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23/04/2006 07:45:09
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Pierre Sabourin
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Sujet du message: Smyrne
Smyrne

Source : http://www.fondamentalisme-chretien.org/article.php3?id_article=547

Du moment que l’Eglise perd le sens de sa place céleste en Christ, le Seigneur, dans son amour fidèle, lâche la puissance de Satan sur nous, afin que nous apprenions que ce monde que nous cherchons à rendre religieux, est l’endroit même où Satan a son trône...

Nous avons remarqué la dernière fois, que le livre de la Révélation porte d’un bout à l’autre le caractère du jugement : d’abord au milieu des Eglises et puis dans le monde. Ainsi nous avons le Seigneur marchant au milieu des chandeliers, exerçant le jugement, prenant connaissance de tout ce qui se passe, et disant : "Je rendrai à chacun, selon ses oeuvres". De même nous avons vu précédemment l’importance de la distinction entre l’Eglise vue en Christ dans le ciel, et l’Eglise vue sur la terre, comme représentant Christ. Nous sommes participants de sa vie en tant qu’unis avec lui dans le ciel, et néanmoins il est vrai qu’il a établi l’Eglise, son corps, comme un vase pour porter son nom devant le monde, comme une épître de Christ connue et lue de tous les hommes. Nous avons encore fait observer que la responsabilité ici-bas ne touche en aucune manière à la question du salut ; et de plus que la fidélité de Dieu envers des individus ne touche pas le jugement de la corporation portant son nom. Dieu avait promis dans sa fidélité de les conduire à la plénitude de sa gloire ; mais en même temps, il faut qu’il les juge pour avoir manqué à la responsabilité où il les avait placés ici-bas. Nous ne devons point confondre ses jugements sur le vase établi en témoignage sur la terre et sa fidélité envers l’Eglise, l’Epouse unie par le Saint Esprit avec Christ dans le ciel.
Mais il y a plus. C’est individuellement que Dieu juge ses saints pour leur bien, en exerçant leurs coeurs et leurs consciences par des avertissements et, s’ils n’y prennent garde, par des châtiments ; ainsi les siens courbés sous ses jugements sont bénis, tandis que "les simples passent outre et en portent la peine" (Proverbes 22.3) : à la fin ceux-ci, comme corps, sont vomis de sa bouche, tandis que les épreuves, la discipline, et le châtiment tournent au profit de l’Eglise quant à sa vocation céleste.

Dans chacune des épîtres aux Sept Eglises, nous trouvons une révélation particulière de Christ, à laquelle correspond le jugement particulier dont parle l’épître ; et de même il y a aussi des promesses spéciales répondant aux besoins particuliers de chaque Eglise, répondant aux exercices du coeur pour le soutenir, et enfin dans chacune d’elles il est donné des gages à ceux qui sont fidèles.

La première chose qui caractérisait Ephèse, considérée sous le point de vue de sa responsabilité, c’était qu’elle avait abandonné la puissance de sa position primitive : qu’elle avait abandonné son premier amour. Ainsi en général, souvenons-nous que ce n’est plus ici la grâce découlant de la Tête ; ce ne sont plus "toutes les jointures du fournissement", mais des répréhensions, des avertissements et des promesses, pour agir sur les coeurs et les consciences de saints individuels dans leur responsabilité ici-bas.

Puis il y a une autre chose qu’il est bon de se rappeler, c’est que nous ne trouverons jamais que le sujet de l’épître soit ici la puissance du Saint Esprit activement à l’oeuvre pour former et pour rassembler ; si c’est de jugement qu’il est question, évidemment ce ne peut être cela, car on ne peut jamais dire de Christ qu’il juge l’oeuvre du Saint Esprit : c’est de la puissance en grâce. Quand le Saint Esprit opère, il ne peut être question que de puissance agissant en grâce. Mais Christ, en prononçant son jugement, montre son appréciation de l’emploi qu’on a fait de l’Esprit de Dieu, quand celui-ci a été donné. La première grande vérité, c’est que le Seigneur considère l’Eglise comme responsable de tout l’amour dont elle est l’objet, et s’attend à un retour de sa part, et s’il ne le trouve pas, mais trouve qu’elle a abandonné son premier amour, abandon qui n’est que le triste commencement d’un mal plus grand, alors il dit : "Repens-toi, autrement j’ôterai ta lampe de son lieu".

