible, alors je suis fort". Il y a toujours de la force à regarder à Dieu, mais si l’esprit s’arrête à sa faiblesse, autrement que pour l’apporter à Dieu, cela devient de l’incrédulité. Il peut survenir des difficultés, Dieu peut permettre que plusieurs choses surgissent pour manifester notre faiblesse ; mais la marche simple de la foi est d’aller en avant, sans chercher d’avance ce que nous avons à faire, mais comptant sur le secours dont nous avons besoin et que nous trouverons, quand le moment sera arrivé.

Le sentiment que nous ne sommes rien nous rend heureux de nous oublier nous-mêmes, et c’est alors que Christ devient tout pour l’âme. Il y a une force réelle à suivre simplement la voie de l’obéissance dans ce que nous pouvons avoir à faire, quelle que soit l’épreuve. Il en fut ainsi de David quand il eut à combattre : "Le Seigneur qui m’a délivré de la patte de l’ours et de la griffe du lion, me délivrera de la main de ce Philistin". Peu importait à David s’il s’agissait du lion, de l’ours ou de ce géant Philistin ; tout cela était la même chose pour lui, car par lui-même il était aussi faible en présence de l’un qu’en présence de l’autre ; mais il alla tranquillement faire son devoir, tenant pour certain que Dieu serait avec lui. - Telle est la foi.

Voyez un contraste avec cette marche dans l’incrédulité des espions envoyés par Moïse pour examiner le pays : ils tremblaient et disaient qu’ils n’étaient que comme des sauterelles en présence de leurs ennemis, oubliant ainsi tout à fait ce que Dieu était pour eux, et faisant de leur entrée en Canaan une affaire entre eux et les Anakim, au lieu d’une affaire entre les Anakim et Dieu. Mais lorsque je jette un simple regard sur le Seigneur, "je puis tout par Christ qui me fortifie" (Philippiens 4.13). Au milieu de circonstances propres à nous troubler, nous ne devons pas regarder à nous-mêmes, n’étant rien que faiblesse, mais simplement regarder au Seigneur en qui réside pour nous toute force.

Le cas de Philadelphie était un cas de faiblesse évidente, mais de fidélité ; il peut y avoir grande apparence de puissance, et néanmoins une faiblesse réelle. Comme le Saint Esprit le dit aux Corinthiens, il peut y avoir le don de parler les langues des hommes et des anges, l’intelligence de tous les mystères, et toutes les connaissances, et néanmoins il peut y avoir là, en même temps, la plus profonde faiblesse, parce que tout cela n’est pas fait en communion avec Dieu. Il n’y a pas d’état plus dangereux que celui dans lequel la manifestation extérieure du pouvoir va au delà de l’union et de la communion intérieure de l’âme avec Dieu ; la vie au dedans doit être en harmonie avec le déploiement de puissance au dehors.

"Voici ce que dit le saint, le véritable". Ici, à Philadelphie, nous avons le Seigneur dans son caractère moral, et non dans le caractère personnel de sa puissance comme Fils de Dieu, mais le "saint et le véritable", s’adaptant en grâce à la condition et aux besoins de ses fidèles. Nous le trouvons aussi disposant tellement de moyens en faveur de l’Eglise, et d’une telle manière, que s’il ouvre une porte, nul ne peut la fermer, et s’il la ferme, nul ne peut l’ouvrir.
Il y a donc ici ces deux choses : Il est le saint et le véritable pour ceux qui se confient en lui, et aussi il a, non pas à la vérité ici le déploiement du pouvoir, mais la clef du pouvoir, selon ce que l’Eternel dit à Shebna en Esaïe 22.22 : "Je mettrai la clef de la maison de David sur son épaule ; et il ouvrira et personne ne fermera, et il fermera et personne n’ouvrira".

Ainsi donc, là où se trouve cette faiblesse, il encourage l’Eglise à se confier en lui, en tant que le Saint et le Véritable ; et là où se trouvent cette disposition à se reposer sur son droit à ouvrir et fermer, cette confiance dans sa personne et cette conformité à son caractère, l’Eglise est parfaitement en sûreté ; peu importe ce qui peut arriver, et que le pouvoir de l’homme ou de Satan aille aussi loin que possible, si je me repose en Christ qui est parfaitement véritable. Il a ouvert une porte, que ni homme ni démon ne peuvent fermer.

Comme cette position de l’Eglise de Philadelphie a de l’analogie avec celle de Christ quand il était sur la terre ! Chacun cherchait à lui fermer la porte. Pilate, Hérode, les Scribes, les Pharisiens, et toute la nation des Juifs s’efforçaient tous de fermer la porte à Christ. Comme l’Eglise de Philadelphie, Christ se trouvait au milieu d’un ordre de choses que Dieu avait jadis institué, mais qui avait manqué entièrement ; car dans le temps de Christ, il n’y avait là ni l’arche, ni l’Urim et le Thummim, ni la Schékinah (la gloire de la présence de Dieu dans le Temple).