Puis remarquez encore autre chose : ce ne sont pas des individus qui sont jugés ici, mais des églises ; quoique des individus puissent entendre ces avertissements et en profiter, l’Esprit parle aux églises ; mais comme il n’y a point de réponse de l’Eglise, point de repentir, qu’elle ne pratique pas les premières oeuvres, qu’elle ne revient pas à son premier amour, la lampe doit être ôtée. Et c’est alors que l’Esprit s’adresse individuellement à celui qui a des oreilles pour qu’il entende ce que l’Esprit dit aux églises.

Mais bien que l’Eglise ait failli comme telle et que la lampe doive être ôtée, il y a encore quelque chose comme une énergie individuelle pour vaincre ; et remarquez-le, il s’agit d’une victoire dans la condition où l’Eglise se trouve ; il s’agit de vaincre là-même où l’on se trouve. C’est un état de choses bien différent de celui où le Saint Esprit verse la bénédiction à pleins flots. Il y a maintenant au dedans de l’Eglise, non pas seulement dans le monde, des choses à vaincre : "La victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi". Il veut raviver le coeur du fidèle par des promesses pour le soutenir, mais dès que la chute a commencé, il devient nécessaire aux fidèles de se maintenir là où ils sont ; il y avait des pièges, des difficultés et des dangers au dedans ; car, souvenons-nous-en, l’Eglise était déchue de son premier amour, lors de l’épître à Smyrne ; et du moment que l’Esprit s’adresse à l’Eglise comme à une Eglise en chute, elle cesse d’être un lieu de sûreté pour le saint ; et il ne peut plus recevoir comme chose admise, qu’en marchant avec elle, il marche selon la puissance et la volonté de Dieu. Une église déchue ne peut m’abriter contre l’erreur ; étant elle-même sous un jugement, elle ne peut offrir de garantie pour rien.

Dès lors donc il y a particularisation, car je ne puis plus me retrancher derrière l’Eglise pour telle ou telle chose ; l’Eglise peut avoir raison en telle ou telle chose ; mais il faut que je m’assure à l’égard de ce qui se trouve dans l’Eglise, au moyen de la Parole de Dieu ; car je dois discerner ce que je peux suivre ou non d’après la Parole de Dieu appliquée par l’Esprit. Il ne s’ensuit nullement que cet état de choses supposât qu’il n’y eût aucune bénédiction, qu’il ne fût resté rien d’excellent, dans l’Eglise, puisque nous voyons que le Seigneur reconnaît et qu’il loue plusieurs choses. Mais je n’ai pas besoin de dire que le principe qu’une Eglise en chute cesse d’être un garant pour moi est de la dernière importance, et que par conséquent je dois juger, sous ma responsabilité individuelle, ce que je dois recevoir et ce que je dois rejeter. Comme établie de Dieu, l’Eglise avait été un endroit sûr pour les individus à l’égard de leur marche, comme étant l’expression de la puissance immédiate du Saint Esprit, le résultat propre de son oeuvre ; mais il n’en est plus ainsi.

Je saisirai cette occasion pour faire une observation sur le mot "développement", que Satan a introduit comme son mot favori. Maintenant cette pensée de développement dans l’Eglise du Dieu vivant implique une parfaite et complète incrédulité. En Dieu il n’y a rien à développer ; il est la source parfaite et invariable de tout. Or, ce à quoi Dieu nous a appelés, c’est à jouir d’une parfaite révélation de Lui-même en Christ, comme on le voit en 1 Jean 1.1, 2. Il y avait là la manifestation de la vie éternelle, laquelle était auprès du Père, et il est évident qu’il ne peut y avoir de développement de ce qui a été manifesté, à moins que nous ne puissions avoir quelque chose qui aille au-delà de ceci, savoir que Dieu est lumière, et Christ était la vraie lumière ; et pouvons-nous avoir quelque chose de meilleur que cette lumière-ci ? - pouvons-nous ajouter quelque chose à cette révélation de "la vérité" ? Il y a beaucoup à apprendre sur son compte ; mais c’est une personne qui est présentée ici et non pas une doctrine.