Tout ce qui avait constitué réellement la manifestation sensible du pouvoir et du témoignage, avait disparu ; et loin que Jéhovah eût un trône à Jérusalem, ils étaient tombés eux-mêmes sous le pouvoir des Gentils et étaient devenus esclaves du trône de l’homme. C’est de là que tirait son extrême subtilité la question que les Juifs soumirent à notre Seigneur (Matthieu 22.17-21) : "Que t’en semble : est-il permis de payer le tribut à César, ou non ?" Si le Seigneur avait répondu : non, c’eût été la négation du châtiment de Dieu pour leurs péchés ; et s’il avait dit : oui, cela équivalait à la négation de son titre comme Messie.

Mais le Seigneur apercevant leur malice, sa réponse revint à ceci : "Vous vous êtes placés vous-mêmes sous cette domination par vos péchés, c’est pourquoi maintenant vous devez en accepter les lois". Ce n’est pas seulement la déclaration : "Les pouvoirs qui existent sont ordonnés de Dieu", et nous nous soumettons à eux comme tels. Mais dans le cas d’Israël, une autre conduite eût été la négation du châtiment de Dieu pour leurs péchés, comme il est dit : "Nous sommes esclaves aujourd’hui à cause de nos péchés" (Néhémie 9.36-37). Le Seigneur se soumit lui-même à cette domination en payant le tribut. Mais quoique Israël, comme corps, eût manqué à sa fidélité à Dieu, Dieu cependant ne pouvait manquer à sa fidélité envers eux, car son Esprit demeurait au milieu d’eux, ainsi que nous l’apprenons en Aggée.

Et c’est pour cela que nous trouvons qu’il y avait un petit résidu : les Annes et les Siméons, qui attendaient la rédemption d’Israël. Comme il est dit en Malachie : "Ceux qui craignent l’Eternel ont parlé l’un à l’autre". - Ainsi c’était une condition de ténèbres entières et quand Celui qui était la lumière est entré, il a été sur-le-champ rejeté. Et qu’est-il arrivé ? La porte lui a-t-elle été fermée ? Non, "le portier lui ouvre". Christ était entré par la porte, et non, comme tous les prétendants qui l’avaient précédé, en grimpant par quelque autre endroit : mais tout en travaillant avec une puissance divine, Christ était entré par la porte fixée de Dieu, et personne ne peut la lui fermer ; précisément comme Dieu nous a aussi fixé le moyen. Christ a dit de lui-même : "Je suis la porte, si quelqu’un entre par moi il sera sauvé".

Tout ce qui lie notre position avec Christ est pour nous une véritable bénédiction ; car y a-t-il jamais eu quelqu’un qui ait marché dans une aussi constante et humble fidélité envers Dieu que la sienne ? En considérant le contraste de son humble marche avec celle d’Elie, que voyons-nous ? Elie exerça son ministère avec une grande puissance extérieure ; il fit descendre le feu du ciel pour détruire les prophètes de Baal, et il pensait qu’il était seul demeuré fidèle à Dieu, tandis que Dieu avait 7000 hommes, qui n’avaient point fléchi le genou devant Baal, et qu’Elie n’avait pas découverts. Christ, au contraire, était satisfait de n’être rien dans un monde où l’homme était tout et d’où Dieu était exclu ; il acceptait d’être traité comme le rebut de la terre.

Et cependant, dans le même temps, il n’y avait pas une seule brebis perdue de la maison d’Israël (fût-ce d’ailleurs le plus vil d’entre les pécheurs, fût-ce la Samaritaine, la femme adultère ou un péager), que sa voix n’atteignît, comme la voix du bon berger, et que son regard ne découvrît. C’est pourquoi, en vertu même de son humiliation, il donne à ceux qui n’ont maintenant que ce "peu de force", la même place, qu’il a prise lui-même, et leur ouvre, comme le portier l’a fait pour lui, une porte que personne ne peut fermer. Nous attendons la gloire : "Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée" ; et, tout en attendant ainsi, nous avons à traverser ce sur quoi a été écrit : "Icabod", ou "la gloire s’en est allée". Le témoignage de cette dispensation s’en est allé pour n’être jamais rétabli.

Ce sur quoi le Seigneur insiste auprès d’eux, c’est qu’ils ne doivent pas supposer qu’on puisse mettre ordre au mal, tel que celui de Thyatire et de Sardes. Il dit seulement : "Voici, je viens bientôt, tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne", c’est-à-dire : "garde la parole de ma patience, jusqu’à ce que je vienne". Nous nous trouvons ainsi dans des circonstances analogues à celles de Christ ; car lorsque le Seigneur dit : "Voici, je viens bientôt", c’est afin que nous soyons dans une position encore plus semblable à la sienne ; position qui, quoique accompagnée d’épreuves et d’humiliation, est une position bénie, puisque nous nous trouvons précisément dans celle que Jésus a prise, et avec la même promesse : une porte ouverte que personne ne peut fermer ; c’est là la foi qu’il faut pour le temps actuel.

Ce n’est pas de beaucoup de force que nous avons besoin, mais ce qui nous est le plus nécessaire, c’est une conformité plus grande à la position de Christ.

Remarquez ensuite une autre chose particulière à cette Eglise de Philadelphie. Le Seigneur ne se met pas à sonder leurs oeuvres ; mais il laisse le coeur de ces pauvres êtres faibles satisfait de la conscience qu’il les connaît. Il n’en est pas de même pour les autres Eglises : Il remarque le caractère de leurs oeuvres : Il a dit à Sardes : "Je n’ai pas trouvé tes oeuvres parfaites devant mon Dieu" ; mais c’est assez pour nous qu’il connaisse nos oeuvres. Oh ! quelle consolation cela donne ! car si nous avions à chercher la perfection comme dans Sardes, nous aurions bien de la peine à rendre compte ; le mélange, le peu de foi nous épouvanteraient ; de fait, aucune de nos oeuvres n’a répondu à la grâce reçue. Sans doute il y a abondance d’activité, il y a beaucoup de ce que l’homme peut approuver ; mais à considérer le caractère général du service, qu’il est difficile de trouver quelque chose que Dieu puisse approuver !

Ainsi donc, quand nous nous occupons de l’état des choses dans le monde qui nous entoure et dans l’Eglise de Dieu elle-même, nos coeurs se fondraient au dedans de nous si nous ne nous reposions sur cette si précieuse vérité, que Christ connaît tout.

Mais alors, leur dit-il qu’il n’a rien trouvé chez eux ? Non ; il dit : "Tu as gardé ma parole" ; ce qui caractérisait Christ, doit être le trait caractéristique de l’Eglise de Dieu. Christ pouvait dire : "J’ai caché ta parole dans mon coeur" (Psaume 119.11), et c’est là ce qui caractérise tout particulièrement la fidélité dans les derniers jours. Paul dit en écrivant à Timothée : "Dans les derniers jours il surviendra des temps fâcheux" ; il annonce qu’il y aurait une terrible forme de piété sans puissance ; que même de son temps, le mystère d’iniquité était déjà là, et que les hommes méchants et séducteurs iraient en empirant.

Contre ce mal, il y a une sauvegarde que l’apôtre signale en ces termes : "Mais toi demeure dans les choses que tu as apprises, et dont tu as été pleinement convaincu, sachant de qui tu les as apprises, et que dès l’enfance tu connais les saintes lettres", la simple parole écrite, que nous appelons la Bible, lue dès sa jeunesse. La sûreté ne se trouverait point dans une manifestation de puissance extérieure, ni même dans des miracles, mais simplement dans la parole écrite. C’était là l’instrument de bénédiction, l’autorité reconnue par Timothée ; il va sans dire que la grâce de Dieu avait été nécessaire pour sa conversion.

Je dis ceci, parce que, se tenir étroitement attaché à la parole de Dieu, est la sauvegarde particulière de ces derniers jours, savoir l’autorité spéciale de la parole de Dieu elle-même, précisément ce que Timothée, dès son enfance, avait trouvé dans les Ecritures ; Timothée y avait ajouté naturellement ce qu’il avait appris des apôtres également inspirés, et qui est devenu depuis pour nous la parole écrite. C’est en la parole écrite de Dieu que gît, par la grâce, toute notre sûreté. Le Seigneur ne dit pas : "Tu as de la force", mais : "Tu as gardé MA parole" ; et ensuite plus bas il ne dit pas : "Tu m’as connu sous tel ou tel caractère", mais : "Tu n’as pas renié mon nom".

Le nom du Seigneur signifie toujours la révélation de ce qu’il est ; comme s’il est appelé Christ, il est l’Oint. Le Seigneur dit ici : comme vous vous êtes fermement attachés à moi tel que j’ai été révélé, je ferai que ceux qui ont un faux nom, "viendront et se prosterneront devant tes pieds, et ils connaîtront que moi je t’ai aimé". Nous trouvons ici les deux caractères en contraste ; et il faut aussi remarquer l’emphase sur le mot ma. C’est sur la parole de Christ que je suis appelé à m’appuyer : "ma parole", la parole de Christ lui-même, la communion avec Christ lui-même, pas même la parole de l’Eglise. Supposez, par exemple, que je prenne la parole de l’Eglise, c’est prétendre que l’Eglise a l’autorité ; mais si je prends la parole de Christ, alors j’ai l’autorité de Christ lui-même ; et c’est par la parole de Christ que je dois juger tout ce qui concerne l’Eglise elle-même.