S’il s’agissait simplement d’une doctrine, on pourrait y ajouter quelque chose, savoir une autre doctrine ; mais il n’est pas question d’une doctrine seulement, mais d’une personne vivante qui a été révélée ; or, si cette personne c’est Christ même, que peut-il être révélé de plus ? Nous ne pouvons rien ajouter à ce que Dieu a opéré. Hélas ! l’homme peut en déchoir, comme c’était le cas d’Ephèse. ils avaient abandonné leur premier amour, ils avaient abandonné quelque chose et ce fait-là ne constituait point un développement. Il va sans dire que nous avons toujours à apprendre et devrions toujours apprendre davantage de ce qui a été révélé au commencement ; mais Dieu produit toujours les choses parfaites au commencement, car Dieu ne peut établir que ce qui est parfait - ne peut rien établir qui soit inférieur à sa pensée ou qui lui soit contraire.

Ainsi l’homme en innocence avait été établi parfait dans cette innocence, et Adam tomba. La sacrificature d’Aaron était parfaite en son genre, mais Nadab et Abihu firent défaut. Quoi que ce soit que Dieu ait planté, il l’a planté complètement comme une semence juste, selon sa pensée. Quoi que ce soit qui vienne de Dieu, ce doit être parfait et ne saurait être rendu plus parfait au moyen d’une opération quelconque. C’est une vérité très simple que celle-ci, mais c’en est une qui coupe à sa racine et renverse tout un système de pensées et de sentiments, qui mettrait quoi que ce soit entre nos âmes et Christ. Ce n’est pas que Dieu ne puisse révéler davantage à la créature qu’il n’a révélé jusqu’à présent, et ne puisse faire des choses meilleures que ce qui a eu lieu précédemment. Et c’est ce qu’il fait : le second Adam est évidemment infiniment plus excellent que le premier.

Mais la chose qu’il établit est absolument parfaite comme l’expression de sa pensée dans cette chose. L’homme ne peut ni l’améliorer ni y rien ajouter. La chose établie pour nous est la manifestation parfaite de Dieu en Christ ; donc la notion de développement est ou le rejet du véritable objet présenté ou un blasphème. C’est ainsi que Jean dit ce qui était dès le commencement, quand il voulait maintenir les saints en sûreté. Mais même quant à la gloire considérée comme placée sous la responsabilité de l’homme, elle passe. Dieu lui-même t’avait plantée, "un cep exquis, une toute vraie semence ; comment t’es-tu changée pour moi en sarments dégénérés d’une vigne étrangère ?" (Jérémie 2.21). Et d’où cela vient-il donc ? De ce que, dès le moment que quelque chose est confié aux mains de l’homme, il y manque.

Ensuite nous trouvons un autre principe. Une fois la chute arrivée, Dieu use du pouvoir de Satan, agissant par le moyen de l’hostilité du monde pour deux fins : - 1° pour exercer la vie divine dans le saint ; 2° pour arrêter un éloignement plus grand du Seigneur. C’est ici "la tribulation" qu’ils devaient subir et c’est ainsi que, lorsque nous venons à Smyrne, nous entendons parler de persécutions.
Si vous prenez l’histoire de la vie de Christ, c’était un exercice d’épreuve et de souffrance jusqu’à ce qu’il eût atteint la croix ; ce n’était pas qu’il en eût besoin pour être délivré de quelque mal existant ; cela ne faisait que manifester plus pleinement sa perfection, afin qu’il fût amené à la perfection comme homme dans le juste résultat en gloire de ce qu’il était moralement. "Quoiqu’il fût Fils, il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes". La manifestation de tout ce qui était en lui a été accomplie par l’opposition et le mépris. Sa voie devenait de plus en plus obscure à mesure qu’il approchait de la croix. Il avait Satan à vaincre : "à celui qui vaincra, je lui donnerai de s’asseoir avec moi sur mon trône, comme moi aussi j’ai vaincu et je me suis assis avec mon Père sur son trône".