La parole de Christ nous unit avec Christ, son nom et sa personne ; or ce sont ces deux choses qu’il nous est particulièrement essentiel d’avoir pour être capables de marcher contre le courant des séductions que nous savons être propres aux derniers jours. C’est une puissance de séduction qui caractérise ces temps : "les hommes méchants et séducteurs iront en empirant" ; "Je vous ai écrit ces choses touchant ceux qui vous égarent".

En parlant d’une manière générale du caractère des temps, nous attendons un pouvoir séducteur. Il y aura un Antichrist distinct et défini, qui manifestera ce pouvoir d’une autre manière, mais "même à présent il y a plusieurs antichrists". Nous avons donc à combattre ardemment "pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints". Si l’homme dont la venue est selon l’efficace de Satan, avec des signes et de faux miracles, doit prévaloir contre ceux qui "n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés", nous avons besoin de tenir ferme et cela nous gardera de celui qui viendra comme un ange de lumière ; mais ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité tomberont dans ses embûches. Or cette sauvegarde nous l’avons dans la parole de Christ lui-même, en gardant la parole de sa patience, et en ne reniant pas son nom.

Il faut que ce soit une chose individuelle, car l’entrée de la puissance séductrice signale les temps dans lesquels nous vivons comme des temps fâcheux, non pas par une persécution ouverte ou des difficultés semblables ; mais, comme le serpent a séduit Eve par sa ruse, ainsi nos coeurs sont en danger de dégénérer de la simplicité quant au Christ. Et qu’avons-nous pour nous en garantir ? Est-ce une manifestation extérieure de puissance, des miracles, etc... ? Non, nous n’avons pas de force extérieure pour résister à Satan ; nous sommes la faiblesse même : "Tu as peu de force" ; mais notre sûreté est en ceci, que chaque âme individuellement tienne ferme la parole écrite de Christ et ne renie pas son nom.

Il semble que ce n’est pas beaucoup de dire d’eux "Tu as gardé ma parole et tu n’as pas renié mon nom", car ils n’avaient pas fait beaucoup ; eh bien ! que pouvaient-ils faire ? Mais, chers amis, pouvoir parler ainsi à leur sujet quand la puissance de séduction était là, c’était tout dire d’eux. Lorsque tout ce qui avait lieu tendait à mettre de côté la parole écrite, ils la gardaient ; et lorsque tout aboutissait à renier le nom de Christ, ils ne le reniaient point. Ce qui est beaucoup aux yeux de Dieu, ce n’est point de faire descendre le feu du ciel comme le fit Elie, mais d’être fidèles au milieu de l’infidélité qui nous environne.

De même il semble que ce n’est pas beaucoup, de dire que 7.000 ne s’étaient point conformés à l’acte grossier d’adorer Baal, ni de dire simplement qu’ils "n’avaient pas fléchi le genou devant lui" ; mais, en effet, c’était tout dire à leur sujet, parce qu’ils étaient entourés de ceux "qui fléchissaient le genou devant Baal". De même l’Eglise avait d’abord été établie en puissance, mais l’ivraie avait été abondamment semée parmi le blé, et ce qui signale les fidèles, c’est que, lorsque le pouvoir de séduction apparaît, ils ne sont pas séduits ni entraînés par lui ; ce n’est pas manifestation de puissance extérieure, mais simplement fidélité de marche avec Dieu au milieu du mal. Ainsi donc il y avait dans l’église de Philadelphie une fidélité de marche qui lui donnait de la force intérieure, quoiqu’il n’y eût pas un déploiement extérieur de puissance.

"Voici, je donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent être Juifs et ils ne le sont pas, mais ils mentent". Ici nous trouvons cette fidélité individuelle dans la marche secrète avec Dieu, mise en contraste avec ceux qui s’en tiennent à un système établi ; il y avait abondance de formes, une belle apparence selon la chair ; on se vantait d’être Juif et l’on entreprenait de rétablir ce qui avait formé autrefois le caractère extérieur du peuple de Dieu ; ne considérant pas que c’est une chose "nouvelle" que Dieu a établie maintenant et qui met le coeur à l’épreuve. Ils ne rejettent pas la parole de Dieu (les Juifs ne le faisaient pas davantage), mais ce n’est pas la parole de Dieu qui les gouverne. Les Juifs recevaient les Ecritures, mais ils rejetèrent Christ et le mirent à mort.

Comme Jésus avait dit : "Ils vous chasseront des synagogues" et ce n’était pas sans l’idée de servir Dieu en agissant ainsi : "Le temps vient que quiconque vous fera mourir croira servir Dieu" ; mais c’était simple rejet de la lumière envoyée de Dieu. "Et ils vous feront ces choses, parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi". Une ancienne vérité, qui a trouvé faveur dans le monde de manière à être réputée orthodoxe, ne peut mettre le coeur à l’épreuve ; elle accrédite la nature, on est estimé pour elle.

Si je puis avoir de la religion et me donner du crédit par elle, au lieu d’avoir, par son moyen, le coeur mis à l’épreuve dans l’exercice de la foi, je puis être pleinement certain que ce n’est point la religion de Dieu, quoique ce puisse être la vérité jusqu’à un certain point ; ce n’est point la foi en Dieu. C’est là ce que faisait la synagogue des Juifs ; ils mettaient de côté le nom de Christ et la parole de Christ, pour des choses sur lesquelles ils pouvaient se reposer, lorsqu’il n’y avait pas de coeur pour Christ ; la tradition, les ordonnances, les pères, telles étaient les choses qu’ils aimaient et non pas la parole de Christ pour eux-mêmes.

Il est parfaitement vrai que les Juifs avaient été le peuple de Dieu, mais ils ont rejeté et foulé aux pieds le nom de Christ ; et c’est là ce qui fait toute la différence, car maintenant que Christ a été manifesté, ce que Dieu attend c’est une fidèle obéissance à son Fils. Demeurer fidèlement attaché à Christ, tout est là maintenant.

"Je les ferai venir et se prosterner devant tes pieds, et ils connaîtront que moi je t’ai aimé". Dieu n’a pas reconnu comme son peuple ces prétendants à l’antiquité religieuse ; tout ce qu’ils devaient trouver, c’est précisément de savoir que Christ a aimé ce pauvre résidu méprisé. "Connaître que moi je t’ai aimé". Voyez maintenant ce qui doit satisfaire le coeur ; ce n’est pas une reconnaissance actuelle de la part de ceux qui font profession de connaître Dieu, tandis qu’ils le renient par leurs oeuvres ; mais une calme et ferme confiance que Christ nous aime. C’est ce qui met le coeur à l’épreuve. Si vous avez besoin de jouissances actuelles, de brillants tableaux offerts à votre esprit ; s’il vous faut le goût satisfait, l’imagination nourrie ; si vous avez besoin de gagner des hommes ; s’il vous faut quelque chose de "la vénérable antiquité", Christ n’est dans aucune de ces choses, "il est le même hier, et aujourd’hui, et éternellement" ; et il est lui-même la vérité. Et si nous avons l’amour de Jésus, présent dans nos âmes, nous possédons en lui tout ce dont nous avons besoin.

Il y a bien des personnes qui demandent : qu’est-ce que la vérité ? Avec de telles personnes, ces prétentions peuvent avoir du poids. La synagogue de Satan peut être une religion, et une religion antique, vénérable, pleine de somptueux attraits, et de ce qui a de l’autorité sur la chair, comme on le voit chez Pilate qui demandait : "qu’est-ce que la vérité ?" et ensuite crucifiait Jésus qui est la vérité, afin de plaire aux prêtres de l’époque. Le caractère de ces derniers jours est justement celui-ci, que les hommes cherchent toujours et ne viennent jamais à la connaissance de la vérité. Je n’ai pas besoin de demander ce qu’est la vérité, si je la possède ; ce qu’un homme cherche il ne le possède pas. Un homme qui cherche toujours la vérité, reconnaît par là-même qu’il ne l’a pas trouvée.

Christ a dit : "Je suis la vérité" ; il est le centre de toute vérité, et la base de tout ce qui nous unit à Dieu.

Un incrédule élèvera des doutes sur toute chose, mais il n’établit rien ; or nous avons besoin de quelque chose qui soit certain ; du moment où nous avons la personne de Christ, nous avons la vérité. "Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître" (Jean 1.18).

Ai-je besoin de savoir ce que Dieu est, ce que l’homme est ? Je trouve en Christ un tableau parfait de ce que Dieu est pour l’homme et de ce qu’il est lui, comme homme, pour Dieu. Tout est en Christ ; nous avons à croître naturellement dans la connaissance de cela. Le coeur qui possède Christ n’a pas besoin de la synagogue de Satan ; le coeur qui a reçu son témoignage a scellé que Dieu est véritable ; l’âme qui connaît cela est de la manière la plus simple gardée du mal. J’ai trouvé la grâce aussi bien que la vérité. "La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ".

Lorsque je demeurais dans le mensonge, c’est la grâce qui a apporté la vérité à mon âme ; et que faut-il de plus à l’âme ? Elle a de la tristesse, en fait, à cause du milieu souillé à travers lequel elle passe maintenant, mais il n’y a plus d’incertitude quant à sa part ; elle a trouvé toute chose en Christ, il n’y a rien à ajouter à sa bénédiction secrète. "Je les ferai venir et se prosterner devant tes pieds (dans le sens de rendre hommage), et ils connaîtront que moi je t’ai aimé". Nous savons cela maintenant, non certes comme en étant dignes, car tout cela est par grâce ; mais nous en avons la jouissance actuelle par la présence de Christ, selon qu’il dit : "Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et moi en eux".