Le second but pour lequel Dieu use du pouvoir de Satan pour persécuter et éprouver les saints, c’est pour les empêcher de s’éloigner davantage de lui. Si les circonstances sont prospères, le coeur du saint tend constamment à se reposer en elles, parce que la chair se tourne naturellement vers ce qui lui est agréable dans le monde pour s’y reposer, d’où résulte un déclin de vitalité intérieure ; mais cette tendance serait fâcheuse ; aussi Dieu dit-il : "Levez-vous et allez-vous-en ! car ce n’est pas ici un lieu de repos, à cause de la souillure". La persécution est le partage naturel de l’Eglise, tant qu’elle est ici-bas dans un monde de péché. Lorsque l’Eglise voulut prendre du repos au commencement, Dieu fut bientôt obligé de permettre qu’elle fût persécutée.

Dans l’Evangile de Matthieu, le Seigneur explique d’une manière admirable l’esprit et le caractère du Royaume dans le Sermon sur la montagne. "Bienheureux les pauvres en esprit". "Bienheureux les débonnaires". "Bienheureux ceux qui sont purs de coeur", etc. La bénédiction caractérise le Royaume, et Dieu montrait ce qui à ses yeux était bienheureux. C’était précisément, lors du Sermon sur la montagne, que la grâce de Christ commençait à se manifester, en dévoilant les conséquences naturelles des principes et du caractère moral de son royaume. Les miracles qu’il avait déjà faits avaient attiré l’attention des multitudes de toutes les contrées d’alentour, et là-dessus il explique à ceux qui l’écoutaient, l’esprit et la vraie nature du Royaume, dont ils s’étaient formé une tout autre idée, et leur dit qui sont les bienheureux, tandis qu’à la fin de cet Evangile, au chapitre 23, il ne s’agit plus de bénédiction, mais de : malheur à vous ! malheur à vous ! "Voici, votre maison vous est laissée déserte. Car je vous dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !" Et cela provenait de ce que l’opposition de l’homme avait été pleinement mise en évidence par la manifestation parfaite de ce que Christ était. Le commencement de l’Evangile de Matthieu était l’épanchement naturel de son coeur, le cours de sa vie mettait pleinement en évidence ce qui était dans leurs coeurs. "Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, etc..."

Mais revenons à notre sujet. Dieu nous dispense des tribulations, de l’opposition du dehors, pour développer la grâce dans l’homme et pour mettre obstacle à notre tendance constante de nous éloigner de Lui ; dans le cas de Christ, c’était toujours et exclusivement la manifestation de la grâce qui était en Lui. C’est ainsi que Dieu se sert de Satan comme d’un instrument, pour opérer de la bénédiction même pour l’Eglise.

Voyez Job, par exemple, et comment Dieu se sert merveilleusement de Satan à son égard pour le bénir. C’est Dieu qui commence la conversation avec Satan, sachant d’avance parfaitement ce qu’il voulait en agissant ainsi ; et il lui dit : "As-tu considéré mon serviteur Job ?" La malice de Satan était toute disposée à le tourmenter et à le persécuter ; mais Dieu se sert de cette malice de Satan pour amener Job à ce qui était nécessaire pour son bonheur, c’est-à-dire à connaître le mal qui était dans son coeur, qu’il n’aurait pas appris à connaître ainsi d’aucune autre manière.