Le monde ne connaît pas cela maintenant ; mais en ce jour-là, le monde connaîtra que le Père nous a aimés comme il a aimé son Fils ! Quand le coeur saisit cet amour de Christ pour nous, il s’y repose ; il doit être satisfait de la jouissance présente de l’amour de Christ, quoique ceux qui nous entourent n’en sachent rien. Maintenant le Seigneur sèvre en diverses manières nos coeurs de tout ce qui nous environne, afin que nous puissions trouver, dans le témoignage de son amour personnel pour nous, ce qui est propre à fortifier la foi, à affermir la conscience et à guider le coeur. Christ dit : "Je suis la porte", et c’est là ce qui autorise la marche de la brebis qui le suit.

Au temps de Christ, il y avait l’ordre de choses juif que Dieu avait établi ; et il n’y avait pas d’autorité pour en sortir, avant que Christ ne sortît ; mais le coeur attiré et attaché à Christ avait l’ordre spécial de le suivre en dehors du système établi : "Suivre l’Agneau où qu’il aille".

Dans cette église de Philadelphie, nous avons la promesse relative à l’espérance qu’a l’Eglise d’être avec Christ dans la gloire. L’identification avec lui dans sa position associe les saints avec lui-même, et avec la parole de sa patience. Toute l’Eglise n’était pas du même sentiment qu’eux ; et ils ne jouissaient pas encore du plein résultat de son amour : je veux dire, qu’ils n’avaient pas Christ personnellement et pleinement présent avec eux ; mais si l’amour de Christ doit être le guide de ma conduite, ce dont mon coeur a besoin, c’est que Christ soit avec moi ; car si nous aimons quelqu’un, nous éprouvons sûrement le besoin d’être avec lui.

Mais, en ayant Christ dans le coeur, nous gardons la parole de sa patience. Sans doute, c’est un temps où nous sommes éprouvés, criblés, purifiés et exercés, mais il nous faut attendre ; et remarquez de plus comment cette bienheureuse identification avec lui est continuellement maintenue, comme ce n’est pas simplement la parole de la patience, mais de "MA patience".

Et pourquoi "ma patience" ? Parce que Christ attend (voyez Psaume 110), et c’est ce qui détermine toute notre conduite, car si Christ attend, nous devons aussi attendre. Christ doit demeurer dans un état d’attente et, pour ainsi dire, dans un exercice de patience par rapport au temps du Père ; et c’est dans ce sens que le Fils est dit ne pas connaître le temps que le Père a réservé à sa disposition. Christ a fait tout ce qui était nécessaire pour ses amis, et il s’est assis à la droite de Dieu, "attendant jusqu’à ce que ses ennemis soient mis pour son marchepied". Christ attend qu’il ait rassemblé tous ses amis, avant de faire, comme il dit, son oeuvre étrange sur la terre, à l’égard de ses ennemis.

Et de là vient que cette expression de "ma patience" est précisément celle qu’il nous fallait, car nous attendons ce jour dont Christ nous parle : "Je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi". Nous voyons toute la création gémissant autour de nous dans l’attente de ce jour, et nous aussi nous gémissons en nous-mêmes, attendant la rédemption du corps.

Mais jusque-là, tout est dans le désordre. Où en sont les Juifs, encore bien-aimés à cause des pères ? Ils sont comme errants et vagabonds sur la face de la terre, sans sacrificateurs, sans théraphim, sans quoi que ce soit, tout desséchés, pour ainsi dire, quoique le Seigneur travaille au milieu d’eux. Si je regarde au monde, tout est péché et misère ; si je considère toute la création, elle gémit : quant à ce qui s’appelle l’Eglise, le cri universel est : qui nous fera voir du bien ? Qui est satisfait de quoi que ce soit ? je ne parle pas dans le sens mauvais de mécontentement ; mais il n’y a rien qui donne du repos à l’âme.

Prenez le système que vous voudrez, peu importe, le sentiment général est que les fondements du monde sont détruits. Le corbeau peut, à la vérité, aller et descendre sur quelque carcasse flottante, mais la colombe ne peut trouver nulle part, sauf dans l’arche, où poser la plante de son pied. Et qu’avons-nous, au milieu des épaisses ténèbres de la nuit, pour y reposer nos âmes fatiguées ? Rien, sinon l’attente certaine de la venue de l’étoile brillante du matin. Jusqu’à quand Christ attendra-t-il de pouvoir agir en jugement, et quand exécutera-t-il ce dernier ? Quand il aura pris ses amis avec lui, il commencera d’agir dans le caractère de Juge, non, à la vérité, pour retrancher tous ses ennemis à la fois, mais c’est alors qu’il prendra son grand pouvoir. Ce qu’il attend tout particulièrement, c’est que ceux qui ont sa part soient avec lui-même et comme lui-même.

Nous sommes prédestinés à être conformes à son image. Il jouira du travail de son âme et en sera rassasié, lorsqu’il aura son Epouse avec lui et telle que lui. Pour que l’homme mystique, l’enfant mâle d’Apocalypse 12, puisse agir, il faut d’abord qu’il soit complet (il va sans dire qu’il l’est essentiellement en lui-même) comme Chef, au-dessus de toutes choses, de l’Eglise, qui est son corps. La Tête et le corps doivent être unis, avant qu’il puisse prendre ce titre, parce que, quant à la revendication de ce dernier, cet homme mystique ne peut l’entreprendre, jusqu’à ce que l’Eglise ait été prise à lui, car jusqu’à ce moment-là, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’Eglise, le corps, soit unie dans le ciel à la tête, Christ, l’homme mystique, en ce sens, n’est pas complet. En conséquence, il faut que l’Eglise ait été enlevée, avant que Christ puisse venir en jugement.

Or quel est maintenant le grand obstacle à la pleine bénédiction de l’Eglise ? Tout, dès le commencement, a manqué : - Adam - l’homme avant le déluge - Noé - la loi ; prenez ensuite le christianisme : voyez l’ivraie semée parmi le blé ! voyez le sacerdoce, par l’influence de Satan, prenant la place de Christ et de notre union avec lui. Le premier acte de puissance, lorsque l’homme mystique est complet, est de précipiter Satan et ses anges du ciel, où on ne les revoit plus jamais (Apocalypse 12.9) ; mais ils sont précipités sur la terre, et alors le Diable est dans une grande colère, parce qu’il sait qu’il ne lui reste que peu de temps, et dans sa fureur, il soulève toutes choses contre le Seigneur Jésus Christ, s’étant pleinement révélé comme adversaire. Alors le Seigneur viendra avec ses saints exécuter le jugement sur la terre. Il rétablira les choses en bannissant le mal, et aussitôt que ses ennemis seront faits son marchepied, il introduira la plénitude de la bénédiction.

Mais il nous faut bien retenir dans notre esprit, que le jugement suit la réunion de l’Eglise avec Christ. L’homme mystique doit être complet, avant de pouvoir exercer le jugement. Alors Christ prend un caractère entièrement différent : Jusqu’à ce qu’il nous prenne dans la gloire, c’est comme Sauveur qu’il est présenté (et même alors, après l’enlèvement de l’Eglise, il y aura, sans aucun doute, un Résidu sauvé) ; mais quand cet événement aura eu lieu, le temps favorable sera terminé, et alors "il jugera et combattra en justice". Quand il sortira de cette manière, nous comprendrons parfaitement pourquoi il nous parlait de la parole de sa patience ; car, jusqu’à ce qu’il prenne à lui son grand pouvoir et qu’il règne, nous sommes- de coeur et d’esprit liés avec lui dans cette parole de sa patience ; et la bénédiction spéciale qui s’y trouve, c’est notre association avec Christ lui-même, c’est d’avoir notre sort lié avec Christ en toutes choses.

En tant qu’homme, sans atténuer en rien la gloire divine de sa personne, mais comme revêtant le caractère de serviteur, Christ doit attendre jusqu’à ce que Dieu, dans son bon plaisir, place toutes choses sous ses pieds, et c’est, je n’en doute pas, le sens des paroles : Quant à ce jour nul ne le sait, pas même le Fils, mais le Père seul.

Etant ainsi unis avec Christ et ayant dans ce moment-ci son amour comme la part qui satisfait notre âme, nous préférons attendre et avoir notre bonheur avec lui, que de l’avoir avant lui. Le caractère propre de l’Eglise de Dieu est d’être en union parfaite avec Christ lui-même ; ce n’est pas seulement d’être bénie, mais c’est d’être unie à Celui qui bénit. Nous sommes son épouse ; c’est là notre place propre, et toutes les fois que nous en descendons, nous nous éloignons de la pleine puissance des pensées d’amour de Dieu à notre égard, et de ce que Christ est pour nous de sa part.

Nous trouvons l’Eglise associée à Christ en tout ce qui est dit de lui dans le jour de sa gloire. Dans son caractère de Melchisédec, par exemple, il occupe en autorité la place la plus élevée, en tant que Roi, et dans le culte la plus rapprochée, comme Sacrificateur ; or nous sommes aussi faits rois et sacrificateurs. Eve fut associée avec Adam dans la domination ; mais il n’y avait rien dans toute la création qui pût prendre sa place, comme il est écrit : il ne se trouvait point d’aide pour Adam. Mais lorsque Eve lui eut été amenée, il put dire : "Cette fois, celle-ci est os de mes os et chair de ma chair". Il ne s’était pas trouvé d’aide pour lui. Cela est également vrai du Seigneur et de l’Eglise, car il peut dire : - "Maintenant celle-ci est os de mes os et chair de ma chair" et il peut se réjouir et prendre ses délices en ce qu’a produit son propre amour.