Puis voyez Paul : il fut ravi au troisième ciel, pour y acquérir le sentiment de la puissance de Dieu qu’il lui fallait pour son ministère particulier envers l’Eglise et le monde, et une révélation de la gloire de Jésus qui le soutînt dans toutes les épreuves par lesquelles il devait inévitablement passer. Or quel usage la chair ferait-elle de tout ceci ? Elle s’enflerait et dirait : "Maintenant, Paul, tu as été au troisième ciel et il n’y a eu nul autre que toi qui y ait été". Aussi il lui fut mis une écharde dans la chair, un ange ou un messager de Satan pour le souffleter, et il pria trois fois le Seigneur pour qu’elle se retirât de lui ; mais non, ceci ne se pouvait pas, de peur que Paul ne s’élevât outre mesure ; mais il reçoit l’assurance que la grâce du Seigneur lui suffit. Ce qui devenait la force de Paul quant à lui, c’était ce par quoi il avait appris à connaître sa propre faiblesse : "l’écharde dans la chair, l’ange de Satan pour le souffleter", car dans ce cas il s’agissait de la grâce et de la force de Christ et non pas de celles de Paul.
Or maintenant aussi Paul peut dire : "Je me glorifierai donc très volontiers plutôt dans mes infirmités, afin que la puissance du Christ demeure sur moi".
Il semble étonnant que Dieu se serve de Satan comme instrument pour éprouver les saints ; toutefois il le fait comme nous le voyons ici ; car il ne dit point : "Je vous jetterai en prison" ; mais : "le Diable mettra quelques-uns de vous en prison". Or le Seigneur n’aurait-il pas pu l’empêcher ? Sans doute, mais comme l’épreuve était nécessaire, s’il eût empêché le Diable d’agir ainsi, il les eût privés des bénédictions qui devaient résulter de cette épreuve. Voyez encore le cas de Pierre. Le Seigneur dit : "Satan a désiré vous avoir pour vous cribler comme on crible le blé ; mais j’ai prié pour toi". Qu’est-ce que le Seigneur a demandé ? Que Pierre ne fût point criblé ? Nullement ; Pierre avait besoin d’être criblé, parce qu’il avait confiance en la chair ; mais le Seigneur avait prié que sa foi ne défaillît point, c’est-à-dire que Pierre fût soutenu dans son épreuve et qu’il obtînt la bénédiction qui lui était réservée. Or c’est à ceci que Pierre fait allusion quand il dit : "Que l’épreuve de votre foi, bien plus précieuse que celle de l’or qui périt, et qui toutefois est éprouvé par le feu, soit trouvée tourner à louange, et à gloire et à honneur, dans la révélation de Jésus Christ". Et lorsque Satan aurait, par ce crible, séparé la balle d’avec le bon grain, alors le Seigneur se servirait de Pierre comme il le lui dit : "Toi donc, quand tu seras revenu, fortifie tes frères".

Une fois en chute, ayant abandonné son premier amour, l’Eglise avait besoin d’être mise dans la fournaise pour empêcher que le monde, ses attraits et tout le mal qui s’y trouve n’exerçassent leur influence sur ses mauvaises tendances à elle-même, tant qu’elle était dans ce corps de péché et de mort. Tant qu’elle marchait dans la fraîcheur de "son premier amour", le monde n’avait point de pouvoir sur elle ; Christ était trop vivement l’objet de son coeur pour qu’elle pût se laisser entraîner à d’autres affections, qui laissent le coeur ouvert aux raisonnements de l’incrédulité ; mais lorsqu’elle eut abandonné son "premier amour", l’Eglise devint la proie de sa propre chair de péché, sur laquelle agissait le mal qui l’entourait ; c’est pourquoi elle devait entrer dans la fournaise, où Satan persécute, afin de l’empêcher de tomber dans une position encore plus dangereuse, dans le monde où Satan demeure.