Que le Seigneur nous garde de déchoir de cette position qui est notre vraie place. Puisse-t-il nous donner le sentiment profond et permanent de notre pleine et précieuse union avec lui-même ; car le coeur de Jésus ne saurait être satisfait sans cela, et le nôtre ne devrait pas l’être ! Il ne s’agit pas de nos mérites, car nous sommes de vils pécheurs, mais de l’affection de Christ. La vraie humilité consiste à ne pas penser à nous-mêmes ; mais remarquez qu’il est beaucoup plus difficile de s’oublier, que d’avoir de soi une mauvaise opinion. Si nous ne voulons pas être humbles, il faut que nous soyons humiliés.

"Parce que tu as gardé la parole de ma patience, je te garderai aussi". Le Seigneur dit : Si je te reconnais comme gardant "la parole de ma patience", non pas comme ayant quelque force, mais comme étant associé avec moi-même, alors "je te garderai, etc.". Ainsi il nous lie avec lui-même, quelque pauvres faibles êtres que nous soyons, comme les damans qui ne sont qu’une faible nation, et qui néanmoins font leur nid dans le rocher. "Moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière pour éprouver ceux qui habitent sur la terre". Maintenant par rapport aux conséquences, quelle consolation nous trouvons ici ! Il ne s’agit pas du tout de force, mais d’être gardé d’un temps terrible qui vient, "pour éprouver ceux qui habitent sur la terre". C’est la condition morale d’une classe de personnes.

Supposez-vous que Dieu prenne plaisir à affliger son peuple ? Non, Dieu n’a pas besoin, en vérité, de vous faire entrer en tentation, mais si vous vous êtes placés dans une position où vous soyez mêlés avec ceux qui habitent sur la terre, sur lesquels vient l’heure de l’épreuve, il faut qu’une action s’exerce sur vous pour vous détacher de ce qui sera soumis à cette heure terrible d’épreuve. L’Evangile est prêché maintenant, et il retire nos âmes du monde, et toutes les pensées, les sentiments, les désirs et les affections des saints devraient tendre vers le jour de la gloire.

Si nous sommes entrés dans le lieu de la patience de Christ, nous n’avons pas besoin d’être criblés, comme le monde ; mais si nous sommes mêlés avec le monde, nous devrons participer aux troubles de l’heure de la tentation qui vient pour éprouver ceux qui habitent sur la terre, sinon nous serons auparavant criblés pratiquement pour être délivrés de cette heure.

Le temps vient où la Bête blasphémera ceux qui habitent dans le ciel, mais elle ne pourra pas les toucher. Si nous connaissons notre caractère céleste, il nous rend étrangers et pèlerins sur la terre, au lieu d’y habiter, et d’y chercher notre part : mais ceux qui y habitent doivent passer par cette heure d’épreuve qui vient, afin de les éprouver. Remarquez que ceci est tout à fait différent de la tribulation dont il est parlé en Matthieu 24. Ce temps de trouble est limité à Jérusalem, suivant qu’il est dit en Jérémie : Ce sera un temps de trouble pour Jacob ; il en sera pourtant délivré. Mais ici c’est un temps de trouble qui viendra sur le monde entier, "pour éprouver ceux qui habitent sur la terre". Il gardera de cette heure ceux qui auront gardé la parole de la patience de Christ. Si le Seigneur trouve maintenant chez eux du fruit en rapport avec ce que cette tentation doit produire, il ne sera pas nécessaire qu’ils soient éprouvés par elle.

Voyez ensuite comment il les encourage : "Voici, je viens bientôt", comme s’il voulait dire : "Il vous faut continuer à porter patiemment ma part, même sous la croix, puisque vous aurez part à ma gloire ; mais, "je viens bientôt". Ce n’est pas ici sa venue, selon qu’elle est présentée à Sardes, comme un voleur dans la nuit. Ce que le Seigneur voudrait mettre sur la conscience de l’Eglise maintenant, c’est que son retour est tout prochain. Il ne leur en dit pas le moment, mais il place devant eux sa venue, comme leur soutien, leur joie, leur espérance, et fixe ainsi leur coeur sur lui-même : car ce n’est pas tant l’idée qu’il vient promptement qu’il veut leur inculquer, mais que c’est lui-même qui vient : "Moi, Jésus", etc. Oh ! si le coeur goûte l’amour de Dieu, quelle consolation après tout, de se reposer sur lui, comme à la fin de ce Livre. Après avoir conduit la pensée de l’Eglise à travers les choses qu’il va faire sur la terre, Christ ramène son coeur à lui-même.

Ce qui caractérise l’église de Philadelphie, est son rapport immédiat avec lui ; c’est Christ lui-même qui vient. Ce n’est ni la connaissance, ni la Prophétie qui peuvent satisfaire le coeur ; mais la pensée que Jésus vient pour nous prendre à lui-même est l’espérance bénie de celui
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Pharos : un phare qui éclaire dans le noir et qui guide à bont port. Gloire au seigneur Jésus notre lumière.
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23/04/2006 08:00:18
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