Verset 9. "Je connais ta tribulation et ta pauvreté, mais tu es riche". L’Eglise était pauvre et misérable en apparence, lors de son établissement. Abandonnant leur premier amour, les chrétiens étaient en danger de tomber dans le courant des raisonnements du monde ; le Seigneur en lâche le Prince contre eux et ainsi ils deviennent insignifiants et pauvres aux yeux du monde, position à laquelle l’opposition du monde réduit les saints. "Mais tu es riche", dit le Seigneur. Ils étaient quelques pauvres méprisés au commencement : mais maintenant ils s’étaient multipliés dans le monde et accrus, et dès lors, il y avait la tendance à se reposer sur l’effet déjà produit et non pas sur le Seigneur ; mais le Seigneur les aimant trop pour tolérer cela, doit les faire traverser la fournaise, pour leur apprendre à se reposer sur lui ; car il ramènera l’Eglise entièrement à sa part à elle, et à cet effet il se sert de l’hostilité du monde pour l’obliger à revenir à ses propres espérances et à ses privilèges.

Autrement il pourrait paraître étrange que le Seigneur laissât les saints exposés à "une tribulation de dix jours", si ce n’était pour leur apprendre que c’était le ciel et non pas la terre qui était leur partage ; qu’ils n’avaient pas à rester sur la terre, mais à la traverser en pèlerins et voyageurs pour le glorifier, lui qui, lorsqu’il était ici-bas, était étranger, et qui maintenant dans la gloire est étranger au monde comme tel. Eh bien ! comme nous le disions, il semblerait étrange que l’Eglise eût besoin de persécution, n’était-ce qu’elle avait besoin d’être amenée à la conscience profonde de l’état dont elle était si profondément déchue.

C’est pour cette raison que Christ avait permis, non seulement que le Diable en jetât quelques-uns en prison, mais encore qu’il dit : "Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie". Il se peut qu’ils soient martyrs, et puis ? Jésus leur donne la couronne de vie. L’Eglise s’était glissée dans le monde, mais là où il y avait de la foi vivante, il y avait des martyrs ; il en est exactement de même de nos jours. Les chrétiens recherchent exactement les mêmes choses que le monde : des richesses, du pouvoir et de l’influence, - précisément trois choses que le Seigneur n’avait pas. Or peut-on m’appeler étranger, là où j’ai du pouvoir et de l’influence ? Non, certes, et si le Seigneur fait tourner le courant contre eux, alors ils ont à passer par la fournaise. Il faut que l’Eglise renonce à un Christ céleste, et à un Christ crucifié, pour accepter, de quelque manière que ce soit, le monde comme sa part. L’Eglise de Dieu ne peut pas réunir le monde et la religion sans perdre sa véritable nature.

L’objet du judaïsme était d’associer la religion avec ce monde, avec la terre ; c’était ainsi que Dieu voulait essayer, si l’homme pouvait être attiré à lui au moyen de choses terrestres qui fussent en rapport avec lui. Dans ce but Dieu leur donna un temple magnifique, de superbes costumes, des cérémonies splendides, de la musique et des chants, afin de se rattacher les goûts et les sentiments naturels ; mais tout cela, remarquez-le, avait besoin d’une sacrificature entre eux et Dieu ; car il ne s’agissait pas de la présence de Dieu comme lumière dans le ciel ; et les choses terrestres ne font que tenir l’âme à distance de Dieu. Où que ce soit que le monde et la religion soient liés, la sacrificature doit intervenir, parce que, du moment où vous avez l’homme tel qu’il est, il ne peut se tenir devant Dieu, dans Sa lumière ; il a, par conséquent, besoin d’un sacrificateur.

Mais maintenant, nous avons été rapprochés, nous pouvons nous tenir dans la lumière comme Dieu est dans la lumière ; nous sommes sacrificateurs : et quant à notre position devant Dieu, il n’est plus besoin d’une sacrificature entre Dieu et nous. Christ a souffert hors de la porte ; et du moment que le sang de Christ, par lequel nous sommes sanctifiés, a été porté dans le lieu saint devant Dieu, nous sommes en rapport avec les lieux célestes, et nous ne le sommes plus avec une cité terrestre ; il n’y a plus de cité sainte actuellement ; et nous sommes placés entièrement hors du monde et du monde rendu religieux selon la chair, car le camp est cela. "Sortons donc vers lui hors du camp", et entrons avec lui au dedans du voile.

C’était précisément ce que l’Apôtre enseignait aux Hébreux : ils ne pouvaient continuer à suivre une religion qui tenait au monde ; ils ne pouvaient continuer avec le judaïsme qui était la religion terrestre de Dieu. Aussi l’Apôtre dit-il : "Si j’ai connu Christ selon la chair, je ne le connais plus ainsi". Christ était maintenant pour lui un Christ exclusivement céleste. Des ordonnances charnelles mettaient l’homme en rapport avec Dieu sous le judaïsme ; mais Christ étant rejeté, ceux qui le suivent ont sa place, celle d’acceptation au ciel et de rejet sur la terre. - La croix ou le ciel. Maintenant il n’y a plus de milieu - le Christ est entièrement céleste et nous sommes ressuscités, afin d’être assis dans les lieux célestes en lui.

Du moment que l’Eglise perd le sens de sa place céleste en Christ, le Seigneur, dans son amour fidèle, lâche la puissance de Satan sur nous, afin que nous apprenions que ce monde que nous cherchons à rendre religieux, est l’endroit même où Satan a son trône. Il va sans dire que nous ne manquerons pas de voir le monde et ses pensées à l’égard de la religion nous être entièrement opposés ; mais dans ce cas nous aurons Christ et ses pensées avec nous ; car il nous dit : "Ne crains en aucune manière les choses que tu vas souffrir", "je suis le premier et le dernier, qui a été mort, et qui a repris vie". Jésus se présente à cette Eglise sous le caractère de Celui qui a été mort et qui est vivant. Christ n’est pas seulement divin - Christ n’est pas seulement Dieu, mais "il est encore Celui qui a été mort, et voici, il est vivant pour toujours". Considéré comme homme, il a été rejeté et retranché, de manière que, comme pour Marie de Magdala, il nous faut ou un sépulcre vide, ou Jésus ressuscité.

Si votre coeur est fixé sur Christ, tout ce que vous trouverez dans ce monde, n’est que le sépulcre de Jésus, un sépulcre vide. Nous n’avons donc pas affaire avec ce monde, car si nous sommes en Esprit avec notre Chef dans le ciel, c’est là que nous avons toutes nos bénédictions. Mais alors c’est une difficulté constante, dans un monde tel que celui-ci, d’avoir le coeur et l’âme au ciel et de les y tenir ; cependant c’est ce qu’il faut, car si nous ne sommes pas attachés au monde, le monde s’attachera spontanément à nous ; et si la chute arrive et que le premier amour soit abandonné, alors la tribulation devra intervenir, pour que nous ne soyons pas condamnés avec le monde. Tel était le cas de l’Eglise ; elle avait abandonné son premier amour ; c’est pourquoi il fallait qu’elle passât par cette voie d’épreuves, afin de se souvenir qu’elle n’était pas du monde.

Le judaïsme s’était introduit furtivement, et d’autre part, le développement, "s’ingérant dans des choses qu’il n’a pas vues, enflé d’un vain orgueil par les pensées de sa chair". Au lieu d’être quelques méprisés, un petit troupeau, leur nombre s’accroissait d’une manière étonnante, de manière qu’ils avaient belle apparence selon la chair. Qu’en résulta-t-il bientôt ? Une organisation selon le modèle de la hiérarchie juive qui se reproduit sous le nom chrétien. Mais alors la persécution intervient et s’abat sur tous comme une tempête ; mais s’il y a persécution jusqu’à la mort même, là où se trouve une foi vivante en un Seigneur vivant, même si elle conduit à la mort ici-bas, on n’aura rien à souffrir de la seconde mort. L’histoire de l’Eglise de ces temps-là prouve que la puissance vivante et la vérité dans l’Eglise résidaient, non dans ses docteurs, mais dans ses martyrs.

John Nelson Darby (1800 - 1882)
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Pharos : un phare qui éclaire dans le noir et qui guide à bont port. Gloire au seigneur Jésus notre lumière.
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23/04/2006 07:45:09
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